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28 septembre 2021

Ces passages extrêmement graves à propos de DSK et Tariq Ramadan dans le livre d’Éric Zemmour

Marianne:

Alors qu'Éric Zemmour sature l'espace médiatique, Malika Sorel-Sutter, ancienne membre du Haut conseil à l'intégration, relève que deux points de son livre ne sont étrangement pas évoqués : sa défense de Dominique Strauss-Kahn et de Tariq Ramadan.

 

Comment expliquer l’attitude des médias qui n’ont pipé mot concernant des passages extrêmement graves du dernier livre d’Éric Zemmour. Qui ne dit mot, consent ? C’est ce vieil adage qui vient à l’esprit lorsqu’on observe les opérations de promotion et de marketing dont il est gratifié, lui permettant de cannibaliser le débat public.

Pourtant, dans son livre, Éric Zemmour va jusqu'à relativiser la gravité des accusations de viol portées contre Dominique Strauss-Kahn par Nafissatou Diallo à New York, en mai 2011. Pour rappel, sept chefs d’accusation avaient été retenus contre ce dernier : acte sexuel criminel au premier degré (deux chefs d’accusation), tentative de viol au premier degré, abus sexuel au premier degré, séquestration au second degré, agression sexuelle au troisième degré et attouchement sexuel. Tandis qu’il relate son déjeuner avec Jean-Christophe Cambadélis, Éric Zemmour en vient à réduire cet acte ignoble à une « ridicule affaire ancillaire », faisant au passage le parallèle avec « Karl Marx qui avait, lui, engrossé la bonne ».

Eh oui, Nafissatou Diallo n’est qu’une simple femme de ménage. À la minimisation du caractère horrible de l’acte vient s’ajouter le mépris de classe qui avait cours chez les élites de l’Ancien Régime qui se servaient, sans vergogne ni l’once d’un respect, chez les soubrettes. Dans l’accusation portée contre l’ancien patron du Fonds monétaire international, Éric Zemmour dit voir « la confirmation de cette “féminisation de la société” » contre laquelle il dit s’être élevé dans un de ses livres (Le premier sexe). Et pour Éric Zemmour, « DSK, menottes derrière le dos entre deux cops new-yorkais, marchant tête baissée, c’est un renversement de mille ans de culture royale et patriarcale française. C’est une castration de tous les hommes français » !

« Quelle différence avec l’infériorisation et la chosification des femmes que l’on retrouve sous d’autres cieux ? »

Quelle différence avec l’infériorisation et la chosification des femmes que l’on retrouve sous d’autres cieux, par exemple chez une partie des hommes en Inde dont la presse répercute régulièrement les agressions sexuelles, ou encore chez une partie de ceux qui se réclament de la pratique fondamentaliste de l’islam ? Aucune. La condition faite aux femmes et le respect qui leur est dû sont des problématiques essentielles qui intéressent l'opinion publique et méritent d’être versées au débat.

Dans son livre, Éric Zemmour se dit aussi convaincu que le prédicateur Tariq Ramadan « a été piégé » dans l’affaire des viols dont il a été accusé puis mis en examen. Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur de la confrérie des Frères musulmans, est celui-là même qui avait appelé à un moratoire sur la lapidation des femmes, lors d’un débat qui l’opposait à Nicolas Sarkozy sur France 2. Un moratoire. Nous voilà rassurés. Tariq Ramadan n’est pas n’importe qui. Pendant de longues années, il a prêché dans les banlieues de l’immigration musulmane.

C’est aussi lui qu'a couvert de louanges le Cheikh Youssef Al-Qaradawi, prédicateur Frère musulman de la chaîne qatarie Al-Jazira dont les prêches ont joué un rôle important dans la radicalisation d'une partie des populations musulmanes à travers le monde, y compris des diasporas, ainsi que dans la déstabilisation du monde arabo-musulman. Nous en subissons les répercussions et en payons les conséquences ici, dans les sociétés occidentales. Il suffit de lire Mohamed Louizi ou Gilles Kepel pour comprendre à quel point l’idéologie propagée imprime sa marque dans les sujets d'intégration et d'assimilation qui semblent préoccuper Éric Zemmour, ce qu’il ne peut évidemment ignorer.

