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24 août 2021

Trafic de drogues. Pour Rudy Manna, certains parents sont complices

Trafic de drogues. Pour Rudy Manna, certains parents sont complices

Voici le contenu de l'entretien accordé à France info le 22 août par Rudy Manna, Secrétaire département des Bouches du Rhône du syndicat Alliance Police nationale.

Il est tellement rare que la vérité vraie soit dite, que cela mérite amplement d'être relayé. Extrait "si aujourd'hui vous tapez dans le portefeuille, croyez bien qu'il y a beaucoup de parents qui vont obliger les enfants à y aller. Et là, vous allez voir qu'on va dire les parents qui sont complètement débordés, hé bien vous verrez qu'il n'y a pas tant de parents que ça qui sont débordés. Bien sûr, qu'il y en a des mères isolées qui ne s'en sortent pas. Mais souvent, il y a les deux parents qui laissent faire ça parce que ça peut les intéresser aussi parfois, parce que ça ramène 150 euros par jour, le gamin."

Ma transcription ci-dessous est complète. Celle sur France info comportait quelques légères modifications et omissions qui ne modifiaient au demeurant pas le message de Rudy Manna.


Franceinfo : On parle souvent de manque de moyens, pour enrayer la violence et les règlements de comptes à Marseille. Mais le malaise n'est pas qu'une affaire de moyens ?

Rudy Manna : Bien sûr, ce n'est pas qu'une affaire de moyens. Depuis le début de l'année, on a accueilli cent policiers supplémentaires. C'était une promesse du gouvernement, il l'a tenue. On a beaucoup de policiers qui luttent au quotidien contre le trafic de stupéfiants. Et croyez bien qu'ils y mettent tout leur cœur et toutes leurs forces et que tous les jours, ils ramènent des affaires, des trafiquants de drogue, des dealers qui sont présentés à la justice. Donc ce n'est pas qu'une affaire de moyens. En fait, aujourd'hui, on laisse la police lutter seule contre ces trafics de stupéfiants. Et c'est là qu'il y a une erreur stratégique puisque la police seule ne peut pas y arriver. Et il y a vraiment plusieurs institutions qui doivent venir avec nous pour nous aider, l'Éducation nationale, les travailleurs sociaux et la Justice derrière. Et puis il faut aussi une force politique d'ensemble. C'est-à-dire qu'il faut que la mairie de Marseille commence à se réveiller un petit peu pour nous aider également.

Il faut que toutes les instances politiques se mettent ensemble, oublient tous les egos qu'ils peuvent avoir de chaque côté, et montent un plan pour qu'on puisse lutter efficacement, enfin, contre ces trafics de stupéfiants."
   

France info : D'autant que ce n'est pas qu'une affaire marseillaise. Comment faire pour couper les filières, y compris dans les pays où l'on cultive la drogue ?

Vous savez, déjà, j'entends beaucoup cette idée depuis 3 - 4 jours. On a déjà du mal à trouver des solutions pour notre propre pays, alors imaginez comment on va faire pour dire à des pays, qui vivent quand même en partie de ça, "arrêtez de fabriquer cette merde." Je crois que ce n'est pas possible. Concentrons-nous d'abord, sur ce que nous, on peut mettre en place ici. Concentrons-nous d'abord sur les solutions qu'on peut apporter à nos jeunes et ensuite, on verra si, dans un second temps, une fois qu'on aura réduit un petit peu le trafic, est-ce ce qu'on pourra avoir d'autres solutions ou si on pourra avoir des accords avec les pays qui cultivent cette merde.

France info : Vous parliez des travailleurs sociaux tout à l'heure. Ils essaient de lutter contre le trafic de drogue. L'Éducation nationale aussi, à son niveau. Mais finalement, est-ce qu'il ne faut pas une décision de l'Etat avec des peines beaucoup plus sévères ?

