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01 avril 2009

Un signe...

Je suis là, bien là. Comme vous, je suis l’actualité et je m’interroge :

Qu’appelle-t-on « moderniser la France » lorsque nombre d’actions politiques menées aboutiront, sans l’ombre d’un doute, à la ramener au Moyen-Âge ?

Quelle différence essentielle existe-t-il entre le Moyen-Âge et l’ère moderne ? Nous pourrions discourir pendant des heures de cette question mais, à mes yeux, la différence majeure réside dans la Liberté. Les êtres sont libres dans les sociétés modernes. Les êtres sont esclaves ou soumis à la loi du groupe dans les sociétés moyenâgeuses. Cette liberté signifie, pour les individus, la maîtrise du choix de leur destin. C’est la liberté de pensée et de jugement qui permet de repousser sans cesse les portes de l’imaginaire et du possible. C’est cette liberté qui est le sein nourricier de l’innovation. Il n’y a pas vraiment de mystère au sous-développement des sociétés qui se trouvent encore à l’ère moyenâgeuse, car le sous-développement y est la conséquence de la limitation des champs du possible pour la créativité des hommes.

La régression de la France vers le Moyen-Âge, voilà pourtant ce qui est désormais en marche. Comme vous, j’assiste donc au film d’horreur auquel les Français sont, bien malgré eux, conviés. Les scènes de ce film, dont on se passerait bien, se succèdent sous nos yeux :

* La laïcité que Nicolas Sarkozy souhaite assassiner, en la remplaçant par une laïcité qui n’a de « positive » que le nom ; adjectif utilisé pour endormir les Français, pour ne pas dire les duper. Peut-être Nicolas Sarkozy n’en a-t-il même pas conscience ? Mais peut-on se résigner à accepter que celui qui a la responsabilité de guider le peuple vers un monde meilleur, lui prépare finalement l’obscurantisme ? Non, il faut tenter de lui faire entendre raison et espérer encore et toujours que la grâce de la sagesse du respect du noyau identitaire français finisse par le toucher.

Notre laïcité que Madame Alliot-Marie piétine en appelant les représentants des religions musulmanes et juives à calmer ceux qui partagent leur même croyance religieuse, au moment où explose le conflit israélo-arabe. C’est elle, représentante de l’État français, qui demande aux religieux de se mêler d’affaires qui sont du ressort de l’État. Un État qui démissionne de lui-même de ses responsabilités ? Qu’est-ce qu’un Ministre de la République qui envoie le signal que certains Français ne seraient plus accessibles à la parole de l’État français, mais le seraient à la parole de religieux qu’il érige, chemin faisant, en détenteurs d’un pouvoir politique ? Triste retour à des périodes sombres de l’histoire en perspective. Il suffirait pourtant que nos politiques observent ce qui se produit, aujourd’hui même et donc sous leurs yeux, dans tous les pays où le pouvoir religieux exerce un pouvoir politique. Tant d’irresponsabilité et de mise en danger de la société française est inacceptable !

* L'indivisibilité du peuple de France que l’on souhaite remplacer, de force, par un comptage ethnique auquel s'attelle Yazig Sabeg, nommé par Nicolas Sarkozy, aidé en cela par le parti socialiste qui a déposé une proposition de loi en ce sens — proposition défendue par Georges-Pau Langevin. Évoquons ici aussi la liberté. Peut-on encore parler de liberté lorsque l’on enchaîne définitivement les êtres, de par leur naissance, à des groupes ethniques ou raciaux ? C’est ici que les tenants du droit du sang exclusif et les communautaristes se rejoignent. Pour ces deux groupes, l’identité n’est pas dynamique, mais figée à la naissance. Elle est le seul fait de la biologie ! Le débat récurrent entre l’inné et l’acquis…

L’idée qu’à la seule lecture de mon prénom on puisse me coller dans une case « minorité » ou « diversité » m’est proprement insupportable, car cela représente la négation de ma liberté de choix d’identité. Tant de souffrances pour en arriver à ce que les représentants de l’État français bafouent la LIBERTÉ ! Tout cela ne ressemble pas à la France, et n’est pas la France.

Que cache, par ailleurs, cette volonté de faire disparaître l’indivisibilité du peuple de France ? Elle cache une farouche volonté de tuer le mérite républicain afin que naisse, officiellement, la discrimination positive !

* Cette discrimination positive, dont la naissance est cachée aux Français, mais qui est de plus en plus appliquée en France, et donc aux Français. L’image qui me vient à l’esprit est celle d’un hold-up à visage masqué. La République prise en otage ? Mais par qui ? Par l’État français, oui, par l’État français !
De plus en plus d’entreprises sont invitées à prendre en compte l’origine ethnique ou raciale dans leur recrutement ou leurs promotions, de même les radios et télévisions. Sommées par qui ? Par l’État français !
L’enseignement supérieur est lui aussi sommé de mettre en œuvre des voies d’accès parallèles qui ne s’appuient pas sur le seul mérite. Par qui ? Par l’État français (ici Valérie Pécresse).

