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28 décembre 2008

Rediffusion sur France Culture lundi 29 décembre

France Culture a décidé de rediffuser, demain lundi 29 décembre, de 18h30 à 19h15, une émission à laquelle j’avais participé.

♦ La repentance favorise-t-elle l'intégration? Rediffusion

« Ce n’est certainement pas en enseignant aux enfants de l’immigration que les Français ont été les bourreaux de leurs parents qu’on facilitera leur intégration. » Voilà ce que déclare Malika Sorel dans une interview publiée par la revue Le Débat. On a pourtant souvent entendu le point de vue inverse. Tout un courant historiographique lié au concept de « postcolonialité » incrimine, au contraire, le « déni » et le « refoulement » de l’histoire coloniale par le « roman national ». Ce courant, promu par de jeunes historiens de gauche attribue à ce déni et à ce refoulement du passé colonial certaines des tensions intercommunautaires qui travaillent la société française. Ces conflits seraient dus aux représentations issues de la colonisation, lesquelles continueraient d’imprégner les mentalités françaises. En outre, les populations issues de l’immigration auraient le sentiment de revivre, à travers la relégation dont elles sont victimes, une situation de type colonial. C’est par exemple la thèse soutenue par Pascal Blanchard dans l’introduction au livre « La fracture coloniale ».

Le débat à propos de la « repentance » que devraient pratiquer les anciennes puissances coloniales – s’inspirant du précédent de l’Allemagne face à la Shoah - a été un temps confiné au milieu des historiens et des moralistes. Durant la campagne électorale présidentielle, il a fait irruption dans le champ politique. C’est Nicolas Sarkozy qui l’y a introduit en déclarant notamment : « Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers d’être Français, qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires et qui est un obstacle à l’intégration, parce qu’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester. »

Ségolène Royal, à son tour, se trouva obligée de se situer. « La France doit assumer son histoire, toute son histoire. Sans amnésie et sans repentance », déclara la candidate du PS. Mais elle ajoutait : « Mais je crois que notre pays doit aussi être capable de porter un regard apaisé et de poser les mots justes sur les pages plus sombres de notre histoire commune. Nous devons être capables de reconnaître la colonisation pour ce qu'elle fit : dominer et spolier. En outre, ce n'est jamais aux descendants de payer pour les crimes qu'ils n'ont pas commis. Mais tous comptables de la transmission de l'histoire collective, oui ! »

On le voit, la question de la «repentance» fait désormais partie du débat politique.

20:22 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags: repentance, france culture, royal, sarkozy |

04 décembre 2008

Sale temps pour la République française

Nous traversons à nouveau une page d'histoire qui risque d'être bien sombre, car la pensée libre est bâillonnée au profit de tous ceux qui, par ignorance ou par calcul, oeuvrent à affaiblir notre pays. La France et les Français sont pris en otage avec la bénédiction de la presse ; cette presse qui se fait le porte-voix des diviseurs et des hommes politiques carriéristes qui, de crainte de rater un train, s'engouffrent dans celui du communautarisme ! Pas un jour ne passe sans que cette presse n'apporte son aide aux communautaristes, ceux pour qui la France doit être mise en accusation et se repentir. Les deux articles qui suivent en sont des exemples.

Pourtant, je peux vous assurer que nombreux sont les intellectuels, les chefs d'entreprise, les enseignants, les Français de toutes origines sociales, de toutes sensibilités politiques, qui en ont ASSEZ et n'attendent que l'occasion de se fédérer pour faire que la raison triomphe du populisme.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/12/04/appel-...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/04/apres-ed...

19:56 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags: communautarisme, repentance |

12 novembre 2008

« Du grain à moudre » sur France Culture

J’ai participé ce soir à l'émission Du grain à moudre sur France Culture, sur le thème « La repentance favorise-t-elle l’intégration ? » ; émission que j’apprécie particulièrement, car elle est animée par deux brillants journalistes, Julie Clarini et Brice Couturier, qui permettent à la pensée de s’exprimer, et aux vrais débats de s’installer.

Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de l’émission.

Partie 1 (durée: 12 min.)

Partie 2 (durée: 10 min.)

Partie 3 (durée: 12 min.)

