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05 janvier 2009

Les pépites de l’émission de BFM

Retour sur l’émission de BFM du 22 décembre ; en voici quelques pépites.


1) Au sujet des Français qui discrimineraient

Patrick Simon, socio-démographe à l’INED : « Quand on parle des concours par exemple, on a fait un travail d’enquête autour des concours à la haute fonction publique, un concours anonyme complètement, avec un jury qui vient ensuite compléter l’épreuve écrite. Eh bien la bonne nouvelle, c’est qu’au moment du concours, au moment du jury à l’oral et quand on reçoit les candidats, y’a pas vraiment de différence qui se fait en fonction de l’origine, ça c’est une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle c’est qu’à l’écrit, à l’écrit, les personnes d’origine immigrée réussissent moins bien que les autres alors même qu’elles ont les diplômes, alors même qu’elles ont les formations de qualité et qu’elles réussissent très très bien les épreuves techniques. Là où elles se font avoir c’est sur la culture générale. »

Nous avons ici la démonstration que « l’élite » sait parfaitement que les Français ne sont pas racistes, et que la cause de l’échec des personnes issues de l’immigration est imputable à d’autres raisons que des discriminations dont les Français de souche se rendraient coupables. Patrick Simon de l’INED le précise bien, lorsque des personnes d’origine étrangère échouent aux concours de la fonction publique, c’est en raison de leurs lacunes en culture générale. Ne trouvez-vous pas inadmissible que le gouvernement ait fait sauter le pré-requis de la culture générale aux concours de la fonction publique, alors qu’un fonctionnaire français est censé représenter, aux yeux du public, l’État français ?


2) Les arrière-pensées du Président de la République

Édouard Pellet, délégué à la diversité de France Télévisions : « lorsque le Président de la République a lancé la mission Veil, le 8 janvier, son arrière-pensée c’était bien de commencer par la diversité ethnoculturelle pour développer toutes les autres. »

Cette arrière-pensée du Président de la République, Luc Ferry l’avait également évoquée dans le journal du matin de France Culture, le 21 novembre dernier :

« Quand je vois, nous, avec Olivier Duhamel, dans la commission présidée par Balladur de la réforme des institutions, nous avions refusé de nous occuper du préambule de la Constitution parce que nous savions en fait que derrière cette mission, il y avait la volonté d’introduire de la diversité, c’est à dire de la discrimination positive dans le préambule de la Constitution et nous ne voulions pas le faire, en tout cas majoritairement dans la commission. Nous ne voulions pas le faire et c’est pourquoi le Président de la République a nommé Madame Simone Veil pour justement tenter d’introduire cette fichue discrimination positive dans le droit français et je pense que c’est honnêtement une catastrophe ! »


3) La dissonance identitaire responsable de l’échec de l’intégration

À ceux qui doutent encore du fait que le malaise de nombreuses personnes issues des dernières vagues d’immigration trouve sa principale source dans leur propre trouble identitaire (j’utilise dans mon ouvrage le concept de dissonance identitaire) :

Édouard Pellet : « Cette action positive, il eût fallu qu’ici, en France, on la prenne en compte. On ne la prend pas en compte. Pourquoi ? Parce qu’on préfère rester dans la logique de l’hypocrisie. Je m’explique : on peut être fier d’être d’origine auvergnate, mais pas d’être d’origine algérienne comme moi en étant très bleu-blanc-rouge, très français. Y’a quand même un truc qui ne tourne pas rond. Il ne faut pas toucher, paraît-il, il y a toute une logomachie, une logorrhée qui s’est instituée autour du système : ne touchons pas au sacré principe de l’égalité. » […]

« Pour les jeunes maintenant, c’est ce déracinement-là. Ils ne sont plus, j’allais dire, ils n’ont plus ce bout de racine parce qu’on essaie de les maintenir systématiquement dans la logique française laïque et principielle alors qu’en réalité les choses se situent ailleurs… Moi quand j’avais onze ans, au lycée Condorcet, le jeudi après-midi, pour que le lien soit maintenu avec ma culture d’origine, était assuré par un pion qui me parlait de l’histoire de l’Algérie, de l’Afrique du nord et qui me parlait en Arabe. Le jeudi après-midi, il devait ça à l’État ce pion-là… L’Éducation nationale est carente dans ce domaine-là. Depuis quelques années elle est carente… »


4) La menace qui pèse sur l’héritage français

Édouard Pellet : « On a le droit, on a le devoir, comme untel peut être d’origine auvergnate, pourquoi me nier mon origine algérienne ? Dès qu’on touche à ça ou à l’Afrique parce qu’il y a le problème de la couleur de peau, le référentiel couleur de peau n’existe pas dans la tradition française, on est indigène ou autochtone, grosso modo. Chez les Anglo-Saxons c’est plus simple, comme la religion d’ailleurs, c’est un référentiel qui existe chez les Anglais, chez nous pas. Donc on a le droit de se revendiquer d’une origine d’ailleurs sans être stigmatisé, sans s’estimer réduit et ça permettrait, à ce moment là, d’avancer par la voie de l’action positive pour que ce pays redevienne ce fléau [sic] de l’égalité qu’il n’est plus tout à fait. »

