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10 novembre 2010

Qu’ils les accueillent dans les écoles de leurs enfants !

Voici ce que j’écrivais en mai 2008 :

« Les enfants des banlieues sensibles qui souhaitent étudier en sont parfois, et même de plus en plus souvent, empêchés par leurs petits camarades de classe.

Solution : encourager les meilleurs d’entre eux à fuir les établissements de leurs quartiers. (humour…)

Tout a été prévu. Comme cela condamnera à terme les établissements des banlieues les plus sensibles, désertés par leurs meilleurs éléments, les plus problématiques d’entre eux seront alors fermés, et leurs effectifs répartis dans d’autres établissements. C’est une nouvelle technique d’extinction des incendies : lorsque subsistent des braises, les récupérer et les disséminer. Il faudrait breveter le procédé, puis aller le proposer à tous les pompiers de la planète. »

Voici ce que j’écrivais en mai 2010 :

« Savez-vous quelle est l’idée politique qui circule à présent à ce sujet ? Les établissements les plus difficiles, ceux dont les résultats sont catastrophiques, seraient fermés, et leur population répartie dans d’autres établissements. Car c’est bien connu, lorsqu’un pompier se trouve face à un feu, le meilleur moyen pour lui de l’éteindre est de prendre les braises et de les disséminer ! »

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Des expériences de transport d’élèves des quartiers sensibles vers d’autres quartiers sont actuellement déployées, et il est question de fermer les établissements scolaires qui ont le plus pâti de la suppression de la carte scolaire, et d’en répartir les élèves.

Voici à présent une information relayée hier par France Info, et aujourd’hui par le Figaro et le Monde :

« L’Établissement de Réinsertion Scolaire avait ouvert ses portes ce lundi matin, à Craon en Mayenne. Un établissement censé accueillir des collégiens dits perturbateurs […] “dont le comportement nécessite un éloignement”.

Or, la douzaine de collégiens de Seine-Saint-Denis en rupture de ban s’en serait pris aux autres élèves ce matin. Les enseignants ont donc décidé d’exercer leur droit de retrait, et demandent la fermeture de la toute nouvelle unité […] Des parents d’élèves aussi ont annoncé leur intention de retirer leurs enfants de l’établissement, en attendant que l’Établissement de Réinsertion Scolaire (ERS) ferme. Cinq des agresseurs auraient été renvoyés dans leur département d’origine par les gendarmes. »

« À la mi-journée, dans la cour déserte de ce coquet collège, on pouvait entendre des insultes proférées par les neuf pensionnaires restants depuis les fenêtres des leurs locaux, situés dans le bâtiment central du collège. “Un ministre a dit qu’un seul de ces jeunes pouvait pourrir un établissement de 1.000 élèves, alors imaginez 14 d’entre eux au milieu de 350 collégiens”, soupire M. Mounier. »

« “Aujourd’hui, ils ont l’air content de leur coup, en moins de 24 heures ils ont ’vidé’ les 350 élèves du collège et ont crié ’on est chez nous’", poursuit l’enseignant »

« La création des ERS a été annoncée en avril. Le premier a ouvert ses portes en septembre dans les Alpes-Maritimes. Une dizaine d’autres sont annoncés pour fin novembre et dix autres d’ici la fin de l’année scolaire. Selon le ministère, les ERS “accueillent des collégiens en difficulté scolaire et sociale, dont le comportement nécessite un éloignement et une prise en charge différente”. »

Savez-vous ce que tout cela m’inspire ? C’est que les Français ne peuvent plus être sereins nulle part  sur le territoire national, puisque nos élites peuvent, à tout moment, déverser chez eux le produit de leurs erreurs politiques. Pourquoi ne les accueillent-ils donc pas dans les écoles de leurs enfants ?

Pendant que la France sombre, incapable de regarder vers le haut et désespérant ainsi son peuple, les pays émergents se lancent dans la course à la formation d’ingénieurs de très haut niveau, dans le but de devenir des champions de R&D dont les produits innovants vampiriseront les marchés de demain. Le sursaut devient urgent !

Je vous recommande vivement la lecture du très bon article que Natacha Polony a publié après avoir participé à la convention Éducation de l’UMP. Vous êtes très nombreux à m’écrire votre souhait de me voir diffuser mon analyse du sujet ainsi que mes recommandations ; je tiens à vous dire que le conseiller d’un ministre avait lourdement insisté pour que j’intervienne lors de cette convention, mais sans succès…

19:58 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (60) | Tags: école, éducation, enseignement, carte scolaire, violence, ump, chatel, polony |

28 octobre 2010

Intervention sur Beur FM

Je suis intervenue mardi dernier dans le journal de 18 heures de Beur FM :

Selon Laurent Mucchielli, qui intervient en début de journal, l’État ne consacre pas assez de son budget aux banlieues. Savez-vous que Jean-Louis Borloo a affecté en 2003 une ligne de 42 milliards d’euros, sur une période de 10 ans, au seul programme de rénovation urbaine, avec les résultats minables que nous connaissons aussi bien sur l’insertion que sur l’intégration ? Si 4,2 milliards par an, ce n’est pas de l’argent, alors qu’est-ce exactement ? 4,2 milliards par an à un moment où notre pays vit, de surcroît, en empruntant chaque jour sur les marchés ! Et à cette enveloppe, il conviendrait d’ajouter toutes les lignes budgétaires consacrées notamment aux différents programmes de réussite éducative ainsi qu’au monde associatif. Tout cela pour quel retour sur investissement ?