Éric Zemmour verse de grosses larmes : « J’ai eu un choc lorsque j’ai aperçu Ramadan sur mon écran de télévision, à sa sortie de prison, les cheveux blanchis, la mine défaite, la voix cassée d’un vieillard. » Il avoue avoir eu « honte pour Bourdin (BFMTV) » et avoir « à cet instant pris en pitié sa victime ». En décembre 2018, le Journal du Dimanche révélait l’existence de chaleureux messages échangés entre Éric Zemmour et Tariq Ramadan. Peut-on croire à l’expression d’une simple « cordialité orientale », pour reprendre l’explication d’Éric Zemmour, cordialité qui amène les messages à se conclure par des « Amitiés. Embrassade » ? Troublant, n’est-ce pas ?

Tribune publiée dans Marianne.

13:37 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: zemmour, strauss-kahn, dsk, ramadan |

24 août 2021

Trafic de drogues. Pour Rudy Manna, certains parents sont complices

Trafic de drogues. Pour Rudy Manna, certains parents sont complices

Voici le contenu de l'entretien accordé à France info le 22 août par Rudy Manna, Secrétaire département des Bouches du Rhône du syndicat Alliance Police nationale.

Il est tellement rare que la vérité vraie soit dite, que cela mérite amplement d'être relayé. Extrait "si aujourd'hui vous tapez dans le portefeuille, croyez bien qu'il y a beaucoup de parents qui vont obliger les enfants à y aller. Et là, vous allez voir qu'on va dire les parents qui sont complètement débordés, hé bien vous verrez qu'il n'y a pas tant de parents que ça qui sont débordés. Bien sûr, qu'il y en a des mères isolées qui ne s'en sortent pas. Mais souvent, il y a les deux parents qui laissent faire ça parce que ça peut les intéresser aussi parfois, parce que ça ramène 150 euros par jour, le gamin."

Ma transcription ci-dessous est complète. Celle sur France info comportait quelques légères modifications et omissions qui ne modifiaient au demeurant pas le message de Rudy Manna.


Franceinfo : On parle souvent de manque de moyens, pour enrayer la violence et les règlements de comptes à Marseille. Mais le malaise n'est pas qu'une affaire de moyens ?

Rudy Manna : Bien sûr, ce n'est pas qu'une affaire de moyens. Depuis le début de l'année, on a accueilli cent policiers supplémentaires. C'était une promesse du gouvernement, il l'a tenue. On a beaucoup de policiers qui luttent au quotidien contre le trafic de stupéfiants. Et croyez bien qu'ils y mettent tout leur cœur et toutes leurs forces et que tous les jours, ils ramènent des affaires, des trafiquants de drogue, des dealers qui sont présentés à la justice. Donc ce n'est pas qu'une affaire de moyens. En fait, aujourd'hui, on laisse la police lutter seule contre ces trafics de stupéfiants. Et c'est là qu'il y a une erreur stratégique puisque la police seule ne peut pas y arriver. Et il y a vraiment plusieurs institutions qui doivent venir avec nous pour nous aider, l'Éducation nationale, les travailleurs sociaux et la Justice derrière. Et puis il faut aussi une force politique d'ensemble. C'est-à-dire qu'il faut que la mairie de Marseille commence à se réveiller un petit peu pour nous aider également.

Il faut que toutes les instances politiques se mettent ensemble, oublient tous les egos qu'ils peuvent avoir de chaque côté, et montent un plan pour qu'on puisse lutter efficacement, enfin, contre ces trafics de stupéfiants."
   

France info : D'autant que ce n'est pas qu'une affaire marseillaise. Comment faire pour couper les filières, y compris dans les pays où l'on cultive la drogue ?