* Autre scène de ce film cauchemardesque : les concours de la fonction publique voient disparaître l’exigence minimale de connaissance de culture française. Des fonctionnaires censés représentés l’État français, donc la France, qui ne maîtriseraient pas un minimum de culture française ? Qui est l’auteur d’une telle ignominie ? Encore une fois, l’État français.
Ne vous trompez pas : la culture générale n’est pas un luxe, car elle est, pour les enfants issus de l‘immigration, la seule voie d’acquisition de la culture française, et donc des principes et valeurs sans lesquels ils ne pourront jamais devenir Français. Comme pour l'imposture de l'ascenseur social, on dupe ici les familles de l'immigration en leur laissant penser que la communauté française reconnaîtrait comme français ceux qui ne possèdent pas la culture française.

J’ai lu, parfois, que j'ignorerais des pans entiers de l'histoire de France, car je la réduirais par trop à 1789. Posez-vous la question : la France de 1789 aurait-elle pu voir le jour si tout ce qui avait précédé n'avait pas existé ? Et dans ce « tout » je place, bien entendu, tout l'héritage des Français, sans aucune exception des pages de son histoire.

Je n'écris plus beaucoup, en ce moment, mais jamais la France n'a autant occupé mes jours et mes nuits. J'ai la chance d'être animée par une passion qui me dépasse. Ne me demandez pas pourquoi j'aime autant la France, car l'amour ni se s'explique, ni ne se résume. Je ne me bats contre personne, mais je me bats, aux côtés d’autres Français, dans l’unique but que soit un jour à nouveau reconnu, aux Français, le droit d'être Français et d’être fiers de l’héritage français. Cela passera nécessairement par le fait que l’État français comprenne que la seule mission que lui délègue le peuple français est celle de servir la République, et non de tenter de la lyncher. Le sujet est suffisamment grave pour que tous les enfants de France s’engagent, au quotidien, à œuvrer à ramener l’État français à la raison d’État.

00:43 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags: laïcité, comptage ethnique, discrimination positive, sabeg, sarkozy |

17 décembre 2007

Ce que notre Conseil constitutionnel a rejeté, Bruxelles finira-t-il par nous l’imposer ?

Le 15 novembre dernier, le Conseil constitutionnel censurait l’article 63 du texte de la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile, qui autorisait le comptage ethnique et racial. Or, une proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil de l’Europe, présentée par la Commission Européenne, souhaite mettre en oeuvre ce comptage dans le cadre du « recensement de la population et du logement ». La Commission européenne avance que les statistiques dont elle dispose pour établir des comparaisons entre les différents pays de l’Union Européenne ne sont pas assez exhaustives, ni suffisamment détaillées, pour lui permettre d’assumer ses compétences.

Cette proposition de règlement n’est pas inconnue de notre classe politique, puisque le 3 avril 2007 elle a déjà été examinée par nos sénateurs. Ces derniers observaient que « Le texte reste en effet relativement imprécis quant à la nécessité de faire parvenir des informations liées aux thèmes recommandés. Ceux-ci couvrent des domaines relevant pour l’essentiel de la sphère privée, dont la confidentialité est protégée par la loi française (aptitude à lire et à écrire, religion, groupe ethnique, situation matrimoniale de fait). Le texte devrait en conséquence clairement marquer le caractère facultatif de la transmission de ces informations. »

Voici quelques-uns des thèmes que Bruxelles souhaite voir pris en compte par les États membres dans le recensement de leurs populations :

  • Date du premier mariage et du mariage actuel de la femme ; date de la première union consensuelle et de l’union consensuelle actuelle de la femme ;
  • pays de résidence antérieure, durée totale de la résidence dans le pays, lieu de résidence habituel cinq ans avant le recensement ; raison de la migration ;
  • pays de naissance des parents ;
  • acquisition de la citoyenneté ;
  • groupe ethnique ;
  • langue ;
  • religion ;
  • handicap.

Aux États qui auraient « oublié » la primauté du Droit européen sur les droits nationaux, Bruxelles rappelle ce qui suit : « Entrée en vigueur : Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre. ». Nos dirigeants français sauront-ils se souvenir, fort à propos, de l’existence du principe de subsidiarité ?

Autre sujet d’inquiétude : la Charte des droits fondamentaux, adossée au Traité européen que la France vient de signer, stipule en son article 10 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »

Cette Charte des droits fondamentaux signe-t-elle la fin de la Loi de 1905 ? Si c’est le cas, je crains que nos instances dirigeantes ne soient en train de créer les conditions d’un net durcissement de la cohabitation au sein de notre espace public. Est-ce bien intelligent ?

Comme je l’écris dans Le puzzle de l’intégration : « L’Union Européenne doit cesser de lutter contre les particularismes, qui sont parties intégrantes de l’identité de chacun des peuples qui la composent. Ce n’est pas contre ses peuples que l’Union doit se construire, mais plutôt pour et avec ses peuples. La voie qu’a empruntée l’Europe a fait naître la méfiance à son égard et ruiné les espoirs des Européens. La plus grande victime n’en a pas été la construction européenne, mais les peuples européens, dont les espoirs d’une Europe solide ont été brisés. »

Au fil des années, l’Union Européenne est devenue semblable à un avion dont on essaie de pousser les réacteurs sans même avoir véritablement réfléchi, ni au point à rallier, ni à la trajectoire à adopter. Les peuples disposeront-ils du pouvoir de rappeler leurs dirigeants à davantage d’esprit de responsabilité ? Il faut l’espérer pour la survie à moyen et long terme de la construction européenne, mais aussi et surtout pour la paix civile au sein de chacun des pays qui la composent.

