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09 septembre 2011

Mon exposé à l’université d’été du Medef

Voici transcrite pour vous mon intervention à l’université d’été du Medef. Ne manque ici, par rapport au prononcé, que le passage dans lequel j’évoquais l’intervention supposée des Américains dans l’alimentation des rumeurs contre des banques européennes, et notre échec, contre toute attente, dans l’appel d’offres sur les ravitailleurs en vol. J’avais choisi ces exemples pour illustrer le fait que le monde ne se transformera pas en village planétaire. Le comportement des Américains n’est pas surprenant. Nous pourrions trouver une multitude d’autres exemples, y compris dans les questions d’immigration, pour comprendre que le problème n’est pas que certains puissent tirer la couverture à eux, mais bien que les dirigeants européens contribuent à découvrir et mettre à nu leurs propres peuples.

« Je vais bien modestement tenter d’évoquer devant vous quelques éléments qui me semblent centraux et qui sont trop souvent perdus de vue.

Tout pacte social est indissociable de l’existence préalable d’un pacte moral qui constitue son socle. Le pacte moral, je souhaite le rappeler, c’est un ensemble de principes et de valeurs qui ont été sculptés par l’histoire, qui lient les individus entre eux et qui en font un corps politique. C’est l’exemple des peuples. C’est au sein des familles que les lignes de force de ce pacte moral sont transmises aux nouvelles générations.

Les peuples, nous le savons, sont le produit de l’histoire et ils possèdent une mémoire. Chaque jour, les crises qui secouent notre planète nous en apportent la démonstration. Ne nous leurrons pas, et ce serait une erreur, le monde, malheureusement, ne se transformera pas en un village planétaire où tout le monde se fera des sourires, des bisous et partagera son bol de soupe. Je veux rappeler ici, et c’est l’Histoire qui nous l’enseigne, que l’adhésion au principe de solidarité ne peut être durablement obtenue que dans la situation où, à partir d’une multiplicité, un corps unique vient à se constituer. C’est encore une fois le cas des peuples.

Parler de pacte social sous-entend que nous sommes en présence de plusieurs acteurs qui ont scellé un accord. Aucun pacte ne peut perdurer dans le temps si le sentiment de confiance, le sentiment de justice et l’esprit de responsabilité (qu’il soit individuel ou collectif) sont bafoués ou ne sont pas respectés.

Nous affrontons, et c’est le cas dans la plupart de nos démocraties occidentales, une véritable crise de confiance ; crise de justice et crise de l’esprit de responsabilité. Consolider ou jeter les bases d’un nouveau pacte social est un travail qui s’impose d’urgence. Cela requiert, entre autres, de la cohérence, de l’honnêteté, une dose d’abnégation de la part des dirigeants qui doivent donner l’exemple surtout en temps de crise, et l’adoption d’un langage de vérité.

Cela nécessite que les gouvernants possèdent une boussole, une vision à long terme, sachent eux-mêmes où ils souhaitent conduire leur peuple. S’il est difficile pour des particuliers de cultiver l’optimisme et de placer leur confiance en l’absence de vision, il devient impossible aux entreprises de se projeter dans un contexte où les règles et les termes de l’accord changent en permanence et où le politique donne le sentiment, parfois, qu’il navigue à vue. La crise de l’endettement met en lumière une incroyable légèreté qui a conduit à une fuite en avant, qui a enchaîné les êtres par le biais de la prise en charge sans condition, au lieu de les émanciper en construisant et en consolidant l’esprit de responsabilité individuelle. Qui a envie d’être condamné à subir le sort des Danaïdes, verser des jarres pour remplir un tonneau sans fond ?

L’entreprise économique n’est pas un lieu périphérique situé hors de la Cité. Dans cette convulsion qui s’est emparée de nos démocraties, je crois pour ma part que le monde de l’entreprise doit d’urgence trouver le moyen de participer à retisser du lien social, permettre à notre cohésion sociale et nationale de continuer d’exister en attendant la renaissance du politique, politique au sens d’Hannah Arendt.