Partie 4 (durée: 10 min.)

21:49 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags: repentance, intégration, france culture |

06 novembre 2008

Doux aux oreilles et si chaud au cœur !

Tandis qu‘un déluge de sottises, d‘opportunisme et d‘ignorance s‘abattait sur la France ces dernières heures, j‘ai entendu quelques paroles porteuses d'espoir qui ont résonné si doux à mes oreilles et ont enveloppé mon coeur d‘une si réconfortante chaleur, que j‘aimerais les partager avec vous :

Commentaire politique de Christophe Barbier sur LCI : « Il faut surtout bien écouter, ce matin, le discours de Barack Obama : du 27 juillet 2004, quand il parle à la convention américaine qui investit John Kerry, jusqu‘au 4 novembre 2008, il dit la même chose : “Je ne suis pas un candidat noir. Je ne suis pas un candidat de l'Amérique noire. Je ne suis pas le remords de l'Amérique pour l'esclavage. Je suis Américain et c‘est plus qu‘être Blanc ou Noir !” C'est ce discours-là qu'il faut adapter à la réalité française. Il faut que la communauté noire, tout en étant extrêmement revendicative, tourne le dos à tout discours communautariste pour revenir vers un discours d‘intégration et d‘union nationale ; tourne le dos à tout discours de repentance pour aller vers un discours d‘espérance. C'est ça la leçon Obama ! »

Dominique de Villepin dans le journal de 13 heures de France 2 du 5 novembre : « Je ne crois pas que la discrimination positive soit la solution. Elle ne l‘est pas aux États-Unis, donc je ne crois pas qu'on puisse transposer des systèmes qui souvent n‘ont pas donné les résultats que l‘on espérait dans le pays même qui les a créés. »

00:51 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: villepin, barbier, discrimination positive, repentance |

23 février 2008

Coup d’envoi de l’escalade des mémoires ?

Paris, 14 janvier 2007, discours de Nicolas Sarkozy : « Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus […] On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères. De Gaulle n’a pas dit à la jeunesse allemande : “Vous êtes coupables des crimes de vos pères”. Il lui a dit : “Je vous félicite d’être les enfants d’un grand peuple, qui parfois au cours de son histoire a commis de grandes fautes.” »

Lyon, 5 avril 2007, discours de Nicolas Sarkozy : « Je déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son Histoire. Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers de notre pays. Je déteste la repentance qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires. Je déteste la repentance qui dresse les Français les uns contre les autres en fonction de leurs origines. Je déteste la repentance qui est un obstacle à l’intégration parce que l’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester, alors que l’on devrait le respecter et l’aimer. Voilà ma vérité. »

Paris, 6 mai 2007, discours de Nicolas Sarkozy prononcé le jour de son élection à la Présidence de la République : « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c’est le mandat que j’ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. »

Paris, 14 février 2008, discours de Nicolas Sarkozy, Président de la République, prononcé devant le CRIF : « C’est dans les premières années de l’éveil de sa conscience qu’un enfant doit être élevé dans le rejet absolu du racisme. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. […] Les enfants ont payé le plus lourd des tributs à la Shoah. Vous en savez quelque chose, Monsieur le Président, puisque vous êtes né à Gdansk le 7 juillet 1945. Dans cette Pologne où les historiens considèrent que moins d’1% des enfants juifs ont survécu, votre naissance est tout simplement un miracle. Peut-on trouver plus noble dessein que de permettre à ces enfants martyrs d’être les pédagogues éclairés de nos propres enfants ? »

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La parole donnée serait-elle désormais vide de sens ? Comment ne pas s’interroger ?

Pendant combien de générations les Français devront-ils encore mettre genoux en terre ? Quand les dirigeants français prendront-ils véritablement conscience que pour construire la paix avec autrui, il est indispensable de signer d’abord la paix avec soi-même ?