« Il y a un racialisme dans le fond culturel latent qui est hérité de la fin du XIXe siècle, qu’on le veuille ou pas, hein ? Hérité de Victor Hugo, et ce racialisme fait que dans l’inconscient collectif on considère l’autre dans sa différence ethno-raciale ou ethnoculturelle n’est pas à niveau avec nous. On n’en est pas sorti de cette logique, alors pour lutter contre ces mentalités, pour essayer de rétablir l’égalité pour tout le monde il faut des actions volontaires. »


5) Le refus de respecter les principes qui font Français, entre autres ceux de l’égalité républicaine et de la laïcité, est clairement assumé

Édouard Pellet : « À France Télévisions, on a infléchi les principes précisément sans le dire, et c’est une politique qui a été cooptée par, imaginez chez nous, au sein du groupe France Télévisions la vigilance des syndicats, surtout et notamment sur ce principe de l’égalité et le principe de laïcité et toutes ces politiques volontaires, elles vont se traduire dans la loi puisque dans la loi sur l’audiovisuel nous avons introduit un certain nombre d’amendements dont deux d’entre eux qui introduisent la notion d’ethnoculturel et vont pouvoir permettre, comment dire de légitimer cette démarche qu’on avait engagée. »

À titre d’éclairage, voici un extrait de l’article premier de la loi sur la communication audiovisuelle et du nouveau service public de la télévision à laquelle Édouard Pellet fait référence, loi qui vient d’être votée par les Députés « à l’insu de leur plein gré » et qui arrive sur les bancs du Sénat le 7 janvier :

« France Télévisions reflète dans sa programmation la diversité, notamment ethnoculturelle, de la société française et veille à engager une action adaptée pour améliorer la présence de cette diversité dans les programmes. »


6) Perpétuité de la discrimination positive

Édouard Pellet : « Moi, en tant que citoyen, je suis favorable à ce qu’il y ait un moratoire. Il faut qu’il y ait un débat public : ne doit-on pas mettre un moratoire sur l’article 1 de notre Constitution, pendant combien de temps ? Quatre ans, cinq ans, vingt ans, une génération ? J’en sais rien ! C’est ce débat public qui devrait permettre de faire avancer la France dans une voie qui correspondrait plus à sa vocation de carrefour des cultures et des hommes. »


Conclusion : « Faire avancer la France » ? Beaucoup de ce qui est entrepris aujourd’hui fera terriblement régresser la France. Rendez-vous compte, à l’heure où la France devrait concentrer toute son énergie et celle de son peuple à innover pour se frayer un véritable chemin dans la mondialisation, le temps, les deniers publics et l’énergie qui sont dépensés à tuer le mérite républicain, jusqu’à aller supprimer certaines épreuves de vérification des connaissances dans le recrutement des enseignants qui formeront les générations futures. Tout cela fera régresser la France jusqu’à en faire un pays sous-développé et croyez-moi, je sais de quoi je parle !

Si les dernières vagues d’immigration, otages de leur dissonance identitaire, n’avaient pas trouvé de merveilleux collaborateurs au sein des équipes dirigeantes en place, la France ne se trouverait pas dans une situation aussi périlleuse.

22:50 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags: sarkozy, discrimination positive, bfm |

03 janvier 2009

C'est pas la gauche, la France ! C'est pas la droite, la France !

Cher Ndjocka,

Vous voyez, je vais jusqu’à publier une réponse pour vous, et vous souhaite par la même occasion la bienvenue au royaume de la « liberté de pensée et de jugement » de mon frère d’âme Marc Bloch ; mon frère qui me manque et que j’aurais aimé rencontrer, tant je me retrouve en lui.

Votre deuxième commentaire, cher Ndjocka, étant parsemé de ce que je considère comme étant des insultes et parfois même des vulgarités à l’égard d’autres lecteurs de ce blog, je ne le publierai point. Quant à la lecture de mon ouvrage en vous pinçant le nez : de grâce, épargnez-vous, en ces temps de nouvelle année propices aux bonnes résolutions, et consacrez plutôt ce temps à donner aux autres de la chaleur humaine. Je crois en le sourire et la main tendue aux autres, bien davantage qu’en la hargne envers ceux qui sont différents : « Dans ma civilisation, celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit ». Mais encore faudrait-il être disposé à vouloir s’enrichir. Là est l’un des plus gros et dangereux défis que la France devra réussir à relever au sujet des enfants issus de l’immigration qui crachent sur le contenu des programmes scolaires. J’ai co-dirigé un groupe de travail sur l’école et l’insertion dans le monde économique. Ce n’est pas à moi que l’on viendra raconter des fadaises au sujet de l’échec scolaire, puis social, des enfants de l’immigration. Les fadaises, ça fonctionne seulement avec les notables de la politique et des médias qui ne voient le monde que depuis leurs confortables fauteuils…