12:35 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: comptage ethnique, laïcité, traité simplifié, europe |

15 novembre 2007

Si le Conseil constitutionnel n’existait pas, il faudrait l’inventer !

Un grand merci au Conseil constitutionnel !

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision au sujet de la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Les sages ont purement et simplement censuré le recours aux statistiques ethniques. Nous devons cette décision à la qualité exceptionnelle des membres de ce Conseil, qui compte en effet des hommes et des femmes de très grande envergure, profondément attachés au socle des valeurs fondamentales de notre pacte républicain, et qui ont montré au long de leurs parcours leurs forts engagements au service de l’idéal français. Même si le grand public pense d’abord aux illustres personnalités politiques qui y siègent, telles que Jacques Chirac ou Jean-Louis Debré, il nous faut également en remercier tous les autres membres, qui ont su garder la tête froide alors que l’enjeu avait été éminemment politisé.

Voici un extrait de la décision du Conseil :

« Considérant que, si les traitements nécessaires à la conduite d’études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration peuvent porter sur des données objectives, ils ne sauraient, sans méconnaître le principe énoncé par l’article 1er de la Constitution, reposer sur l’origine ethnique ou la race ; […] Article premier.- L’article 63 de la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile est déclaré contraire à la Constitution. »

Les Français, qui ont déjà compris que la force de la France réside dans une France « une et indivisible », doivent demeurer vigilants et veiller à sensibiliser leurs proches à ce sujet. Il relève véritablement de la responsabilité de chaque citoyen que d’œuvrer à freiner la « libanisation » actuelle de la France, et même à la faire reculer jusqu’à l’annihiler. Je crois la mission encore possible, à condition qu’une véritable prise de conscience s’opère en chacun de nous sur les défis d’envergure qui se posent au peuple français. Celui-ci doit demeurer soudé, à une époque où de nombreux problèmes sont si corrélés entre eux que leur analyse et leur traitement s’en trouvent encore complexifiés.

22:45 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags: immigration, conseil constitutionnel, comptage ethnique, libanisation |

13 novembre 2007

Décision attendue du Conseil constitutionnel

Le 25 octobre dernier, le Parti Socialiste a déposé un recours au Conseil constitutionnel sur la loi sur l’immigration. Le Conseil constitutionnel dispose d’un mois, à dater du 25 octobre, pour rendre sa décision.

Le document de recours a également été signé par François Bayrou, Président du MoDem, ainsi que par des députés du groupe GDR (communistes et Verts). Ils ont demandé entre autres au Conseil constitutionnel de censurer l’article qui permettrait de légaliser le recours aux statistiques ethniques dans notre pays. Voici le passage en question :

« Quant à l’article 63 autorisant les statistiques ethniques issu d’un amendement parlementaire, il convient de s’interroger sur son lien avec un texte relatif à l’immigration, alors de surcroît que le législateur n’a pas apporté toutes les garanties nécessaires à la protection des droits fondamentaux en cause dont ceux consacrés par l’article 1er de la Constitution. C’est pourquoi, il nous apparaît si important que vous fassiez prévaloir les droits et libertés fondamentaux, loin des exploitations électorales, en demeurant tout simplement fidèle à votre jurisprudence protectrice des principes républicains. Votre décision est donc, à cet égard, particulièrement espérée. »

J’ai été très heureuse de constater à cette occasion que le sursaut sur le comptage ethnique s’était produit, même s’il fut extrêmement tardif. L’honneur de notre représentation nationale est donc sauf : tous nos élus ne se sont en effet pas laissés aveugler par la seule question des tests ADN. Il me semble que le premier devoir qui devrait incomber à chacun de nos parlementaires est la vigilance constante quant au respect des principes fondamentaux de notre pacte républicain. Comme je le développe dans Le puzzle de l’intégration, non seulement ces principes concourent à sculpter l’identité française, mais ils participent très largement à dessiner la société française de demain. Pour ces raisons, si « l’envie » prenait à nos gouvernants de modifier ces principes, la moindre des choses serait bien qu’ils consultent le peuple français sur des questions aussi lourdes de conséquences. Des choix qui à terme bouleverseraient notre société ne sauraient en effet être imposés au peuple français, sans même, il faut le signaler, l’avoir informé de tous les tenants et aboutissants. C’est moralement et éthiquement indéfendable.

Je ne suis malheureusement pas certaine que l’on s’embarrasse vraiment de ces considérations, qui pourtant touchent véritablement au respect du peuple français. Il n’est qu’à observer ce qui se produit actuellement avec l’introduction dans notre pays du traitement inégalitaire des citoyens, dont les partis politiques tels que le PS ou l’UMP osent se glorifier dans le cadre du processus de désignation de leurs candidats aux prochaines municipales. La discrimination positive, à raison de la couleur de la peau ou de l’origine ethnique, est bel et bien à l’œuvre dans ces partis. La même approche anticonstitutionnelle (il est très important de le garder à l’esprit) prévaut également dans certaines entreprises. Ainsi, Jean-Paul Agon, Directeur Général du groupe l’Oréal, déclarait-il au mois de juillet dernier au journal le Monde : « L’Oréal fait de la discrimination positive et l’assume […] Aujourd’hui, lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chances d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche. »

Quand verrons-nous nos propres élus soucieux de faire respecter la Constitution française ? La question est posée. Pourtant, tant que cette dernière est en vigueur, s’y conformer est une obligation légale : « Nul n’est censé ignorer la Loi ». Visiblement, ce n’est pas toujours le cas dans la République Française en 2007, à commencer par les élus du peuple eux-mêmes ; c’est un comble !