Au-delà de ces interrogations, se pose une terrible question : le Président de la République a-t-il ainsi officiellement donné le signal du départ de la compétition des mémoires avec les conséquences que cela ne manquera pas d’entrainer? Après avoir demandé aux enfants français de porter sur leurs épaules les fantômes d’enfants victimes de la Shoah, leur demandera-t-on un jour de porter également les fantômes de jeunes esclaves, de jeunes colonisés, ou de jeunes de toutes origines que l’on désignera peut-être un jour comme victimes d’une politique étrangère de la France qu’il est souvent de bon ton et fort commode de décrier (Bosnie, Darfour, Rwanda…) ? La réponse, c’est Serge Klarsfeld qui nous l’apporte : « On imprime mieux une histoire quand on est enfant, […] quitte à élargir cet effort de mémoire à d’autres questions, comme la colonisation. » (déclaration du 15 février 2008)

Autre inquiétude, et non des moindres, exprimée par Simone Veil : « Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à son fils ou à sa fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ? » Sous-entendu, cette initiative pourrait susciter des sentiments ou attitudes antisémites. Et Simone Veil a bien raison de s’en inquiéter. Pascal Bruckner ne dit pas autre chose : « C’est une initiative dangereuse qui va ajouter du pathos et faire dire, une fois de plus : “Y’en a que pour les Juifs.” La compassion, c’est dangereux. » (le Figaro du 15 février 2008)

N’incombe-t-il pas à la classe politique de veiller, au jour le jour, sur la paix civile ?

12:20 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags: sarkozy, repentance, mémoire, shoah |

16 octobre 2007

Entretien audio avec « La Luette »

J’ai récemment accordé un entretien au site la Luette. Vous pouvez l’écouter ici.

21:55 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: intégration, victimisation, repentance, colonisation, discrimination positive, identité, sarkozy |

26 juin 2007

Rachida Dati et l’idéologie victimaire

Lors du discours qu’elle a tenu le 22 juin dernier au Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le nouveau ministre de la justice a effectué quelques annonces qui semblent, pour l’instant, être passées inaperçues. Je les relève donc ici.

Voici un premier extrait du discours de Rachida Dati :

« Un message d’humanité et d’ouverture, adressé à toutes les populations en souffrance, exclues, discriminées, reléguées […] Je sais qu’ici les populations sont l’objet de discriminations sociales, économiques et culturelles […] Je veux faire changer la perception qu’elles ont de notre justice car elles ont encore plus besoin de justice que les autres […] C’est pourquoi je souhaite créer dans tous les parquets un pôle anti-discrimination. Il y aura un magistrat et un délégué du Procureur de la République dédiés à la lutte contre les discriminations […] »

Ainsi, en France, une partie de la justice va être spécifiquement dédiée aux populations qui seraient discriminées par les Français de souche, érigées en potentiels racistes par l’idéologie victimaire ; cette idéologie qui fait des ravages depuis plusieurs années, et qui porte une responsabilité centrale dans le fait que les jeunes issus de l’immigration ne s’investissent plus dans la construction de leur avenir. Les familles de l’immigration sont en effet, à présent, profondément convaincues que leurs difficultés, voire leur impossibilité à gravir l’échelle sociale française, est imputable au comportement des Français de souche à leur égard. Cette idéologie, qui avait déjà conduit à la création de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité), déjà dotée, il faut le préciser, d’un pouvoir de sanction, a des conséquences désastreuses sur les jeunes issus de l’immigration, et même sur la société toute entière.

Depuis de nombreuses années, la France berce d’illusions les populations issues de l’immigration avec une idéologie victimaire dont le corollaire est la repentance des Français, auxquels il appartiendrait de réparer les injustices dont ils se seraient rendus coupables. Depuis vingt-cinq ans, nous refusons de nous pencher avec sérieux sur l’origine des problèmes d’insertion des jeunes issus de l’immigration. Le résultat de notre errance, nous pouvons l’observer chaque jour davantage : c’est la marginalisation croissante des jeunes issus de l’immigration. Mais laissons à nouveau la parole à Rachida Dati :

