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Revue de presse

  • Le Point du 5 janvier : l'affaire Houellebecq

    Dans le cadre de son dossier sur l’affaire Houellebecq, le journaliste du Point Clément Pétreault a recueilli mon avis, que je reproduis ci-dessous.

    « Chape de plomb ». Cette plainte inquiète romanciers et essayistes qui travaillent sur l’islamisme, les questions d’intégration ou de laïcité. « Ce qu’il a dit dans son entretien avec Michel Onfray, je l’ai développé sur 300 pages dans mon roman 2084. La fin du monde. J’y montre ce que l’islamisme ferait de ce monde s’il était au pouvoir. Si l’humanité n’a pas le droit de se défendre contre le totalitarisme, il ne lui reste qu’a se suicider », s’inquiète le romancier Boualem Sansal. « Michel Houellebecq n’est pas ma tasse de thé, simplement je considère qu’il a le droit de s’exprimer. On ne peut pas dissocier les propos de la personnalité de l’écrivain ! C’est un artiste, vaporeux, provocateur, excessif », explique Malika Sorel-Sutter, ex-membre du Haut Conseil à l’intégration, fondé par Michel Rocard en 1989 et dissous par François Hollande en 2012. « Si la procédure devait aller jusqu’au procès, cela ferait peser une chape de plomb sur les questions majeures d’intégration que nous rencontrons dans ce pays. Or il est urgent d’en parler », révèle l’essayiste, qui a publié en 2022 Les Dindons de la farce (Albin Michel), dans lequel elle dénonce l’indifférence des élites face à la montée en puissance de l’idéologie islamiste. « En attaquant l’auteur des Particules élémentaires, le recteur lui donne indirectement raison », considère le philosophe et essayiste Pascal Bruckner, qui juge que l’auteur aurait été bien inspiré d’opérer un distinguo entre «les» musulmans et «des» musulmans... « La Grande Mosquée de Paris va faire une publicité indue à Houellebecq en voulant le faire taire. Le recteur aurait été plus avisé d’engager un débat public avec l’écrivain plutôt que de le traîner en justice », suggère-t-il. Souhaitons que ce débat, s’il existe un jour, soit aussi filmé...

    Catégories : Revue de presse
  • Entretien Atlantico

    Pour démarrer l’année, Atlantico a posé un certain nombre de questions à plusieurs de ses contributeurs autour du thème suivant : avec la crise énergétique, les risques d’explosion sociale, le malaise démocratique et les dérives du wokisme, les défis à relever pour 2023 sont légion.

    Voici les questions qui m’ont été posées, suivies de ma réponse :

    Comment échapper aux dérives du wokisme, du communautarisme et des extrémistes liberticides du climat en 2023 ? Peut-on tirer certains enseignements de l’année écoulée ?

    Un vent de folie s’est levé en Occident, y semant les graines d’un chaos qui grandit année après année et qui risque fort, en l’absence d’un sursaut rapide, de nous conduire vers une guerre de tous contre tous. Pour éviter le pire, il faudrait qu’une part significative des citoyens retrouvent le bon sens et tourne le dos au « chacun pour soi », grande vulnérabilité des sociétés démocratiques comme l’avait si justement anticipé Alexis de Tocqueville dont la parole apparait prophétique. Imaginant sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire, il explicite le fait que chaque individu « retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine. Quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. »

    Il m’apparaît également urgent d’œuvrer collectivement, et donc chacun à sa mesure, à la restauration de la liberté de pensée et de jugement ainsi que de la liberté d’expression, qui ont été confinées sous l’effet de la terreur instaurée par les adeptes des nouvelles religions que vous citez. Par la force des choses, il se pourrait bien que la crise économique et financière redéfinisse la hiérarchie entre l’essentiel et l’accessoire, et donne enfin aux populations occidentales la force et le courage qui leur ont tant fait défaut ces dernières décennies, car il ne fait aucun doute à mes yeux que c’est en partie leur légèreté et leur insouciance qui ont conduit à la situation actuelle.

