Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07 mai 2021

Comment les élites de commandement ont réparti les braises à travers le territoire national

Pour ceux qui souhaitent cerner la réalité des enjeux et défis et sortir de l'écume des vagues et des approches simplistes et binaires, voici des extraits de mes livres. Comme l'avait écrit Marcel Gauchet dans la revue le Débat :  "Malika Sorel est la seule à s’être préoccupée de comprendre le processus d’intégration et à mettre en lumière les conséquences ravageuses qu’entraîne la méconnaissance des données de base de ce processus".

 

Extrait de Décomposition française : comment en est-on arrivé là ?

Les élites de commandement, celles qui ont le pouvoir de décider de la trajectoire, doivent admettre qu’elles se sont trompées, qu’elles ont fait emprunter une route dangereuse à la France.

Le commandement a failli, et plutôt que d’admettre ses erreurs et tenter de corriger la trajectoire, il a persisté, et persiste encore, à emmener la France vers le chaos. Ce qui se produit défie l’entendement.

 

Extrait de mon ouvrage Le Puzzle de l'intégration (2007) 

La contestation de l’autorité des policiers par les jeunes n’est pas liée aux qualifications des forces de l’ordre. Cette non-reconnaissance, voire ce refus de leur autorité, tient en partie, comme cela est souvent avancé, au désir de certains de soustraire de l’autorité de la République des territoires qu’ils ont annexés pour y mener une vie paisible à l’ombre de l’économie parallèle. Elle n’est pas sans rapport non plus avec la symbolique de l’uniforme, puisque cet uniforme représente une société qu’ils rejettent avec vigueur et dont ils ne souhaitent pas respecter les lois, car ils ne les reconnaissent pas. Ils ne rejettent pas du tout cette société parce qu’elle les aurait rejetés (ça, c’est l’explication « vitrine » qui leur a été fournie par de « savants spécialistes » et par la gauche). Ils la rejettent uniquement parce qu’elle n’est pas conforme à leur système de valeurs et d’idéaux. C’est d’ailleurs pour la même raison que les enseignants, qui sont eux aussi des symboles de la République, sont agressés. L’erreur est de continuer à penser que les « jeunes » sont des électrons libres. Ils ne le sont pas. S’ils sont en position de camper si fort sur leurs positions extra-sociétales, c’est qu’ils savent qu’ils bénéficient du soutien pas nécessairement réfléchi de leurs tuteurs légaux, et de l’aubaine de l’intoxication des esprits liée au « politiquement correct ». Une action sur les seuls jeunes ne suffira donc pas, car, une fois extraits de la société, ils seront aussitôt remplacés par leurs puînés sur le « terrain » de l’action. Il est nécessaire de faire prendre conscience aux parents que leurs attitudes sont loin d’être sans conséquence et qu’il leur est possible de ne pas entraver l’insertion de leurs enfants dans la société.
Il est essentiel de relever que cette vive antipathie de certains enfants de l’immigration pour leur pays d’accueil n’est jamais ressentie pour leur pays d’origine, qui est pourtant celui qui a poussé leurs familles à l’exil et les a donc privés d’une existence dans une société conforme à leur système de valeurs. Preuve s’il en fallait encore que le véritable amour, sincère et désintéressé, n’est pas lié à des contingences matérielles.

 

 Extrait de mon ouvrage Immigration, intégration : le langage de vérité (2011)

De plus en plus de parents de France sont malheureusement concernés par les problèmes identitaires qui se concentrent sur les enfants de l’immigration et les amènent de plus en plus souvent à perturber le climat au sein des établissements scolaires. Nul n’est désormais à l’abri de voir des élèves au langage atrophié et à la scolarité conflictuelle se retrouver, par la magie de la loi SRU ou du busing, dans la classe de ses enfants. Il suffit parfois d’un seul élève perturbateur pour plomber l’ambiance de travail d’une classe et en freiner la progression. Il n’est aujourd’hui plus possible aux parents de déléguer l’entière formation de leurs enfants à l’école de la République, car les enseignants sont confrontés à des problèmes de discipline chronophages qui les empêchent d’assurer l’intégralité des programmes.

La loi SRU n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, qui oblige les communes à accepter un quota de 20 % de logements sociaux. Le but avoué est d’accroître la mixité sociale, dans le but non avoué de «déghettoïser » les quartiers sensibles… donc de répandre les braises à travers le territoire. Étrange que cette nouvelle méthode d’extinction des feux. Gageons qu’elle amplifiera à terme les problèmes sur le territoire national, puisqu’elle n’a été préalablement accompagnée d’aucun traitement de la source des difficultés.