Vous savez, déjà, j'entends beaucoup cette idée depuis 3 - 4 jours. On a déjà du mal à trouver des solutions pour notre propre pays, alors imaginez comment on va faire pour dire à des pays, qui vivent quand même en partie de ça, "arrêtez de fabriquer cette merde." Je crois que ce n'est pas possible. Concentrons-nous d'abord, sur ce que nous, on peut mettre en place ici. Concentrons-nous d'abord sur les solutions qu'on peut apporter à nos jeunes et ensuite, on verra si, dans un second temps, une fois qu'on aura réduit un petit peu le trafic, est-ce ce qu'on pourra avoir d'autres solutions ou si on pourra avoir des accords avec les pays qui cultivent cette merde.

France info : Vous parliez des travailleurs sociaux tout à l'heure. Ils essaient de lutter contre le trafic de drogue. L'Éducation nationale aussi, à son niveau. Mais finalement, est-ce qu'il ne faut pas une décision de l'Etat avec des peines beaucoup plus sévères ?

Rudy Manna : Bien sûr. Vous savez, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous parce que quand l'Éducation nationale, quand elle laisse hors des écoles de la République des milliers, voire des dizaines de milliers de jeunes de 13-14 ans qui sont déscolarisés, moi, à mes yeux, ils ne font pas leur boulot, ça c'est une première chose. Les travailleurs sociaux, bien sûr qu'ils essayent de faire leur boulot. Mais c'est hyper compliqué aujourd'hui de rentrer dans les cités. Il y a quinze ans, ils pouvaient rentrer et essayer de prêcher la bonne parole et porter la bonne parole. Et certains jeunes réussissaient à s'en sortir. Aujourd'hui, ce n'est plus possible de le faire puisqu'ils n'ont plus la possibilité de rentrer dans ces cités puisqu'elles sont tellement cadenassées par les dealers qu'ils ne peuvent plus y accéder. Et le dernier étage de la fusée, puisque j'appelle ça la fusée à quatre étages, c'est effectivement la justice. La justice aujourd'hui ne condamne pas assez lourdement. Alors bien sûr, elle va nous dire qu'elle manque de moyens et elle a raison. Elle va nous dire qu'elle manque d'effectifs et elle a raison. Et elle va nous dire aussi qu'il manque des places de prison, et elle a raison. Mais alors les places de prison, cette soupe qu'on nous sert depuis 30 ans, où on nous dit qu'il manque des places de prison. Mais qu'est-ce qu'on fait alors ? Ils ont tous été mauvais, tous ceux qui sont passés depuis 30 ans. Ça fait 30 ans  Il n'y a pas de places de prison et personne depuis 30 ans, tous gouvernements confondus, n'a été capable de créer des places de prison ou en tout cas, en nombre suffisamment important pour palier l'insécurité qui montait en France, et la délinquance qui montait en France.

Vous voyez, Il y a plein de solutions. Il faut tous s'y mettre tous ensemble. Et croyez bien que la police va apporter sa pierre à l'édifice. D'ailleurs, on le fait déjà. La seule chose qu'on ne veut plus aujourd'hui, c'est être tout seul, tout seul face à cette délinquance, tout seul face à ces jeunes et tout seul à lutter contre le trafic de stupéfiants.
   
France info : Vous parliez d'éducation nationale. Évidemment que c'est une strate importante au niveau de l'éducation mais le premier étage de la fusée éducative, c'est la famille. Or là, il y a une carence complète dans beaucoup de familles aujourd'hui.

Rudy Manna : Vous avez tout à fait raison mais la famille peut entrer, avec les lois qu'on peut faire avec l'Éducation nationale. Pourquoi ? Parce vous avez raison. Aujourd'hui, comment peut-on accepter qu'un père ou une mère de famille déscolarise son enfant à 13 ou 14 ans ? Mais c'est complètement incroyable. C'est complètement fou qu'on voit ça en France. Et pas avec dix gamins, avec des dizaines de milliers de gamins. Ça, c'est complètement fou. Alors là aussi, ça fait 15 ans qu'on nous dit "on va supprimer les allocations familiales ou je ne sais quoi." Et en fait, on ne le fait jamais. On ne le fait jamais parce qu'on manque de courage politique. On ne le fait jamais, parce que la plupart de nos élus politiques veulent être réélus derrière. Et ils se disent que s'ils mettent en place une stratégie comme ça, ça peut être mauvais pour leur future réélection. Alors à ce moment-là, on ne fait plus rien, et on laisse ces gamins de 13, 14 ans, 15 ans hors du système scolaire, c'est-à-dire qui ne savent ni lire ni écrire. Ça veut dire qu'ils n'auront aucune possibilité de travailler plus tard parce que c'est à ça aussi, qu'il faut penser.

