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22 février 2021

Islamo-gauchisme : beaucoup de bruit pour ne rien changer

On aurait tort de s'en tenir au seul islamo-gauchisme. En effet, si seule la gauche avait laissé faire, notre société n'en serait pas là. Bien sûr, certains ont été plus actifs que d'autres, mais il n'en demeure pas moins que le refus d'agir et pire encore, le consentement à une multitude de concessions et accommodements a été le fait de beaucoup de monde sur l'échiquier politique. Dresser l'inventaire des conséquences de ces actions délétères demeure un passage obligé pour espérer pouvoir sauver notre société. Sans cet inventaire, il n'y a guère de chance pour que se produise la salutaire prise de conscience prélude au sursaut, puis au redressement national. Je crains que malheureusement, cet inventaire n'ait jamais lieu. En effet, trop d'intérêts sont en jeu. Aussi, les polémiques continueront et, une nouvelle fois, la France sera la principale victime de beaucoup de bruit pour ne surtout rien changer. Business as usual.

Aujourd'hui, le monde politico-médiatique s'excite et s'agite dans tous les sens. Le but ? Donner le sentiment au peuple déboussolé que l'ampleur du phénomène, et surtout sa gravité, n'ont été découverts qu'à cette heure. Le cynisme à l'état pur.

Le 21 avril 2014, dans un entretien au Figaro, j'évoquais les graves dysfonctionnements dans les universités. Je rappelais également que le rapport du Haut Conseil à l'Intégration dans lequel je siégeais avait, dès 2013, alerté sur les dérives communautaires qui se produisaient. Quel avait été le destin de ce rapport ? L'État avait refusé de le publier.

Que s'est-il passé à l'époque de cet entretien, c'est-à-dire quand il était encore temps d'agir avec efficacité ? À part enterrer le rapport du HCI, rien. Aucune action politique digne de ce nom n'est venue conforter le respect des principes républicains. Pire, la plupart des décisions politiques n'ont eu de cesse d'alimenter le communautarisme, de le renforcer. Force est de constater que cela continue.

Extrait de mon ouvrage Décomposition française :

“Au HCI, nous étions informés d’un grand nombre de dérives qui se produisaient dans nos universités. Le pouvoir politique et la hiérarchie universitaire ont toujours été informés de tout. (…)”

“Pour Christian Mestre, doyen de la faculté de droit de Strasbourg, « il y a trop de gens complaisants dans ce milieu, qui n’ont pas envie de faire des vagues ». Les problèmes qui se posent sur le terrain ne sont pas récents. Ils se sont aggravés au fil du temps, répandus à travers le territoire, par la faute des gouvernants, qui ont refusé de les traiter. Lors de nos travaux, au HCI, nous avons été stupéfaits de constater que ces problèmes pouvaient se poser partout, jusqu’au sein des classes préparatoires aux grandes écoles, ce qui tord le cou à la théorie de ceux qui osent encore dire à l’opinion publique que tout ne serait que conséquence de méconnaissance ou encore d’ignorance. De jeunes hommes refusent de passer l’oral avec un professeur femme, ou l’étude de la pensée de philosophes tels que Voltaire ou Thomas d’Aquin y est contestée.

En 2004, la Conférence des présidents d’université avait déjà été saisie d’un si grand nombre de problèmes qu’elle avait dû élaborer un « guide laïcité et enseignement supérieur » pour aider le personnel à faire face sur le terrain (…)

Tous les ministres de l’Enseignement supérieur qui se sont succédé depuis plus de dix ans étaient informés ou auraient dû l’être. Il suffit de retrouver leur appréciation sur ce sujet pour connaître ceux qui, avec leurs relais courtisans au sein de la structure, ont préféré adopter la stratégie du « pas de vagues » qu’évoque Christian Mestre. Ce sont nos autruches. C’est bien parce que les problèmes n’ont pas été traités au niveau politique qu’ils n’ont eu de cesse de s’amplifier sur le terrain. Dès 2004, la loi sur les signes religieux aurait dû être étendue à l’enseignement supérieur. Le climat sur les campus aurait été autre.”

15:52 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: éducation, université, islamo-gauchisme |

30 octobre 2007

« Du grain à moudre » sur France Culture

J’étais lundi 29 octobre sur le plateau de l’émission Du grain à moudre, animée par Brice Couturier et Tara Schlegel, sur France Culture. L’émission était consacrée à la discrimination positive. Y participaient également :

  • Christophe Jaffrelot, Directeur du CERI/Sciences-Po (Centre d’Études et de Recherches Internationales), Directeur de la publication « Critique Internationale » ;

  • Alain Renaut, philosophe, professeur à l’université de Paris-Sorbonne ;

  • Yazid Sabeg, Président du conseil d’administration de CS Communication et Systèmes, a présidé le groupe de travail « Égalité des chances » de l’Institut Montaigne.


Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de l’émission.

Partie 1 (durée: 14 min.)


Partie 2 (durée: 14 min.)


Partie 3 (durée: 14 min.)


Partie 4 (durée: 14 min.)

09 juillet 2007

Valérie Pécresse sommée d’introduire la discrimination positive !