Rudy Manna : Bien sûr. Vous savez, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous parce que quand l'Éducation nationale, quand elle laisse hors des écoles de la République des milliers, voire des dizaines de milliers de jeunes de 13-14 ans qui sont déscolarisés, moi, à mes yeux, ils ne font pas leur boulot, ça c'est une première chose. Les travailleurs sociaux, bien sûr qu'ils essayent de faire leur boulot. Mais c'est hyper compliqué aujourd'hui de rentrer dans les cités. Il y a quinze ans, ils pouvaient rentrer et essayer de prêcher la bonne parole et porter la bonne parole. Et certains jeunes réussissaient à s'en sortir. Aujourd'hui, ce n'est plus possible de le faire puisqu'ils n'ont plus la possibilité de rentrer dans ces cités puisqu'elles sont tellement cadenassées par les dealers qu'ils ne peuvent plus y accéder. Et le dernier étage de la fusée, puisque j'appelle ça la fusée à quatre étages, c'est effectivement la justice. La justice aujourd'hui ne condamne pas assez lourdement. Alors bien sûr, elle va nous dire qu'elle manque de moyens et elle a raison. Elle va nous dire qu'elle manque d'effectifs et elle a raison. Et elle va nous dire aussi qu'il manque des places de prison, et elle a raison. Mais alors les places de prison, cette soupe qu'on nous sert depuis 30 ans, où on nous dit qu'il manque des places de prison. Mais qu'est-ce qu'on fait alors ? Ils ont tous été mauvais, tous ceux qui sont passés depuis 30 ans. Ça fait 30 ans  Il n'y a pas de places de prison et personne depuis 30 ans, tous gouvernements confondus, n'a été capable de créer des places de prison ou en tout cas, en nombre suffisamment important pour palier l'insécurité qui montait en France, et la délinquance qui montait en France.

Vous voyez, Il y a plein de solutions. Il faut tous s'y mettre tous ensemble. Et croyez bien que la police va apporter sa pierre à l'édifice. D'ailleurs, on le fait déjà. La seule chose qu'on ne veut plus aujourd'hui, c'est être tout seul, tout seul face à cette délinquance, tout seul face à ces jeunes et tout seul à lutter contre le trafic de stupéfiants.
   
France info : Vous parliez d'éducation nationale. Évidemment que c'est une strate importante au niveau de l'éducation mais le premier étage de la fusée éducative, c'est la famille. Or là, il y a une carence complète dans beaucoup de familles aujourd'hui.

Rudy Manna : Vous avez tout à fait raison mais la famille peut entrer, avec les lois qu'on peut faire avec l'Éducation nationale. Pourquoi ? Parce vous avez raison. Aujourd'hui, comment peut-on accepter qu'un père ou une mère de famille déscolarise son enfant à 13 ou 14 ans ? Mais c'est complètement incroyable. C'est complètement fou qu'on voit ça en France. Et pas avec dix gamins, avec des dizaines de milliers de gamins. Ça, c'est complètement fou. Alors là aussi, ça fait 15 ans qu'on nous dit "on va supprimer les allocations familiales ou je ne sais quoi." Et en fait, on ne le fait jamais. On ne le fait jamais parce qu'on manque de courage politique. On ne le fait jamais, parce que la plupart de nos élus politiques veulent être réélus derrière. Et ils se disent que s'ils mettent en place une stratégie comme ça, ça peut être mauvais pour leur future réélection. Alors à ce moment-là, on ne fait plus rien, et on laisse ces gamins de 13, 14 ans, 15 ans hors du système scolaire, c'est-à-dire qui ne savent ni lire ni écrire. Ça veut dire qu'ils n'auront aucune possibilité de travailler plus tard parce que c'est à ça aussi, qu'il faut penser.

Si un jour on veut les réinsérer, il va bien falloir qu'on leur apprenne un minimum de bases. Et aujourd'hui, les bases, on ne leur apprend pas parce qu'ils sont exclus du système. Et c'est là que j'en veux à l'Éducation nationale, de sortir ces enfants, de ne pas les récupérer et de ne pas trouver des moyens de les récupérer. Parce que je peux vous dire, et ça je vous le dis très clairement : si aujourd'hui vous tapez dans le portefeuille, croyez bien qu'il y a beaucoup de parents qui vont obliger les enfants à y aller. Et là, vous allez voir qu'on va dire les parents qui sont complètement débordés, hé bien vous verrez qu'il n'y a pas tant de parents que ça qui sont débordés. Bien sûr, qu'il y en a des mères isolées qui ne s'en sortent pas. Mais souvent, il y a les deux parents qui laissent faire ça parce que ça peut les intéresser aussi parfois parce que ça ramène 150 euros par jour, le gamin. Ça peut aussi les intéresser. Mais vous verrez que si on leur tape dans le portefeuille, hé bien peut-être que les enfants iront un peu plus à l'école et ils apprendront à lire et à écrire. Et un jour, peut-être, ils pourront s'insérer normalement dans la vie.