Si un jour on veut les réinsérer, il va bien falloir qu'on leur apprenne un minimum de bases. Et aujourd'hui, les bases, on ne leur apprend pas parce qu'ils sont exclus du système. Et c'est là que j'en veux à l'Éducation nationale, de sortir ces enfants, de ne pas les récupérer et de ne pas trouver des moyens de les récupérer. Parce que je peux vous dire, et ça je vous le dis très clairement : si aujourd'hui vous tapez dans le portefeuille, croyez bien qu'il y a beaucoup de parents qui vont obliger les enfants à y aller. Et là, vous allez voir qu'on va dire les parents qui sont complètement débordés, hé bien vous verrez qu'il n'y a pas tant de parents que ça qui sont débordés. Bien sûr, qu'il y en a des mères isolées qui ne s'en sortent pas. Mais souvent, il y a les deux parents qui laissent faire ça parce que ça peut les intéresser aussi parfois parce que ça ramène 150 euros par jour, le gamin. Ça peut aussi les intéresser. Mais vous verrez que si on leur tape dans le portefeuille, hé bien peut-être que les enfants iront un peu plus à l'école et ils apprendront à lire et à écrire. Et un jour, peut-être, ils pourront s'insérer normalement dans la vie.

*** MON AVIS ***

---> Tout ce que dit Rudy Manna, je l'avais écrit, dès 2011, dans mon "Langage de vérité". J'ai, à de nombreuses reprises, évoqué dans mes écrits la responsabilité des parents, le rôle qui était le leur ainsi que les actions qu'il convenait d'entreprendre vis-à-vis d'eux.

Voici un passage de mon ouvrage "Le langage de vérité" :

- "La très lucrative économie parallèle rend aujourd’hui quasi impossible pour les enseignants la mission de susciter un intérêt pour le savoir, au sein de nombreux quartiers dits sensibles. Tant que les élèves, et leurs parents, auront sous les yeux des exemples de «réussite» facile, jamais ils ne feront d’effort; jamais ils ne s’astreindront aux sacrifices que commandent toute éducation et toute instruction. Pire, devenus grands, ces enfants s’engageront à leur tour dans une lutte contre toute présence des forces de l’ordre, afin de pouvoir garder le contrôle des territoires qu’ils ont annexés. Sans engagement ferme de tout l’appareil d’État pour éradiquer ce cancer des trafics en tous genres, les efforts consentis sur le dossier «école» resteront vains (...) .

- L’incarcération d’un mineur est une arme lourde et très onéreuse, mais elle ne dissuade pas de récidiver. Les délinquants mineurs se révèlent insensibles au sort qui leur est fait, qui constitue, comme je l’ai dit plus haut, un élément de valorisation au sein de leur groupe. Ils sont en revanche extrêmement sensibles à tout ce qui touche leurs ascendants. C’est leur véritable talon d’Achille. C’est sur leurs parents, et non sur eux mêmes, que doit s’appliquer le principe de «tolérance zéro». Cibler les ascendants contribuera à ramener bien plus facilement dans le rang les délinquants mineurs.

Leur sensibilité provient du fait qu’ils sont éduqués dans le strict respect qu’ils doivent à leurs parents. La mère occupe d’ailleurs une position sacrée. En cas de mauvais agissements de leurs enfants, il est donc indispensable que les parents soient placés face à leurs responsabilités. S’il y a dégradations d’ordre matériel, ils doivent être astreints à réparer ou à financer les réparations, sur leur argent propre ou par le biais de retenues sur les aides sociales qui leur sont versées. Eu égard au très grand attrait qu’exerce l’argent au sein de ces populations, cela inciterait les parents et leurs enfants à ne plus récidiver, et enclencherait à terme un cercle vertueux.