Je voudrais dire que ce qui me frappe le plus dans nos pays développés, c’est que le rêve semble absent de notre sphère publique. On n’y fait que tancer et dénigrer ce qui se passe dans nos pays, dans nos entreprises. Comment insuffler du courage, de l’espérance et de l’optimisme dans ces conditions ? Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près - je veux le dire parce que j’ai aussi une expérience de vie à l’étranger - nos pays occidentaux disposent de la plus importante des richesses qui soit, celle de la capacité de leurs citoyens à créer et à innover. C’est notre voie de salut. Cette capacité n’est pas tombée du ciel. Elle n’est pas le fruit d’un miracle. Elle est le fruit de l’histoire, et elle va de pair avec la liberté et l’esprit critique. C’est pourquoi l’éducation des jeunes générations doit bénéficier, à mon humble avis, de la plus grande de nos attentions.

Pour redonner confiance à nos peuples et leur donner la force de déplacer de nouveau des montagnes, il faut travailler à mettre en lumière nos avantages compétitifs, mais il faut également que les managers soient justes.

Juste, cela signifie que la répartition de la richesse doit associer le plus étroitement possible tous ceux qui participent à sa création : que ce soit en investissant leurs capitaux ou en investissant leur force de travail. Juste, cela signifie aussi – exemple concret – que les recrutements et les promotions au sein des entreprises ne doivent obéir qu’à une seule règle : celle de la compétence réelle, la seule qui confère la légitimité au sein d’un groupe. Pour vous donner un exemple concret, puisque je fais partie du Haut Conseil à l’Intégration, je souhaiterais dire que je considère pour ma part que la Charte de la diversité au sein des entreprises est contraire au sentiment de justice des Français et porte en elle les germes de la discorde. Les règles doivent être les mêmes pour tous pour assurer une cohésion.

Enfin, pour terminer, je souhaiterais vous inviter, pour approfondir le sujet, à relire, à la lumière de ce qui se produit aujourd’hui dans nos démocraties, les travaux d’Alexis de Tocqueville, et en particulier sa “démocratie en Amérique II”. Vous serez étonnés d’y découvrir les clés de compréhension de notre époque, et aussi le chemin de la raison et de l’efficacité.

Je suis convaincue pour ma part que la réponse à nos problèmes est en nous et nulle part ailleurs. Je crois le succès possible, mais une chose est sûre également à mes yeux, rien ne se fera sans les peuples occidentaux, et encore moins contre eux ; donc, au travail !

Je vous remercie de votre attention. »

09:30 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags: medef |

02 septembre 2011

Université d'été du MEDEF

J’ai participé, hier 1er septembre, à une plénière de l’université d’été du Medef : « le pacte social au programme du B20 ».

Intervenants :

  • Laszlo Andor, commissaire européen chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Inclusion
  • Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
  • Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI
  • Daniel Funes de Rioja, vice-président exécutif de l’OIE
  • Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris
  • Jean-Pierre Letartre, président de Ernst & Young France, Luxembourg, Maghreb
  • Futhi Mtoba, présidente de la BUSA, Business Unity South Africa (patronat sud-africain)
  • Martine Pourradier, gérante de Sibils
  • Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats
  • Malika Sorel-Sutter, membre du Haut Conseil à l’Intégration, auteur d’Immigration-Intégration : le langage de vérité
  • Bernard Spitz, président de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances

Animateur : Emmanuel Lechypre, rédacteur et responsable du Centre de prévision, L’Expansion

Vous pouvez écouter ci-dessous mon intervention, qui démarre à environ 1 heure.


Plénière du jeudi 1er Septembre 15h30 - 17h30 par MEDEFtv

16:08 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags: medef, pacte social |

04 octobre 2009

Insulte reçue de personnes d'origine étrangère : "traître à ta race !"

Plusieurs des messages que j’ai reçus de la part de personnes d’origine étrangère contiennent l’invective « traître à ta race », montrant que la racialisation du débat n’est pas vraiment toujours celle à laquelle pensent certaines « élites »…

Voici un courriel que j’ai reçu et que je souhaiterais partager avec vous. Son auteur ne l’ayant pas publié en commentaire, je respecterai, cela va de soi, son anonymat. Tout y est, il n’y a rien à ajouter. Tous les arguments utilisés viennent illustrer la force de mon analyse. Le travail sera immense, car ces voix-là sont largement soutenues et relayées par les « élites ». On leur déroule le tapis rouge partout. On met à leur disposition des salles de conférences à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Medef… Tous les ténors de la politique et du monde économique se bousculent pour venir inaugurer les conférences qu’ils organisent… C’est un bien dur spectacle pour mon cœur que d’observer ceux qui, avec l’argent des contribuables, participent à la mort du modèle français.