Tout événement tragique survenant dans une banlieue «sensible» est désormais exploité par certains de ses habitants pour déclencher des expéditions punitives contre notre société et ses représentants. En dehors de ces occasions, il suffit de se plonger dans le quotidien des pompiers, médecins ou enseignants de ces quartiers pour prendre la mesure du défi que nous devons tous participer à relever, afin d’éviter la dislocation de la France.

L’impunité dont ont longtemps joui les adolescents et jeunes adultes issus de l’immigration les a renforcés dans leur détermination à affronter la République et ses représentants. Ils savent à présent très bien qu’ils ne risquent pas grand-chose, selon leur propre subjectivité, et la prison est même vécue par certains comme une distinction au sein du groupe, celle d’avoir eu le courage d’en découdre avec l’État ou ses représentants.

 

15:25 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: identité, police, sécurité, éducation |

08 avril 2021

Que les femmes en Occident s'y préparent : le statut de la femme est inférieur à celui d'un homme

La perception du corps féminin est un élément fondamental de l’identité culturelle. C'est ce que Madame Ursula von der Leyen vient d'apprendre à ses dépens.

Dans un message publié mercredi soir, Charles Michel a regretté « le traitement différencié voire diminué » de la présidente de la Commission, reléguée lors d'une réunion avec Erdogan. Pour Marc Pierini, ancien ambassadeur de l'UE en Turquie : « C'est un gage de plus donné aux religieux conservateurs turcs », affirme-t-il.

Voici ce que j'écrivais dans Marianne au sujet du projet de loi “séparatisme”, celui qui a pour ambition de conforter les principes de la République : « Ce projet de loi laisse de côté deux points majeurs qui participent à sculpter les contours du séparatisme. Le premier a trait à la hiérarchie entre la loi des hommes et les commandements religieux dans la gestion des affaires de la cité. (...) Le deuxième point, c’est la perception du corps de la femme dont découle, en bonne part, son statut. »

Et les élites européennes – femmes et hommes – persistent dans leurs programmes irresponsables de flux migratoires intenses en provenance de pays qui ont les commandements religieux comme principes organisateurs de la cité ! Le cynisme sans borne de ces élites les a amenées à imposer à leurs peuples l'idée selon laquelle seuls les corps se déplacent, et non l'identité. Pour la définition de l'identité, prière de se reporter à mes ouvrages.

Ce sont nous les femmes, toutes sans exceptions, donc y compris les occidentales, qui en paierons le prix, et cela a déjà commencé. L'actualité abonde d’exemples qui viennent le souligner. Mais qui s'en soucie ? Nobody. Pas même les femmes décideurs qui sont des hommes comme les autres : c'est leur intérêt personnel qui prime, comme j'ai pu le constater lors de mon voyage à l'intérieur du Système.

15:53 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: von der leyen, séparatisme, identité, erdogan, éducation |

22 février 2021

Islamo-gauchisme : beaucoup de bruit pour ne rien changer

On aurait tort de s'en tenir au seul islamo-gauchisme. En effet, si seule la gauche avait laissé faire, notre société n'en serait pas là. Bien sûr, certains ont été plus actifs que d'autres, mais il n'en demeure pas moins que le refus d'agir et pire encore, le consentement à une multitude de concessions et accommodements a été le fait de beaucoup de monde sur l'échiquier politique. Dresser l'inventaire des conséquences de ces actions délétères demeure un passage obligé pour espérer pouvoir sauver notre société. Sans cet inventaire, il n'y a guère de chance pour que se produise la salutaire prise de conscience prélude au sursaut, puis au redressement national. Je crains que malheureusement, cet inventaire n'ait jamais lieu. En effet, trop d'intérêts sont en jeu. Aussi, les polémiques continueront et, une nouvelle fois, la France sera la principale victime de beaucoup de bruit pour ne surtout rien changer. Business as usual.

Aujourd'hui, le monde politico-médiatique s'excite et s'agite dans tous les sens. Le but ? Donner le sentiment au peuple déboussolé que l'ampleur du phénomène, et surtout sa gravité, n'ont été découverts qu'à cette heure. Le cynisme à l'état pur.

Le 21 avril 2014, dans un entretien au Figaro, j'évoquais les graves dysfonctionnements dans les universités. Je rappelais également que le rapport du Haut Conseil à l'Intégration dans lequel je siégeais avait, dès 2013, alerté sur les dérives communautaires qui se produisaient. Quel avait été le destin de ce rapport ? L'État avait refusé de le publier.