« Les difficultés en Seine-Saint-Denis sont nombreuses : un taux de criminalité élevé de 104 crimes et délits pour 1 000 habitants en 2006, alors qu’il est de 61 pour la France entière […] Et pourtant, il y a ici plus de 30 000 associations, soit 20 % de plus que la moyenne nationale […] Le nombre de condamnations en récidive pour les crimes et délits a augmenté de 68 % en cinq ans. Pour les délits les plus graves, cette augmentation a été de 145% […] La délinquance des mineurs augmente. Elle est de plus en plus violente. Elle concerne des tranches d’âge de plus en plus jeunes. En 5 ans, le nombre de mineurs condamnés pour des délits de violence a augmenté de près de 40%. En 2006, la part des mineurs dans le total des personnes mises en cause pour l’ensemble des crimes et des délits est de 18%. Elle s’élève à 45% pour les vols avec violence. »

Il devient à présent urgent de nous interroger sur ce qui conduit les enfants issus de l’immigration à défier, de plus en plus jeunes, la République et ses représentants. Il est intéressant de relever que des jeunes dotés du même profil, et qui évoluent encore dans leur pays d’origine, n’adoptent absolument pas le même comportement et continuent à s’investir à l’école et à respecter les lois en vigueur dans leur pays, alors qu’ils savent parfaitement qu’ils n’auront que très peu de chances de trouver un emploi dans leur contexte économique. Si nous étendons cette politique-poison de la victimisation et de la repentance en installant des pôles anti-discrimination au sein de parquets, si nous persistons à laisser diviser la France en deux camps, victimes et bourreaux, et à régulièrement dresser les groupes issus de l’immigration contre les Français de souche, nous mettrons en danger notre paix civile.

Rachida Dati poursuit : « C’est pourquoi, je veux pour la France une justice adaptée au monde dans lequel elle agit et qui accompagne les changements qui rythment nos vies […] Je ne veux plus qu’une partie de la population française pense que la justice n’est pas faite pour elle, qu’elle est même faite contre elle. Je veux leur dire qu’ils se trompent. »

Que sous-entend le ministre de la justice de la République Française lorsqu’elle déclare qu’elle va « adapter la justice aux changements qui rythment nos vies » ? La question devrait lui être posée. Est-il utile de rappeler que les lois françaises n’ont été faites ni pour, ni contre les migrants et leurs descendants ? Ces lois, qui illustrent le socle des valeurs fondamentales propres à la société française, existaient bien avant leur arrivée. Elles sont le fruit de l’immense héritage du peuple français. Aucun parent français de souche ne laisserait ses enfants se singulariser comme on le laisse faire aux enfants issus de l’immigration, lorsqu’ils rejettent des éléments essentiels du contrat du « bien vivre ensemble » qui régit la société française.

Encore un extrait du discours de Rachida Dati : « Une Justice ouverte et moderne, c’est aussi une Justice qui ressemble à la France d’aujourd’hui, dans toute sa diversité. L’origine sociale des acteurs judiciaires, et au plus haut niveau, doit être diversifiée sans remettre en cause le recrutement par concours, creuset du mérite républicain et de l’égalité des chances. »

Ce passage signe en réalité la volonté que soient dorénavant prises en compte les origines ethniques et raciales des postulants aux emplois ; c’est l’introduction de la discrimination positive sans la nommer. Comment s’en étonner, lorsqu’on sait que Rachida Dati est membre fondateur du club XXIe siècle, dont Rama Yade est la vice-présidente ; cercle d’influence dont le but affiché par Rachida Dati elle-même, est de favoriser le recrutement à haut niveau des personnes issues de l’immigration. Que dirait-on si des Français de souche créaient un club qui se fixait comme objectif de favoriser le recrutement de Français de souche pour les propulser dans les sphères du pouvoir ? Ne parlerait-on pas alors de racisme avéré ?

La tâche des Français qui sont attachés à ce que la France demeure « une et indivisible » va considérablement se compliquer, car l’idéologie de la victimisation, de la repentance des Français et de la discrimination positive est maintenant installée dans les plus hautes sphères du pouvoir politique. Valoriser le travail et le mérite, tourner le dos à la repentance du peuple français, étaient pourtant des thèmes martelés dans les messages qu’avait scandés Nicolas Sarkozy au cours de sa campagne pour accéder à la Présidence…

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la relation de cause à effet entre l’idéologie victimaire et la fin de la France « une et indivisible », je les encourage à lire Le puzzle de l’intégration !

15:05 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags: dati, idéologie victimaire, repentance, politique |