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  • Par quel miracle les Occidentaux pourraient-ils être respectés par les immigrés puisqu’ils ne se respectent pas eux-mêmes?

    Je publie, ci-après, le contenu de mon entretien d'hier avec Atlantico.

    Je vous encourage vivement à le relayer le plus largement possible car il est impératif que chacun participe au réarmement moral des masses, car lorsque je vois tant de jeunes Français de souche culturelle européenne défiler et s'exprimer avec une cervelle qui a été littéralement bouffée par leur séjour sur les bancs de notre Éducation nationale, je ressens une peine infinie, ainsi qu'un sentiment de révolte, face à ce désastre.

    Tous ceux qui ont des enfants ou petits-enfants, et ont été un tant soit peu attentifs aux contenus des cachiers et livres au fil des annnées de scolarité de leurs jeunes, savent le rôle joué par l'école dans notre Bérézina.

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    Atlantico : De nombreux incidents ont éclaté en marge des manifestations pro-palestiniennes en Occident depuis le 7 octobre, notamment en Allemagne. Dans ce contexte, le quotidien allemand Bild a publié un manifeste en 50 points pour rappeler les devoirs des immigrés vis-à-vis de leur société d'accueil.

    Avec Malika Sorel-Sutter, ancien membre du Haut Conseil à l’intégration. Auteur de "Les Dindons de la Farce" (Albin Michel, février 2022) et "Décomposition française" (Fayard, 2015) qui a reçu le prix « Honneur et Patrie » de la Société des Membres de la Légion d’Honneur.

    Atlantico : Horrifié par les manifestations pro-Hamas, le magazine allemand Bild publie un manifeste en 50 points, rappelant les devoirs des immigrés vis-à-vis de leur société d'accueil. Les propositions touchent au savoir vivre ensemble, le respect des lois, la liberté d'expression ou encore l'intégration. C'est une bonne idée? La presse doit se mobiliser?

    Malika Sorel : Bien sûr que la presse a un rôle à jouer. Elle a même un rôle important à jouer car elle est en partie responsable de la Bérézina actuelle qui sévit partout en Europe, au Canada, en Australie. Bref, dans tous les pays occidentaux qui ont accueilli un flux massif de personnes en provenance de pays qui renouaient avec la religion comme principe organisateur de la cité avec les conséquences qu’il nous est donné d’observer sur les terres d’accueil. Tout cela était prévisible.

    Ce qu'Henry Kissinger a dit dernièrement, je l'avais écrit depuis très longtemps et n'ai malheureusement pas été écoutée. Voici ce qu’il a dit : « C'était une grave erreur de laisser entrer autant de gens de culture, de religion et de concepts totalement différents, car cela crée un groupe de pression à l'intérieur de chaque pays qui a fait la même chose ». Le 10 février  2008, à Cologne, Recep Tayyip Erdogan avait exposé ouvertement quel était son dessein politique. S’exprimant devant 18 000 de ses concitoyens, il les avait publiquement exhortés à ne pas s’assimiler, leur assenant que « l’assimilation est un crime contre l’humanité ». Il leur avait demandé d’« apprendre la langue du pays » et de « participer à la vie politique » allemande donc de constituer un « groupe de pression » à l'intérieur du pays. Les élites allemandes portent une lourde responsabilité.

    Le 6 avril 2010, c’est au Zenith de Paris que Recep Tayyip Erdogan tient ce même discours à 6 000 de ses concitoyens : « Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité, personne ne peut vous dire renonce à tes valeurs. » Il leur enjoint de « demander la double nationalité pour être les diplomates de la Turquie en Europe », et les rassure : « La France vous a donné le droit à la double nationalité : pourquoi vous ne la demandez pas ? Ne soyez pas réticents, ne soyez pas timides, utilisez le droit que la France vous donne. Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque. »