Sur la question du financement des associations, j’avais suggéré au Ministre Éric Besson, lors d’une réunion, que soit lancé un véritable audit. Aujourd’hui, l’argent est distribué sans qu’aucune association ne voie son travail vérifié ni contrôlé. Pire, de l’argent est parfois versé par des institutions publiques sans qu’aucun appel d’offres n’ait été préalablement émis. C’est ainsi que des associations républicaines qui se consacrent au public des banlieues peuvent se retrouver sans financement, et en venir même à mettre la clé sous la porte, tandis que d’autres, non républicaines, sont financées par l’argent des contribuables ; un comble !

Notre pays paie au prix fort un manque flagrant de vision, le fait que les affectations de postes décisionnels et d’influence ne se font pas vraiment selon le mérite républicain, et surtout l’absence totale d’évaluation des bilans des hauts responsables, lesquels sont régis selon les règles du “jeu des chaises musicales”, un bien joli nom pour maquiller le fait que le monde politique est fermé à double tour et, à quelques exceptions près, interdit aux gens du peuple.

16:06 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags: hci, école, immigration, intégration, anru, borloo, besson, mucchielli |

24 octobre 2010

HCI : l’école menacée par le communautarisme

Voici le lien vers l’entretien que le Président du Haut Conseil à l’Intégration, Patrick Gaubert, a donné au Journal Du Dimanche, ainsi que le lien vers l’article rédigé par la journaliste Marie-Christine Tabet. Mme Tabet a eu accès à une version intermédiaire du rapport, qui a évolué depuis. J'ai été plus que surprise de retrouver ce document, qui est un document de travail, sur la toile. Les chiffres évoqués dans cette version, comparant l’immigration avec nos voisins européens, ne prennent pas en compte les deuxième et troisième générations issues de l’immigration. Autant dire que la conclusion apportée sur ce point, et qui se base sur des chiffres partiels, ne doit pas être prise en considération, car elle ne décrit pas la situation réelle à laquelle notre société se trouve confrontée.

Je dois vous dire que chez de nombreux hommes politiques et hauts fonctionnaires, la tentation est forte d’aller vers la facilité, en considérant notamment que la principale raison de la Berezina est sociale, et que la déghettoïsation constitue LA solution. Ils continuent d’évoquer cette déghettoïsation alors qu’ils savent pertinemment que l’État ne peut plus répartir ces populations, car les flux migratoires sont considérables, et le taux de natalité de ces mêmes populations est par ailleurs très élevé.

Il y a désormais des programmes de construction de logements sociaux dans les zones rurales, dans le but d’alléger la pression qui s’exerce sur les banlieues des grandes villes. Des associations se constituent parfois localement pour tenter de faire barrage aux projets des maires qui vont en ce sens. Je vous engage à vous y joindre si vous êtes concernés. A-t-on en effet déjà vu un pompier répartir les braises pour tenter d’éteindre un incendie ? Une voie qui amènerait les politiques à retrouver la raison, c’est qu’ils s’appliquent à eux-mêmes la mixité sociale qu’ils souhaitent imposer aux citoyens telle un remède miracle, et que leurs enfants en vivent au quotidien les conséquences. C’est là que nous verrions le bon sens revenir à eux à la vitesse grand V, ce qui serait très bon pour la France.

15:50 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags: hci, gaubert, immigration, intégration, école, jdd, tabet |

07 mai 2010

Savoir pour prévoir, afin de pouvoir

Je l’avais écrit dans Le puzzle de l’intégration et j’en avais reparlé sur mon blog, il était bien prévisible que l’assouplissement de la sectorisation scolaire aboutisse à faire plonger les établissements déjà en difficulté et à renforcer de ce fait la ghettoïsation.

Extraits de l’enquête sur l’assouplissement de la carte scolaire :

« Cependant, ce qui frappe le plus, c’est le mouvement qui affecte en cascade les établissements moyens au sens large : les “moyens-moyens”, les un peu défavorisés et les un peu favorisés. »

« Les établissements un peu défavorisés (c’est-à-dire encore marqués par une certaine mixité sociale) ont tendance à s’homogénéiser d’une façon générale mais plus encore là où il y a une situation de concurrence potentielle. »

« Tout se passe comme si l’assouplissement de la carte scolaire attisait le mouvement (latent ailleurs) de dégradation des établissements un peu défavorisés mais encore mixtes perdant une partie de leur population au profit d’autres, moyens ou un peu favorisés. »

Savez-vous quelle est l’idée politique qui circule à présent à ce sujet ? Les établissements les plus difficiles, ceux dont les résultats sont catastrophiques, seraient fermés, et leur population répartie dans d’autres établissements. Car c’est bien connu, lorsqu’un pompier se trouve face à un feu, le meilleur moyen pour lui de l’éteindre est de prendre les braises et de les disséminer !

Nous subissons désormais, dans nos vies quotidiennes, les conséquences de l’absence de savoir qui a placé la classe politique dans l’incapacité de prévoir juste et qui a conduit à une quasi-impossibilité d’agir du politique. Par ignorance, l’État s’est lui-même privé de sa capacité d’action en favorisant la montée en puissance de nouveaux acteurs qui sont loin d’être mus par le souci de l’intérêt général. Mais l’État a commis de surcroît une erreur qui pourrait s’avérer très lourde de conséquences : il a, dans le même temps, dépossédé son seul véritable allié, à savoir le peuple, de sa souveraineté. Art. 3 de notre Constitution : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » Dans les faits, le peuple a été privé de son bien le plus précieux, la capacité à décider de son propre destin, et nous pouvons malheureusement trouver bien des illustrations en ce sens dans une multitude de domaines.

Que faire lorsque le temps s’accélère et que l’on se trouve confronté au manque abyssal d’appétence pour le savoir et la connaissance, qui conduit à traiter les symptômes plutôt que les causes profondes ? Comme l’a si justement dit Auguste Comte, il faut « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

12:59 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags: carte scolaire, anticipation, prospective |