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31 mars 2010

Combien l’État consacre-t-il à la politique d’immigration ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne me semble pas que cette question pourtant cruciale, car elle concerne directement la capacité d’accueil, d’insertion et d’intégration de la France, ait jamais été abordée de manière totalement transparente. Pourtant, depuis trente ans, l’État français (qu’il soit incarné par la droite ou par la gauche) est accusé de ne rien faire, ou au mieux de ne pas faire suffisamment. Puisque l’État ne réagit pas aux attaques, son silence tend à accréditer cette thèse aux yeux des citoyens. Mais pour se permettre de porter une telle attaque, ses accusateurs disposent forcément de données chiffrées : il est maintenant nécessaire qu’ils les communiquent à l’opinion publique. Leur responsabilité est en effet pleinement engagée, car la haine que nous voyons se déployer contre notre société, et surtout contre ceux qui l’incarnent (policiers, gendarmes, pompiers, enseignants, médecins…), puise une partie de sa force dans ces accusations que propagent de nombreuses associations, des intellectuels, mais malheureusement aussi des femmes et des hommes politiques.

Des études ont déjà été menées sur cette question budgétaire, et les chiffres avancés par différents chercheurs convergent dans leurs ordres de grandeur. Quels sont-ils ?

Lorsque l’on calcule la différence entre les dépenses consenties par l’État et les recettes qu’il a récoltées au poste « immigrés et populations issues des dernières vagues d’immigration », on obtient un déficit d’environ 24 milliards d’euros par an. À ce chiffre qui constitue un perte nette, il convient d’ajouter 12 milliards d’euros par an pour la politique d’intégration, qui inclut entre autres l’éducation, le logement, la santé, la politique de la ville. Ce dernier montant constitue un investissement dont on espère qu’il produira des résultats en termes d’intégration. Au total, l’État débourse donc en moyenne 36 milliards d’euros par an pour sa politique d’immigration-insertion-intégration. D’aucuns diront que ce n’est rien ; je considère pour ma part que ce chiffre est vertigineux !

Je suis convaincue que l’État, quelle que soit sa couleur politique, gagnerait grandement à rendre publique la réalité de l’ampleur de sa mobilisation sur cette question. Cela contribuerait à dissiper un certain nombre de malentendus, et aiderait à la construction du fameux socle de reconnaissance que j’ai souvent évoqué, et qui marque la nette différence entre les descendants de l’immigration intra-européenne et ceux de l’immigration extra-européenne. Dire la vérité diluerait grandement le poison de la haine que les accusateurs de l’État ont injectée dans le cœur des populations issues de l’immigration maghrébine et africaine.

À ceux qui souhaitent connaître le détail des chiffres, je recommande la lecture de l’ouvrage L’immigration, ça coûte ou ça rapporte ? de l’expert international Jean-Paul Gourévitch, aux éditions Larousse. Quant à ceux qui contesteraient la réalité de ces chiffres, c’est simple, qu’ils fournissent les leurs ! Avec bien entendu, comme le font les chercheurs dignes de confiance, leur ventilation par poste et leurs méthodes de calcul.

22:54 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags: immigration, insertion, intégration |

27 mars 2010

De la violence en milieu scolaire

À écouter absolument ! Répliques d'Alain Finkielkraut du samedi 27 mars 2010.

Pour ceux qui ont lu Le puzzle de l’intégration, vous noterez, à l’écoute de l’émission, que j’avais déjà presque tout décortiqué dans mon ouvrage. J’y avais même proposé l’ensemble des solutions qu’il était urgent de mettre en œuvre. Véronique Bouzou a signé son livre « Ces profs qu’on assassine » ; c’est en réalité la France qu’on assassine, et il est grand temps que les Français le réalisent, car l’Histoire pourrait bien les qualifier de complices de ce crime. Que cette complicité soit passive ou active, peu importe, car le résultat est le même !

 
Véronique Bouzou
Ces profs qu’on assassine
J.C-Gawsewitch - avril 2009
 

Ces profs qu’on assassine

« Ménage-toi ou tu vas finir à la Verrière ! » Cet avertissement, c’est un professeur qui l’adresse à un collègue au bout du rouleau. La Verrière est un hôpital psychiatrique qui accueille des enseignants en dépression ou atteints de névroses en tout genre. Des murs de l’école à ceux de l’asile, il n’y a souvent qu’un pas…

Régulièrement agressés verbalement, physiquement, abandonnés par leur hiérarchie, traînés devant les tribunaux, les enseignants sont aujourd’hui à bout de forces. Le taux élevé de suicides dans la profession témoigne de ce mal-être. Alors que les médias se font l’écho de ces événements tragiques, le désespoir des enseignants demeure un sujet tabou dans l’Éducation nationale.

Professeur de français depuis douze ans en zone dite « sensible », Véronique Bouzou tire la sonnette d’alarme. À travers une enquête menée sur le terrain, elle cherche à expliquer les désarrois du corps enseignant plus que jamais démobilisé, en quête de repères.