La sécurité à l’école comme à la ville ne pourra s’obtenir qu’en agissant sur les familles. Les sanctions appliquées directement aux mineurs doivent, quant à elles, toujours avoir une visée réparatrice et éducative. Elles doivent systématiquement prévoir un accompagnement en vue de réussir une insertion dans la société."

18:22 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: rudy manna, allaince, police, drogues, marseille, franceinfo |

30 juin 2021

Que faire ?

Marianne vient de publier un hors série consacré à l'immigration.

Sous le titre "Que faire?", je débats avec le démographe Hervé Le Bras. Le débat est animé par le journaliste Kévin Boucaud-Victoire. De nombreux aspects du sujet sont abordés aussi bien dans notre débat, que dans l'ensemble de ce hors série de Marianne.

Trois précisions :

- Dans le passage : "une partie des immigrés sortent des statistiques", je souhaitais parler des étrangers qui disparaissent des statistiques "étrangers" aussitôt que la carte d'identité française leur a été octroyée. 

-  Dans le passage : "Il a ainsi supprimé le respect de la bonne assimilation par les préfectures qui délivrent la carte d’identité", il fallait comprendre : il a supprimé la vérification, par les préfectures, du respect de l’assimilation ou encore de son effectivité.  

- Dans le passage "le diplôme n’est pas un critère. Beaucoup de gens qui ont participé à la réislamisation de la France étaient ingénieurs ou docteur en sciences. A l’inverse, vous avez des gens qui parlent mal français, mais qui épousent le destin des Français". Bien entendu, je ne voulais pas parler de réislamisation de la France puisque la France n'a jamais été musulmane, mais de la réislamisation, en France, d'une partie des jeunes de l'immigration extra-européenne.

 

 

15:22 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: le bras, marianne, immigration, sorel-sutter |

25 juin 2021

L'abstention aux élections est un signe politique

Je comprends les citoyens qui s'abstiennent aux élections. L'abstention n'est pas le signe que le peuple français se désintéresse de la politique comme je l'entends ou le lis, mais signifie qu'une forte proportion du peuple n'est pas satisfait du choix qui lui est offert. Moi-même, je ne votais plus depuis le dernier hold-up de la présidentielle de 2017. À un moment donné, on finit par baisser les bras. On se dit : à quoi bon ? Rien ne semble pouvoir enrayer la machine infernale qui fait qu'au fil du temps, on se sent de moins en moins bien représenté. Les préoccupations de celles et ceux qui gouvernent semblent parfois étrangères aux préoccupations du peuple, et cela se voit trop.

Lorsque l'abstention est trop forte, une des voies serait peut-être de revoter. La pression induite reposerait sur les épaules des candidats, qui s'évertueraient alors à mobiliser le corps électoral. On observe dans les scrutins en cours que tous les candidats n'avaient pas nécessairement intérêt à un fort taux de participation. Que vaut le résultat d'élections dont le taux de participation est ridiculement bas ? Une infime minorité décide pour la majorité. Il n'y a guère de légitimité pour celui ou celle qui est élu avec un taux d'abstention qui dépasse les 50%. Pourtant, beaucoup se pavanent quand ils devraient faire preuve de grande modestie.

Je suis également choquée par le déni de la voix du peuple auquel conduisent les fusions et les retraits de listes entre les deux tours, car cela ouvre la possibilité à une inversion du choix des électeurs. Dans une démocratie digne de ce nom, cela ne devrait pas être possible. Mais sommes-nous encore dans une véritable démocratie ?

Le matraquage idéologique atteint des sommets. Ici, il est demandé aux électeurs de voter contre des listes islamo-gauchistes et là, le front se fait avec des listes qui abritent des islamo-gauchistes ou des islamo-droitistes. Il est naturel que le peuple perde confiance en ceux qu'il est improprement convenu d'appeler “élites”.

Un scrutin à un seul tour, puis des résultats d'affectation de sièges effectués dans le respect des proportions obtenues par chacune des listes, c'est-à-dire à la proportionnelle intégrale afin que chaque électeur soit représenté, voilà qui inciterait davantage à aller voter.

23:02 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: élections, abstention, régionales, départementales |