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  • Faites vos jeux, rien ne va plus !

    Selon Rama Yade, la gauche l’attaquerait non pas sur la base de considérations politiques, mais en raison de son origine raciale. Rama Yade accuse donc l’un des trois partis les plus importants de la vie politique française d’être raciste : « Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c’est cette gauche qui s’en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s’en prend à moi parce que je suis Noire. » (Colombes, le 16 février 2008)

    Est-il anodin qu’un ministre de la France porte une telle accusation ? Non, car il est évident que sa voix, celle d’un représentant de l’État, sera entendue comme une vérité par tous ceux qui seraient enclins à s’identifier à elle en raison de la couleur de leur peau. Est-il responsable de jouer avec le feu en attisant la haine ambiante ? Non, c’est totalement irresponsable.

    Alors qu’elle participait le 30 janvier dernier au dîner annuel du CRAN (Conseil représentatif des associations Noires), Rama Yade avait déjà illustré sa propension à se vivre comme Noire avant tout : « Après tout, les Blancs votent à droite, à gauche ! Bon, pourquoi, nous, nous devrions tous voter dans le même sens ? […] Ne serait-ce que par intérêt. Y’a Ségolène Royal, y’a Sarkozy. Sarkozy avait 50% de chances. Qu’est-ce qu’on fait s’il gagne ? Et il a gagné. Qu’est-ce qu’on fait ? C’est fini pour les Noirs ? […] »

    Rama Yade a été vice-présidente, et reste administratrice, du Club XXIe siècle (créé, entre autres, par Rachida Dati). Ce club affiche publiquement sa détermination à œuvrer pour favoriser l’ascension des personnes d’origine étrangère dans les cercles du pouvoir. Rien ne vous choque ? Imaginez donc la création, demain, d’une organisation qui afficherait comme ambition de favoriser l’ascension des Français de souche… Allô, M. Louis Schweitzer (HALDE) ?

    Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à « l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international ». Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce conseil figurent des personnalités très actives au sein de structure nationales françaises à caractère politique. Je vous laisse juges :

    • Najat Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles ;
    • Abdellah Boussouf, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), nommé Secrétaire général du CCME ;
    • Najat Azmy, Conseillère municipale de la ville de Roubaix, présentée par le PS à la députation pour la circonscription de Tourcoing ;
    • Driss El Yazami, membre du Conseil d’administration et du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration en France, nommé Président du CCME.

    Trouverait-on acceptable que demain, des Français possédant aussi la nationalité américaine, en position d’influencer les plus hautes sphères du pouvoir politique de la France, puissent accepter une mission officielle de la part de George Bush pour œuvrer à l’essor de leur mère patrie, les États-Unis d’Amérique ? Ou que des concitoyens de sensibilité juive acceptent une telle mission au service de l’État d’Israël ?

    Rachida Dati ne figure pas parmi les membres du conseil installé par le Roi du Maroc, mais voici, dans le même registre, ce qu’elle confessait dans un entretien que je cite dans Le puzzle de l’intégration et qu’elle avait accordé le 31 août 2006 à un journal marocain : « C’est toujours comme ça, je bascule entre les affaires d’ici et de là-bas [Maroc] […] Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française […] Je suis toujours allée au Maroc en disant “on est votre première vitrine”. Peut-être considèrent-ils qu’on n’est pas assez malléables. C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains] se privent d’une vraie représentation […] Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays. »

    Un Président de la République française qui se rend au dîner annuel du CRIF escorté d’une armada de ministres ; Alain Juppé qui se dit respectueux des principes républicains, et fait néanmoins ses emplettes municipales guidé par le marketing communautariste, et dans le panier duquel on retrouve, aux élections de Bordeaux, la présidente régionale du CRAN… Pour compléter le décor de cette France atomisée par le manque de vision de sa classe politique, ne manque plus que la création du Conseil représentatif des Français de souche. Faites vos jeux, rien ne va plus !

    Catégories : Insertion - intégration
  • Quand l’État perd la raison

    Extrait du Puzzle de l’intégration : « Le même phénomène se produit en France depuis plusieurs années. Plusieurs centaines de milliers d’emplois ne trouvent pas preneur, en majorité dans le bâtiment, la restauration et l’hôtellerie. Dans le même temps pointent au chômage des centaines de milliers de jeunes sans qualification, qui pourraient aisément être formés pour répondre à ces besoins. »

    Dépêche Reuters du 25 février 2008 : « Signature d’un accord d’immigration entre Paris et Dakar : Concernant l’immigration professionnelle, l’avenant ouvre le marché du travail français aux ressortissants sénégalais dans 108 métiers, qualifiés et non-qualifiés, correspondant à des secteurs divers de l’économie et dont la liste a été établie en tenant compte à la fois des besoins de main d’œuvre de l’économie française et des souhaits exprimés par le Sénégal. »

    Comment peut-on très régulièrement rappeler à tous les Français que le chômage est massif parmi la population issue de l’immigration maghrébine et africaine, et oser dans le même temps signer de tels accords, qui organisent de nouveaux flux migratoires dont une partie concurrencera les chômeurs présents sur le territoire français ? Peut-on se résoudre à l’idée que l’État serait incapable de trouver des solutions pour que les emplois actuellement vacants permettent aux innombrables chômeurs de s’insérer dans le tissu économique ?

    Comment ne pas s’inquiéter de la signature de tels accords, lorsqu’on sait qu’ils amèneront de nouvelles familles qui à leur tour connaîtront les mêmes problèmes d’intégration, qui viendront amplifier ceux auxquels nous peinons déjà à faire face ? Car ce sera le cas, à n’en point douter ! Pourquoi l’État ne parvient-il toujours pas à comprendre que la résolution préalable des problèmes de l’immigration-insertion-intégration constitue l’urgence absolue de la France, et représente dans le même temps une obligation morale vis-à-vis des enfants issus de l’immigration ?

    Non seulement l’État perd la raison, mais je crains qu’il ne soit guère en voie de se ressaisir ni s’assagir, puisque qu’il affirme, par la bouche de Brice Hortefeux, que l’accord signé avec Dakar est « transparent et concerté et qu’il prend en compte les intérêts du Sénégal et de la France. » Quels intérêts de la France ?

    Une autre mesure particulièrement choquante est celle qui encourage la transgression des lois existantes. Ainsi pouvait-on lire dans le Monde du 8 janvier dernier : « Un employeur de “bonne foi”, ayant fait travailler un sans-papiers à son insu, pourra désormais se tourner vers la préfecture pour demander sa régularisation. Il devrait pouvoir compter sur la “bienveillance” des services préfectoraux. Dans une circulaire qui leur a été adressée lundi 7 janvier, et dont Le Monde a obtenu une copie, le ministère de l’immigration demande aux employeurs d’étudier “avec une particulière diligence” les dossiers qu’ils porteront eux-mêmes. »

    Pour l’avoir vécue moi-même, pour l’avoir vue vivre autour de moi, je sais combien la question de l’immigration est porteuse de très grandes souffrances humaines. Et c’est justement la raison pour laquelle il est essentiel que l’État rompe avec le manque de cohérence qu’il promène depuis trente ans ; qui s’amplifie à présent ; et qui a, pas à pas, mené la France vers une sérieuse menace d’implosion.

    Catégories : Immigration, Insertion - intégration