11:45 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags: comptage ethnique, bayrou, ps, ump, municipales, discrimination positive, adn |

29 octobre 2007

« Tribune de l’actualité » sur Fréquence Protestante

J’ai participé samedi 27 octobre sur Fréquence Protestante à la « Tribune de l’actualité » animée par Jacques Fischer, consacrée à la loi sur l’immigration. J’y étais invitée aux côtés des personnalités suivantes :

  • M. Dominique Paillé, Secrétaire général adjoint de l’UMP, conseiller auprès de l’Élysée ;
  • le professeur de droit Jacques Robert, ancien membre du Conseil constitutionnel ;
  • le professeur Didier Sicard, Président du Comité Consultatif National d’Éthique ;
  • M. Bernard Sichère, philosophe.

Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de l’émission.

Partie 1 (durée: 15 min.)


Partie 2 (durée: 13 min.)


Partie 3 (durée: 15 min.)


Partie 4 (durée: 15 min.)

19:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: immigration, adn, comptage ethnique, hortefeux, politique, fréquence protestante |

10 octobre 2007

Légalisation du comptage ethnique : où en est-on ?

Comme je le relevais dans une précédente note, les tests ADN auront réussi à totalement éclipser la question, lourde de conséquences pour la cohésion nationale, que représente l’introduction, en France, du comptage ethnique. C’est pourtant l’avenir d’une France « une et indivisible » qui se joue, et ce, dans une indifférence quasi-généralisée. Le comptage ethnique est le « cheval de Troie » des fervents défenseurs de la politique inégalitaire dénommée « discrimination positive ». Le fait que des communautaristes réclament, depuis plusieurs années, ce comptage ethnique, eût dû mettre la puce à l’oreille de notre représentation nationale. Les élus sont eux-mêmes tombés dans un piège, encouragés, il est vrai, par le harcèlement récurrent de chercheurs qui ne voient en cette mesure que l’opportunité de réaliser de nouvelles études statistiques. S’il ne revient pas nécessairement aux chercheurs d’anticiper les conséquences des outils qu’ils réclament, il appartient par contre à la représentation nationale de se projeter un tant soit peu dans l’avenir pour imaginer quel type de brèches ces outils seraient susceptibles d’ouvrir, notamment : quelles conclusions fallacieuses pourraient bien être tirées de ces études ? Quels effets le résultat brut de telles études pourrait-il provoquer chez des populations issues de l’immigration, auxquelles on ne cesse de répéter que les Français de souche sont responsables de tous leurs maux ? Quelles perturbations ce comptage ethnique introduirait-il dans la notion d’appartenance à la communauté nationale française ? Quelle incidence le comptage ethnique pourrait-il avoir sur le respect de la liberté individuelle ? Sur ce dernier point, que j’estime pour ma part essentiel (et j’en profite pour signaler, au passage, que la citation du poème « Liberté » de Paul Éluard n’a pas été placée en épigraphe du Puzzle de l’intégration simplement pour décorer), ce n’est certainement pas par hasard que la secrétaire d’État Fadéla Amara a justifié son refus du comptage ethnique par l’invocation de la « liberté ». Le journal le Monde rapporte ainsi ses propos : « Interrogée sur l’hypothèse d’un recours à des statistiques ethniques, elle a répondu : “Ça aussi, c’est un autre combat. Je ne veux pas qu’on définisse les gens en fonction de leurs origines, de leur religion. Créer des catégories de population, c’est dangereux.” “Je suis une femme libre, ne l’oubliez jamais”, a fait valoir Mme Amara. » Mais nos hommes et femmes politiques auront-ils pris la peine de tenter de décrypter le message lourd de signification que Fadéla Amara a voulu leur adresser ?

Au nom de quel principe l’État français s’arrogerait-il le droit de permettre le catalogage de certaines personnes, et leur assignation à un groupe donné ? Les enfants issus de l’immigration qui se pensent et se vivent Français ne se comptent ni ne se vivent comme membres d’un groupe qui serait estampillé jusqu’à la fin des temps « d’origine étrangère ». Comment se fait-il que l’État français, qui a été incapable d’identifier les causes de la non-insertion des derniers flux migratoires, ni d’en régler les conséquences terribles pour notre société, puisse se permettre de concourir à renforcer, par le biais d’une assignation d’âme à des groupes minoritaires, un climat qui rend déjà les enfants issus de l’immigration peu réceptifs à leur environnement extérieur, c’est-à-dire à la société française ? C’est dans ce registre que l’on doit chercher une bonne partie des raisons de la non-insertion. Pour ce qui est de l’intégration à la communauté nationale française, il s’agit d’une démarche individuelle qui se joue sur un registre moral et affectif, et à ce titre ne saurait en aucun cas être imposée à quiconque.

