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14 juillet 2010

Le peuple français sait d'où il vient

 

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Le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération réunissait les députés des 83 départements, ainsi que le Roi Louis XVI, sur le Champ-de-Mars à Paris. Depuis 1880, c’est cette date que le peuple français commémore à l’occasion du 14 juillet, devenu jour de la fête nationale.

Que de larmes et de sang ont été versés pour que le peuple français puisse vivre l’idéal de Liberté, d’Égalité et de Fraternité ! Mais que reste-il aujourd’hui de cet idéal ? Attaqué de toutes parts, il devient chaque jour plus fragile. Ironie du sort, ce sont des enfants de France allaités à sa mamelle qui lui portent les coups les plus durs, ceux qui pourraient un jour emporter son dernier souffle de vie.

Extrait de mon article pour les 30 ans de la revue Le débat : « Dans notre pays, pas un seul intellectuel ni une seule personnalité politique qui ne se réclame de la République ; et pourtant, ces dernières décennies, aucun des principes fondamentaux qui constituent les piliers de cette République n’aura été épargné. Mais les peuples ne sont pas amnésiques. Ils possèdent une mémoire collective. Ils savent qui ils sont et d’où ils viennent. »

Monsieur le Président de la République, je vous interpelle en ce jour de notre fête nationale. Vous êtes, comme moi, un enfant de la première génération de l’immigration ; vous de l’immigration européenne, moi de l’immigration africaine. Si vous ne semblez pas imprégné autant que vos deux prédécesseurs de la culture historique et littéraire du peuple français, vous donnez, contrairement à eux, le sentiment d’avoir compris qu’un danger de mort planait au dessus de la tête de Marianne. Vous avez également sur eux l’immense avantage du courage politique. Vous avez aujourd’hui l’obligation historique de mobiliser votre courage sur la question de la restauration de la France. Si le peuple français vous a choisi pour conduire son destin à un moment où la République vacille, c’est que vous lui avez fait cette promesse. Mais vous ne l’attirerez plus avec des promesses, seulement avec des actes forts qui rompront définitivement avec la pensée unique qui a enchaîné la France et l’a entraînée vers le déclin.

Vous avez aujourd’hui la possibilité de permettre au peuple français, trop longtemps bâillonné, d’accomplir la révolution pacifique qui lui permettra de clore le chapitre de la Révolution française. Vous ne pouvez ignorer qu’« à vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inéluctables les révolutions violentes » (John F. Kennedy).

00:12 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags: 14 juillet, sarkozy |

15 juin 2010

Outrage au drapeau

Le Monde : « Le drapeau français accroché sur la façade de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) a été brûlé dans la nuit de dimanche à lundi, et remplacé par un drapeau algérien »

L’Express : « Le drapeau allemand, érigé à côté de l’emblème national pour fêter les 50 années de jumelage avec Kornwestheim, n’a lui pas été dégradé. »

Le Figaro : « Une quinzaine de drapeaux tricolores accrochés sur le bâtiment municipal dans le cadre d’un jumelage ont par ailleurs été décrochés et dispersés »

Après avoir tenté, dans un premier temps, de minimiser la portée de l’outrage, madame le Maire de Villeneuve-Saint-Georges a indiqué que c’était le drapeau de la ville qui avait été brûlé, et non le drapeau français. Cette tentative de minimisation, qui prend les Français pour des c…, est d’autant plus consternante que le décrochage concomitant de 15 drapeaux tricolores indique clairement que c’est bien l’emblème national qui était visé. Les voyous auront vu rouge à la seule vision des trois couleurs bleu-blanc-rouge du drapeau de la ville.

C’est parce que certains se sont plu à toujours tout minimiser et tout justifier, même l’injustifiable, que nous en sommes arrivés à ce que le peuple français soit régulièrement agressé. Car au travers des outrages faits à son drapeau et à son hymne, c’est bien entendu le peuple français qui est visé. Et ce peuple se retrouve enchaîné, non pas par les migrants et leurs descendants, mais bien par ceux qui avaient pour mission de veiller sur lui. Je reprendrai à mon compte le jugement de l’historien Pierre Nora : « S’il y a bien deux choses qui ont caractérisé les intellectuels, c’est la lâcheté et l’aveuglement », et je l’étendrai bien au-delà des intellectuels en évoquant les « élites ».