*** MON AVIS ***

---> Tout ce que dit Rudy Manna, je l'avais écrit, dès 2011, dans mon "Langage de vérité". J'ai, à de nombreuses reprises, évoqué dans mes écrits la responsabilité des parents, le rôle qui était le leur ainsi que les actions qu'il convenait d'entreprendre vis-à-vis d'eux.

Voici un passage de mon ouvrage "Le langage de vérité" :

- "La très lucrative économie parallèle rend aujourd’hui quasi impossible pour les enseignants la mission de susciter un intérêt pour le savoir, au sein de nombreux quartiers dits sensibles. Tant que les élèves, et leurs parents, auront sous les yeux des exemples de «réussite» facile, jamais ils ne feront d’effort; jamais ils ne s’astreindront aux sacrifices que commandent toute éducation et toute instruction. Pire, devenus grands, ces enfants s’engageront à leur tour dans une lutte contre toute présence des forces de l’ordre, afin de pouvoir garder le contrôle des territoires qu’ils ont annexés. Sans engagement ferme de tout l’appareil d’État pour éradiquer ce cancer des trafics en tous genres, les efforts consentis sur le dossier «école» resteront vains (...) .

- L’incarcération d’un mineur est une arme lourde et très onéreuse, mais elle ne dissuade pas de récidiver. Les délinquants mineurs se révèlent insensibles au sort qui leur est fait, qui constitue, comme je l’ai dit plus haut, un élément de valorisation au sein de leur groupe. Ils sont en revanche extrêmement sensibles à tout ce qui touche leurs ascendants. C’est leur véritable talon d’Achille. C’est sur leurs parents, et non sur eux mêmes, que doit s’appliquer le principe de «tolérance zéro». Cibler les ascendants contribuera à ramener bien plus facilement dans le rang les délinquants mineurs.

Leur sensibilité provient du fait qu’ils sont éduqués dans le strict respect qu’ils doivent à leurs parents. La mère occupe d’ailleurs une position sacrée. En cas de mauvais agissements de leurs enfants, il est donc indispensable que les parents soient placés face à leurs responsabilités. S’il y a dégradations d’ordre matériel, ils doivent être astreints à réparer ou à financer les réparations, sur leur argent propre ou par le biais de retenues sur les aides sociales qui leur sont versées. Eu égard au très grand attrait qu’exerce l’argent au sein de ces populations, cela inciterait les parents et leurs enfants à ne plus récidiver, et enclencherait à terme un cercle vertueux.

La sécurité à l’école comme à la ville ne pourra s’obtenir qu’en agissant sur les familles. Les sanctions appliquées directement aux mineurs doivent, quant à elles, toujours avoir une visée réparatrice et éducative. Elles doivent systématiquement prévoir un accompagnement en vue de réussir une insertion dans la société."

18:22 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: rudy manna, allaince, police, drogues, marseille, franceinfo |

30 juin 2021

Que faire ?

Marianne vient de publier un hors série consacré à l'immigration.

Sous le titre "Que faire?", je débats avec le démographe Hervé Le Bras. Le débat est animé par le journaliste Kévin Boucaud-Victoire. De nombreux aspects du sujet sont abordés aussi bien dans notre débat, que dans l'ensemble de ce hors série de Marianne.

Trois précisions :

- Dans le passage : "une partie des immigrés sortent des statistiques", je souhaitais parler des étrangers qui disparaissent des statistiques "étrangers" aussitôt que la carte d'identité française leur a été octroyée. 

-  Dans le passage : "Il a ainsi supprimé le respect de la bonne assimilation par les préfectures qui délivrent la carte d’identité", il fallait comprendre : il a supprimé la vérification, par les préfectures, du respect de l’assimilation ou encore de son effectivité.  

- Dans le passage "le diplôme n’est pas un critère. Beaucoup de gens qui ont participé à la réislamisation de la France étaient ingénieurs ou docteur en sciences. A l’inverse, vous avez des gens qui parlent mal français, mais qui épousent le destin des Français". Bien entendu, je ne voulais pas parler de réislamisation de la France puisque la France n'a jamais été musulmane, mais de la réislamisation, en France, d'une partie des jeunes de l'immigration extra-européenne.