    Le Maroc possède, depuis longtemps, la même approche dont j’avais d’ailleurs parlé dans mes livres. Des personnalités d’origine marocaine qui sont devenues ministres ou ont exercé de très hautes fonctions, ici en France, ont même siégé au Conseil des Marocains de l’Étranger, institution rattachée directement au Roi du Maroc. Dans le cahier des charges figure, noir sur blanc, que ce Conseil « a pour attributions d’émettre des avis sur : « les principales orientations des politiques publiques permettant d’assurer aux Marocains résidant à l’étranger le maintien de liens étroits avec leur identité marocaine et notamment ceux relatifs à l’enseignement des langues, l’éducation religieuse et l’action culturelle ». Est-il nécessaire de faire une explication de texte tant cela est explicite ? Ces dernières années, nombre de pays africains ont, à leur tour, mis en place leurs propres conseils de leurs citoyens résidents à l’étranger… Les élites politiques françaises portent une lourde responsabilité dans ce qui advient car tout était su. Je peux en témoigner. Non seulement elles n’ont pas agi comme elles l’auraient dû mais pire, certaines ont agi à rebours des intérêts de la France et du peuple français. Et ça continue comme je l'ai récemment développé, moult exemples à l'appui, dans Les Dindons de la farce.

    Dans les 50 propositions, il y a la liberté de croire en ce que l'on veut (même au père noël) ou encore la liberté d'expression qui, écrit Bild, "n'inclut pas de menacer des personnes, de les agresser, de jeter des pierres, de brûler des voitures ou de célébrer des meurtriers". C'est la même chose à Paris ?

    Depuis les émeutes de 2005, la société française n'a eu de cesse d'être régulièrement confrontée aux mêmes situations. Même les enseignants travaillent la peur au ventre puisque un sur deux affirme s'auto-censurer par crainte de ses élèves ! Je classe ce point parmi les plus préoccupants car un tel climat scolaire ne peut avoir, à terme que de terribles conséquences sur l'économie française. Beaucoup de Français ont du mal à percevoir le lien direct qui puisse exister entre la qualité de l'enseignement et la capacité de rebond économique d'un pays ainsi que son aptitude à épouser, et même à anticiper, les mutations technologiques, industrielles... La richesse de la France en dépend.

    Fin 2011, au sein du Haut Conseil à l’Intégration, j’ai été la cheville ouvrière de l’élaboration de la Charte des Droits et des Devoirs du Citoyens français qui est devenue un document officiel. Nous n'avons donc pas attendu Bild et son manifeste en 50 points. Cette charte est consultable en ligne sur le site du Ministère de l’Intérieur. Elle liste, point par point, l'ensemble des devoirs qui incombe à tout immigré, et ces devoirs sont la traduction des principes et valeurs inscrits dans la Constitution du peuple français. Avec le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, nous l’avions immédiatement fait entrer en application dans le cadre des demandes de naturalisations et cela nous avait permis, en seulement quelques mois, de faire fondre de moitié les octrois de nationalité française. J’ai toujours dit et écrit que, dans ce sujet de l’immigration-intégration, tout n’était que question de volonté politique et qu'il suffisait de vouloir pour pouvoir. Le reste n'est que littérature...

    Autres propositions de Bild : l'obligation d'apprendre la langue du pays pour ceux qui s'installent de manière permanente et ne porter ni masques, ni voiles. "On se regarde en face" écrit le journal allemand. Nous devons être plus ferme sur la façon dont s'intègrent les immigrés ?

    Aujourd’hui, l’urgence est de protéger notre société et de sauver la paix civile. Il est trop tard pour se poser toutes ces questions. Aujourd’hui, la priorité n’est plus de se dire « on va intégrer culturellement ou assimiler » pour la simple raison que cela est devenu extrêmement difficile, compliqué, de plus en plus impossible. L'État a lamentablement échoué, doit le reconnaître et en tirer toutes les leçons politiques qui s'imposent. Là aussi, comme je l’ai écrit dans tous mes livres, l’accueil de flux migratoires de la même culture a abouti à la reconstitution des sociétés d’origine sur les terres d’accueil. Ces sociétés ou peuples ne reconnaissant pas la liberté individuelle, les groupes culturels d’origine se sont mis à exercer une pression telle sur les personnes et les familles, que cela ne pouvait que dissuader toute intégration culturelle et même à présent toute insertion culturelle. Je ne vais pas revenir ici sur la distinction qu'il convient de faire entre insertion, intégration et assimilation.