À la dernière conférence à laquelle j’ai assisté sur ces questions, Laurence Parisot était annoncée pour l’inauguration. Retenue à Bercy, c’est à une femme défenseur très engagée de la discrimination positive et de la diversité (par opposition au peuple indivisible), qu’elle a confié le soin de la représenter et de porter sa parole… Le Medef est très impliqué dans l’instauration de la discrimination positive dans notre pays. Il est aux avant-postes. C’est en effet une aubaine pour le patronat que d’avoir ainsi l’occasion de faire peu à peu disparaître la question des salariés. Il suffit au Medef de substituer à cette question celle de l’insertion économique des personnes issues de l’immigration : on en saupoudre quelques-unes par-ci par-là, et le tour est joué. La question des salariés pauvres ? Mais il n’y a plus de pauvres ! Disparus, remplacés par la préoccupation de « représentation de la diversité », et tout le monde est super-content et se tape sur le ventre : à commencer par les politiques !!!

 

« Chere Madame,

c’est dans l’emission ’Repliques" sur France Culture que je viens de decouvrir vos positions sur les questions de l’integration. C’est un sujet qui m’interesse et sur lequel j’ai pu m’exprimer dans Le Monde a plusieurs reprises. Avec tout mon respect, je dois vous avouer, qu’apres vous avoir ecoutee, je suis ahurri par tant de haine de soi, melee de reflexions dignes du cafe du commerce. On croit rever! Par quel piston vous etes-vous fait publier?

Votre amour immodere pour le modele republicain vous aveugle. Dire par exemple que la majorite des jeunes filles des cites sont obligees de porter le foulard est d’une inanite incroyable et insultante. On aura compris que vous avez renie la religion de vos parents, mais quand meme! Vous n’etes pas la seule a connaitre "la banlieue". Vous confondez essentialisme et analyse. Par exemple, la religion pour les jeunes est moins une pratique qu’une culture de substitution. Ces Francais d’origine maghrebine, qui se replient sur l’islam, disent en verite: "Vous m’avez rejete, a mon tour de vos rejeter". S’il existe des filles qui portent le foulard par crainte, ou pour s’assurer la paix dans l’espace public, la majorite sont des croyantes qui n’ont besoin ni de la parole de leur pere ou d’un imam. Mais bon, ce n’est pas la le plus grave dans vos propos.

A vous entendre, le modele republicain n’a plus ete applique depuis une trentaine d’annees, or ce modele a echoue purement et simplement. Vous etes en retard d’une bataille. La permanence et la profondeur des discriminations vous echappent totalement. Le fait, avere, qu’il y ait une forte delinquance dans les banlieues, ne dissipe pas la realite du racisme, et aussi (meme si vous n’en comprenez pas le principe) la situation post-coloniale en France aujourd’hui. Il n’y a pas d’identification possible chez les enfants de l’immigration parce que l’identite demeure indeterminee. Regardez la representation de la soit-disant diversite a l’Assemblee nationale, dans les medias, dans les emplois de direction: ou est-elles? Pourquoi un tel retard apres tant de generations? Quelles sont vos reponses, a part votre veneration republicaine et laique?

Entre nous, pensez-vous vraiment qu’avec votre fort accent d’algerienne francophone vous auriez eu une quelconque chance de promotion si vous ne portiez pas un nom a consonance gauloise? Ce sont les gens comme vous et autres Fadela Amara qui font tourner en rond les debats. La classe politique francaise, blanche et chretienne, a besoin de ses nouveaux bachargas et harkis pour perenniser le status quo. C’est effarant que la loi de mars 2005, qui souligne les bienfaits de la colonisation, ne vous ait meme pas interpellee sur son absurdite tant historique que morale. Vous l’aurez compris je suis en colere par tant de gachis et de mauvaise foi. Je tenais finalement a vous indiquer que vous ne trompez que ceux qui sont deja convaincus qu’il existerait les bons Francais et les autres. Pour ceux qui ont deux sous de sens commun, ils savent d’ou vous parlez et a qui vous servez.
»

10:44 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags: intégration, diversité, discrimination positive, medef, parisot |