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11 juin 2020

Rachida Dati, la discrimination positive à raison des origines ethno-raciales et les “jeunes qui étaient interpellés, qui ne revenaient pas...”

Dans son livre Passions (Éditions de l’Observatoire, juin 2019), Nicolas Sarkozy donne les raisons pour lesquelles il a nommé Rachida Dati ministre :

« Rachida Dati et dans une moindre mesure Rama Yade représentaient une énergie inépuisable, et incarnaient le renouveau tellement nécessaire dans un personnel politique si peu divers à l’époque, spécialement à droite. Je tenais beaucoup à permettre l’éclosion de cette diversité, qui était un volet de ce que j’avais défini comme l’ouverture. Elle me fut beaucoup reprochée, notamment par mes amis politiques ! Je suis convaincu que, pour gouverner la France sans la violence qui est un danger permanent chez nous, “l’ouverture” sur les origines comme sur les identités politiques est une nécessité absolue. (...)

Mon choix le plus structurant fut celui de Rachida Dati au ministère de la Justice. J’avais été bluffé par son énergie inépuisable, et son authenticité. Elle réussissait le pari d’être tout à la fois parfaitement élégante et distinguée sans faire disparaître sa culture des banlieues, dont elle est fière et qui lui colle à la peau. Elle était magistrate, femme engagée politiquement, et beur ! Or, à mes yeux, c’était loin d’être un détail, car je voulais adresser un message fort aux jeunes de la banlieue qui étaient issus de l’immigration : « Avec l’une des vôtres place Vendôme, vous ne pourrez plus dire ni penser qu’il y a une justice pour les uns et une pour les autres. » Comme, de plus, je voulais beaucoup durcir la politique pénale, la promotion de Rachida cochait toutes les cases. »

D’après Nicolas Sarkozy, les origines ethno-culturelles de Rachida Dati sont loin d’être étrangères à son ascension politique fulgurante. Qu’elle vienne pleurer à la télé est indécent et insupportable, mais il y a plus grave.

Rachida Dati était l’invitée de l’émission Clique du mardi 9 juin 2020. Lisez-en ci-dessous quelques extraits.

En guise de propos introductif, le présentateur Mouloud Achour précise ce qui suit : « On vous reçoit surtout en tant qu’ancienne Garde des Sceaux au moment où on parle de violences policières, de racisme structurel et de mots qui arrivent dans le débat public comme beurette, des insultes que vous avez connues (...) »

Mouloud Achour : « Je le rappelle, à cette époque, vous étiez, vous travailliez avec Nicolas Sarkozy dans son cabinet. Comment est-ce que vous avez réagi à l’époque où il était au ministère de l’Intérieur ? » [à propos du décès de Zyed Benna et Bouna Traoré en 2005, à Clichy-sous-Bois]

Rachida Dati : « On a reçu les familles. Moi, je me souviens de cet entretien. J’y étais. Quand j’ai vu les parents, j’ai vu les miens. J’ai vu les miens, quand j’ai vu les images, et c’est pas les images puisque nous étions sur le terrain. On a vécu les violences urbaines pendant plus de trois semaines. L’état d’urgence avait été déclaré. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Et après, c’est moi qui ai souhaité, effectivement, qu’il y ait une ouverture d’informations parce que je voulais que ces parents aient des explications. »

Mouloud Achour : « C’est la première fois, Rachida Dati, que je vous vois émue. »

Rachida Dati : « Parce qu’on est dans une société où si l’émotion déborde, si vous dites les choses. J’ai tellement vécu de choses. On dit que vous vous victimisez. Je ne suis pas une victime. J’en ai tellement beaucoup. Et quand je vois, vous savez. Quand j’ai vu George Floyd sous le genou de ce policier, j’ai pas pu finir la vidéo parce que j’en ai vu des jeunes qui étaient interpellés, qui ne revenaient pas. Moi, je me souviens, je travaillais, j’avais commencé à travailler à Paris et maman m’appelait. Elle me disait “il y a unetelle et son fils il a été embarqué, on n’a plus de nouvelles. Viens.” Je prenais le TGV. Je descendais à Châlons. Je rédigeais, je rédigeais des lettres et des lettres et des lettres. Je repartais, maman me rappelait. Je disais “maman, faut que je travaille aussi” et elle me disait “Rachida, si tu as réussi, c’est aussi pour nous. C’est aussi pour les autres. Une réussite pour une réussite, pour nous, ça n’a pas de sens.” Moi, je n’ai pas réussi pour de l’argent. J’ai réussi pour pas que ça se reproduise à l’infini.