Que s'est-il passé à l'époque de cet entretien, c'est-à-dire quand il était encore temps d'agir avec efficacité ? À part enterrer le rapport du HCI, rien. Aucune action politique digne de ce nom n'est venue conforter le respect des principes républicains. Pire, la plupart des décisions politiques n'ont eu de cesse d'alimenter le communautarisme, de le renforcer. Force est de constater que cela continue.

Extrait de mon ouvrage Décomposition française :

“Au HCI, nous étions informés d’un grand nombre de dérives qui se produisaient dans nos universités. Le pouvoir politique et la hiérarchie universitaire ont toujours été informés de tout. (…)”

“Pour Christian Mestre, doyen de la faculté de droit de Strasbourg, « il y a trop de gens complaisants dans ce milieu, qui n’ont pas envie de faire des vagues ». Les problèmes qui se posent sur le terrain ne sont pas récents. Ils se sont aggravés au fil du temps, répandus à travers le territoire, par la faute des gouvernants, qui ont refusé de les traiter. Lors de nos travaux, au HCI, nous avons été stupéfaits de constater que ces problèmes pouvaient se poser partout, jusqu’au sein des classes préparatoires aux grandes écoles, ce qui tord le cou à la théorie de ceux qui osent encore dire à l’opinion publique que tout ne serait que conséquence de méconnaissance ou encore d’ignorance. De jeunes hommes refusent de passer l’oral avec un professeur femme, ou l’étude de la pensée de philosophes tels que Voltaire ou Thomas d’Aquin y est contestée.

En 2004, la Conférence des présidents d’université avait déjà été saisie d’un si grand nombre de problèmes qu’elle avait dû élaborer un « guide laïcité et enseignement supérieur » pour aider le personnel à faire face sur le terrain (…)

Tous les ministres de l’Enseignement supérieur qui se sont succédé depuis plus de dix ans étaient informés ou auraient dû l’être. Il suffit de retrouver leur appréciation sur ce sujet pour connaître ceux qui, avec leurs relais courtisans au sein de la structure, ont préféré adopter la stratégie du « pas de vagues » qu’évoque Christian Mestre. Ce sont nos autruches. C’est bien parce que les problèmes n’ont pas été traités au niveau politique qu’ils n’ont eu de cesse de s’amplifier sur le terrain. Dès 2004, la loi sur les signes religieux aurait dû être étendue à l’enseignement supérieur. Le climat sur les campus aurait été autre.”

15:52 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: éducation, université, islamo-gauchisme |

08 février 2021

Énième plan banlieue, Égalité des chances : France info, l'instant politique

Vendredi 5 février, j'étais l'invitée de France info pour porter la contradiction à la ministre déléguée à la ville, Nadia Hai, élue de Trappes. Il s'agissait d'évoquer le énième "plan banlieues" présenté la semaine précédente par le Premier ministre Jean Castex. Un nouveau plan Borloo, comme l'a d'emblée évoqué le journaliste Gilles Borstein. Encore des milliards et des milliards déversés et qui ne résoudront en rien la crise majeure dans laquelle la société française s'enfonce, désormais à grande vitesse.

Je m'exprime à partir de 36'12, mais je vous conseille d'écouter toute l'émission car elle est fort instructive, y compris lorsqu'il est question du voilement des petites filles et des femmes. Ce n'est pas un hasard si j'ai écrit que la question du statut de la femme est la plus importante qui soit. C'est elle qui sépare les cultures.

Propos introductif de Gilles Borstein : "Bonsoir Malika Sorel. Merci d'avoir patienté. Vous êtes essayiste, ancien membre du Haut Conseil à l'Intégration et vous êtes l'auteur d'un livre assez remarqué, Décomposition française chez Fayard, qui a reçu un prix de la Société des Membres de la Légion d'Honneur. Vous avez écouté la ministre présenter son plan mais vous, vous avez le sentiment que le problème des quartiers n'est pas, comme toujours, un problème d'argent. La ministre est en face de vous, expliquez-lui pourquoi".

Malika Sorel-Sutter : "C'est un plan qui ne donnera strictement rien comme tous les plans ruineux qui se sont succédé. On nage en pleine hypocrisie parce qu'on ne veut pas dire les choses. On parle de mixité sociale. En réalité, ce n'est pas du tout ça. La problématique, c'est la problématique de la mixité culturelle et donc, de l'intégration culturelle".

Et le plus important, c'est ce qui suit. Lorsqu'à la toute fin du débat, je dis à la ministre déléguée Nadia Hai qu'en Algérie, nous étions 40 par classe et que cela ne posait pas de problème alors qu'en France, le gouvernement en arrive à 12 élèves par classe, elle ne trouve rien d'autre à répondre que : "Oui, mais, Madame,  l'Algérie n'est pas multiculturelle comme la France" et je lui ai répondu : "justement, les Français refuse le multiculturel."