Pour ce qui est de l’Afrique, j’ai le regret de vous dire que les nombreux excellents élèves d’Afrique qui avaient eu la chance de venir s’asseoir sur les bancs des universités algériennes, grâce au gouvernement algérien, ne partageaient pas votre opinion quant à l’origine de leurs malheurs ; mais alors, pas du tout. Selon leurs vécus, ce n’était pas vers le passé de la France qu’il fallait se tourner pour rechercher la responsabilité de leur misère, mais du côté de leur propre pays et classe dirigeante, ainsi que du côté de toutes leurs élites qui, au lieu de se battre pour faire évoluer leur propre société, préféraient aller vivre sous des cieux plus cléments qui leur offraient du matériel consommable à très court terme. Que serait la France si ses élites intellectuelles et économiques avaient autrefois préféré partir vers l’Amérique plutôt que de préparer le peuple à se relever et à se tenir debout ? En Algérie, les immenses fortunes qui s’étaient faites en quelques mois ou petites années (cherchez l’erreur), préféraient aller s’investir en Europe. Ouvrez les yeux, vous en trouverez, et même de très connues à Paris même. Ces personnalités qui viennent aujourd’hui donner des leçons de morale aux Français, et leur dire qu’il est hors de question pour leurs enfants d’accepter d’apprendre à l’école que leurs ancêtres étaient des Gaulois, et qu’il faut, pour eux, rétablir les privilèges à la naissance, rebaptisés pour l’occasion « volontarisme républicain » ou « égalité réelle ».

La révolution douce est désormais en marche. Le train a déjà quitté la gare. Vous serez tous étonnés et heureux de réaliser combien la mémoire collective des Français est encore vive, car « La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. C’est pas la gauche, la France ! C’est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français comme de tout temps, ressentent en eux des courants… Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable. » (interview radiotélévisée du Général de Gaulle du 15 décembre 1965).

Merci à tous nos grands hommes passés, présents et à venir !

10:32 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags: intégration, de gaulle |

12 novembre 2008

« Du grain à moudre » sur France Culture

J’ai participé ce soir à l'émission Du grain à moudre sur France Culture, sur le thème « La repentance favorise-t-elle l’intégration ? » ; émission que j’apprécie particulièrement, car elle est animée par deux brillants journalistes, Julie Clarini et Brice Couturier, qui permettent à la pensée de s’exprimer, et aux vrais débats de s’installer.

Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de l’émission.

Partie 1 (durée: 12 min.)

Partie 2 (durée: 10 min.)

Partie 3 (durée: 12 min.)

Partie 4 (durée: 10 min.)

21:49 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags: repentance, intégration, france culture |

12 juillet 2008

Qu’est-ce qu’être Français ?

Extraits du Puzzle de l’intégration :

« Mais le problème auquel nous sommes confrontés, c’est que même si la majorité de ces immigrés ont opté pour l’acquisition de papiers d’identité français, ils n’en demeurent pas moins perçus comme des immigrés par les Français, car ils ne leur paraissent pas culturellement intégrés ; c’est-à-dire qu’ils ne les reconnaissent pas comme porteurs du même idéal de société […] Ce n’est que lorsque la nationalité attribuée par la France sera redevenue réelle, et non factice, que les Français cesseront d’éprouver le besoin de parler de “Français de souche” et de “Français d’origine étrangère”. C’est la France qui, en donnant sa nationalité à un nombre considérable de personnes qui ne portaient pas son idéal, s’est rendue coupable de l’introduction de la notion de deux classes de Français. »

[…]

« Dans la mesure où s’intégrer dans une communauté nationale, c’est être reconnu par les autres membres de cette communauté, si un migrant n’est pas identifié comme inséré, il n’y a aucune chance qu’il puisse être reconnu et intégré. »

[…]

« Si la France sait aller au bout de la logique de préservation de sa stabilité intérieure, elle sera bien heureuse de constater qu’un grand nombre des familles de l’immigration préfèreront se résoudre à laisser leurs enfants s’insérer, et même à les y encourager […] Le jour où chacune de ces familles sentira qu’elle risque individuellement d’être placée devant un choix qui pourra s’avérer pour elle lourd de conséquences, elle se mettra à réfléchir en fonction de ses seuls intérêts. Elle recouvrera ainsi son indépendance. Ce jour-là, elle redécouvrira par la même occasion que ses intérêts peuvent aller dans le même sens que ceux de la société française, et de la République. »

__________

Extrait de la circulaire du 24 février 2005 sur laquelle s’est appuyé le Conseil d’état pour refuser la nationalité française à une personne d’origine étrangère non insérée :

« Les services préfectoraux ou consulaires, saisis d’une demande d’acquisition de la nationalité française à raison du mariage, procèdent à une enquête destinée :

- à vérifier la communauté de vie tant affective que matérielle entre les époux ;

- à évaluer, selon sa condition, le degré de connaissance de la langue française du déclarant lors d’un entretien individuel donnant lieu à un compte rendu ;

- à apprécier son degré d’assimilation à la communauté française ;

- à apprécier sa conduite et son loyalisme. »

22:55 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags: intégration, nationalité, conseil d'état |