    Quel enseignement tirer de l’année écoulée pour la France ? De nombreux sujets sont venus éclairer d’une lumière crue le fait que l’esprit de cohérence avait pris le maquis. Quelques exemples : hier, il était question de fermer des centrales nucléaires ; aujourd’hui, on comprend que c’était une hérésie et on tremble d’avoir à vivre à la lumière des bougies, ce que j’ai un temps vécu en Algérie, et que je n’aurais jamais cru possible un jour en France ! Au nom du climat, on dynamite la filière automobile et demain, on pleurera sur l’industrie française, qui se conjuguera au passé ainsi que les innombrables métiers et emplois qui s’y rattachent. Longtemps, la France a été souveraine en matière pharmaceutique ; le pays de Pasteur se révèle désormais incapable de produire les médicaments dont il a besoin, et doit faire face à des pénuries. La France était admirée, entre autres, pour son service de santé ; aujourd’hui, ce dernier s’écroule sous nos yeux et nos dirigeants politiques, pour tenter de le ranimer, ne trouvent rien de mieux que d’aller piller le personnel médical des pays du Sud – comme ils y pillent déjà les cerveaux des disciplines scientifiques et technologiques – condamnant ainsi certains pays sources de l’immigration à un sous-développement certain, avec pour conséquence directe des flux croissants de migrants vers les pays du nord. Or voilà longtemps que la société française n’est plus en capacité d’assimiler. Le communautarisme en est l’une des nombreuses conséquences, ainsi, entre autres, que l’effondrement de l’école attesté par les classements internationaux, effondrement qui ne pourra que précipiter le déclin économique de la France. Le fait nouveau majeur, c’est qu’un nombre croissant de Français réalisent avec effroi que leurs enfants vivront probablement moins bien qu’eux, sur une terre au « bien vivre ensemble » menacé, dans un moment où une terrible angoisse identitaire les étreint. Au lendemain des violences de supporters de football marocains sur le sol français, le gouvernement a l’indécence de se prosterner à Rabat pour redonner des visas et le lendemain, c’est à Alger que ce même gouvernement fait acte de soumission alors même qu’il s’est révélé incapable d’assurer les Obligations de Quitter le Territoire aux clandestins (OQTF).

    Le haut niveau de défiance des citoyens envers les élites dirigeantes est justifié. La classe dirigeante a fait, d’elle-même, la preuve qu’elle n’était pas à la hauteur des circonstances. Ce constat est à plus d’un titre alarmant, car les élites ont un devoir d’exemplarité. C’est de cette exemplarité que dépend en grande partie l’unité nationale, qui ne se décrète pas et ne peut résulter d’un simple exercice de communication incantatoire. Je crois, comme disait Tocqueville à la Chambre des députés le 27 janvier 1848, que nous nous endormons sur un volcan.

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  • Un immense merci à l'équipe de France de football !

    L’article qui suit a été publié sur le site de Valeurs Actuelles.

    Le titre “Malika Sorel : l’équipe de France de foot peut-elle réveiller l’âme de la nation française ?” n’est pas de moi. En effet, je ne pense pas que cela puisse être un tant soit peu possible, tant la situation de la France est gravissime et se joue sur d'autres terrains...

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    Comme de très nombreux Français, j’ai suivi le parcours de notre équipe nationale qui a fait battre notre cœur. J’ai regardé l’intégralité du match de demi-finale, puis celui de finale. Une équipe attachante dont nous pouvons être fiers, et j’en suis fière, ce qui n’avait pas été le cas avec celle de 1998 pour une multitude de raisons que j’avais évoquées dans Décomposition française.

    Chacun des athlètes était pleinement investi dans sa volonté de hisser haut les couleurs du drapeau français. Ce qui m’a beaucoup touchée, c’est la cohésion des joueurs, leur sens du collectif, leur respect mutuel, l’affection qui les lie les uns aux autres. La fraternité était palpable. Le tableau était beau. L’équipe de France a rempli là une belle et honorable mission.

    Pour atteindre une telle harmonie au sein d’un groupe, il y faut aussi, bien sûr, un chef d’orchestre grand virtuose, un manager en or, un Didier Deschamps. Je me prends à rêver que la providence puisse offrir à la France d’être dirigée par un chef d’État qui possèderait un tel talent de meneur d’hommes, un tel esprit stratège au service de l'intérêt commun, et qui saurait ainsi, comme lui, susciter le respect de son autorité.