Le combat n’est pas fini, et tout espoir n’est pas encore perdu, puisqu’une commission mixte paritaire a été convoquée. Aux dernières nouvelles, elle devrait se réunir le 16 octobre prochain. Elle sera chargée de plancher sur les dispositions encore en discussion dans le projet de loi sur l’immigration de Brice Hortefeux. Le comptage ethnique fera-t-il partie de ces discussions ? Je n’en suis pas certaine. Je sais simplement que des personnalités, convaincues de l’urgence d’agir pour empêcher que soit enclenché le compte à rebours vers la mort de la France « une et indivisible », tentent de faire naître une lueur de lucidité salvatrice, que ce soit au sein de cette commission mixte paritaire, ou au sein de l’opposition qui pourrait ainsi saisir, à ce sujet, le Conseil constitutionnel. Pour une multitude de raisons, leur travail n’est pas simple. Mais l’important aura été d’exercer sa responsabilité de citoyen qui refuse de cautionner la rupture avec notre modèle républicain, un modèle qui a pourtant déjà démontré toute sa force.

À tous ceux que je rencontre ou qui m’écrivent, je veux donner ici un espoir : sur tous les sujets qui intéressent la défense du socle des fondamentaux de l’idéal français, de plus en plus d’hommes et de femmes prennent aujourd’hui conscience qu’ils ont une responsabilité majeure à assumer. Leurs actions sont spontanées, mais déterminées. Elles sont des plus émouvantes, car on sent que quelque chose de beaucoup plus grand qu’eux-mêmes les anime. Ils savent que leurs descendants les jugeront sur l’héritage qu’ils leur auront transmis, mais également sur celui qu’ils auront laissé brader.

00:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: politique, insertion, intégration, adn, comptage ethnique, liberté |

20 septembre 2007

Quand la représentation nationale œuvre, sans le savoir, à la destruction de l’identité française

Hier, l’Assemblée Nationale (c’est-à-dire l’Assemblée qui représente le peuple français, l’Assemblée qui se doit de veiller sur ce qu’il y a de plus précieux pour la survie d’un peuple, à savoir, son identité), eh bien, l’Assemblée Nationale a voté l’autorisation du comptage ethnique. Nos députés ont donc réussi à introduire ce redoutable ver dans le fruit de la cohésion nationale. Je ne redévelopperai pas ici les arguments qui occupent nombre de pages du « Puzzle de l’intégration », et qui expliquent pourquoi et comment le comptage ethnique minera notre cohésion nationale et mettra sérieusement en danger l’identité du peuple français.

Devons-nous nous réjouir que les communautaristes, les anti-Républicains, ceux qui travaillent depuis des années à affaiblir le peuple français, aient enfin trouvé des « moutons noirs » pour faire aboutir leur projet ? Je pense que nous devons fortement nous en inquiéter, car les conséquences à moyen terme en seront désastreuses.

Comment ont-ils réussi ce tour de force ? Ils pouvaient, malheureusement pour les Français, compter sur la situation lamentable dans laquelle se trouve actuellement notre classe politique. Je m’explique : l’opposition est K.O. debout, et ne s’occupe plus que des guerres de ses « chefs », les intérêts particuliers passant manifestement bien avant la défense de l’intérêt général. Les députés de droite sont muselés et leur liberté de réflexion et d’expression s’amenuise de jour en jour. En témoigne le nouveau mode de fonctionnement du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, dont le président Jean-François Copé a recruté de jeunes « têtes chercheuses » chargées de rédiger ce que les députés UMP doivent penser et répandre !!! À cela s’ajoute la calamité des cumuls de mandats et d’honneurs, qui conduit à ce que les députés qui possèdent encore le temps de traiter des dossiers complexes de manière sérieuse et réfléchie, se font aussi rares que les trèfles à quatre feuilles. Sans compter enfin le manque de connaissance des problématiques abordées, qui encourage nombre de députés qui ne disposent pas de la faculté de se forger par eux-mêmes une opinion, à s’aligner aveuglément sur les consignes de vote. À leur décharge, il est vrai que l’immense diversité des sujets traités rend l’exercice plutôt difficile. Je ne résiste pas à vous rapporter verbatim les propos d’un ancien membre du Conseil Constitutionnel, croisé lors d’une conférence consacrée à la réflexion autour d’une évolution du fonctionnement de l’Assemblée Nationale qui lui permettrait de pleinement jouer son rôle dans notre vie démocratique : « Ce n’est vraiment pas important que les députés soient compétents ». Oui, vous avez bien lu !

Alors, que reste-t-il à présent à espérer au sujet du redoutable ver du comptage ethnique ? Eh bien, que le Sénat « retoque » cette partie du texte de loi (il devrait examiner le texte mardi 25 septembre : cette précipitation, qui empêche tout débat sur un thème aussi important, est déjà en soi une injure à l’esprit de la démocratie), ou que l’opposition saisisse le Conseil Constitutionnel sur cette partie de la loi. Et dire que parfois, certains songeraient à supprimer le Sénat ! Dans ce genre de situation, on comprend combien il est finalement important qu’existe une autre Assemblée, qui aie la possibilité de corriger les errances de nos députés. À ceux qui réfléchissent à l’évolution du fonctionnement de nos institutions, je voudrais suggérer que soit introduite un jour la possibilité de nouveaux modes de saisine du Conseil Constitutionnel. Pourquoi les Français du peuple ne pourraient-ils en effet disposer, bien entendu sous condition d’un certain nombre de signataires, d’une possibilité de saisine directe ?