    Trop de temps a été perdu. Pire, ce qui a été déployé tels, entre autres, les politiques de diversité ou de discrimination positive ; les milliards injectés dans la rénovation urbaine - alors que nous étions confrontés à des problèmes d’ordre culturel -, a découragé la simple insertion culturelle et alimenté le sentiment d’impunité. Je rappelle souvent les travaux de l’historien Daniel Lefeuvre qui avait mis en évidence que seul un Italien sur trois du flux 1870-1940 avait réussi à s’assimiler. Par quel miracle des populations autrement plus éloignées de la culture française que ne le sont les Italiens auraient pu réussir à faire mieux que ces derniers, ou même simplement autant ? La barre de un sur trois aurait dû être prise en considération. C'était un horizon indépassable car nul peuple au monde n'est aussi proche, sur le plan de la civilisation, que le peuple italien.

    Oui, aujourd’hui, l’urgence est de protéger notre société et de sauver la paix civile. Cela passe, entre autres, par le fait d’afficher une fermeté sans faille quant au respect des principes et valeurs qui structurent le vivre-ensemble selon la culture française avec, cela s'entend, des sanctions exemplaires lorsque le respect n'est pas là. Cela passe par l'arrêt de la repentance et par la publication, chaque année, du montant des sommes considérables qui sont affectées à ce poste immigration-intégration afin que chacun sache, y compris les populations de l'immigration, tout ce qui est octroyé. Cela passe aussi par la suspension de l’immigration en provenance des sociétés dont les ressortissants ont fait la preuve de leur extrême difficulté à s’assimiler. Il faut donc faire tomber l'actuel projet de loi immigration qui est hors sol, irresponsable. Il convient de poser également un moratoire sur l’attribution de la nationalité française pour ces ressortissants jusqu'à ce que la situation s'apaise et que l'État - qui semble avoir totalement perdu la main comme l'ont montré l'étendue et la violence des émeutes de juillet dernier, retrouve quelque autorité. Il est également évident que le droit du sol est caduque et doit être supprimé. D'autre part, il est incontournable de responsabiliser les parents comme le stipule déjà la loi existante qui n'est pourtant pas appliquée. Les parents doivent réparer financièrement les dégradations commises par leurs enfants, y compris si cela doit passer par un prélèvement sur les aides sociales accordées. Il ne faut pas oublier également le volet lutte contre les réseaux de trafics de stupéfiants car ces réseaux ont joué un rôle de premier plan comme je l’ai souvent détaillé.

    Bild écrit : "Nous vivons une nouvelle dimension de haine dans notre pays, contre nos valeurs, contre la démocratie. De nombreuses personnes s'opposent à notre mode de vie. Des gens qui célèbrent le meurtre de civils innocents. Ceux qui apprennent à leurs enfants à haïr les autres parce qu'ils sont des infidèles". C'est une prise de conscience de l'intelligentsia ?

    J’ai envie de leur dire : cela fait très longtemps que vous avez ce problème mais avez refusé de le voir. Pire, vous vous êtes prosternés, soumis. En partie parce que vous êtes, vous Allemands, écrasés par la gravité de ce que vos gouvernants ont fait en 40, mais aussi parce que, comme partout en Occident, il fait si bon de se sentir appartenir à ce que l’on appelle « le camp du bien », à savoir le camp qui fait le mal, ou laisse faire le mal sans rien dire, dans le but égoïste de préserver son propre confort et ses intérêts personnels ! Pourtant, dès le 16 octobre 2010, lors du Congrès des jeunes de la CDU à Potsdam, une certaine Angela Merkel assenait que le modèle allemand multikulturell était un échec complet. Que fait-elle ensuite, celle que vous avez tant chéri et que vous surnommiez votre « mutti »? Elle tord le bras au patronat allemand qui est opposé à l’immigration (contrairement au patronat français), et elle le contraint à ouvrir grand les vannes de l’accueil des migrants. Puis c’est l’apothéose avec les flux de 2015 qu’elle impose à toute l’Europe. Chers voisins Allemands, avez-vous réagi pour défendre votre « mode de vie », lorsqu’en décembre 2016, Cologne fut le théâtre de plus de 1000 agressions sexuelles de vos femmes par des hommes issus d’une autre civilisation où les femmes lorsqu'elles sont non voilées sont considérées comme indécentes-, des corps à disposition des mâles ? Des Allemandes témoigneront de ce qu'elle ont subi : "Personne n'a jamais vu une chose pareille. Les hommes se jetaient sur les femmes comme si nous avions été du bétail."