    De purs moments de bonheur que de regarder ces joueurs, mais aussi de voir des millions de Français vibrer au même diapason et sentir qu’ils font partie d’une même et unique nation ! Dans ces moments là, nul besoin de parole car c’est le cœur qui parle. Cela redonne de l’espoir. Je me dis que le peuple français respire encore, que cet inconscient collectif dont je parle dans mes livres vit encore malgré l’intense lavage de cerveau que nous subissons depuis tant de décennies... Je me dis aussi que tout n’est peut-être pas encore perdu pour la nation France, même si ce mondial nous a montré à quel point des violences intérieures pouvaient désormais être perpétrées sans aucun complexe ni retenue, encouragées par les si nombreux errements politiques et par de nombreux journalistes qui persistent, en dépit des vidéos qui circulent, à travestir éhontément le réel.

    Cette fraternité au sein de l’équipe menée par Hugo Lloris, je ne l’avais pas sentie avec l’équipe de 1998. J’avais su voir juste puisque longtemps après, au micro de RTL, Christophe Dugarry avait révélé que le fameux soir de 1998 où la France est sacrée championne du monde, alors que les joueurs prennent des photos dans les vestiaires, Lilian Thuram lance un « Allez les Blacks, venez, on va faire une photo tous ensemble ! », excluant de ce fait tous les autres ! Dugarry qui n’a même pas eu la décence d’attendre la fin de cette coupe du monde pour clamer qu’il souhaitait voir Zidane remplacer Didier Deschamps. Zidane, celui-là même qui a humilié la France en donnant en 2006 un coup de tête à un joueur de la sélection italienne. Alors que les raisons de ce geste dégradant n’étaient pas encore connues, j’avais dit plus tard à Dominique de Villepin qu’il était évident à mes yeux que seule une insulte à sa mère ou une sœur pouvaient entraîner une réaction aussi machinale, instinctive. Je n’ai guère de mérite. Je connais simplement fort bien sa culture de l’intérieur, et pour cause...

    Nous avons perdu cette coupe du monde et la défaite est amère. C'est beaucoup de chagrin. Mais je veux l’écrire ici : les insultes racistes qui sont proférées envers certains joueurs de notre équipe de France sont impardonnables. Cela me bouleverse pour ces hommes. Je sais ce qu’ils peuvent ressentir, pour avoir vécu une telle situation qui m’a mise K.O. pendant deux ans, période durant laquelle j’ai envisagé de cesser le combat. Il leur faut passer outre et se dire que le racisme a toujours existé à travers le monde et, ne nous leurrons pas, existera toujours.

    Mais outre le fait que les insultes racistes blessent terriblement, elles sont absolument néfastes pour notre combat au service de la France. Ces racistes se révèlent être les meilleurs alliés des ennemis de la France et ils sont nombreux, à commencer par certaines élites “de souche” qui s’empressent de saisir la balle au bond pour nous empêcher de poser les vrais sujets sur la table. Si au moins une prise de conscience pouvait avoir lieu sur cette réalité !

    Catégories : Identité, Revue de presse
  • Échecs de l’intégration : la France ne sait plus se faire respecter et ses élites en sont largement responsables

    Je remercie Atlantico d’avoir accepté de me publier. Publier des enfants de l’immigration qui ont fait le choix de l’assimilation est désormais un acte de courage. Par contre, les journalistes se bousculent pour publier ceux qui ont fait un tout autre choix, ou encore les “de souche” qui relativisent ce qui advient. La clé ne se trouve donc pas du côté de l’immigration mais bien du côté des “de souche”, comme je l’ai toujours écrit.

    Atlantico : Alors que 40 policiers ont à nouveau été blessés lors de la soirée ayant suivi la demi-finale France Maroc, il est surprenant que les questions politiques de fond s’effacent derrière de simples analyses sécuritaires.