10:01 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags: alain finkielkraut, bouzou, violence, école |

23 mars 2010

Les yeux grands fermés

Selon la presse, le Premier ministre souhaitait un large remaniement. Au vu du sévère avertissement que le corps électoral vient d’adresser au pouvoir politique, et l’abstention en est un témoin majeur, c’eût été en effet la moindre des choses. Mais le Président de la République, qui connaît peut-être la loi de conservation de la masse de Lavoisier, a choisi de l’appliquer à la lettre : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Les Français ont donc eu droit à un petit jeu de chaises musicales, jolie expression qui désigne en réalité le recyclage du personnel politique, dont la France est la principale victime depuis des décennies ; jeu de chaises également assorti de la récupération de personnalités identifiées comme des opposantes, stratégie éculée qui vise à en diluer le « venin ». Pour la rupture attendue depuis 2007, le peuple français patientera encore. Selon le Figaro, « l’UMP s’est félicité du remaniement Fillon, saluant la “volonté de l’exécutif de rassembler toutes les sensibilités de la majorité présidentielle” ». Ce remaniement ne concernait donc pas du tout la France et les Français, mais bien uniquement l’UMP et ses courants internes…

J’ai une petite pensée pour Xavier Darcos. La culture est en effet si peu répandue dans ce monde politique, que cela me fait toujours bien de la peine de voir partir un lettré !

Je souhaite à présent mentionner la sortie du livre que vient de publier Michèle Tribalat, démographe et directrice de recherche à l’Ined : Les Yeux grands fermés, L’immigration en France.

Voici quelque extraits d’un entretien que Michèle Tribalat a accordé à l’Express.

Michèle Tribalat : Pouvoirs publics, médias, experts n’inventent pas des chiffres, mais ils privilégient les instruments qui relativisent l’immigration et présentent ses effets sous un jour favorable ou, lorsque ce n’est pas possible, qui mettent les immigrés ou leurs descendants en position de victimes.

L’Express : Pourtant l’immigration est, selon de nombreux observateurs, utile à notre économie ?

Michèle Tribalat : C’est ce que l’on nous martèle de tous côtés, mais je n’ai pas lu beaucoup d’études traitant de la question en France. Cette insistance contraste avec le silence assourdissant qui a accueilli le rapport du CAE, silence qui montre le peu d’intérêt pour la réalité, ou tout au moins pour un diagnostic éclairé. Et les études qui sont disponibles, souvent réalisées aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ne mettent pas en avant une augmentation décisive du produit intérieur brut [PIB] par habitant due à l’immigration. Les nombreuses études étrangères s’accordent généralement pour constater un effet négatif sur les plus bas salaires lorsque l’immigration est faiblement qualifiée. […]

Michèle Tribalat : L’immigration familiale a changé : elle n’accompagne plus à distance, comme autrefois, le flux d’entrées de travailleurs. Elle comprend désormais des unions dites mixtes entre Français et étrangers, dans lesquelles le conjoint français est bien souvent d’origine étrangère. Ces unions ouvrent ainsi un droit à immigrer à un étranger qui vient du même pays que celui des parents de son conjoint français.

L’Express : Un débat sur l’immigration est donc impossible ?

Michèle Tribalat : Il est difficile. C’est sans doute en partie lié au passé (colonisation, Shoah…). Je crois aussi que nous n’avons pas, comme les anglo-saxons, le culte de la libre expression. Ce n’est pas, chez nous, une question fondamentale. Au Royaume-Uni, par exemple, même si le débat est virulent, des positions divergentes peuvent s’exprimer. En France, s’interroger sur les bienfaits annoncés comme inévitables de l’immigration, c’est déjà pécher. Être en faveur d’une politique migratoire plus restrictive est forcément répréhensible. On fait alors immédiatement partie des “méchants” qui ne veulent pas accueillir des malheureux, et l’accusation de racisme n’est jamais bien loin. Nous n’avons pas le goût de la vérité.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’entretien sur le site de l’Express. Michèle Tribalat fait partie des personnes à lire, et dont les analyses méritent d'être largement relayées.

10:36 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags: fillon, sarkozy, immigration, tribalat |

11 mars 2010

Une réalité que les Français ignorent…

La cause est entendue, la France est cette horrible bonne femme responsable et coupable du malheur des populations de l’immigration. À en croire tout ce que l’on donne à lire et à entendre aux Français, ces populations sont arrivées pauvres dans notre pays, et y sont devenues misérables.

Dans Cahiers français (La Documentation Française, sept.-oct. 2009), Benoît Normand nous livre une information très précieuse : « L’enquête nationale sur le logement, réalisée en 2006 par l’INSEE, fait apparaître que les conditions de logement des immigrés, en comparaison des autres populations, sont satisfaisantes pour ce qui concerne le confort, mais non pour ce qui concerne le peuplement du logement, du fait de la plus grande taille des ménages […] Le taux d’immigrés propriétaires de leur logement est passé de 34% en 1992 à 40% en 2002, les personnes nées françaises étant 56% à être propriétaires à cette dernière date […] » 40% de propriétaires, c’est une réalité que les Français ignorent et que les nombreux médias prompts à fustiger la France se gardent bien de crier sur les toits.

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Différents journaux ont fait état de la volonté du Président de la République de placer la Halde sous tutelle. La chose semble difficile car, comme vous le savez, la France n’est plus un pays libre. Même ses plus hauts dirigeants sont en effet placés sous la puissance de feu de la pensée unique. Courage, M. le Président, ce n’est pas une mise sous tutelle de la Halde dont la paix civile dans notre société a besoin, mais bien de sa dissolution. S’il faut y aller graduellement et en passer par la tutelle pour des raisons de stratégie, alors allons-y !

Nous pouvons d’ores et déjà parier sur le fait que l’immigration-intégration-identité sera de nouveau LE sujet de la prochaine présidentielle. J’avais déjà écrit que tant qu’il n’aurait pas été traité et même réglé, ce sujet se réinviterait à chaque élection majeure. C’est bien naturel, car c’est de lui que dépend l’avenir du peuple français.

22:14 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags: immigration, logement, halde, sarkozy |