Certes, les résultats de l’enquête ne sont pas encore connus ; mais que ce soient des Algériens qui aient perpétré cet acte, ou bien des Français exaspérés qui aient eu envie de créer une émotion ou une réaction dans le but de sortir les esprits de la léthargie dans laquelle les ont plongés trente ans de pensée unique, dans les deux cas, cela révèle la même chose : nous sommes désormais assis sur une véritable poudrière. La volonté d’en découdre se répand en effet comme une traînée de poudre à travers le pays, et ce n’est pas l’interdiction de l’apéro de la Goutte d’Or qui calmera les esprits, bien au contraire. Cette interdiction contribue à mettre en exergue le fait que le comportement de notre classe politique est bel et bien dicté par la peur de ceux qui lui font… peur. Si cet apéro s’était avéré de pure provocation, ses organisateurs se seraient finalement discrédités d’eux-mêmes ; alors que ne subsiste désormais que le doute instillé quant aux réelles motivations de la décision politique (deux poids, deux mesures ?), laquelle ne fait que renforcer finalement les intérêts des extrémistes de tous bords. Aussi cette interdiction constitue-t-elle, à bien des égards, une erreur politique.

Dans des conditions de tension de plus en plus palpable dans l’espace public, je qualifie de profondément irresponsable, et donc inacceptable, le fait de continuer d’« accueillir » 200 000 immigrés chaque année et d’accorder la nationalité française à près de 100 000 étrangers par an. Cerise sur le gâteau, j’entends régulièrement qu’il nous faut expliquer aux nouveaux Français quelles sont les valeurs qui caractérisent le peuple français. On reconnaît donc que l’on distribue la nationalité française à des personnes qui ne sont pas encore porteuses de l’identité française. Qui pouvait encore en douter ?

De quels qualificatifs affublerait-on des parents qui continueraient d’adopter alors qu’ils se seraient révélés incapables, pour quelque raison que ce soit, d’assurer un développement normal à leurs enfants ? Le manque d’esprit de responsabilité : voilà où se situe la véritable cause de la descente aux enfers de notre société. Depuis trente ans, le peuple français, mais c’est la même situation qui prévaut partout en Europe, assiste impuissant à l’installation progressive du chaos.

Monsieur le Président de la République, je vous en conjure, réformez le code de la nationalité tant que subsiste encore un mince espoir de garder le contrôle de la situation. Ayez le courage de le faire maintenant, et de ne pas repousser à demain le service de l’intérêt général. Nous fêterons très bientôt les 70 ans de l’appel du Général de Gaulle, j’espère de tout cœur que ces commémorations seront pour vous l’occasion de vous inspirer de sa pensée politique : l’intérêt de la France avant toute autre considération.

23:08 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (40) | Tags: drapeau, identité, sarkozy, nationalité |

17 mai 2010

Mon lundi républicain

Après Luc Ferry le 3 mai, le Ministre Éric Besson m’a invitée à la tribune des Lundis républicains du 10 mai dernier. Il faut mesurer à quel point cela constitue un grand pas pour tous ceux qui souhaitent que l’on se penche enfin sur la réalité des difficultés de l’intégration. Le Ministre contribue ainsi à faciliter ma marche au service des valeurs qui symbolisent la France ; je l’en remercie bien vivement. Je tiens également à saluer son sens de l’écoute et sa capacité à accepter le débat. Je peux témoigner du fait que ces qualités ne sont pas aussi répandues qu’elles devraient l’être dans le monde politique.

15:16 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags: identité, besson, ferry |

18 mars 2010

Identité nationale : levons les tabous !

Merci au Figaro, qui m’a autorisée à reproduire mon article publié dans ses colonnes en date du 13/03/2010, dans sa rubrique « Débats et Opinions ».

Identité nationale : levons les tabous !

La France s’est construite en intégrant l’apport de ses migrants et de leurs descendants. Ces derniers ont contribué à faire vivre les principes fondamentaux du peuple français. Aujourd’hui, défiant tout bon sens, on voudrait persuader les Français que nul lien n’existerait entre identité française et immigration, alors même que le niveau des flux migratoires est sans précédent ? Qu’est-ce qui pousse alors notre classe politique à vouloir contourner nos principes fondamentaux si ce n’est la conviction, fausse au demeurant, que l’intégration des flux migratoires extra-européens ne pourra réussir sans le renoncement à des marqueurs essentiels de l’identité française ?