    Voici l’intégralité du contenu de mon article :

        Le dispositif de sécurité inédit mis en place pour le match France-Maroc (10 000 policiers et gendarmes mobilisés, l’absence de fan zone dans les grandes villes et des demandes de suspension des services de transport qui s’étaient exprimés à travers tout le territoire), tout cela n’aura pas suffi à faire de la soirée de mercredi une fête bon enfant et familiale comme d’aucuns se plaisent à le marteler. À l’heure des réseaux sociaux – merci aux ingénieurs du numérique ! –, la méthode Coué ne peut plus fonctionner. Pléthore d’images et de vidéos circulent sur la toile. Bilan de la soirée : 40 policiers blessés, un mort, 266 interpellations, véhicules incendiés et nombreuses dégradations. Selon le commissaire de police David Le Bars, « sans ce dispositif policier, il y aurait eu du pillage et des exactions très graves à certains endroits »... Désormais, que les équipes nationales des pays d’origine gagnent ou perdent, le résultat est le même : la France encourt le risque d’être violentée et une partie de ses commerces vandalisés. Quel spectacle offrons-nous au monde entier ? Un pays qui a longtemps été une destination touristique qui faisait rêver…

        Étrangement, les questions de fond ne sont pas mises sur la table. Pourtant, la gravité de l’heure impose de ne rien éluder des causes des tensions qui grandissent dangereusement, année après année, pas seulement en France mais dans tous les pays d’Europe qui ont accueilli les mêmes flux migratoires.

        C’est l’incapacité du pays de leurs ancêtres à leur offrir des perspectives d’avenir qui a été à l’origine de leur exil, malgré cela nombre de parents de l’immigration éduquent leurs enfants dans un respect quasi religieux de leur pays d’origine, de ses mœurs et coutumes. En dépit du fait que ce pays n’a rien fait pour eux ni pour leurs enfants, tous l’adulent, et ne se privent pas de saisir chaque occasion de le signifier de manière souvent ostentatoire. Preuve s’il en fallait encore que jamais l’amour ne se décrète, ni ne s’achète ! Leur pays d’origine demeure leur véritable pays, celui de leur cœur et de leur esprit.

        Dès 2007, dans Le puzzle de l’intégration, j’alertais sur le fait qu’un nombre non négligeable de personnes d’origine maghrébine se sentaient d’emblée plus proches de n’importe quelle autre personne d’origine arabe vivant à l’autre bout du monde, que du Français d’origine occidentale qui vivait à côté de chez eux ; cela pour la simple raison qu’ils partagent un immense héritage commun. La nation arabe est une notion qui a un sens. Avoir le sentiment d’y appartenir recouvre une réalité à part entière, tout aussi respectable que celle d’appartenir à toute autre nation. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les conflits qui impliquent les peuples arabes sont vécus avec autant d’intensité et d’émotion dans les banlieues françaises. Nous en avons à présent une nouvelle démonstration avec les drapeaux des pays du Maghreb qui partout fleurissent pour soutenir le Maroc. Ce n’est pas seulement l’histoire coloniale qui se trouve ici mobilisée mais également la dimension culturelle, et les Français auront beau faire, ils seront assimilés à leur héritage occidental donc, entre autres, chrétien.

        À la plupart d’entre eux, la France a donné tout ce qu’ils possèdent, car c’est elle qui leur a permis d’accomplir un bond social que jamais leurs pays d’origine n’auraient pu leur offrir.  C’est la France qui finance les études de leurs enfants. Cependant, combien la respectent, respectent ses principes et ses valeurs et lui témoignent reconnaissance ? La réponse se trouve entre autres dans les 56 % d’enseignants du secondaire public qui déclarent s’autocensurer dans leurs enseignements pour éviter tout incident avec leurs élèves, soit 7 points de plus qu’en 2020. Et c’est pourtant à la chanteuse Yseult, qui clamait « On est dans un délire de on doit quelque chose à la France. Mais qu’est-ce qu’on doit en fait ? Qu’est-ce qu’on doit ? Mais j’ai l’impression qu’on ne voit pas ce qu’on nous a pris ou ce qu’on a pris à nos parents : leur dignité, le respect, l’empathie (...) », que le Président de la France, Emmanuel Macron, a confié l’honneur de défendre la langue française, c’est-à-dire la langue du peuple français. Avant elle, c’est à Leila Slimani qu’Emmanuel Macron avait confié le même rôle : « Le Maroc n’a pas seulement joué pour le Maroc, mais pour tout un continent. J’espère que le Maroc va gagner et aller en finale. Le Maroc reste l’équipe de mon cœur ». Son choix de politiser la portée de ce qui aurait dû demeurer ce qu’il est, à savoir une rencontre entre sportifs talentueux de haut niveau n’est pas anodin. Dans un entretien, son compatriote Abdellah Taïa parle quant à lui d’une “forme de justice historique”. Il évoque ce qu’il entend dans les rues du Maroc : « On s’est débarrassés des Portugais, des Espagnols et bientôt des Français » et poursuit son analyse : « Le parallèle historique est évident. C’est encore plus fort dans le cas de la France qui conserve une grande influence au Maroc. Il existe donc un sentiment de revanche (...) ». Quant au fait de jouer pour toute l’Afrique, on notera que, contrairement à l’équipe de France, aucun noir ne figurait à l’affiche de l’équipe marocaine, et il suffit de lire les propos recueillis par Le Monde Afrique pour comprendre que le Maroc est loin de constituer un paradis pour les noirs : « On ne va pas se mentir, ce pays ne nous fait pas de cadeaux, acquiesce Bouba, 20 ans, originaire de Guinée. On vit dans la rue, on n’a aucune perspective d’avenir. On subit beaucoup de racisme. »

