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07 janvier 2010

Soutien total à la Conférence des Grandes Écoles

On l’aura bien compris, la tentative actuelle d’introduction du critère « boursier » pour l’accès aux grandes écoles vise en réalité les enfants de l’immigration. Le critère « boursier » n’est en effet qu’un subterfuge pour masquer le recours à l’ethnie ou la race. Souvenons-nous que la Commission Veil avait refusé d’inscrire la « diversité » dans le Préambule de la Constitution…

J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la question des examens et des concours dans Le puzzle de l’intégration ainsi que sur ce blog. Je ne reviendrai donc pas ici sur les tenants et les aboutissants des passe-droits : la suspicion qui s’abat sur les bénéficiaires de mesures dérogatoires ; l’indispensable légitimité qui aide à la construction d’un sentiment de confiance en soi ; les ressentiments que peuvent éprouver ceux qui ont été écartés, bien que disposant d’un meilleur niveau, au profit d’une personne moins douée ; l’illégalité de la discrimination positive ; l’abandon des classes moyennes ; la rigueur nécessaire dans la formation des ingénieurs appelés à construire des avions, des trains...

Le système des grandes écoles est l’un des rares pans de notre système éducatif qui fonctionne encore, et il faudrait que nos élites le torpillent aussi ? Je rappelle que les copies des concours sont anonymes. Pourquoi imposer un critère qui n’a strictement aucun rapport avec les savoirs ? Au lieu de vouloir abaisser les exigences, nous devons, bien au contraire, les maintenir et sensibiliser les étudiants au fait qu’ils doivent être encore plus investis dans leurs apprentissages que ne l’étaient leurs aînés, car pèse à présent fortement sur eux l’avenir de notre économie, donc de notre modèle social du fait de la mondialisation. Nous devons exiger le meilleur pour la France. Je suis sidérée par la mauvaise foi et l’inconséquence de ceux qui veulent absolument abonder dans le sens du nivellement par le bas de notre système éducatif. J’apporte mon total soutien à la Conférence des Grandes Écoles !

Notre pays n’a aucune chance de s’en sortir dans la mondialisation, s’il n’ancre pas notre société dans l’innovation. Avoir en permanence un train d’avance dans la conception des nouveaux produits devient vital pour la France et pour l’Europe. C’est la seule voie qui nous permettra de créer de nouveaux emplois ainsi que de la richesse. Pour cela, nous devons veiller à ce que la démocratisation de l’enseignement soit réelle, et non factice. Les grandes écoles ont pour mission de former des têtes aussi bien faites que possible, et non de pallier les déficiences de l’État qui aura été incapable d’aider les enfants des familles défavorisées quand il était encore temps, à savoir dans les premières années de leur cursus scolaire.

Bien sûr, nous ne pouvons le nier, il existe un différentiel énorme entre les élèves qui ont eu la chance de naître dans une famille où les parents sont conscients de leurs responsabilités et les assument, et ceux qui ont vu le jour dans une famille où les enfants sont livrés à eux-mêmes et doivent pousser, seuls, tels des champignons dans la forêt. Pour réduire ce différentiel, c’est très tôt que l’État doit intervenir pour pallier les négligences et déficiences des parents, et non à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Environ 190 000 jeunes sortent chaque année de notre système éducatif sans aucun diplôme, et l’urgence serait de faire entrer 30% de boursiers dans les grandes écoles ? C’est cela qui empêcherait le paquebot France de continuer de sombrer ?

Depuis des années, une grande partie de l’énergie de notre pays est accaparée par les questions qui tournent de près ou de loin autour de l’échec de l’intégration des dernières vagues d’immigration : école, emplois des jeunes, sécurité, aides sociales... Pas un jour ne passe sans que les médias n’évoquent ce sujet, directement ou indirectement. Combien de milliards ont-ils déjà été dépensés, et pour quels résultats ? Les Français ont le droit de savoir.

Comment faire accepter à l’opinion publique des flux migratoires au nom desquels une grande partie de notre classe politique s’évertue, depuis des années, à vouloir tirer la France vers le bas ? L’immigration, une réelle chance pour la France ?

Si les flux migratoires avaient entraîné notre classe politique à proposer, pour faciliter leur intégration, des solutions qui tirent la France vers le haut, la situation serait profondément différente, et dans le bon sens. Nos politiques seraient bien avisés de réfléchir avant d’émettre des propositions qui ne font que dégrader l’image de l’immigration extra-européenne ; car jamais les flux d’immigration intra-européens n’avaient conduit l’État à imposer à la France des mesures de régression dont chaque jour apporte son lot : aujourd’hui la volonté de faire disparaître l’excellence dans notre système éducatif, hier la dégradation des conditions de transmission des savoirs dans certains territoires de la République, l’abdication sur le respect des principes républicains... Jusqu’où iront-ils ?

10:17 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags: grandes écoles, discrimination positive, méritocratie |

30 octobre 2007

« Du grain à moudre » sur France Culture

J’étais lundi 29 octobre sur le plateau de l’émission Du grain à moudre, animée par Brice Couturier et Tara Schlegel, sur France Culture. L’émission était consacrée à la discrimination positive. Y participaient également :

  • Christophe Jaffrelot, Directeur du CERI/Sciences-Po (Centre d’Études et de Recherches Internationales), Directeur de la publication « Critique Internationale » ;

  • Alain Renaut, philosophe, professeur à l’université de Paris-Sorbonne ;

  • Yazid Sabeg, Président du conseil d’administration de CS Communication et Systèmes, a présidé le groupe de travail « Égalité des chances » de l’Institut Montaigne.


Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de l’émission.

Partie 1 (durée: 14 min.)


Partie 2 (durée: 14 min.)


Partie 3 (durée: 14 min.)


Partie 4 (durée: 14 min.)

09 juillet 2007

Valérie Pécresse sommée d’introduire la discrimination positive !

Dans sa feuille de route rédigée par Nicolas Sarkozy et François Fillon, Valérie Pécresse a reçu la directive suivante : veiller à ce que « 5% des meilleurs élèves de chaque établissement scolaire accèdent aux classes préparatoires [aux grandes écoles] ». Il y est précisé que cette mesure doit être mise en place pour lutter contre « les discriminations ».

Quelques remarques au sujet de cette injonction faite au ministre de l’enseignement supérieur :

  • 5% est un chiffre arbitraire, qui fait fi du niveau réel des savoirs détenus par les élèves. Cette voie a déjà été empruntée dans les pays où a été instaurée la discrimination positive. Une telle mesure politique est en réalité destinée à assurer que les élèves issus des lycées de plus faible niveau se retrouveront tout de même en classes préparatoires. Les lycées visés sont, dans les faits, ceux des Zones d’Éducation Prioritaire, dont les élèves proviennent, en grande majorité, des populations issues de l’immigration maghrébine et africaine. La loi française interdisant de se référer à l’origine raciale ou ethnique, voilà donc une mesure qui permet de masquer, aux yeux des Français, la mise en œuvre d’un traitement inégalitaire des citoyens. Telle a toujours été ma crainte : que nos dirigeants politiques introduisent la discrimination positive de manière sournoise, en contournant les exigences de la Constitution française !

    Alors, que risque-t-il de se passer ? Comme nous ne nous attaquons pas aux sources du problème, on constatera, lors des résultats des concours d’entrée aux grandes écoles, que cette mesure n’a pas permis à suffisamment d’élèves d’origine maghrébine ou africaine d’entrer à Polytechnique ou ailleurs. Deux possibilités se présenteront alors : ou bien on reverra à la baisse le niveau des savoirs exigés pour entrer dans ces établissements de l’enseignement supérieur, ou alors on décidera de fixer à ces écoles des quotas d’admission basés sur des critères qui permettront de cibler, de façon détournée, l’origine ethnique ou raciale des élèves. Chacune de ces deux options aura de lourdes conséquences.

    Comme je le précise dans Le puzzle de l’intégration, il est important de ne pas perdre de vue qu’un certain nombre d’établissements du supérieur forment des ingénieurs qui seront amenés à construire des avions, des trains, des machines de radiothérapie, des centrales nucléaires, etc, dont la conception exige un niveau de savoir réel, et non bradé. Si les grandes écoles ne peuvent plus jouer leur rôle de garants de la compétence, ce sont les entreprises qui devront, au final, s’acquitter de cette tâche, en durcissant considérablement leurs procédures de recrutement.

    Je souhaite également mentionner qu’aux États-Unis, il n’est pas rare que les patients qui en ont les moyens financiers tiennent compte, dans le choix de leur médecin traitant, de l’existence de la discrimination positive. Ne pouvant être assurés que les médecins issus des groupes favorisés par la discrimination positive ont obtenu leur diplôme en seule raison du sérieux de leurs compétences académiques, ils préfèrent les éviter.

  • Le procès qui est fait aux chefs d’établissements supérieurs, que l’on accuse de discrimination, est injuste et préoccupant. J’ai suffisamment fréquenté le monde des universités et des grandes écoles pour savoir que le contenu cérébral des étudiants y est le principal critère de recrutement, et non pas le racisme et la discrimination dont seraient coupables le corps professoral et l’équipe de direction. Dans le monde universitaire, on admire toutes les têtes bien pleines, qu’elles soient blondes ou brunes !

  • Comme Rachida Dati, Nicolas Sarkozy et François Fillon sont profondément convaincus, malgré ce que laissent entendre leurs discours, de la nécessité de la repentance de la France, qui passe par la correction des effets du supposé racisme des Français. Le plus grave, c’est que cette repentance, prônée au plus haut niveau de l’État, vient renforcer la détermination de ceux des enfants issus de l’immigration qui rejettent la société française. Ces derniers sont à présent profondément convaincus que la France est coupable ; cela les incite à la braver, et à ne plus produire le moindre effort pour en respecter les règles du « bien vivre ensemble ». Dans ces conditions, réussirons-nous jamais à cohabiter pacifiquement ? Je commence à douter que ce soit un jour possible, car on ne peut sans conséquence dresser continuellement les populations d’origine étrangère contre les Français de souche.

Nicolas Sarkozy et François Fillon demandent également à Valérie Pécresse de mettre en place et rendre publique « l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur » en tenant compte « des caractéristiques de la population étudiante inscrite dans l’établissement ». Que faut-il comprendre par là ? La France s’achemine-t-elle vers un enseignement supérieur à deux vitesses, dans lequel le niveau d’exigence, et donc d’ambition, serait fonction de l’origine des élèves ? Si c’est le cas, les entreprises sauront en tenir compte dans leurs recrutements…

À noter enfin que dans son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale, François Fillon a déclaré que « pour le Gouvernement, l’école de la République, c’est celle des valeurs : valeurs de l’effort, du civisme, de la discipline, de la fraternité ». Dans les faits, je considère que nous assistons malheureusement au détricotage de « l’école de la République » et de notre « modèle républicain d’intégration », probablement par inconscience. J’en redoute les conséquences sur la cohésion nationale.