Et donc, j’ai vu ces parents, comme j’ai vu les parents de la jeune Sohane qui avait été brûlée vive. Je me souviens de ce père qui pleurait dans le bureau de Nicolas Sarkozy qui ne disait mot. Donc quand j’ai vu ces parents, je me suis dit “ça, ça ne peut plus durer”. Donc quand je suis devenue Garde des Sceaux, j’ai appelé l’avocat Jean-Pierre Mignard, j’ai dit “faut faire quelque chose là, c’est pas possible.” (...) Oui, y'a des dérives, mais en quoi sont-ils responsables les parents, pour la majorité d'entre eux ? »

Rachida Dati : « Moi, je vous dis, j’ai eu un choc en voyant la vidéo de George Floyd quand il dit “je ne peux plus respirer”. Moi, je l’ai entendu dans des cellules de garde à vue. Mais on ne peut pas le dire. Si vous le dites, vous êtes caricaturée. Vous êtes stigmatisée en disant “Oui, elle s’attaque à la République qui lui a tout donné.” Oui, moi la République m’a tout donné. Mes parents m’ont aussi beaucoup donné. »

Je vous engage vivement à écouter l’émission dans son intégralité. C’est sidérant à plus d’un égard. On en viendrait presque à minimiser les propos récemment tenus par le ministre de l’Intérieur à l’encontre de ceux qui protègent notre société, à savoir les policiers.

Les Français ignorent que ceux de l’immigration qui font le choix de s’assimiler cuturellement et refusent la discrimination positive – qui se traduit par une discrimination négative envers les Français de souche européenne – sont soigneusement tenus à l’écart par l’ensemble de la classe politique, médiatique et intellectuelle (à quelques exceptions près). Je peux en témoigner.

La société française est désormais ethnicisée et racialisée. Comme je l’avais anticipé dans mes livres ainsi que lors de mon audition par la commission Simone Veil, elle devient chaque jour plus conflictuelle. La faute première en est imputable à la classe politique, médiatique et intellectuelle et non aux enfants de l’immigration. En vertu de quoi attendiez-vous qu’ils s’assimilent, quand l’inverse est bien plus confortable ?

Pour aider notre société à enrayer sa décomposition, il faudra que la vérité sur le rôle des élites éclate au grand jour. Français, résistez à l’abandon de la France par ses élites. Votre silence vous rend complices. L’Histoire vous jugera. Vos descendants aussi.

18:17 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: dati, élites, sarkozy, police |

07 novembre 2019

Communautarisme : vers un point de non-retour ?

Le propos du Président Macron est sans ambiguïté : « quand on éduque nos enfants, on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire ». Le problème est simple : soit les sorties scolaires font partie de la scolarité et sont un temps où « on éduque nos enfants », auquel cas « on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire ». Soit elles n’en font pas partie, alors elles n’ont strictement rien à faire dans ce temps-là.

Mais s‘agit-il seulement d’une question de laïcité ? Comme l’a précisé Tahar Ben Jelloun sur France Culture : « le corps de la femme est le principal objet de fixation chez certains musulmans, qu’ils soient chiites ou sunnites. C’est pour cela qu’on cherche à ce que le corps des femmes ne s’exprime pas, qu’il ne se dévoile pas, qu’il ne soit pas libre. Alors, on le cache. » En 1954, la première demande formulée à Gamal Abdel Nasser par les Frères musulmans fut de voiler les femmes. Inimaginable pour le progressiste Nasser ! Emmanuel Macron s’interroge : « Mais pourquoi cela nous insécurise, ce voile ? C’est que ça n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays. C’est-à-dire aux rapports qu’il y a entre les hommes et les femmes dans notre pays. Nous sommes attachés, et ça c’est très républicain, c’est même révolutionnaire, à cette égalité entre l’homme et la femme. » Le problème que soulève le couvrement des femmes est loin d’être anecdotique, en ce qu’il dessine le projet de société et l’éthique qui le sous-tend.