 

 

15:22 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: le bras, marianne, immigration, sorel-sutter |

25 juin 2021

L'abstention aux élections est un signe politique

Je comprends les citoyens qui s'abstiennent aux élections. L'abstention n'est pas le signe que le peuple français se désintéresse de la politique comme je l'entends ou le lis, mais signifie qu'une forte proportion du peuple n'est pas satisfait du choix qui lui est offert. Moi-même, je ne votais plus depuis le dernier hold-up de la présidentielle de 2017. À un moment donné, on finit par baisser les bras. On se dit : à quoi bon ? Rien ne semble pouvoir enrayer la machine infernale qui fait qu'au fil du temps, on se sent de moins en moins bien représenté. Les préoccupations de celles et ceux qui gouvernent semblent parfois étrangères aux préoccupations du peuple, et cela se voit trop.

Lorsque l'abstention est trop forte, une des voies serait peut-être de revoter. La pression induite reposerait sur les épaules des candidats, qui s'évertueraient alors à mobiliser le corps électoral. On observe dans les scrutins en cours que tous les candidats n'avaient pas nécessairement intérêt à un fort taux de participation. Que vaut le résultat d'élections dont le taux de participation est ridiculement bas ? Une infime minorité décide pour la majorité. Il n'y a guère de légitimité pour celui ou celle qui est élu avec un taux d'abstention qui dépasse les 50%. Pourtant, beaucoup se pavanent quand ils devraient faire preuve de grande modestie.

Je suis également choquée par le déni de la voix du peuple auquel conduisent les fusions et les retraits de listes entre les deux tours, car cela ouvre la possibilité à une inversion du choix des électeurs. Dans une démocratie digne de ce nom, cela ne devrait pas être possible. Mais sommes-nous encore dans une véritable démocratie ?

Le matraquage idéologique atteint des sommets. Ici, il est demandé aux électeurs de voter contre des listes islamo-gauchistes et là, le front se fait avec des listes qui abritent des islamo-gauchistes ou des islamo-droitistes. Il est naturel que le peuple perde confiance en ceux qu'il est improprement convenu d'appeler “élites”.

Un scrutin à un seul tour, puis des résultats d'affectation de sièges effectués dans le respect des proportions obtenues par chacune des listes, c'est-à-dire à la proportionnelle intégrale afin que chaque électeur soit représenté, voilà qui inciterait davantage à aller voter.

23:02 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: élections, abstention, régionales, départementales |

18 juin 2021

La démocratie confisquée

Lundi 14 juin, un débat était organisé par LCI avec l'ensemble des têtes de listes de la région Île-de-France. C'était La grande confrontation.

Chacun des candidats a pu s'exprimer de sorte que les électeurs puissent prendre connaissance des propositions portés par les uns et les autres sur les sujets les plus importants. Certains moments, le débat était vif et cela est tout à fait naturel. À la fin du débat, chaque Francilien aura ainsi pu se faire son opinion pour l'éclairer dans son vote de dimanche. Mais quelle n'a pas été ma surprise - je devrais dire ma colère-, de voir qu'une fois le débat terminé, au lieu de laisser chaque électeur cogiter librement, voilà qu'une phase proprement surréaliste s'ouvre et qu'un journaliste (Yves Thréard du Figaro) prend le relais pour dicter aux électeurs ce qu'il convenait de penser du débat et ainsi, de fait, orienter leurs choix de vote.

Du matin au soir, ce sont les journalistes qui écrivent et disent aux citoyens - à longueur de plateaux radio et télé-, ce qu'il convient de penser. Vous avez dit libre arbitre ? Et l'on feint ensuite de s'étonner que l'abstention soit devenu le premier parti de France !

Voici donc la conclusion d'Yves Thréard, dans la foulée immédiate de "la grande confrontation". Et cela a été le mot de la fin du débat des régionales en Ile-de-France. Vous pourrez ainsi vous forger votre propre opinion.

David Pujadas: Yves, le moment difficile est venu pour vous. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites sur pas mal de sujets. Votre conclusion ?