    En Allemagne, ne craignant pas l'indécence, beaucoup de gens défileront pour manifester contre "l'amalgame" et le "racisme". Par quel miracle les Occidentaux pourraient-ils être respectés puisqu'ils ne se respectent pas eux-mêmes, et se révèlent totalement incapables de protéger leurs filles et leurs femmes ? Ici aussi, nous sommes au coeur du gouffre qui existe entre les perceptions culturelles...

    Beaucoup de ce que j’entends ou lis dans les médias, y compris dans d’autres pays européens, me fait penser que nous n’avons pas encore atteint une véritable prise de conscience de l'intelligentsia. Partout, la plupart des « élites » persiste à dire que la solution est de mettre encore plus de moyens pour faire de la pédagogie, pour l’apprentissage de la langue ainsi que pour l’économie afin d'intégrer par la langue et le travail. Or tous ceux qui mettent à mal la République française, parlent parfaitement la langue française. Oui, ceux qui empêchent désormais les enseignants d'accomplir leur mission maitrisent, pour nombre d’entre eux, la langue de Molière à la perfection. Quant à l'intégration par le travail, le terroriste Merah, et d’autres, avaient un travail. L’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT) avait même révélé que 67% des jeunes candidats au djihad étaient issus de classes moyennes, 17% de catégories socioprofessionnelles supérieures.

    Le sujet est ailleurs que dans l’économique ou le social, mais bien trop d’Occidentaux préfèrent poursuivre dans leur aveuglement volontaire. Comme en 40. Ce n’est aucunement par hasard que le nom du résistant Marc Bloch s’est si souvent retrouvé sous ma plume, toutes ces dernières années.

    Catégories : Revue de presse
  • Entretien Atlantico

    Pour démarrer l’année, Atlantico a posé un certain nombre de questions à plusieurs de ses contributeurs autour du thème suivant : avec la crise énergétique, les risques d’explosion sociale, le malaise démocratique et les dérives du wokisme, les défis à relever pour 2023 sont légion.

    Voici les questions qui m’ont été posées, suivies de ma réponse :

    Comment échapper aux dérives du wokisme, du communautarisme et des extrémistes liberticides du climat en 2023 ? Peut-on tirer certains enseignements de l’année écoulée ?

    Un vent de folie s’est levé en Occident, y semant les graines d’un chaos qui grandit année après année et qui risque fort, en l’absence d’un sursaut rapide, de nous conduire vers une guerre de tous contre tous. Pour éviter le pire, il faudrait qu’une part significative des citoyens retrouvent le bon sens et tourne le dos au « chacun pour soi », grande vulnérabilité des sociétés démocratiques comme l’avait si justement anticipé Alexis de Tocqueville dont la parole apparait prophétique. Imaginant sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire, il explicite le fait que chaque individu « retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine. Quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. »

    Il m’apparaît également urgent d’œuvrer collectivement, et donc chacun à sa mesure, à la restauration de la liberté de pensée et de jugement ainsi que de la liberté d’expression, qui ont été confinées sous l’effet de la terreur instaurée par les adeptes des nouvelles religions que vous citez. Par la force des choses, il se pourrait bien que la crise économique et financière redéfinisse la hiérarchie entre l’essentiel et l’accessoire, et donne enfin aux populations occidentales la force et le courage qui leur ont tant fait défaut ces dernières décennies, car il ne fait aucun doute à mes yeux que c’est en partie leur légèreté et leur insouciance qui ont conduit à la situation actuelle.