Depuis trente ans, les pressions pour le port du voile ne cessent de s’intensifier. Dans son rapport pour l’Institut Montaigne « un islam français est possible », l’auteur Hakim El Karoui qui a conduit une enquête avec l’IFOP indique que 65% des musulmans en France y sont favorables, et que pour 29% des sondés la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République. Nonobstant ce constat, le rapport propose un plan que l’écrivain Boualem Sansal juge dangereux : « Quand j’ai lu ça, je suis tombé à la renverse, j’ai compris que le plan était un programme d’arabisation et d’islamisation des plus sévères, il ne laissait aucune possibilité de faire machine arrière en cas de regret. Il ressemblait comme deux gouttes d’eau au plan d’arabisation et d’islamisation que le pouvoir algérien a mis en œuvre en Algérie au début des anées 80 sous la pression de l’Arabie saoudite et qui allait en peu de temps faire de nous des perroquets wahhabites salafistes. [1] »

Le monde musulman vit dans la nostalgie de l’apogée de sa puissance. Cet âge d’or, c’est sa fierté, et la fierté y est un élément structurant. Indignes de respect sont ceux qui paraissent dépouillés de toute fierté, qui posent genou à terre tels les Occidentaux entraînés dans la repentance et la culpabilisation par leurs propres élites, et qui à présent se déchirent pour savoir s’il convient de ramener parmi eux les djihadistes. Nous n’avons pas fini de payer le prix de ce choc de perceptions.

Au moment où s’ouvrait le débat sur l’immigration à l’Assemblée Nationale, Christophe Castaner reconnaissait que « nous avons loupé ces dernières années l’intégration telle que nous aurions dû la réussir ». Au long des dernières décennies, l’État – et non la France ni la République – n’a cessé d’entraver, voire de dissuader le processus d’intégration : importance des flux migratoires qui ont entraîné l’accroissement de la pression sur les personnes et un réenracinement dans les mœurs du groupe culturel d'origine ; déresponsabilisation des familles ; accommodements déraisonnables ; discrimination positive qui institue une inégalité en raison des origines, dans un pays où le principe d’égalité a été arraché par une révolution. L’État est allé jusqu’à introduire la finance islamique, comme le rappelle le portail de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics du gouvernement : « La finance islamique, conforme aux principes de la Charia, bénéficie d’aménagements fiscaux en France depuis 2008. » Aujourd’hui, en raison même de nombreuses fautes commises par nos élites de commandement, une part des descendants de l’immigration ne comprend pas ce qui lui est reproché et en souffre sincèrement. Dans les enquêtes de terrain menées par la sociologue Évelyne Ribert, il apparaissait de façon assez claire que dans l’esprit des jeunes de l’immigration, les papiers d’identité français n’engagent pas nécessairement leur propre identité. À qui la faute, si un certain nombre de vérités n’ont pas été dites ?

Depuis Pierre Joxe ministre de l’intérieur, Les autorités se sont obstinées à vouloir organiser, financer, structurer l’islam en France. Leur projet ? Faire émerger un nouveau pouvoir tutélaire, une sorte d'imam suprême qui parle au nom d’une communauté qu’on voudrait voir unifiée, quand il faudrait s’atteler à créer les conditions de l’émergence d’une liberté individuelle. Et tout en œuvrant ainsi à communautariser encore davantage la société, pas un jour sans que ces mêmes autorités ne déplorent cette communautarisation. Que faire devant un tel degré d’incohérence ?

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[1] Fondation Varenne, intervention de Boualem Sansal, 13 décembre 2016

18:12 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: macron, voile, islam, communautarisme |

30 janvier 2012

Le courage ? Oui, mais pour faire quoi, au juste ?

Il est beaucoup question de courage ces derniers temps. Vous vous souvenez de ce que ce mot évoque pour moi, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’hommes et de femmes politiques. Accomplir leur simple mission ne peut en aucun cas être qualifié de courage ! De vous à moi, s’il s’agit d’augmenter des impôts et autres taxes ou d’aller prélever dans la poche de certains pour redistribuer à d’autres – sans autre forme de procès –, en quoi cela dénote-t-il du courage ? Le courage politique, à mes yeux, c’est celui dont ont fait preuve des de Gaulle ou Churchill qui ont osé se mettre en travers d’une histoire qui semblait écrite d’avance.