Dans sa feuille de route rédigée par Nicolas Sarkozy et François Fillon, Valérie Pécresse a reçu la directive suivante : veiller à ce que « 5% des meilleurs élèves de chaque établissement scolaire accèdent aux classes préparatoires [aux grandes écoles] ». Il y est précisé que cette mesure doit être mise en place pour lutter contre « les discriminations ».

Quelques remarques au sujet de cette injonction faite au ministre de l’enseignement supérieur :

  • 5% est un chiffre arbitraire, qui fait fi du niveau réel des savoirs détenus par les élèves. Cette voie a déjà été empruntée dans les pays où a été instaurée la discrimination positive. Une telle mesure politique est en réalité destinée à assurer que les élèves issus des lycées de plus faible niveau se retrouveront tout de même en classes préparatoires. Les lycées visés sont, dans les faits, ceux des Zones d’Éducation Prioritaire, dont les élèves proviennent, en grande majorité, des populations issues de l’immigration maghrébine et africaine. La loi française interdisant de se référer à l’origine raciale ou ethnique, voilà donc une mesure qui permet de masquer, aux yeux des Français, la mise en œuvre d’un traitement inégalitaire des citoyens. Telle a toujours été ma crainte : que nos dirigeants politiques introduisent la discrimination positive de manière sournoise, en contournant les exigences de la Constitution française !

    Alors, que risque-t-il de se passer ? Comme nous ne nous attaquons pas aux sources du problème, on constatera, lors des résultats des concours d’entrée aux grandes écoles, que cette mesure n’a pas permis à suffisamment d’élèves d’origine maghrébine ou africaine d’entrer à Polytechnique ou ailleurs. Deux possibilités se présenteront alors : ou bien on reverra à la baisse le niveau des savoirs exigés pour entrer dans ces établissements de l’enseignement supérieur, ou alors on décidera de fixer à ces écoles des quotas d’admission basés sur des critères qui permettront de cibler, de façon détournée, l’origine ethnique ou raciale des élèves. Chacune de ces deux options aura de lourdes conséquences.

    Comme je le précise dans Le puzzle de l’intégration, il est important de ne pas perdre de vue qu’un certain nombre d’établissements du supérieur forment des ingénieurs qui seront amenés à construire des avions, des trains, des machines de radiothérapie, des centrales nucléaires, etc, dont la conception exige un niveau de savoir réel, et non bradé. Si les grandes écoles ne peuvent plus jouer leur rôle de garants de la compétence, ce sont les entreprises qui devront, au final, s’acquitter de cette tâche, en durcissant considérablement leurs procédures de recrutement.

    Je souhaite également mentionner qu’aux États-Unis, il n’est pas rare que les patients qui en ont les moyens financiers tiennent compte, dans le choix de leur médecin traitant, de l’existence de la discrimination positive. Ne pouvant être assurés que les médecins issus des groupes favorisés par la discrimination positive ont obtenu leur diplôme en seule raison du sérieux de leurs compétences académiques, ils préfèrent les éviter.

  • Le procès qui est fait aux chefs d’établissements supérieurs, que l’on accuse de discrimination, est injuste et préoccupant. J’ai suffisamment fréquenté le monde des universités et des grandes écoles pour savoir que le contenu cérébral des étudiants y est le principal critère de recrutement, et non pas le racisme et la discrimination dont seraient coupables le corps professoral et l’équipe de direction. Dans le monde universitaire, on admire toutes les têtes bien pleines, qu’elles soient blondes ou brunes !

  • Comme Rachida Dati, Nicolas Sarkozy et François Fillon sont profondément convaincus, malgré ce que laissent entendre leurs discours, de la nécessité de la repentance de la France, qui passe par la correction des effets du supposé racisme des Français. Le plus grave, c’est que cette repentance, prônée au plus haut niveau de l’État, vient renforcer la détermination de ceux des enfants issus de l’immigration qui rejettent la société française. Ces derniers sont à présent profondément convaincus que la France est coupable ; cela les incite à la braver, et à ne plus produire le moindre effort pour en respecter les règles du « bien vivre ensemble ». Dans ces conditions, réussirons-nous jamais à cohabiter pacifiquement ? Je commence à douter que ce soit un jour possible, car on ne peut sans conséquence dresser continuellement les populations d’origine étrangère contre les Français de souche.

Nicolas Sarkozy et François Fillon demandent également à Valérie Pécresse de mettre en place et rendre publique « l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur » en tenant compte « des caractéristiques de la population étudiante inscrite dans l’établissement ». Que faut-il comprendre par là ? La France s’achemine-t-elle vers un enseignement supérieur à deux vitesses, dans lequel le niveau d’exigence, et donc d’ambition, serait fonction de l’origine des élèves ? Si c’est le cas, les entreprises sauront en tenir compte dans leurs recrutements…

À noter enfin que dans son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale, François Fillon a déclaré que « pour le Gouvernement, l’école de la République, c’est celle des valeurs : valeurs de l’effort, du civisme, de la discipline, de la fraternité ». Dans les faits, je considère que nous assistons malheureusement au détricotage de « l’école de la République » et de notre « modèle républicain d’intégration », probablement par inconscience. J’en redoute les conséquences sur la cohésion nationale.