    Quel enseignement tirer de l’année écoulée pour la France ? De nombreux sujets sont venus éclairer d’une lumière crue le fait que l’esprit de cohérence avait pris le maquis. Quelques exemples : hier, il était question de fermer des centrales nucléaires ; aujourd’hui, on comprend que c’était une hérésie et on tremble d’avoir à vivre à la lumière des bougies, ce que j’ai un temps vécu en Algérie, et que je n’aurais jamais cru possible un jour en France ! Au nom du climat, on dynamite la filière automobile et demain, on pleurera sur l’industrie française, qui se conjuguera au passé ainsi que les innombrables métiers et emplois qui s’y rattachent. Longtemps, la France a été souveraine en matière pharmaceutique ; le pays de Pasteur se révèle désormais incapable de produire les médicaments dont il a besoin, et doit faire face à des pénuries. La France était admirée, entre autres, pour son service de santé ; aujourd’hui, ce dernier s’écroule sous nos yeux et nos dirigeants politiques, pour tenter de le ranimer, ne trouvent rien de mieux que d’aller piller le personnel médical des pays du Sud – comme ils y pillent déjà les cerveaux des disciplines scientifiques et technologiques – condamnant ainsi certains pays sources de l’immigration à un sous-développement certain, avec pour conséquence directe des flux croissants de migrants vers les pays du nord. Or voilà longtemps que la société française n’est plus en capacité d’assimiler. Le communautarisme en est l’une des nombreuses conséquences, ainsi, entre autres, que l’effondrement de l’école attesté par les classements internationaux, effondrement qui ne pourra que précipiter le déclin économique de la France. Le fait nouveau majeur, c’est qu’un nombre croissant de Français réalisent avec effroi que leurs enfants vivront probablement moins bien qu’eux, sur une terre au « bien vivre ensemble » menacé, dans un moment où une terrible angoisse identitaire les étreint. Au lendemain des violences de supporters de football marocains sur le sol français, le gouvernement a l’indécence de se prosterner à Rabat pour redonner des visas et le lendemain, c’est à Alger que ce même gouvernement fait acte de soumission alors même qu’il s’est révélé incapable d’assurer les Obligations de Quitter le Territoire aux clandestins (OQTF).

    Le haut niveau de défiance des citoyens envers les élites dirigeantes est justifié. La classe dirigeante a fait, d’elle-même, la preuve qu’elle n’était pas à la hauteur des circonstances. Ce constat est à plus d’un titre alarmant, car les élites ont un devoir d’exemplarité. C’est de cette exemplarité que dépend en grande partie l’unité nationale, qui ne se décrète pas et ne peut résulter d’un simple exercice de communication incantatoire. Je crois, comme disait Tocqueville à la Chambre des députés le 27 janvier 1848, que nous nous endormons sur un volcan.

    Catégories : Revue de presse
  • Échecs de l’intégration : la France ne sait plus se faire respecter et ses élites en sont largement responsables

    Je remercie Atlantico d’avoir accepté de me publier. Publier des enfants de l’immigration qui ont fait le choix de l’assimilation est désormais un acte de courage. Par contre, les journalistes se bousculent pour publier ceux qui ont fait un tout autre choix, ou encore les “de souche” qui relativisent ce qui advient. La clé ne se trouve donc pas du côté de l’immigration mais bien du côté des “de souche”, comme je l’ai toujours écrit.

    Atlantico : Alors que 40 policiers ont à nouveau été blessés lors de la soirée ayant suivi la demi-finale France Maroc, il est surprenant que les questions politiques de fond s’effacent derrière de simples analyses sécuritaires.