J’observe avec incrédulité les discussions à n’en plus finir sur la dette et le renflouement de la sécurité sociale, sans qu’aucune réflexion de fond ne soit menée sur l’origine des dépenses, le retour sur investissement, et encore moins sur le fameux « tonneau des Danaïdes » que j’évoque longuement dans mon dernier ouvrage, et qui pose la question du projet politique collectif. Se sont-ils donné le mot ?

Dans un autre registre, je suis indignée par la chasse aux Français de souche qui est menée au travers d’approches comme celle que décrit cet article du Figaro : « À l’inverse, les enfants de cadres et de professions libérales sont surreprésentés dans toutes les filières, surtout en classes préparatoires (50,9 %). » Qu’ils aient donc le courage de dire aux Français de souche européenne qu’ils sont proportionnellement trop nombreux à leur goût, et qu’ils souhaitent limiter leur présence dans certaines formations et entreprises ! Ça serait du courage pour le coup que de l’assumer clairement !

Autre extrait du même article : « Salima Saa se dit, quant à elle, favorable à une pondération entre les épreuves écrites et orales : “Les épreuves orales défavorisent certains jeunes car les jurys ont inconsciemment tendance à choisir des gens qui leur ressemblent.” » Pas de chance, des études ont été menées qui ont prouvé le contraire, à savoir qu’à l’oral les étudiants du Sud réussissent mieux qu’à l’écrit, car les examinateurs ont tendance à être plus « cléments » envers eux, intégrant toutes les difficultés que ces étudiants ont vraisemblablement dû affronter dans leurs parcours (famille nombreuse, absence de calme et de respect des exigences du travail scolaire, parents ne disposant pas d’un niveau de formation suffisant pour aider leurs enfants…)

Nos « élites » font semblant d’ignorer que l’école ne sert pas seulement à délivrer des bouts de papier – diplômes –, mais qu’elle a aussi pour mission, outre celle de préparer des citoyens avertis, de former ceux qui créeront les richesses de demain sans lesquelles nous serions, tôt ou tard, condamnés à perdre la maîtrise de notre destin.

Vous souhaitez un autre exemple de la mise de côté des Français de souche et du châtiment du tonneau des Danaïdes infligé à notre pays ? Prenons le logement social. Voici ce que déclarait Benoist Apparu (secrétaire d’État au logement) le 10 janvier dernier sur France Info, dans l’émission Tous en campagne : « Nous aurons construit cette année 120 000 logements sociaux, l’année dernière 130 000. Pendant tout ce quinquennat nous aurons fait 600 000 logements sociaux, record toutes catégories depuis 30 ans. À l’époque de Lionel Jospin Premier ministre, on faisait 38 000 logements sociaux par an (…) Il faut construire plus de logements sociaux en France et il faut les construire surtout, et c’est ça l’essentiel, là où c’est nécessaire. Aujourd’hui, on fait deux fois plus de logements en Auvergne qu’en Île-de-France. Eh bien, il faut inverser la tendance. C’est en Île-de-France qu’on a besoin de construire des logements (…) » Chacun sait bien quelle est la démographie de l’Auvergne, et quelle est celle de l’Île-de-France. Voici un passage de mon dernier ouvrage où j’évoquais également la question de la pauvreté en Auvergne : « Ce ne sont pas les territoires peuplés par les populations de l’immigration extra-européenne qui sont aujourd’hui les plus démunis dans notre pays. Parmi les territoires les plus pauvres, les départements ruraux de la Creuse, de l’Aude et du Cantal (…)[1] » L’intérêt sélectif de notre classe politique est insupportable et inacceptable !

Nous avons besoin de grands hommes qui savent s’entourer, et certainement pas de techniciens qui ne nous tracent aucune perspective vers des lendemains qui garantissent la préservation de l’unité de la France. D’où venons-nous, où en sommes-nous et où voulons-nous aller ? Où est en effet le projet politique en tant que peuple ? Comment faire pour que la campagne présidentielle et celle des législatives abordent les vrais sujets, à savoir ceux dont dépend l’avenir du peuple français ?

