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17 septembre 2009

Hortefeux-Sabeg, même combat !

Merci à tous pour vos encouragements. Mon objectif est, entre autres, de participer à réintroduire le bon sens et la raison comme fils conducteurs des décisions politiques ; le sujet de l’intégration étant évidemment éminemment politique.

Pour répondre à quelques-unes de vos questions :

Ne craignez rien, je ne risque ni de me noyer, ni de me laisser bâillonner. Cette nomination va me permettre de pousser certaines portes avec beaucoup moins de difficulté. Ma situation n’est pas toujours simple, même si elle l’est beaucoup plus que celle des Français de souche européenne, qui eux peuvent difficilement s’exprimer sur le sujet lorsqu’ils ne vont pas dans le sens de la pensée unique. Lorsque vous êtes issu de l’immigration extra-européenne, on attend encore plus de vous que vous maniiez le fouet contre la France et les Français. Triste époque que la nôtre, où les Français paient de leur poche pour engraisser tous ceux qui participent à creuser leurs tombes.

Au sujet d’Abdelwahab Meddeb, je m’apprêtais à vous en parler au moment même où j’ai reçu communication de la liste des membres du HCI. Je souhaitais vous le citer pour opposer sa prise de positions à celle de Yazid Sabeg, au sujet de la burqa.

Abdelwahab Meddeb : « Je trouve absolument inacceptable sa présence en France. La burqa, c’est la disparition de l’identité. Par où la reconnaissance de l’autre se réalise-t-elle sinon par le face-à-face ? Par les traits physiques. »

Je vous recommande la lecture de son article. Je partage certaines des analyses qu’il y développe, mais certainement pas celle où il évoque un prétendu « intégrisme laïciste ».

Yazid Sabeg : « La confusion qui est installée dans les esprits va encore différer et perturber le vrai débat sur les vrais enjeux qui sont d’abord économiques et sociaux. […] Sur les pratiques vestimentaires, le Président de la République s’est exprimé de manière très claire à Caen, début juin, lors de la venue du président Obama. La liberté individuelle est la règle dans la limite du respect de l’ordre public. […] Va-t-on interdire de marcher en babouches dans la rue ou de pratiquer le monokini sur la plage ? »

Comme je l’ai développé dans Le puzzle de l’intégration, la dimension économique constitue la plus petite pièce du puzzle. L’essentiel réside ailleurs.

Dans sa déclaration, Yazid Sabeg tire profit de la prise de position du Président de la République en faveur du discours de Barack Obama au Caire à propos du voile. Voilà bien les gouvernants de la France d’aujourd’hui : trop souvent, ils parlent et décident d’abord, et ce n’est qu’ensuite qu’ils réfléchissent aux conséquences de leurs paroles et de leurs actes. Mais surtout, que cela n’empêche pas le Président de la République de réparer ses erreurs et de rejoindre ceux qui ont déjà compris l’urgence de la réaffirmation des principes républicains de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité pour le maintien de la cohésion nationale.

Dans la déclaration de Yazid Sabeg, la comparaison burqa/monokini est extrêmement intéressante et bien loin d’être anodine. Elle lève le voile sur l’étape suivante : ceux qui invoquent aujourd’hui le principe républicain de Liberté pour imposer le voile de l’asservissement à « leurs » femmes pourraient en venir un jour, s’ils ne rencontrent pas d’opposition ferme et résolue de la part de l’État, à imposer leurs règles à toutes les autres, dans les communes où ils auront réussi à prendre le contrôle politique par des élections tout à fait démocratiques.

Il y a dix ans, la burqa, c’était l’Afghanistan. Aujourd’hui, c’est en France que l’on en débat. Oui, débattons, encore et encore, dans le pays des droits de l’Homme, de savoir s’il est acceptable ou non que des êtres soient dépossédés de leur propre corps, et aussi du choix de leur destin. La commission parlementaire sur la burqa parle d’« évaluer » et de « prendre la mesure » de l’étendue du phénomène. Cette approche renferme à mes yeux quelque chose de monstrueux. Demain, nous pourrions, en France, accepter d’abandonner des victimes à leur triste sort, si un groupe d’élus estimait que leur nombre n’était pas « significatif », le « significatif » restant à définir. Quelle est donc cette approche nouvelle ? Et où est la dimension prospective qui devrait guider en permanence la réflexion des élus ? Observons à quelle vitesse le voile s’est propagé dans nos rues, pour comprendre que demain, ce sera le tour de la burqa. Surtout, ne déduisez pas de ma critique que je ne soutiens pas cette commission parlementaire. Non seulement je la soutiens, mais je tiens aussi à saluer le courage et l’esprit de responsabilité des élus qui ont réussi à mettre ce sujet sur la table, dont le député communiste André Gérin. Simplement, j’ai noté un recul depuis la création de la commission, et il ne faudrait pas qu’elle accouche d’un consensus mou.

