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01 février 2008

Le monde de l’absurde aide-t-il nos enfants ?

Pour avoir giflé un élève, un professeur se retrouve en correctionnelle. Chaque jour, des élèves renversent des tables en classe, bousculent leurs enseignants, les frappent, leur crachent à la figure, les couvrent de bordées d’injures ; cela stimule les zygomatiques de tous leurs camarades, érige dans le même temps l’auteur de ces actes inqualifiables en héros des temps « modernes », et laisse notre société s’assoupir dans une quasi-indifférence généralisée, qui est à mes yeux une non-assistance à société en grand danger.

Les adultes que nous sommes doivent-ils se sentir fiers d’avoir contribué à ce que nos enfants aient perdu le sens du respect de ceux qui ont pour mission de préparer l’avenir ? Qu’advient-il lorsque les enseignants ne sont plus respectés ? Le cerveau de leurs élèves, de manière tout à fait inconsciente, cesse d’engranger les savoirs que l’école tente de leur transmettre. Qui en est la principale victime ? La France, bien entendu !

Voici les propos du secrétaire général du Syndicat National des Collèges et des Lycées, Bernard Kuntz, diffusés au journal de 13h de France Inter, le 31 janvier dernier : « Ce que je peux vous dire, c’est que partout en France, dans les établissements scolaires et pas seulement dans les établissements sensibles, les professeurs en ont assez. Ils ne supportent plus cette indiscipline constante, ces insultes, ces mauvais coups, cette impossibilité qui nous est faite actuellement de faire travailler nos élèves. Alors, à une époque où le Président de la République nous parle d’école du respect, on aimerait bien un peu que la société, dans son ensemble, et que le Gouvernement, en particulier, prenne de véritables mesures pour faire en sorte que nous puissions recommencer à accomplir la mission pour laquelle nous avons été recrutés, c’est-à-dire instruire nos élèves. »

La semaine dernière, Valérie Pécresse a osé avancer qu’elle était favorable à l’évaluation des professeurs par les étudiants. Quel ministère dirige-t-elle donc ? S’est-elle plongée, avec un tant soit peu de sérieux, dans la réalité des difficultés auxquelles se trouve confronté notre système d’enseignement, et donc notre pays ?

Même dans le sacro-saint univers des grandes écoles d’ingénieurs, le niveau ne cesse de se détériorer. Et ce n’est pas le déversement arbitraire dans les classes préparatoires de 5% de chacun des lycées de France, que vient d’annoncer le gouvernement, qui en relèvera le niveau. Prudente et anticipant la déconfiture, le ministre de l’enseignement supérieur annonce que tous ceux qui échoueront à intégrer une grande école se verront accorder une équivalence universitaire. Pourquoi donc envoyer dans des cursus réputés non complaisants (en termes de connaissances), des élèves qui ne détiendraient pas les capacités à en relever les exigences ? Augmenter dans une classe le nombre d’élèves qui peinent et sont à la remorque, aura une incidence sérieuse sur le programme que l’enseignant pourra, en fin de compte, transmettre à l’ensemble de sa classe dans le temps imparti. C’est donc la totalité de la classe qui en paiera le prix, et la France par voie de conséquence.

Il faut savoir qu’aujourd’hui en France, en deuxième année de certaines écoles d’ingénieurs (soit au stade bac+4), un nombre croissant d’élèves ne maîtrisent plus certaines notions fondamentales de mathématiques, qui leur sont indispensables et qui étaient, il y a encore dix ans, couramment maîtrisées par les élèves de terminale S ! Des notions sans lesquelles aucun ingénieur, dans les domaines technologiques en question, ne peut espérer remplir les missions qui lui seront confiées, et auxquelles sa formation aurait dû le préparer. La désillusion sera dure à encaisser, non seulement pour ces ingénieurs, mais aussi pour les industriels qui les auront recrutés.