Chers amis, si certains d’entre vous avez les moyens de sensibiliser des sénateurs pour corriger ce texte de loi, ou de convaincre un groupe de députés de saisir le Conseil Constitutionnel, surtout, n’hésitez pas ! Vous rendrez un fier service en aidant à préserver la France « une et indivisible », et ce sont vos descendants qui vous en sauront gré !

22:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: comptage ethnique, identité, assemblée nationale, sénat, conseil constitutionnel, copé |

22 mai 2007

La CNIL dit à nouveau «NON» au comptage ethnique

Après avoir conduit une soixantaine d’auditions de mouvements associatifs, de chefs d’entreprise, de chercheurs, d’organisations syndicales, de représentants des religions…, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) vient de réitérer son opposition au comptage ethnique dans notre pays. La CNIL est composée de 17 membres : 4 parlementaires, 2 membres du Conseil économique et social, 2 conseillers d’État, 2 conseillers à la Cour de cassation, 2 conseillers à la Cour des comptes, 5 personnalités qualifiées (1 désignée par le Président de l’Assemblée nationale, 1 par le Président du Sénat, 3 par le conseil des ministres).

Depuis plusieurs années, des personnalités politiques aussi bien que des associations réclament que la France rompe avec sa tradition de non-référencement des citoyens selon leur ascendance ethnique ou raciale. Ce référencement est utilisé dans certaines sociétés anglo-saxonnes, qui affichent pourtant, faut-il le rappeler, un échec patent sur la question de l’intégration. Interrogeons-nous donc : pourquoi ce référencement devriendrait-il alors porteur de solution politique aux problèmes de l’intégration dans notre pays ?

En France, la raison qu’avancent fréquemment les promoteurs du comptage ethnique est qu’il serait impossible de mesurer l’efficacité des mesures politiques mises en œuvre par l’État sans de tels étiquetages. Or, cette approche est le plus souvent purement tacticienne, et vise en réalité à ce que soient jetés de manière officielle les premiers jalons de la communautarisation de la France, prélude à la demande d’actions correctives au profit des membres des minorités, dont la discrimination positive est la meilleure illustration. Les Français étant très attachés au traitement égalitaire des citoyens, la technique consiste à présent à ne plus les affronter de face, mais bien à contourner leur opposition à l’instauration de mesures de faveur destinées à des minorités ethniques ou raciales qui s’estimeraient lésées.

Dès 2004, Claude Bébéar, Président de l’Institut Montaigne, avait remis au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin un rapport intitulé « Des entreprises aux couleurs de la France » où l’on trouvait la justification de l’utilité supposée de la mise en place d’outils statistiques (traduire le catalogage des citoyens français selon leurs origines ethniques ou raciales).

Jusqu’à présent, de nombreuses personnalités politiques, mais également la CNIL, l’INED ou des associations (dont SOS Racisme), ont veillé à ce que ces fichages ne soient pas pratiqués. SOS Racisme affirme : « Nous refusons d’apporter des solutions faciles et discriminantes comme la discrimination positive ou le comptage ethnique. Car sous couvert de vouloir lutter contre les discriminations, en réalité ces mesures stigmatisent et enferment les individus dans des catégories ethniques qui ne peuvent pas avoir de sens dans un pays aussi métissé que le nôtre ». Combien de temps ces bonnes volontés républicaines tiendront-elles encore face aux assauts répétés et incessants des partisans de la subdivision de la France en communautés ? Cela dépendra éminemment du niveau de vigilance des Français, qui devront prendre conscience que ces mesures équivalent à un ver qui serait introduit dans le fruit. L’avis de la CNIL n’a pas force de loi ; nos gouvernants peuvent parfaitement décider de ne pas en tenir compte. Il faudra donc lutter, à tous les niveaux, contre cette tentation qui anime certains lobbies et responsables politiques, influencés en cela par certaines associations, dont le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), qui ne perçoivent pas toujours le danger de tels fichages. La lutte contre la communautarisation de la France passe inévitablement par la mise en échec des mesures de comptage ethnique.

Autre interrogation : quel traitement réservera-t-on à tous ceux qui, issus des dernières vagues d’immigration, se sont parfaitement intégrés et ne tiennent pas à ce qu’on les renvoie vers une autre communauté que la communauté nationale française ? Si les fichages ethniques, préludes à l’instauration de la discrimination positive, deviennent effectifs, se revendiqueront-ils néanmoins, comme c’est le cas aux États-Unis, de leur communauté d’origine, pour épargner à leurs enfants et à eux-mêmes les contraintes auxquelles sont soumis les autres citoyens français ? Demandera-t-on à chacun d’entre eux leur avis sur une question si lourde de conséquences ? N’est-ce pas là un formidable gâchis de l’intégration, que de pousser ceux qui sont déjà intégrés à ne plus l’être ? En clair, ces personnes, qui étaient et se sentaient déjà françaises, redeviendront des Français d’origine maghrébine, africaine, etc, puisque les employeurs devront bien afficher leur quota de « minorités visibles » afin de ne pas encourir le risque d’être accusées de pratiques discriminatoires. Les directeurs des ressources humaines, assistés de leurs juristes, qui auront la responsabilité d’afficher la composition de leurs effectifs, sauront bien se rappeler qui, parmi leurs salariés, avait un ancêtre maghrébin, africain…, même après plusieurs générations. Ainsi, ces Français demeureront des Français d’origine étrangère et ne deviendront jamais des Français tout court, c’est-à-dire, ne nous voilons pas la face, de « vrais Français » !