Yves Thréard : Camarade David, beaucoup de choses. Alors évidemment, il y avait une tentation facile pour les uns et les autres, parce qu'ils ont tous des profils connus avec des ambitions très importantes, et on se disait : ça va devenir un débat national, ça va pas être un débat local, régional. Et on les connaît, ils maîtrisent bien leurs sujets. Et finalement, eh bien non, on a beaucoup parlé de la région, et Valérie Pécresse a raison, il va falloir faire du contrôle de chiffres, du contrôle d'affirmations, du contrôle d'allégations, parce que là, je pense qu'il y a un panier à salades qui est bien garni avec beaucoup de choses à vérifier.

Et là, David Pujadas interrompt Yves Thréard. On se dit qu'il va tenter de ramener Yves Thréard sur une voie un peu plus objective, un peu moins partisane, mais il n'en sera rien. Il veut simplement préciser que Total ne fermera pas sa raffinerie, qu'il n'y aura pas de licenciements mais des reconversions.

Yves Thréard poursuit: Trois mots. Le premier mot est un prénom, c'est "Valérie". Évidemment, Valérie. Valérie au pays des bobards. Parce qu'évidemment, c'était la personnalité au cœur, au centre du débat. C'est elle qui devait prendre tous les coups. Elle a joué, pas toujours en fond de court d'ailleurs, elle est monté au filet. Elle a quand même réussi à se sortir de pas mal d'attaques qui, d'entrée, ont été assez violentes. Donc évidemment, en plus avec les ambitions qu'on lui prête, des ambitions présidentielles, eh bien elle n'était pas dans une position très confortable.

Le deuxième mot, c'est pas un prénom, c'est "opposition". En fait, on vit depuis quatre ans, et Monsieur Saint-Martin est là pour évidemment enfoncer le clou au rythme du "en même temps", c'est à dire qu'il n'y a plus ni droite ni gauche, on est et de droite et de gauche, avec un président de la République qui fait un coup de barre à droite, un coup de barre à gauche. Eh bien ce débat est absolument, je dirais, en contradiction avec ça, car ces deux projets de société - je suis tout à fait d'accord avec ce qu'a dit Valérie Pécresse tout à l'heure, c'est-à-dire que les quatre prétendants qui sont à côté de vous, David, défendaient un projet clairement de gauche qui tirait même vers une lutte révolutionnaire avec Madame Artaud, évidemment, qui nous promet toujours, eh bien, des lendemains qui chantent pour elle. Et en fond de court, trois candidats qui symbolisaient trois droites, trois droites pas si différentes que ça. Deux droites très proches l'une de l'autre, et une extrême droite qui parfois, eh bien, généralement sort du court pour nous faire de grandes digressions générales, comme Madame Artaud, où on sent qu'ils ont besoin, eh bien, l'un et l'autre, pour s'affirmer, de donner des grandes lignes idéologiques plutôt que de s'attacher aux faits régionaux, en tous les cas.

Le troisième mot que j'emploierai, c'est "nationalisation". Évidemment, parce que ce débat, compte tenu des participants et des partis politiques qui sont présents, tout de suite on se projette. Et c'est d'ailleurs le début de la conclusion de Monsieur Bardella : on se projette dans dix à onze mois vers la présidentielle. Et ce qui était intéressant, c'est de voir les regards, les piques, les attaques entre les uns et les autres. Et on a vu que finalement, la gauche, entre eux tout va bien, mais ils sont divisés. Je ne sais pas s'ils sont irréconciliables, mais en tout les cas, ce soir ils n'ont pas montré de fracture qui paraît insurmontable. Et pourtant, et pourtant, et les études d'opinion le montrent: ils sont faibles dans le pays. Et la droite, on a remarqué la difficulté entre Madame Pécresse et Monsieur Saint-Martin de se distinguer l'un de l'autre, parce que finalement, ils disent et ils proposent souvent les mêmes choses. En revanche, Monsieur Bardella, lui, il est dans son couloir. Et on a senti d'ailleurs que Monsieur Saint-Martin était assez énervé à un moment, je crois que c'était vers 22h15, il y a eu un échange je dirais assez musclé entre l'un et l'autre, comme une préfiguration de ce qui pourrait peut-être se passer d'ici à dix mois.

18:30 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: pujadas, thréard, artaud, autain, bardella, pulvar, pécresse, saint-martin, figaro, lci, bayou |