Où sont les courageux hommes politiques qui oseront s’attaquer sérieusement à la réalité des défis qui se posent aujourd’hui à l’enseignement en France ? Le premier de ces défis sera de faire en sorte que les élèves redeviennent des élèves. Voici à ce sujet un extrait du Puzzle de l’intégration : « Bien entendu, le service public de l’orientation n’est pas la maison des miracles ; il ne pourra venir en aide qu’à ceux qui auront respecté leur mission d’élèves au long de leur scolarité. »

18:40 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: école, éducation, enseignement, pécresse, sncl, violence, classes préparatoires |

24 janvier 2008

Le « plan banlieue » de Fadela Amara : affligeant !

L’annonce du « plan banlieue » a été précédée d’une véritable attaque en règle de la part de membres du gouvernement. Sincèrement, fallait-il attendre un miracle de la part de Fadela Amara, secrétaire d’État qui n’a été choisie qu’au vu de son origine ethnique et qui, dès sa nomination, s’est empressée d’ouvrir un blog pour y recueillir, de la part de la population des quartiers dits « sensibles », des idées pour alimenter sa réflexion ?

Il est consternant de constater que notre équipe dirigeante, élue après avoir « vendu » au peuple qu’elle détenait les meilleures réponses aux grandes questions qui le tourmentaient, s’est empressée, dès sa prise de pouvoir, de créer des commissions à tours de bras et de confier des missions tous azimuts dans le but de savoir ce qu’il convenait de faire. Si je me permets d’aborder cette question éminemment politique, c’est que cette attitude contribue à alimenter le sentiment de défiance, déjà très important, du peuple français envers sa classe politique qui, depuis trop longtemps à présent, lui donne l’impression de jouer de sa naïveté ou de sa crédulité. Contrairement aux apparences, le peuple français a le sang extrêmement chaud, et le cocktail problèmes économiques/problèmes identitaires est véritablement des plus explosifs.

Toutes les dimensions du problème de l’insertion des populations issues des dernières vagues d’immigration dans la société française, doivent être traitées simultanément. S’évertuer, depuis déjà 30 ans, à rejouer au peuple français le disque rayé de la ségrégation territoriale, de la hauteur des tours, du taux de chômage, de la discrimination dûe au supposé racisme des Français de souche européenne…, pour expliquer l’échec de l’insertion, sans même parler de celui de l’intégration, des populations issues de l’immigration maghrébine et africaine, est une entreprise des plus irresponsables qui soit.

Fadela Amara aura beau obtenir des milliards d’euros à destination des quartiers sensibles, ce sera autant d’argent jeté par les fenêtres. Depuis 1977, tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, se sont évertués à monter plan de sauvetage sur plan de sauvetage. Ils ont tous espéré que les milliards injectés résoudraient définitivement la crise. Le résultat est là sous leurs yeux, et le plus sidérant est qu’ils persévèrent dans leurs erreurs. Notre classe politique vit en réalité totalement déconnectée du terrain. C’est pour moi la raison principale de son aveuglement et de son incompétence sur ce sujet. Le summum vient d’être atteint par un Jacques Attali qui préconise la relance de l’immigration, alors que la France risque à tout moment d’imploser à cause de l’échec de l’intégration. La commission Attali a-t-elle été rémunérée avec l’argent du contribuable pour nous sortir l’ânerie du siècle, à savoir que l’immigration engendrerait de la croissance en France ? La France a-t-elle si peu d’enfants méritants que l’on soit allé quémander les conseils du sherpa de François Mitterrand, qui porte une lourde responsabilité dans l’état actuel de notre pays ?

Le jour où l’on osera enfin décrypter les raisons pour lesquelles les enfants des quartiers sensibles refusent l’enseignement dispensé par leurs maîtres et maîtresses ;

le jour où l’on commencera à analyser les conséquences de l’image négative renvoyée aux entreprises par les populations issues de l’immigration ;

le jour où l’on osera enfin accepter de regarder en face la source de la violence des voyous des quartiers sensibles envers les forces de l’ordre, les pompiers, le corps enseignant, le corps médical…

le jour où l’on acceptera de décorréler la question de l’insertion (non négociable et obligatoire pour tous) de celle de l’intégration (facultative et personnelle) ;

le jour où nos dirigeants politiques cesseront d’envoyer, comme le fait Nicolas Sarkozy, le signal que les principes républicains peuvent être adaptés pour convenir à ceux qui refusent de les respecter…

ce jour-là, nous aurons alors simplement commencé à aborder sérieusement le problème de l’immigration-insertion-intégration.