Certes, des discriminations existent, mais l’obsession actuelle, qui vise à les imputer toutes à des considérations raciales, incitent ceux qui s’estiment lésés pour quelque raison que ce soit à en rechercher la cause dans leur origine ethnique ou raciale. Pour les mêmes effets, un Français d’ascendance européenne aurait tendance à en rechercher les raisons dans la qualité de son CV (pour un refus de recrutement), ou dans la sécurité financière qu’il présente (pour la location ou l’achat d’un bien immobilier). Certains employeurs signalent d’ores et déjà qu’ils n’osent plus parler ouvertement de leurs aptitudes professionnelles à leurs employés d’ascendance maghrébine ou africaine, de peur d’être taxés racistes ! Gageons que ces crispations engendrées dans le monde économique contribueront à ce que les employeurs hésitent à recruter des personnes d’origine maghrébine ou africaine, avec lesquelles ils ne peuvent plus désormais disposer de la qualité de communication indispensable au bon fonctionnement d’une équipe.

Ériger spontanément en victimes de discriminations les membres des populations d’origine immigrée qui rencontrent des problèmes d’insertion économique ou d’intégration à la communauté nationale est par ailleurs contre-productif, car cela les enferme inéluctablement dans un état de déresponsabilisation qui les empêche de prendre en main leur destin pour devenir moteurs de leur insertion et de leur intégration. Ainsi, occulter aux enfants de l’immigration qu’ils ont un rôle actif à jouer et des perches à saisir, c’est ruiner définitivement leurs chance de s’intégrer.

La France est aujourd’hui entrée dans une zone de très fortes turbulences, où se trouvent menacés des éléments du socle qui assure sa stabilité, son indivisibilité, et par extension sa paix civile. Il est nécessaire que tous ceux qui attachent un prix à la paix civile demeurent vigilants, afin d’éviter que des mesures politiques lourdes de conséquences pour la quiétude de notre pays ne soient mises en œuvre. Le règlement des difficultés liées à l’intégration est un traitement de longue haleine. Il devra passer par la prise de conscience que l’école républicaine doit jouer un rôle central auprès des enfants qui ne disposent pas, au sein de leur environnement familial, des facilités qui leur permettraient de se développer harmonieusement en vue de réussir à s’insérer dans la société française. Cela passera obligatoirement par la prise de conscience que leurs parents doivent assumer leur responsabilité éducative auprès de leurs enfants, avec pour objectif de les rendre réceptifs aux enseignements transmis par leurs enseignants ; cela est très loin d’être acquis, et c’est là l’une des sources majeures des difficultés que doivent malheureusement affronter les enfants issus de l’immigration, qu’ils soient de première, deuxième ou troisième génération.

11:55 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags: comptage ethnique, insertion, intégration, éducation, politique |

11 avril 2007

Une discrimination positive à la française ?

Existerait-il une « discrimination positive à la française », qui serait différente de la discrimination positive américaine ?

Dans le Monde daté du 11 avril dernier, on pouvait lire :

« En présence ou non de Nicolas Sarkozy, les secrétaires nationaux, conseillers exécutifs ou simples adhérents de l’UMP, issus des minorités et réunis au sein du Cercle de la diversité républicaine de ce même parti, entendent ouvrir le débat présidentiel sur la diversité. "M. Sarkozy est précurseur sur le thème de la discrimination positive. Nous avons voulu donner corps à ce principe en le déclinant en mesures concrètes", explique Yves Jégo, secrétaire national aux nouvelles adhésions, à l’origine de la création en septembre 2006 de ce Cercle de la diversité au sein de l’UMP.

En introduction, les auteurs du Livre blanc prennent soin de distinguer la "discrimination positive à la française" qu’ils veulent promouvoir, fondée sur une base territoriale, et la reconnaissance du mérite "quelle que soit la couleur de peau" de "l’affirmative action" américaine s’appuyant sur des critères raciaux ou ethniques. Cela ne les empêche pas d’appeler à la mise en place de statistiques fondées "sur les catégories retenues dans la vie ordinaire, c’est-à-dire les Blancs, les Noirs, les Asiatiques". Des statistiques ethniques en somme, qu’ils se gardent de nommer comme telles, mais qui permettraient, selon eux, de mesurer l’état des discriminations dans la société française et ainsi d’avancer. »[1]

À la question « Existerait-il une discrimination positive à la française qui serait différente de la discrimination positive américaine ? », la réponse est donc : NON, il n’y a strictement aucune différence entre la discrimination positive que l’on tente actuellement de rebaptiser, sous nos cieux, « à la française », et la discrimination positive américaine. Comme l’a justement souligné sur son blog Dominique Strauss-Kahn, qui est lui aussi favorable à l’importation de cette politique, le critère géographique est véritablement un leurre, qui permet, sans affronter le peuple français attaché à ses valeurs républicaines, de cibler directement des personnes originaires d’Afrique noire ou du Maghreb.