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PS : je connais Salima Saa, car nous avons siégé ensemble au Haut Conseil à l’Intégration. Je peux vous dire que sur les sujets qui nous concernent ici, nous n’étions pas sur la même longueur d’onde et ne combattions pas dans le même camp…

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[1] Voir Laurent Auzet, Magali Février, Aude Lapinte, « Niveaux de vie et pauvreté en France », Insee Première n°1162, octobre 2007. ↩

10:17 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags: politique, discrimination positive, wauquiez, éducation |

04 mai 2011

Les Français apatrides sur leur propre terre, celle de leurs ancêtres

L’inquisition a frappé, par la voix de Mediapart. La ministre Chantal Jouanno a donc fait rouler la tête du directeur technique, qui n’aura même pas eu droit à un procès, fût-il stalinien. Laurent Blanc, lui, verra peut-être sa tête sauvée car, dixit Chantal Jouanno : « Pour le connaître, il prône plutôt le métissage ». Il faudra que le soviet suprême nous dise un jour ce que « métissage » signifie exactement.

Il est aujourd’hui important de se remémorer le comportement inqualifiable de certains joueurs de l’équipe de France de football lors de la dernière coupe du monde. Les langues s’étaient alors déliées pour porter à la connaissance du grand public l’absence totale de cohésion, le regroupement selon l’ethnie d’origine, la dictature exercée par certains joueurs pour lesquels on était allé jusqu’à imposer un certain nombre de contraintes à l’ensemble de l’équipe, y compris d’ordre alimentaire et sanitaire (douches séparées). Se souvient-on encore du préjudice énorme que cette « équipe » avait alors fait subir à la France en salissant son image devant les téléspectateurs du monde entier ?

Au micro de RTL, Christophe Dugarry révèle que le soir de 1998 où la France vient d’être sacrée championne du monde, alors que les joueurs prennent des photos dans les vestiaires, Lilian Thuram lance un : « allez les blacks, venez on va faire une photo tous ensemble ! » Imaginez que c’eût été un joueur blanc qui ait lancé « allez les blancs, venez on va faire une photo tous ensemble ! »… Alors, c’était donc ça, la France black-blanc-beur de Jacques Chirac ?

Un problème notable existe aussi du fait du comportement de joueurs dotés d’une double nationalité. Le Monde : « Lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, neuf footballeurs français ont joué la compétition avec une autre équipe que les Bleus, alors qu’ils avaient porté le maillot de l’équipe de France en sélection de jeunes. Ces “binationaux” sont nés et ont grandi dans l’Hexagone, mais ont choisi de jouer pour le pays d’origine de leurs parents. »

La gauche comme la droite pratiquent depuis fort longtemps la discrimination positive au profit des personnes d’origine étrangère. J’en avais longuement parlé dans Le puzzle de l’intégration. Le critère ethnique est même mentionné en toutes lettres dans la Charte de la diversité instituée en octobre 2004 par Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre.[1] Engagement n°3 de la Charte de la diversité : “Nous [les entreprises signataires] nous engageons à chercher à refléter la diversité de la société française et notamment sa diversité culturelle et ETHNIQUE dans notre effectif, aux différents niveaux de qualification.”

La Charte de la diversité incite, dans les faits, les entreprises à favoriser le recrutement de ceux qui ne sont pas d’origine européenne. Cela se transforme en discrimination négative vis-à-vis des Français de souche européenne.

Voici un extrait d’Immigration-intégration : le langage de vérité.