Nicolas Sarkozy commet une lourde erreur, car les Français sont majoritairement attachés aux principes qui fondent leur société, et entrent de ce fait dans la composition de leur noyau identitaire. Or, fissurer un noyau peut engendrer la libération d’une énergie incontrôlable ! Espérons donc que Nicolas Sarkozy croisera, sur son chemin de la fission du noyau identitaire du peuple français, des hommes et des femmes qui trouveront moyen de le raisonner, ou à défaut de mettre en échec sa folle entreprise !

Pour finir, je vous propose de substituer au plan banlieue de Mme Amara le contenu du Puzzle de l’intégration, à mon sens la seule voie qui permettra à notre pays de résoudre le problème des banlieues. Je vous livre ici ce qu’a ressenti le directeur d’une très grande librairie à la lecture de mon livre : « cela prendra le temps qu’il faudra, mais je suis profondément convaincu qu’il y aura un avant et un après “Le puzzle de l’intégration”. »

12:30 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: amara, banlieues, sarkozy, attali, immigration, intégration |

23 janvier 2008

Gratuité des musées : j’ai testé pour vous !

J’ai testé pour vous, le week-end dernier, la gratuité des musées expérimentée par le Ministère de la culture dans le but d’y attirer les populations des quartiers défavorisés (comprenez « populations issues de l’immigration »).

Dans la liste des musées qui concourent à cette expérience figure celui du Moyen-âge à Paris, dit aussi musée de Cluny, qui permet d’explorer quinze siècles d’art et d’Histoire, de la Gaule romaine au début du XVIe siècle.

La file d’attente était incroyablement nourrie pour ce musée que je connaissais déjà, et dont je savais qu’il n’attire habituellement qu’un public clairsemé. Le personnel nous a au demeurant confirmé que cette affluence nouvelle était à imputer à la gratuité du musée.

J’ai parcouru et reparcouru cette longue file d’attente à la recherche de personnes issues de l’immigration. Je vous prie de m’excuser pour ce procédé cavalier : oui, c’est effectivement aux traits physiques que je me suis fiée. Bien entendu, ce test ne peut avoir, à lui seul, valeur de démonstration scientifique, mais autant j’y ai croisé des Français de souche européenne, des touristes japonais, chinois, allemands…, autant je suis au regret de vous dire qu’il ne s’y trouvait pas une seule personne issue de l’immigration maghrébine ou africaine. Il y avait également un fort groupe d’enfants qui, au vu de leurs caractéristiques physiques, descendaient manifestement davantage de Vikings que de peuples du sud de la Méditerranée.

Voilà, j’aurais tellement souhaité vous annoncer une bonne nouvelle. Ironie du sort, Christine Albanel, Ministre de la culture, était opposée à cette expérimentation qui lui a été imposée par l’Élysée, et sur le résultat de laquelle elle sera pourtant jugée. Certes, on observera sans nul doute une augmentation de la fréquentation, mais lorsque les médias vous en rabâcheront les chiffres, vous vous souviendrez qu’ils ne sont qu’un leurre ; car, comme on l’a constaté en Grande-Bretagne, ils reflètent essentiellement l’accroissement du nombre de visites d’habitués des musées.

Je sais la difficulté de nombre de nos musées à entretenir leurs collections, pourtant témoignage culturel sans équivalent qu’il est essentiel de transmettre aux générations futures. J’ai regretté de ne pas participer, cette fois-ci, à leur financement en acquittant ne serait-ce qu’une somme modique, en remerciement de toute la beauté qu’il m’a été donné de contempler ce dimanche, et du voyage dans le temps que cela m’a permis d’accomplir.