Nous sommes donc bien - et je l'ai toujours dit et écrit-, confrontés à une problématique de mixité culturelle et non de "mixité sociale" !

Revoir l'émission

Pour Information, extrait de mon article publié chez Atlantico : "Quel crédit accorder au Premier ministre quand il annonce vouloir lutter contre les effets dévastateurs du trafic de drogue, ou au ministre de l'Intérieur lorsqu’il évoque l'existence d'une crise de l'autorité et la nécessité de « stopper l’ensauvagement d’une partie de la société » quand on sait que, dans le même temps, la députée de Trappes, nommée au ministère de la ville, a dû démissionner de son mandat électif pour une raison à peine croyable révélée par le Figaro : son suppléant a été mis en examen fin 2019 dans une enquête portant sur un trafic de stupéfiants entre le Maroc et la France. Preuve que le caractère surréaliste de la situation n’a pas échappé au parti présidentiel, le chef de file des députés LREM, Gilles Le Gendre, a expliqué que cette démission permettait d’“éviter une situation qui aurait pu être embarrassante”, le dit suppléant devant dès lors siéger à l’Assemblée nationale. Qu’une telle situation ait pu se produire sans susciter la moindre réaction de la part des partis politiques d’opposition en dit long sur ce communautarisme allègrement cultivé par les élites alors même qu’elles lui imputent, à raison, la responsabilité de la partition selon le mot de François Hollande, ou du séparatisme selon la formule d’Emmanuel Macron. Des termes différents pour désigner une même réalité, celle d’une décomposition française en marche ou d’une libanisation de la France comme je l’évoquais lors de mon audition par la commission Veil de révision du préambule de la Constitution."

16:19 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: culture, éducation |

27 janvier 2021

"Ces deux angles morts majeurs de la loi sur le séparatisme"

logo_marianne.png

Malika Sorel-Sutter, prix « Honneur et Patrie » de la Société des membres de la Légion d’Honneur pour « Décomposition française » (Fayard) et ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration, analyse les faiblesses du projet de loi sur le « séparatisme ».

Le projet de loi confortant le respect des principes de la République comporte quelques mesures intéressantes, notamment celles qui ont pour objet un meilleur contrôle des associations. En vérité, la question à l’aune de laquelle doit être jugé le projet de loi confortant les principes de la République est de savoir si son application aurait pu éviter « les tensions observées dans la société française et susceptibles de menacer l’unité de la Nation », selon les termes de l’avis rendu par le Conseil d’État.

DES ANGLES MORTS

Or ce projet de loi laisse de côté deux points majeurs qui participent à sculpter les contours du séparatisme. Le premier a trait à la hiérarchie entre la loi des hommes et les commandements religieux dans la gestion des affaires de la cité. C’est là que réside la véritable scission entre les sociétés laïques et celles qui ne le sont pas, et c’est pourquoi le président égyptien Al-Sissi, lors de sa venue en France, a déclaré que « les valeurs religieuses doivent avoir la suprématie sur les valeurs humaines. » L’Égypte, parce qu’elle abrite l’institution Al-Azhar qui rappelle ce qui doit être, occupe un rang particulier aux yeux de la rue musulmane. En France, 57 % des jeunes musulmans pensent que la charia est plus importante que la République (Ifop, nov. 2020). Pourtant, dans ce projet de loi, aucune mention du rôle que les parents doivent jouer. Or nous savons à quel point la période de la toute petite enfance, au travers des liens précoces, joue un rôle déterminant dans le processus d’apprentissage des normes et connaissances.

Le deuxième point, c’est la perception du corps de la femme dont découle, en bonne part, son statut. Comme l’avait identifié Emmanuel Todd dans Le destin des immigrés, « le statut de la femme, bas ou élevé, est essentiel car il définit en lui-même un aspect de l’existence sur lequel les peuples ne sont guère prêts à transiger ». Nous sommes là au cœur de la problématique de l’identité. Comme le précise le chef de l’État aux Mureaux, où il expose sa stratégie qui « tourne autour de cinq piliers principaux » – allusion manifeste aux cinq piliers de l’Islam –, une série de « dérives se sont produites » de la part d’« agents qui exercent des services délégués par la commune, par le département, par l'État ; et donc qui portent ces signes dans le cadre de leurs missions. » Le projet de loi s’ouvre sur l’extension de l’obligation de neutralité à toute entité chargée de l’exécution d’un service public. L’accompagnement des sorties scolaires par les parents n’étant pas mentionné, il est légitime d’en déduire que ces sorties sortent désormais du cadre du service public de l’Éducation nationale. Il convient donc de les retirer de la scolarité.