Au sujet des propos tenus par Brice Hortefeux lors du campus des jeunes de l’UMP : ils procèdent exactement de la même approche qu’un Yazid Sabeg et bien d’autres, qui clament haut et fort que le Parlement est « trop blanc ». L’approche communautariste, à savoir la considération des êtres humains sur la base de leur origine ethnique ou raciale, n’est pas humaniste. Je la considère pour ma part comme une approche raciste. Je renvoie donc dos à dos ces deux camarades de jeu d’un gouvernement qui gagnerait à prendre un peu de hauteur afin d’élever la France.

12:01 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags: hortefeux, sabeg, hci, burqa, racisme |

26 février 2008

Quand l’État perd la raison

Extrait du Puzzle de l’intégration : « Le même phénomène se produit en France depuis plusieurs années. Plusieurs centaines de milliers d’emplois ne trouvent pas preneur, en majorité dans le bâtiment, la restauration et l’hôtellerie. Dans le même temps pointent au chômage des centaines de milliers de jeunes sans qualification, qui pourraient aisément être formés pour répondre à ces besoins. »

Dépêche Reuters du 25 février 2008 : « Signature d’un accord d’immigration entre Paris et Dakar : Concernant l’immigration professionnelle, l’avenant ouvre le marché du travail français aux ressortissants sénégalais dans 108 métiers, qualifiés et non-qualifiés, correspondant à des secteurs divers de l’économie et dont la liste a été établie en tenant compte à la fois des besoins de main d’œuvre de l’économie française et des souhaits exprimés par le Sénégal. »

Comment peut-on très régulièrement rappeler à tous les Français que le chômage est massif parmi la population issue de l’immigration maghrébine et africaine, et oser dans le même temps signer de tels accords, qui organisent de nouveaux flux migratoires dont une partie concurrencera les chômeurs présents sur le territoire français ? Peut-on se résoudre à l’idée que l’État serait incapable de trouver des solutions pour que les emplois actuellement vacants permettent aux innombrables chômeurs de s’insérer dans le tissu économique ?

Comment ne pas s’inquiéter de la signature de tels accords, lorsqu’on sait qu’ils amèneront de nouvelles familles qui à leur tour connaîtront les mêmes problèmes d’intégration, qui viendront amplifier ceux auxquels nous peinons déjà à faire face ? Car ce sera le cas, à n’en point douter ! Pourquoi l’État ne parvient-il toujours pas à comprendre que la résolution préalable des problèmes de l’immigration-insertion-intégration constitue l’urgence absolue de la France, et représente dans le même temps une obligation morale vis-à-vis des enfants issus de l’immigration ?

Non seulement l’État perd la raison, mais je crains qu’il ne soit guère en voie de se ressaisir ni s’assagir, puisque qu’il affirme, par la bouche de Brice Hortefeux, que l’accord signé avec Dakar est « transparent et concerté et qu’il prend en compte les intérêts du Sénégal et de la France. » Quels intérêts de la France ?

Une autre mesure particulièrement choquante est celle qui encourage la transgression des lois existantes. Ainsi pouvait-on lire dans le Monde du 8 janvier dernier : « Un employeur de “bonne foi”, ayant fait travailler un sans-papiers à son insu, pourra désormais se tourner vers la préfecture pour demander sa régularisation. Il devrait pouvoir compter sur la “bienveillance” des services préfectoraux. Dans une circulaire qui leur a été adressée lundi 7 janvier, et dont Le Monde a obtenu une copie, le ministère de l’immigration demande aux employeurs d’étudier “avec une particulière diligence” les dossiers qu’ils porteront eux-mêmes. »

Pour l’avoir vécue moi-même, pour l’avoir vue vivre autour de moi, je sais combien la question de l’immigration est porteuse de très grandes souffrances humaines. Et c’est justement la raison pour laquelle il est essentiel que l’État rompe avec le manque de cohérence qu’il promène depuis trente ans ; qui s’amplifie à présent ; et qui a, pas à pas, mené la France vers une sérieuse menace d’implosion.

12:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: hortefeux, chômage, immigration, intégration |

10 décembre 2007

On en parle dans le magazine « Communes, Départements et Régions de France »

Dans son numéro n°474 de novembre 2007, le magazine « Communes, Départements et Régions de France », mensuel des collectivités territoriales, recommande la lecture du Puzzle de l’intégration. L’article (p26) s’intitule « La loi Hortefeux et l’ethnicisation des rapports sociaux ». En voici un extrait :

« Sur cette question, qui est en fait celle de la discrimination positive dont la mise en place voulue par Nicolas Sarkozy impose techniquement le recours à des recensements selon des critères raciaux ou ethniques, on pourra lire avec profit un petit livre très instructif de Malika Sorel. Dans Le puzzle de l’intégration, l’auteur explique clairement en quoi a consisté la discrimination positive aux États-Unis, notamment à travers la communautarisation officielle de la société américaine. Elle en décrit les nombreux aspects et les conséquences désastreuses, en premier lieu pour ceux à qui les politiques de discrimination positive étaient censées répondre. Sous couvert de bons sentiments, cette idéologie ne fait en définitive qu’exacerber les malaises identitaires. »

16:20 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: ethnicisation, hortefeux, discrimination positive, sarkozy |

29 octobre 2007

« Tribune de l’actualité » sur Fréquence Protestante

J’ai participé samedi 27 octobre sur Fréquence Protestante à la « Tribune de l’actualité » animée par Jacques Fischer, consacrée à la loi sur l’immigration. J’y étais invitée aux côtés des personnalités suivantes :

  • M. Dominique Paillé, Secrétaire général adjoint de l’UMP, conseiller auprès de l’Élysée ;
  • le professeur de droit Jacques Robert, ancien membre du Conseil constitutionnel ;
  • le professeur Didier Sicard, Président du Comité Consultatif National d’Éthique ;
  • M. Bernard Sichère, philosophe.

Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de l’émission.

Partie 1 (durée: 15 min.)


Partie 2 (durée: 13 min.)


Partie 3 (durée: 15 min.)


Partie 4 (durée: 15 min.)

19:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: immigration, adn, comptage ethnique, hortefeux, politique, fréquence protestante |

02 juillet 2007

Brice Hortefeux : Attention aux errements !

Brice Hortefeux était l’invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI le 1er juillet. Il a insisté sur la nécessité de « défendre la culture de l’héritage français en ayant à cœur de préserver la cohésion de la communauté nationale ». Je partage entièrement ce point de vue.

Parmi les objectifs qu’il se fixait, il a notamment évoqué « remettre à l’honneur les valeurs de la République », ainsi que « mettre fin à des décennies d’autodénigrement et d’auto-flagellation ».

J’espère que Brice Hortefeux saura atteindre ces deux objectifs et qu’il réussira son action pédagogique, en commençant par convaincre les membres du gouvernement auquel il appartient de cesser de donner le mauvais exemple en la matière. Ainsi, il serait utile qu’il obtienne de Rama Yade, Rachida Dati et Fadela Amara qu’elles abandonnent leur rhétorique favorite, qui est que si les enfants de l’immigration ne réussissent pas, c’est en grande partie la faute de la France et des Français. Il serait intéressant aussi qu’il nous démontre sa réelle volonté de tourner le dos à l’idéologie victimaire, en empêchant Rachida Dati de créer des pôles anti-discrimination au sein des parquets de France, comme elle l’envisage.

Pour Brice Hortefeux, le co-développement doit s’appuyer sur les immigrés déjà présents sur le territoire national. C’est pourquoi l’envoi de contributions financières vers leurs pays d’origine est fiscalement encouragé (loi Sarkozy votée au printemps 2006). Or, comme je l’explique dans Le puzzle de l’intégration, autant l’aide d’État à État est louable, autant l’aide directe des immigrés à leur pays d’origine est hautement nuisible au processus d’insertion, car elle se fait au détriment de l’argent qu’ils consacrent à l’éducation de leurs enfants présents sur le territoire français. Il ne faut donc pas s’étonner que le fossé entre ces enfants et ceux des Français de souche s’accroisse chaque jour davantage, avec les conséquences dramatiques que nous avons à subir. Cette politique est donc une erreur lourde de conséquences, aussi bien pour les enfants issus de l’immigration que pour la société française dans son ensemble.

Brice Hortefeux a longuement évoqué la nécessité, avant tout accord de regroupement familial, d’un minimum de maîtrise de la langue française par les candidats à l’immigration. Or, est-il utile de rappeler que les immigrés d’Afrique et du Maghreb parlent déjà dans leur grande majorité ce minimum de français, et que, comme nous le constatons, cela n’est en aucun cas un gage de facilité d’intégration, ni même d’insertion ? A contrario, faut-il rappeler que les immigrés des précédentes vagues (Russes, Polonais, Arméniens, Espagnols, Portugais…) ne parlaient pas un mot de français à leur arrivée, ce qui ne les a nullement empêchés de s’intégrer !

Le ministre a évoqué le contrat d’accueil de l’immigré comme s’il s’agissait d’un élément nouveau. Or, ce contrat existait déjà. Il est d’ailleurs largement signé par les migrants, cette signature ne signifiant au demeurant pas le respect des engagements contractés…

Brice Hortefeux a rappelé qu’il considère la discrimination positive comme une mesure d’équité : « La discrimination positive, c’est donner plus à ceux qui ont moins ; donc j’y suis favorable ». Pour lui, la raison principale de l’échec de l’intégration est le manque d’emplois. Il a enfoncé le clou en affirmant que quelqu’un qui détenait un emploi était de ce fait intégré. Or, les Français savent parfaitement que détenir un emploi n’est pas un gage suffisant d’intégration. Brice Hortefeux démontre ainsi qu’il ne possède, sur le problème de l’intégration, rien de plus que les connaissances sommaires colportées depuis vingt-cinq ans par l’ensemble de notre classe politique.

Comme on le constate, il y a donc des éléments à retenir dans l’intervention de Brice Hortefeux, et il y en a d’autres à rejeter. Un seul souhait : qu’il approfondisse sa connaissance du dossier qui lui a été confié. C’est un sujet important, et nous n’avons à présent plus droit à l’erreur, car trop de temps a été perdu !