        Existe-t-il symbole plus politique qu’un drapeau ou qu’un hymne national ? Non. Or on entend dire, ici et là, que ceux qui déferlent dans les rues ou les avenues de France et de Navarre arborant des drapeaux étrangers ne portent aucune revendication d’ordre politique. S’ils avaient été Français, c’est le drapeau tricolore qui aurait claqué au vent. Encore et toujours cette volonté de minimiser ce qui advient de la France !

        Dans sa conférence de presse, l’entraîneur de l’équipe du Maroc – qui détient aussi la carte d’identité française – s’exprime avec une franchise dont il faut lui savoir gré : « On veut changer la mentalité de notre continent (...) On veut réécrire l’histoire. On veut mettre l’Afrique sur le toit du monde. Ce seront des valeurs importantes. » Il affirme que le Maroc « a les meilleurs fans du monde » et se dit « heureux et fier que le monde découvre ce que sont les supporters marocains ». Et au cas où la question se poserait au vu de sa “double nationalité”, il précise : « Je suis marocain » Sommes-nous là seulement dans le sport, ou déjà dans la politique ? Si au moins cette coupe du monde permettait aux Français de sortir de leur tropisme hérité du Maréchal Lyautey ! Hassan II, dont j’avais retranscrit une partie du propos, avait averti : « Je vous décourage en ce qui concerne les miens, les Marocains, d’essayer des détournements de nationalité, car ils ne seront jamais français à cent pour cent. Ça, je peux vous l’assurer. » Le roi aurait bien mérité d’être écouté, et remercié pour son honnêteté intellectuelle.

        La pirouette d’un Djamel Debbouze disant qu’il ne peut choisir entre son père et sa mère illustre à la perfection la difficulté d’un certain nombre d’enfants de l’immigration à s’affirmer comme Français. Quel serait leur choix si demain la France traversait de fortes turbulences internes ? Nul ne le sait, et encore moins les élites politiques et de la haute administration qui ont violé le Code civil qui subordonnait l’octroi de la nationalité française à la réussite du parcours d’assimilation. La possession de la carte d’identité nourrit le sentiment d’impunité. Là est le nœud du problème.

        Plus préoccupant encore que l’incapacité d’une part des enfants de l’immigration extra-occidentale à tourner les pages sombres de l’Histoire – pour reprendre l’expression d’Ernest Renan –, est le fait que des Français de souche participent, par leurs actions et prises de positions, à constamment rabaisser leur propre peuple en lui faisant porter la responsabilité de tous les malheurs. Les conséquences en sont rudes car depuis François Mitterrand, les politiques de repentance n’ont fait qu’injecter le poison du ressentiment dans le cœur d’une part des enfants de l’immigration.

        Nous avons franchi un cap. Un point de non-retour a été atteint. Il signe la faillite des politiques d’intégration que l’État français a menées au long de ces quarante dernières années. Tant qu’il ne se trouvera pas une majorité d’élites de souche culturelle occidentale – politiques, de la haute administration, économiques, médiatiques, intellectuelles et artistiques – pour faire passer la défense des intérêts du peuple français avant toute autre considération, la France ne sera pas respectée.

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