"Dans ce projet de loi, pas un traître mot sur l’immigration, hormis une mention relative aux polygames"

Dans son discours aux Mureaux, le Président a parlé de la « concentration de populations souvent en fonction de leurs origines, de leurs milieux sociaux. » Aussi, le projet de loi comporte des « dispositions relatives à la mixité sociale dans les logements » pour retirer aux maires certaines prérogatives au profit du gouvernement, habilité à intervenir par ordonnances. C’est le durcissement de la loi SRU de décembre 2000. Comment une telle situation, devenue insoluble, a-t-elle bien pu advenir alors même que les conséquences des flux migratoires sont parfaitement connues depuis 40 ans ? En témoignent les propos de 1981 de Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste. Il évoquait « les charges d’aide sociale nécessaires qui deviennent insupportables pour les budgets des communes », et des « familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes », rendant « difficiles leurs relations avec les Français. » Sa proposition ? « Stopper l’immigration officielle et clandestine. » Or, dans ce projet de loi, pas un traître mot sur l’immigration, hormis une mention relative aux polygames.

ABANDON DE L'ASSIMILATION

Reprenant à son compte l’antienne selon laquelle la provenance des fonds qui financent les cultes constitue l’alpha et l’omega, le Président expose son stratagème : renforcer le contrôle des associations à activités cultuelles ayant fait le choix du régime prévu par la loi 1901, afin de les faire « basculer vers le régime prévu par la loi de 1905, à la fois plus avantageuse fiscalement et davantage contrôlée sur les plans des financements venant de l'étranger ». Lorsque les financements seront devenus entièrement locaux, et même en partie publics grâce à d’avantageuses exemptions fiscales, les Français constateront que le problème demeure entier. Le vœu du Président trouve sa traduction dans le titre II du projet de loi. Les dits avantages sont nombreux : pas de droits de mutation sur les donations et legs, exonération de la taxe foncière pour les édifices de culte, forte réduction d’impôt sur les dons des particuliers, possibilité pour l’État et les communes de garantir des emprunts et d’octroyer des baux emphytéotiques au loyer symbolique. À noter qu’un certain nombre de ces libéralités ont été introduites par la loi du 23 juillet 1987 sur le mécénat. Peut-on, en toute honnêteté, persister à parler de « neutralité de l’État » ?

"Le Président n’en serait pas à parler « séparatisme », si l’État avait respecté le Code civil qui posait l’assimilation comme prérequis à toute attribution de la citoyenneté"

Comment en est-on arrivé là ? Au fil du temps, les principes fondamentaux de la République sont devenus des variables d’ajustement, l’évolution de la démographie électorale dictant aux politiques leurs actions et décisions. Le Président n’en serait pas à parler « séparatisme » ni, avant lui, François Hollande de « partition », si l’État – hauts fonctionnaires et élites politiques nationales indubitablement associés dans cette affaire – avait respecté le Code civil qui posait l’assimilation comme prérequis à toute attribution de la citoyenneté. Ce projet de loi laissant soigneusement de côté cette clé de voûte de la nation prépare, sans l’ombre d’un doute, une loi stérile.

En s’amputant de sa capacité à agir dans le respect du seul intérêt général, qui plus est lorsqu’il s’agit de cohésion nationale, les élites se sont dépossédées de l’indispensable légitimité sans laquelle gouverner en démocratie devient impossible. Ernest Renan, dont j’ai souvent cité le brillant discours sur la nation, aura oublié un élément de taille. Pour que le culte des ancêtres soit « de tous le plus légitime », il y faut des conditions : quel « passé héroïque », et quelle « gloire » ?

Lorsque Marc Bloch proclame « la France, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur… j’ai bu aux sources de sa culture. J’ai fait mien son passé… », et mieux encore : « je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux », il définit ce qu’être Français signifie, et trace assurément les lignes du véritable séparatisme, lequel transcende l’ethnie et la race. Dans ce portrait esquissé par Marc Bloch, on serait bien en peine de reconnaître les traits de ceux qui, à l’instar de certaines élites, font le procès de la France, accablent son passé, exigent qu’elle fasse repentance et nourrissent ainsi contre elle, jour après jour, le ressentiment d'une part des enfants de l’immigration.