À ce sujet, Daniel Sabbagh, chargé de recherches au CERI (Centre d’Études et de Recherches Internationales), précise : « On observe actuellement une réelle convergence, tant au niveau des arguments mobilisés pour justifier les politiques — la rhétorique de la “diversité”, par exemple, est directement importée des États-Unis — que des politiques elles-mêmes. »[2]

Toujours dans le Monde daté du 11 avril : « Ainsi, en matière d’emploi, le Cercle préconise-t-il, par exemple, de transposer les aides consacrées aux zones franches aux personnes qui y résident : une entreprise de centre-ville qui recruterait une personne issue de zone urbaine sensible (ZUS) pourrait se voir exonérée de charges sociales pendant un an ou deux. En matière d’éducation, le Cercle appelle à transformer en politique publique généralisée les dispositifs de soutien scolaire et d’accès spécifiques aux grandes écoles pour les meilleurs élèves issus des quartiers difficiles. »[1]

Lors de ses États généraux du 7 mars dernier, le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) a quant à lui affirmé : « À des problèmes de discrimination fondés sur la couleur de la peau, nous devons apporter des solutions basés sur la couleur de la peau. » Entre autres mesures, il réclame « l’attribution préférentielle des marchés publics aux entreprises dirigées par des minorités ou embauchant plus de 50% de personnels issus des minorités ».[3]

Le 31 août 2006, Rachida Dati, aujourd’hui porte-parole de Nicolas Sarkozy, déclarait, dans un entretien au journal Libération de Casablanca: « Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française. »[4]

La France doit-elle demeurer une communauté nationale, ou doit-elle se transformer en société multiculturelle où chaque groupe travaille à faire « monter » les siens ? Les « Blancs » devront-ils un jour, eux aussi, se constituer en groupe pour veiller sur leurs intérêts ? La question est extrêmement grave, car c’est sa réponse qui dessinera la société française de demain.

Savez-vous quelle est la conséquence, aux États-Unis, de la mise en œuvre de la discrimination positive ? Je cède la parole à Daniel Sabbagh : « Bien entendu, à cet accroissement du nombre de bénéficiaires potentiels [de la discrimination positive] correspond symétriquement une augmentation du nombre des individus blancs de sexe masculin qui risquent de se voir priver de l’accès à des positions désirées. »[5]

C’est à l’instauration d’une nouvelle forme d’insécurité à laquelle nous assisterons donc : aucun Français d’origine européenne n’acceptera jamais d’être privé de l’accès à des positions désirées pour la simple raison qu’il est Blanc, et donc pas de la « bonne couleur » au regard de la discrimination positive. Comme vous le conclurez par vous-mêmes, l’application de cette politique ne nous apportera pas la paix sociale, mais entraînera de sérieuses perturbations dans notre pays.

Aujourd’hui, les partisans de la discrimination positive ont compris qu’il leur fallait avancer masqués, car les Français, de droite comme de gauche, rejettent dans leur grande majorité cette politique inégalitaire. Qu’à cela ne tienne, ses partisans ont trouvé un nouveau cheval de Troie avec l’introduction du comptage ethnique et racial dans notre société. Ils savent que dès que la France aura mis en place ce comptage, elle sera alors administrativement prête à mettre en œuvre la discrimination positive. La raison qu’ils invoquent pour justifier ce catalogage des individus ? Sans cet « outil » (qui rappelle de mauvais souvenirs aux Français), il ne serait, selon eux, pas possible de statuer sur l’efficacité des politiques publiques déjà déployées. Louis Schweitzer, président de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité), s’y oppose pour sa part fermement.

Il est évident que le comptage ethnique et racial doit être vigoureusement rejeté par tous, car c’est la première marche, et elle est décisive, vers la communautarisation de la France. Si elle est mise en place, nous ne pourrons alors faire marche arrière, car tous ceux qui ont un intérêt à diviser la France ne reculeront jamais plus ! Veillons à ne pas introduire le ver dans le fruit. C’est l’unité de la France qui fait sa force !

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[1] Laetitia Van Eeckhout, « Les "minorités visibles" de l’UMP entendent ouvrir le débat sur la diversité », Le Monde daté du 11 avril 2007.

[2] Daniel Sabbagh, « Sur la discrimination positive, il y a convergence entre les États-Unis et la France », Le Monde daté du 25 février 2006.

[3] Laetitia Van Eeckhout, « Les candidats accusés d’éluder la question de la diversité », Le Monde daté du 8 avril 2007.

[4] Youssef Lahlali, « Une Marocaine Place Beauvau », Libération Casablanca, 31 août 2006.

[5] Daniel Sabbagh, « La tentation de l’opacité: le juge américain et l’affirmative action dans l’enseignement supérieur », revue Pouvoirs n°111 « Discrimination positive », Seuil.

12:50 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: discrimination positive, dati, comptage ethnique, communautarisme, politique |