    Voici l’intégralité du contenu de mon article :

        Le dispositif de sécurité inédit mis en place pour le match France-Maroc (10 000 policiers et gendarmes mobilisés, l’absence de fan zone dans les grandes villes et des demandes de suspension des services de transport qui s’étaient exprimés à travers tout le territoire), tout cela n’aura pas suffi à faire de la soirée de mercredi une fête bon enfant et familiale comme d’aucuns se plaisent à le marteler. À l’heure des réseaux sociaux – merci aux ingénieurs du numérique ! –, la méthode Coué ne peut plus fonctionner. Pléthore d’images et de vidéos circulent sur la toile. Bilan de la soirée : 40 policiers blessés, un mort, 266 interpellations, véhicules incendiés et nombreuses dégradations. Selon le commissaire de police David Le Bars, « sans ce dispositif policier, il y aurait eu du pillage et des exactions très graves à certains endroits »... Désormais, que les équipes nationales des pays d’origine gagnent ou perdent, le résultat est le même : la France encourt le risque d’être violentée et une partie de ses commerces vandalisés. Quel spectacle offrons-nous au monde entier ? Un pays qui a longtemps été une destination touristique qui faisait rêver…

        Étrangement, les questions de fond ne sont pas mises sur la table. Pourtant, la gravité de l’heure impose de ne rien éluder des causes des tensions qui grandissent dangereusement, année après année, pas seulement en France mais dans tous les pays d’Europe qui ont accueilli les mêmes flux migratoires.

        C’est l’incapacité du pays de leurs ancêtres à leur offrir des perspectives d’avenir qui a été à l’origine de leur exil, malgré cela nombre de parents de l’immigration éduquent leurs enfants dans un respect quasi religieux de leur pays d’origine, de ses mœurs et coutumes. En dépit du fait que ce pays n’a rien fait pour eux ni pour leurs enfants, tous l’adulent, et ne se privent pas de saisir chaque occasion de le signifier de manière souvent ostentatoire. Preuve s’il en fallait encore que jamais l’amour ne se décrète, ni ne s’achète ! Leur pays d’origine demeure leur véritable pays, celui de leur cœur et de leur esprit.

        Dès 2007, dans Le puzzle de l’intégration, j’alertais sur le fait qu’un nombre non négligeable de personnes d’origine maghrébine se sentaient d’emblée plus proches de n’importe quelle autre personne d’origine arabe vivant à l’autre bout du monde, que du Français d’origine occidentale qui vivait à côté de chez eux ; cela pour la simple raison qu’ils partagent un immense héritage commun. La nation arabe est une notion qui a un sens. Avoir le sentiment d’y appartenir recouvre une réalité à part entière, tout aussi respectable que celle d’appartenir à toute autre nation. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les conflits qui impliquent les peuples arabes sont vécus avec autant d’intensité et d’émotion dans les banlieues françaises. Nous en avons à présent une nouvelle démonstration avec les drapeaux des pays du Maghreb qui partout fleurissent pour soutenir le Maroc. Ce n’est pas seulement l’histoire coloniale qui se trouve ici mobilisée mais également la dimension culturelle, et les Français auront beau faire, ils seront assimilés à leur héritage occidental donc, entre autres, chrétien.

        À la plupart d’entre eux, la France a donné tout ce qu’ils possèdent, car c’est elle qui leur a permis d’accomplir un bond social que jamais leurs pays d’origine n’auraient pu leur offrir.  C’est la France qui finance les études de leurs enfants. Cependant, combien la respectent, respectent ses principes et ses valeurs et lui témoignent reconnaissance ? La réponse se trouve entre autres dans les 56 % d’enseignants du secondaire public qui déclarent s’autocensurer dans leurs enseignements pour éviter tout incident avec leurs élèves, soit 7 points de plus qu’en 2020. Et c’est pourtant à la chanteuse Yseult, qui clamait « On est dans un délire de on doit quelque chose à la France. Mais qu’est-ce qu’on doit en fait ? Qu’est-ce qu’on doit ? Mais j’ai l’impression qu’on ne voit pas ce qu’on nous a pris ou ce qu’on a pris à nos parents : leur dignité, le respect, l’empathie (...) », que le Président de la France, Emmanuel Macron, a confié l’honneur de défendre la langue française, c’est-à-dire la langue du peuple français. Avant elle, c’est à Leila Slimani qu’Emmanuel Macron avait confié le même rôle : « Le Maroc n’a pas seulement joué pour le Maroc, mais pour tout un continent. J’espère que le Maroc va gagner et aller en finale. Le Maroc reste l’équipe de mon cœur ». Son choix de politiser la portée de ce qui aurait dû demeurer ce qu’il est, à savoir une rencontre entre sportifs talentueux de haut niveau n’est pas anodin. Dans un entretien, son compatriote Abdellah Taïa parle quant à lui d’une “forme de justice historique”. Il évoque ce qu’il entend dans les rues du Maroc : « On s’est débarrassés des Portugais, des Espagnols et bientôt des Français » et poursuit son analyse : « Le parallèle historique est évident. C’est encore plus fort dans le cas de la France qui conserve une grande influence au Maroc. Il existe donc un sentiment de revanche (...) ». Quant au fait de jouer pour toute l’Afrique, on notera que, contrairement à l’équipe de France, aucun noir ne figurait à l’affiche de l’équipe marocaine, et il suffit de lire les propos recueillis par Le Monde Afrique pour comprendre que le Maroc est loin de constituer un paradis pour les noirs : « On ne va pas se mentir, ce pays ne nous fait pas de cadeaux, acquiesce Bouba, 20 ans, originaire de Guinée. On vit dans la rue, on n’a aucune perspective d’avenir. On subit beaucoup de racisme. »