21:19 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: macron, séparatisme, éducation, immigration |

21 octobre 2020

Malika Sorel : « Il faut refonder l'Observatoire de la laïcité »

Le contenu de mon entretien, ci-dessous, a été publié en janvier 2016 dans FigaroVox. Il n'a pas pris une ride. Et pour cause ! Contrairement à beaucoup qui ergotent et radotent dans les médias et participent le plus souvent à “embrouiller” les Français, je ne parle ni n'écris à la légère.

________________________________

FIGAROVOX/INTERVIEW - Manuel Valls a fustigé lundi soir l'appel que le président de l'Observatoire de la laïcité a lancé avec des proches des Frères Musulmans. Mais, pour Malika Sorel, ce n'est pas suffisant : Jean-Louis Bianco doit démissionner.

Par Alexandre Devecchio
Publié le 19 janvier 2016 à 18:50, mis à jour le 20 janvier 2016 à 10:55

Malika Sorel est un ancien membre du Haut Conseil à l'Intégration. Elle est l'auteur de l'essai Décomposition française, comment en est-on arrivé là ?

Invité des Amis du Crif, lundi soir, le premier ministre a fustigé la tribune que le président de l'Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, a signée le 15 novembre dernier. Intitulé «Nous sommes unis» et publié dans Libération, l'appel réunissait, comme l'a révélée Isabelle Kersimon, Samy Debah et Yasser Louati, directeur et porte-parole du très controversé Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), et Nabil Ennasri, proche du courant des sulfureux Frères musulmans. Que cela vous inspire-t-il ?

Un petit rappel s'impose pour vos lecteurs. C'est le 5 avril 2013 que le Président de la République François Hollande a nommé Jean-Louis Bianco à la tête de l'Observatoire de la laïcité. L'Observatoire a été placé sous la responsabilité du Premier ministre. À l'époque, c'était Jean-Marc Ayrault, mais ce dernier n'a pas été partie prenante du processus d'installation de l'Observatoire et de désignation de ses membres, puisque toute cette opération a été directement pilotée par l'Élysée. Très vite, cet observatoire a adopté des positions dont un certain nombre vont à l'encontre de la défense du principe de laïcité, ce qui est un comble puisqu'il a pour mission d'«assister le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France.» Son positionnement n'a eu de cesse d'être dénoncé, y compris par des personnalités qui en sont membres et qui en observent donc le fonctionnement depuis l'intérieur. C'est le cas du député Jean Glavany, de la sénatrice Françoise Laborde et du président du Comité Laïcité République Patrick Kessel, qui avaient exposé au grand jour le fondement de leur désaccord avec les prises de position de cet observatoire. C'est ainsi que le 15 janvier 2015, ils publiaient un communiqué dans lequel ils exprimaient - à propos de l'Observatoire de la laïcité - que «sur le fond, au-delà de ces propositions pour l'essentiel angéliques et pusillanimes, cosmétiques dans le meilleur des cas, certaines sont clairement anti-laïques et évidemment inacceptables pour la République […]» Que le Premier ministre Manuel Valls prenne enfin aujourd'hui la mesure de ce qui se produit est une bonne chose, mais il y aura mis bien trop de temps à mon goût. J'attends à présent de voir s'il va trouver le courage de dépasser le stade des paroles pour prendre enfin les décisions qui s'imposent. Il suffit qu'une quelconque demande d'ordre religieux, ou perçue comme telle, pointe le bout de son nez, pour que le pouvoir politique fasse aussitôt le choix de bafouer la laïcité.

L'Observatoire de la laïcité a été installé en 2013 par François Hollande. Il remplace le Haut Conseil à l'Intégration (HCI) dissous en 2012 …

Avec le recul, il apparaît clairement que la création de cet observatoire avait pour objectif de faire disparaître la mission laïcité du Haut Conseil à l'Intégration, dont les rapports gênaient très fortement le pouvoir socialiste. Ce dernier avait d'ailleurs refusé de donner le feu vert à la publication à la Documentation française - ce qui est la coutume - de notre dernier rapport qui tirait la sonnette d'alarme sur les dysfonctionnements et problèmes observés dans l'enseignement supérieur, et décrivait ce qu'il fallait d'urgence mettre en œuvre pour tenter d'endiguer le phénomène. Quant au collège du HCI, il n'a pas été dissous en 2012, mais François Hollande a préféré le choix tactique de le laisser s'éteindre en ne renouvelant pas son décret qui arrivait à échéance en septembre 2013. Pour comprendre l'envers du décor, il faut se remémorer ici le rapport publié par le think-tank Terra Nova en prévision de la présidentielle de 2012 à propos de la «nouvelle identité sociologique de la gauche, la France de demain». Le mérite de ce rapport a été de rendre public ce qui est d'ordinaire tu, ou pire, travesti: «La population des Français issus de l'immigration est en expansion démographique et en mutation identitaire (...) ce sont entre 500 000 et 750 000 nouveaux électeurs, naturalisés français entre 2007 et 2012, qui pourront participer au prochain scrutin présidentiel […]. Au-delà des non-religieux, ce sont aussi tous les non-catholiques, notamment les individus d'“autres religions”, composés à 80 % de musulmans, qui sont plutôt enclins à voter à gauche.» Comme je le développe dans un chapitre de mon livre intitulé «une arithmétique implacable», le pouvoir de gauche, et pas seulement lui, pense qu'il faut nécessairement prendre la laïcité comme variable d'ajustement pour ne pas s'aliéner le vote d'une part non négligeable de l'immigration. Il suffit qu'une quelconque demande d'ordre religieux, ou perçue comme telle, pointe le bout de son nez, pour que le pouvoir politique fasse aussitôt le choix de bafouer la laïcité.