L’identité possède une vérité charnelle qui se décline au quotidien en une myriade d’attitudes, et surtout en un regard porté sur les autres et sur le monde. Les principes qu’un peuple érige en fondamentaux sculptent son identité. Ce sont eux qui lui confèrent sa singularité et en font le peuple qu’il est, et pas un autre. Ce sont autant de marqueurs que les parents transmettent à leurs enfants, au travers de la vie familiale, le plus souvent de manière tout à fait inconsciente. Ces marqueurs entrent systématiquement en jeu dans l’élaboration du projet collectif, celui qui dessine le modèle de société. Ils interviennent également lorsqu’il s’agit ensuite d’appliquer et de respecter ce projet. Aussi est-il légitime que les Français s’interrogent sur le contenu de leur identité, à un moment où chacun de ses éléments constitutifs est remis en cause. Quels principes et quelles valeurs pour bâtir le socle de notre société de demain ? Cette question n’est pas secondaire ; elle est majeure.

Est-il rationnel d’espérer faciliter l’intégration de descendants d’immigrés en envoyant dans le même temps, à l’opinion publique, une multitude de signes qui suggèrent que cette immigration, même à la troisième ou quatrième génération, ne serait pas intégrable à la communauté nationale ? C’est pour elle que l’ensemble de l’échiquier politique tente en effet, depuis de nombreuses années, de retourner la maison France de la cave au grenier : affaiblissement continu des programmes et des exigences scolaires ; tentatives d’élimination de l’excellence dans notre système éducatif ; assauts répétés contre le principe d’Égalité ; suppression des épreuves de culture générale dans les concours administratifs ; abandon des classes moyennes au profit quasi-exclusif des classes défavorisées…

C’est dans la difficulté d’articulation entre l’univers familial et celui de l’école que prennent racine la plupart des obstacles que rencontrent les enfants de l’immigration. Au lieu de s’employer à dégrader le contenu des savoirs et le niveau d’exigence en compétences comportementales, les pouvoirs publics serviraient l’intérêt général en aidant ces enfants à acquérir les éléments de culture française qui leur permettront de surmonter ces obstacles. En effet, lorsque ces derniers deviennent infranchissables, ils placent systématiquement l’enfant dans l’incapacité d’assumer son rôle d’élève, et le poussent même parfois à empêcher ceux qui l’entourent d’assumer le leur. C’est en maternelle-CP-CE1 que les moyens doivent être intensifiés, car c’est là que l’effet de levier est le plus important. Les graines de l’ouverture à d’autres possibles doivent être semées au plus tôt afin d’en maximiser les chances de germination. La transmission culturelle remplit deux missions : elle permet aux enfants d’intérioriser les principes de notre société en vue de réussir leur insertion, et elle leur permet également de se construire, jour après jour, des points d’accroche affectifs avec la France. C’est ce lien affectif qui les aidera à surmonter les douloureuses tensions identitaires dont ils seront inévitablement le siège, s’ils décident un jour de s’intégrer à la communauté française. Se préoccuper du sort de ces enfants à l’entrée au collège est voué à l’échec, car la grande majorité ne sera déjà plus réceptive au pacte proposé. Il faut être bien ignorant de la réalité de leur détresse, ou bien vouloir en tirer un profit personnel, pour véhiculer l’idée que la fabrication d’une élite originaire du Maghreb ou d’Afrique pourrait faire pousser à ces enfants les ailes de la réussite.

Mais qu’attend au juste notre société des migrants et de leurs descendants ? Qu’ils s’insèrent dans notre société en respectant les règles de vie et d’organisation, ou bien qu’ils s’intègrent à la communauté nationale en participant à faire valoir l’héritage que les Français ont reçu indivis ? Si la première option est décrétable, la seconde, qui se joue entièrement sur le registre affectif et moral, ne l’est pas et ne pourra jamais l’être. La France devrait le savoir, elle qui s’est longtemps hasardée à vouloir apporter la preuve du contraire en Algérie, avec les drames que l’on sait. Mais une chose est certaine : ce n’est ni en prônant le culte de la différence, ni en encourageant les individus à se rattacher à des communautés particulières, ni en présentant le peuple français comme un peuple qui rejette et discrimine, que l’on cultivera la volonté d’insertion, et encore moins le désir d’intégration. Notre société récolte désormais les fruits de la haine que ces approches ont semée dans le cœur des enfants de l’immigration.

Un certain nombre de conditions doivent être respectées pour qu’un ensemble d’individus puissent continuer de former un peuple capable de construire et porter un projet politique commun. Ernest Renan les avait recensées ; parmi elles : la fusion des populations ; le désir de vivre ensemble ; la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ; le partage d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements ; le culte des ancêtres…, résumées en une phrase restée célèbre : « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours ». Ce plébiscite, les enfants de l’immigration peuvent à leur tour y participer et se fondre dans la France de demain, une France réconciliée autour de ses valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

21:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags: figaro, identité |