20:05 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: art, culture, albanel, Élysée, gratuité des musées, musée |

15 janvier 2008

Qui saura ouvrir les yeux de Nicolas Sarkozy ?

J’espérais que Nicolas Sarkozy, devenu Président, s’assagirait sur la question de la discrimination positive, ainsi que sur celle du « toilettage » (c’est son expression) de la Loi de 1905. J’espérais que, chargé de la responsabilité de la conduite du destin du peuple français, il mesurerait alors combien notre pays était devenu fragile, aussi fragile qu’un beau cristal, et que pour cette raison, il ne fallait pas se laisser aller à craquer des allumettes dans la maison France devenue une poudrière.

Lors de ses récents vœux, Nicolas Sarkozy a évoqué son souhait de faire modifier le préambule de la Constitution afin d’y inscrire le « respect de la diversité », c’est-à-dire la discrimination positive, cette politique qui lui est si chère, et qui à rebours du principe d’Égalité, considère les êtres humains au travers du prisme de l’origine raciale ou ethnique. Par ailleurs, il souhaite toujours que soit « toilettée » la loi sur la Laïcité, dans une période où la France est menacée par la résurgence de conflits interreligieux. Que retiennent les Hommes des douloureux enseignements de l’Histoire ?

Il est urgent que Nicolas Sarkozy mesure à quel point l’altération, dans le contexte actuel, de deux des piliers qui soutiennent la France, est une entreprise des plus dangereuses. Il est, dans le climat actuel, essentiel de veiller à ne pas créer de nouvelles divisions dans le corps social, ni d’introduire, dans l’espace public, quoi que ce soit qui puisse servir de prétexte à des tensions intercommunautaires. Il est urgent que Nicolas Sarkozy prenne conscience qu’il faut cesser d’envoyer des signaux qui sont interprétés comme autant d’encouragements à tester encore davantage les fondations de la maison France.

Les députés de droite comme de gauche sont majoritairement opposés à l’altération de ces principes républicains. Sauront-ils assumer leurs convictions au service de la France, ou se laisseront-ils, comme cela est déjà arrivé, guider par des consignes de vote qui nient, dans les faits, l’existence d’une liberté de pensée et d’action de chacun des élus de la République ? La représentation nationale saura-t-elle ouvrir les yeux de Nicolas Sarkozy sur un sujet aussi sensible ?

Le Traité européen de Lisbonne, qui sera soumis à ratification lors du Congrès de Versailles du 4 février prochain, accorde la liberté de « manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ». Nul doute que les Français regretteront la Laïcité qui avait pacifié leur espace public, car ce Traité européen signe dans les faits la mort de leur Loi de 1905. Comme les Britanniques et les Québécois, les Français en viendront à regretter l’absence de lieux publics neutres. Où sont nos grands hommes d’État visionnaires ? Il me semble parfois, ces temps-ci, que les Français sont orphelins !

Je réaffirme ici avec force le fond de ma pensée, à savoir que c’est la classe politique française, et non les immigrés, qui depuis maintenant près de 30 ans sème sans le savoir les graines de la discorde : si notre classe politique n’avait sans cesse envoyé des signaux indiquant que les principes fondamentaux de la République pouvaient être amendés, les immigrés et leurs descendants auraient fini par respecter ces principes, et donc par s’insérer dans la société française. Nos hommes politiques feraient œuvre de salut public en réaffirmant avec force la nécessité pour tous, y compris pour eux-mêmes, de respecter les principes fondamentaux de l’idéal républicain, qui constituent véritablement la digue qui protège la France de la submersion par les flots des conflits intercommunautaires.

Il est de la responsabilité de chaque Français de veiller à ce que la France demeure en paix. Ayons tous à cœur le repos de la France : ne permettons pas que l’irréparable soit commis ; œuvrons pour que soit stoppé le processus déjà enclenché de libanisation de la France !

23:25 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: sarkozy, laïcité, discrimination positive, traité simplifié |