À l'époque, Jean-Louis Bianco avait déclaré que la France n'avait pas de problème avec sa laïcité …

Comme je l'avais alors dit dans vos colonnes, en effet la France - donc son peuple - n'a pas de problème avec la laïcité, qui est plébiscitée, mais c'est une partie conséquente de ses élites qui a de sérieux problèmes avec le respect de la laïcité. Il n'y a pas mieux que le réel - et il est désormais tragique - pour mettre en lumière, aux yeux de l'opinion publique, ceux qui ont vu juste, ceux qui se sont trompés et ceux qui ont sciemment refusé de regarder la réalité en face. Mais le plus grave problème n'est désormais même plus là. Il est dans le fait que ceux qui ont dit faux persistent à rester sur la même voie alors qu'ils devraient tout faire pour participer à protéger notre société. Cela passe par reconnaître les erreurs qui ont été commises et par un changement de trajectoire.

Manuel Valls: «L'Observatoire de la laïcité - qui est placé sous ma responsabilité - ne peut pas être quelque chose qui dénature la réalité de cette laïcité. Il doit être clair sur les appels que l'on signe: on ne peut pas signer des appels, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant d'un climat (nauséabond), ça n'est pas possible». Dans ces conditions, le Premier ministre doit-il demander la démission de Bianco? Non seulement Manuel Valls doit imposer la démission de Jean-Louis Bianco et de son cabinet, mais il doit également renouveler l'Observatoire de la laïcité afin qu'il soit exclusivement composé de personnalités reconnues comme respectueuses de la laïcité républicaine.

Les paroles de Manuel Valls ne sont pas suffisantes. Des décisions s'imposent. S'il ne les prend pas, il accréditera lui-même la thèse selon laquelle ses prises de parole peuvent relever de pures opérations de communication. Comment dès lors le prendre au sérieux? Des enquêtes ont mis en évidence à quel point la parole politique s'était au fil du temps démonétisée. Ce discrédit fait peser de lourdes menaces sur notre démocratie. Non seulement Manuel Valls doit imposer la démission de Jean-Louis Bianco et de son cabinet, mais il doit également renouveler l'Observatoire de la laïcité afin qu'il soit exclusivement composé de personnalités reconnues comme respectueuses de la laïcité républicaine - donc non adjectivée, et sincèrement attachées au refus du relativisme culturel qui constitue le véritable cheval de Troie de la répudiation de la laïcité.

Dans votre question, il y a un autre volet extrêmement important qui concerne l'approche sur laquelle s'est fondé l'appel qui a été signé et que vise Manuel Valls. Cette approche a été recommandée par des intellectuels après l'attentat contre Charlie Hebdo et a aussitôt essaimé. En un mot, elle a consisté à dire à l'opinion publique que, nos adversaires visant notre désunion, il fallait éviter de tomber dans le piège qu'ils tendaient à nos sociétés, et pour cela, prôner systématiquement l'unité. Je récuse cette approche qui a eu pour conséquence de venir alourdir encore la chape de plomb qui pesait déjà fortement sur la liberté de pensée et de jugement. Tandis que les Français cherchaient à comprendre comment nous avions pu en arriver là, leurs élites, pour beaucoup, leur répondaient «unité nationale». Ceux qui respectent la France et sa république ne craignent pas l'exercice de l'esprit critique. Les citoyens ont l'obligation morale de ne pas se résoudre à l'union sans condition qui leur a été imposée.

De manière générale, ces dernières années, les gouvernements successifs se sont-ils montrés laxistes en matière de laïcité? Ont-ils privilégié sans le dire les accommodements raisonnables?