        Existe-t-il symbole plus politique qu’un drapeau ou qu’un hymne national ? Non. Or on entend dire, ici et là, que ceux qui déferlent dans les rues ou les avenues de France et de Navarre arborant des drapeaux étrangers ne portent aucune revendication d’ordre politique. S’ils avaient été Français, c’est le drapeau tricolore qui aurait claqué au vent. Encore et toujours cette volonté de minimiser ce qui advient de la France !

        Dans sa conférence de presse, l’entraîneur de l’équipe du Maroc – qui détient aussi la carte d’identité française – s’exprime avec une franchise dont il faut lui savoir gré : « On veut changer la mentalité de notre continent (...) On veut réécrire l’histoire. On veut mettre l’Afrique sur le toit du monde. Ce seront des valeurs importantes. » Il affirme que le Maroc « a les meilleurs fans du monde » et se dit « heureux et fier que le monde découvre ce que sont les supporters marocains ». Et au cas où la question se poserait au vu de sa “double nationalité”, il précise : « Je suis marocain » Sommes-nous là seulement dans le sport, ou déjà dans la politique ? Si au moins cette coupe du monde permettait aux Français de sortir de leur tropisme hérité du Maréchal Lyautey ! Hassan II, dont j’avais retranscrit une partie du propos, avait averti : « Je vous décourage en ce qui concerne les miens, les Marocains, d’essayer des détournements de nationalité, car ils ne seront jamais français à cent pour cent. Ça, je peux vous l’assurer. » Le roi aurait bien mérité d’être écouté, et remercié pour son honnêteté intellectuelle.

        La pirouette d’un Djamel Debbouze disant qu’il ne peut choisir entre son père et sa mère illustre à la perfection la difficulté d’un certain nombre d’enfants de l’immigration à s’affirmer comme Français. Quel serait leur choix si demain la France traversait de fortes turbulences internes ? Nul ne le sait, et encore moins les élites politiques et de la haute administration qui ont violé le Code civil qui subordonnait l’octroi de la nationalité française à la réussite du parcours d’assimilation. La possession de la carte d’identité nourrit le sentiment d’impunité. Là est le nœud du problème.

        Plus préoccupant encore que l’incapacité d’une part des enfants de l’immigration extra-occidentale à tourner les pages sombres de l’Histoire – pour reprendre l’expression d’Ernest Renan –, est le fait que des Français de souche participent, par leurs actions et prises de positions, à constamment rabaisser leur propre peuple en lui faisant porter la responsabilité de tous les malheurs. Les conséquences en sont rudes car depuis François Mitterrand, les politiques de repentance n’ont fait qu’injecter le poison du ressentiment dans le cœur d’une part des enfants de l’immigration.

        Nous avons franchi un cap. Un point de non-retour a été atteint. Il signe la faillite des politiques d’intégration que l’État français a menées au long de ces quarante dernières années. Tant qu’il ne se trouvera pas une majorité d’élites de souche culturelle occidentale – politiques, de la haute administration, économiques, médiatiques, intellectuelles et artistiques – pour faire passer la défense des intérêts du peuple français avant toute autre considération, la France ne sera pas respectée.