« Sur le terrain, la pratique de la discrimination positive se transforme, de manière très concrète, en discrimination négative envers les Français de souche européenne : “L’Oréal fait de la discrimination positive et l’assume […], déclare le directeur général du groupe Jean-Paul Agon. Aujourd’hui, lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chances d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche.[2]” Ces propos discriminatoires à l’égard des Français de souche ont été tenus par le dirigeant d’un groupe qui emploie 12 000 personnes en France. Autre illustration : “À compétences égales, eh bien désolée, on choisira la femme ou on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc pour être clair.[3]” Ces propos discriminatoires à l’égard des hommes blancs ont été tenus par Anne Lauvergeon, patronne d’un groupe français qui emploie 50 000 personnes. Imaginons que de tels propos aient été tenus à l’encontre d’autres couleurs que la couleur blanche ; toutes les associations de France et de Navarre auraient rué dans les brancards. Là, il ne s’est rien passé. Comment expliquer, par ailleurs, que de tels propos et attitudes n’aient pas été sanctionnés par la loi ? Parce que le racisme est devenu, comme je l’ai précédemment évoqué, un concept à géométrie variable, qui ignore superbement les comportements qui frappent les Français de souche européenne. Le 14 mai 2009, le ministre de l’Immigration félicitait le groupe L’Oréal pour sa politique de recrutement et le gratifiait du “label diversité” [4]
[…]
Par exemple, le racisme dirigé contre les Français de souche européenne ne semble guère les émouvoir. Leur indignation est sélective. Eux qui font feu de tout bois, se gardent bien de s’interroger sur cette tendance aujourd’hui à l’œuvre sur le sol français : “Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2010, 485 cimetières et lieux de culte ont été dégradés : 410 l’ont été au préjudice de sites chrétiens, dont 179 cimetières et 231 lieux de culte.[5]” Autrement dit, 85 % des dégradations de lieux de culte ont visé en 2010 des sites chrétiens ! Les Français ont-ils le sentiment que cette information a été relayée par les médias, ou que leurs représentants politiques ont témoigné la moindre compassion, à défaut d’indignation ? Le comportement de ces censeurs porte de surcroît atteinte au vrai combat contre le racisme, car, mettait en garde Claude Lévi-Strauss, “en banalisant la notion de racisme, en l’appliquant à tort et à travers, on la vide de son contenu, et on risque d’aboutir au résultat inverse de celui qu’on recherche.[6]
 »

Si vous y réfléchissez bien, nous ne sommes plus du tout en France dans une politique de méritocratie républicaine, mais dans une politique clairement fondée sur un critère de préférence extra-nationale. Et comme l’avait très bien relevé notre ami Jugurta, les Français d’origine extra-européenne qui ont réussi leur intégration et se sont assimilés subissent le même sort que les Français de souche européenne.

Voici ce que déclarait Nicolas Sarkozy le 26 octobre 2005, en tant que Ministre de l’Intérieur, dans une conférence-débat sur le thème Un défi républicain : la discrimination positive à la française, le ministère de l’Intérieur s’engage : « La première fois, Ministre de l’Intérieur, où j’ai réuni les préfets, j’ai demandé à mes collaborateurs : “Y-a-t-il quelque chose qui vous choque ?” Ils m’ont répondu : “Rien du tout. Tout est normal.” Ben moi y’a quelque chose qui me choquait. Parmi les préfets, il n’y avait que des Christophe. Enfin, des Pierre, des Louis, des Jean et c’est amusant, et parmi les préfets ils étaient tous de la même couleur. Je vous laisse la deviner. »

Encore un extrait d’Immigration-intégration : le langage de vérité : « Les Français se sentent aujourd’hui apatrides sur leur propre terre, celle de leurs ancêtres. Pour qu’ils reprennent confiance en eux et en l’avenir de la France, il est urgent qu’ils se réapproprient le droit élémentaire qui leur a été confisqué – celui d’exprimer et d’assumer ce que “Français” signifie dans leur tête, leur cœur, leur âme et surtout leur inconscient collectif ».

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[1] La Charte de la diversité en entreprise a été instituée en octobre 2004 (Jean-Pierre Raffarin). Elle comprend actuellement 3076 entreprises signataires, dont la liste peut être consultée ici

[2] Jean-Paul Agon, « L’Oréal fait de la discrimination positive et l’assume », propos recueillis par Nathalie Brafman et Stéphane Lauer, Le Monde, 13 juillet 2007.

[3] Propos tenus par Anne Lauvergeon lors du Women’s Forum à Deauville, Journal de France 2, 16 octobre 2009.

[4] La création de ce label « diversité » a été annoncée par le Président de la République dans son discours à l’École polytechnique sur l’égalité des chances. Ce label a été créé par décret le 17 décembre 2008.

[5] Lettre adressée par Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales à Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’homme au Conseil de l’Europe, rendue publique le 2 novembre 2010.

[6] Claude Lévi-Strauss, Didier Éribon, De près et de loin, Odile Jacob, 1988.

23:25 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (70) | Tags: discrimination positive, diversité, racisme, raffarin, sarkozy, jouanno, dugarry, thuram |