    Catégories : Insertion - intégration, Revue de presse
  • Entretien Atlantico : L’immigration incontrôlée, cette « fatalité » qui n’en était pas une

    Vous pouvez retrouver ici le contenu de notre entretien.

    Extraits :

    Atlantico : Dans une interview au Parisien ce dimanche , Emmanuel Macron a déclaré “La France a toujours été une terre d’immigration. Cela fait partie de notre ADN, c’est la force de notre pays, et on en a toujours eu besoin pour notre économie.” Il semble ici reprendre la rhétorique selon laquelle l’immigration massive est une fatalité et une chance pour le pays. Dans quelle mesure cette rhétorique est-elle réductrice, voire erronée ?

    Malika Sorel : Emmanuel Macron se trompe et confond avec l’histoire des États-Unis d’Amérique qui, eux, se sont constitués avec l’immigration. États-Unis dont il est par ailleurs Young Leader, promotion 2012.

    (...)

    Comment nous sommes-nous laissés enfermer, historiquement, dans cette rhétorique ?

    Je distinguerai pour ma part le peuple de ses élites politiques et de la Haute administration, économiques, médiatiques, intellectuelles et artistiques qui trouvent, pour une raison ou une autre, un intérêt à soutenir cette propagande. En effet, les enquêtes d’opinion mettent depuis longtemps en lumière le fait que les Français sont, dans une très large majorité, opposés à l’accueil de nouveaux migrants, qu’ils considèrent qu’il y a trop d’étrangers en France, et jugent négatifs les effets de l'immigration.

    (...)

    Certains pays autant, voire plus attractifs que la France, sont bien moins touchés par ces questions migratoires. Comment peut-on l’expliquer et y a-t-il un moyen pour nous rapprocher de ces modèles migratoires étrangers ?

    L'amateurisme génère de l'incompétence. Les autres pays obtiennent en effet de meilleurs résultats pour ce qui est du renvoi des clandestins. Ils sont plus fermes et se font davantage respecter par les pays sources de l'immigration. La France est vue comme le maillon faible.

    C’est probablement en France que les élites, au travers de la repentance coloniale, ont le plus versé dans le dénigrement de leur propre pays. Le summum a été atteint avec un Emmanuel Macron allant, à Alger, jusqu’à accuser son propre pays de crime contre l’humanité. J’ai toujours alerté sur le fait que le dénigrement de la France par ceux qui en avaient pourtant hérité, participait largement à exacerber les tensions en instillant le poison de la haine dans le coeur d’une part des enfants de l’immigration. Dans la mesure où ils sont éduqués dans une culture familiale où l’honneur n’est pas un concept vide de sens comme il l’est devenu en Occident, les représailles iraient crescendo. Le redressement de la France sera long et difficile.

    Il était pourtant aisé de constater que d’autres pays occidentaux, bien que dénués de passé colonial, rencontraient eux aussi de grandes difficultés.

    (...)

    Comment faire pour lever les verrous, notamment juridiques mais aussi intellectuels et politiques qui nous ont menés à cette situation et sortir de la “fatalité” ?

    La France s’enfonce dans un sous-développement sans précédent, situation à laquelle nombre d’élites semblent indifférentes. Ne subsiste qu’une seule solution : que ces élites subissent les conséquences de leurs actions et prises de positions. Le peuple doit donc exiger que ceux qui sont immigrationnistes parmi les politiques, la haute administration, les patrons, les intellectuels, les journalistes, les artistes, etc. s’installent dans les quartiers pudiquement qualifiés de « sensibles », et que leurs enfants ou petits-enfants s’assoient sur les bancs de toutes ces écoles où, selon l’IFOP, 50 % des enseignants s’autocensurent pour ne pas créer de problèmes avec les élèves. Oui, c’est désormais le seul moyen qui conduira ces « élites » à tourner le dos à ce que Romain Gary dénonçait comme « une musique de chambre égoïste et intimiste qui ignore la rue pour se réfugier dans les salons. » Elles cesseront alors de jouer avec le destin de la France.

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