Ce que j'ai pu noter, c'est que sur ce sujet, au sein d'un même gouvernement, les membres peuvent fortement différer. Le clivage passe entre ceux qui sont fidèles à la France et au respect de ses principes républicains, et ceux qui n'éprouvent guère de scrupules à ne pas respecter eux-même la laïcité ou à la laisser bafouer. La situation dans laquelle nous nous trouvons est extrêmement préoccupante. Ce n'est pas faute d'avoir tenté d'alerter sur ce qu'il convenait de faire et ce qu'il ne fallait pas faire.

Pour commencer, il faudrait cesser de recourir au terme d'“accommodements raisonnables” qui a été emprunté aux Québécois, car au vu de leurs conséquences sur la concorde civile, nous devrions les qualifier d'“accommodements déraisonnables”. Le fait d'avoir cherché à s'arranger avec des principes qui ne faisaient que traduire, dans la vie quotidienne, l'identité du peuple français a été doublement néfaste. Néfaste pour le peuple français qui s'est senti, à juste titre, trahi dans ce qu'il a de plus précieux et intime - son identité. Néfaste pour les nouveaux entrants et pour la part de l'immigration qui rencontrait des difficultés à s'intégrer culturellement, car cela a envoyé le signal que, tôt ou tard, tout pouvait être accommodé. Dans ces conditions, il était prévisible que les difficultés d'intégration culturelle iraient croissant. Pourquoi s'astreindre en effet à des adaptations culturelles, parfois difficiles et douloureuses, si les politiques sont enclins à renoncer à faire respecter des dimensions importantes de la culture de la terre d'accueil ? Il existe une hiérarchie des responsabilités qu'il convient de ne pas perdre de vue. Il ne faut pas oublier non plus le rôle joué par les discours accusateurs envers la France, qui serait responsable de tous les malheurs. Semer les graines du ressentiment dans le cœur des enfants de l'immigration, chercher sans cesse à les dresser contre la France et les Français, se révèle sans surprise préjudiciable au maintien de la concorde civile. Aujourd'hui, plus que jamais, le devoir de vérité sur la réalité des défis et des enjeux communs s'impose.

10:49 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: laïcité, éducation |

27 avril 2012

« La gauche contre le réel » d’Élisabeth Lévy

Extrait de la quatrième de couverture : « Mais de tous leurs crimes, le plus grave est de s’obstiner à nommer les choses, même quand elles sont déplaisantes. Ils ne considèrent pas les délinquants comme des victimes et pensent que l’immigration n’est pas seulement une chance pour la France, en particulier pour les derniers arrivés dont elle freine l’intégration, sans parler de l’assimilation. Pour les prêchi-prêcheurs de la “gauche divine” dont parlait Baudrillard, ce refus de repeindre la réalité en rose vaut brevet de crypto-lepénisme : si le peuple pense mal et ne vote pas mieux, c’est parce qu’il a été influencé par ces mauvais coucheurs. Alors les professeurs de vertu dressent la liste des suspects et déclenchent la machine à simplifier, à caricaturer, à dénoncer. Cette alliance de la malveillance et de la niaiserie peut décourager. Ou, au contraire, donner envie de descendre encore dans l’arène pour mener le seul combat qui vaille : celui des idées. »

Et un extrait de La gauche contre le réel : « La liberté, voilà l’ennemi ! Si Voltaire visitait le siècle commençant, il serait estomaqué d’entendre ses héritiers en première ligne réclamer sans relâche que leurs adversaires soient réduits au silence (…) Quelque chose d’autre, dans le climat qui s’est installé dans le débat public, doit nous requérir. Quelque chose qui commence à ressembler à de la peur. En tout cas à de la prudence. C’est vrai mais on ne peut pas le dire. Cette phrase revient fréquemment (…) Que se passe-t-il ? Qu’arrive-t-il ? Que nous arrive-t-il ? (…) Dix ans plus tard, les donneurs de leçons sont toujours là, imperturbables, à peine vieillis. Autour d’eux, le monde est agité de convulsions, mais leurs certitudes sont intactes. Puisque le réel leur déplait, le réel sera frappé d’illégalité (…) Relégués dans des no man’s land qui ne sont ni la ville ni la campagne, en même temps que leurs usines disparaissaient du paysage, ils sont appelés, selon le locuteur, “souchiens”, “beaufs”, “petits blancs” ou “jambon beurre”. Autrefois ils étaient le peuple de gauche. Mais que dire à des électeurs qui, selon une note célèbre de Terra Nova, l’impayable think tank anciennement strauss-kahnien, défendent “le passé et le présent contre le changement” et, plus grave encore, pensent que “la France est de moins en moins la France” ? Rester invisibles, c’est encore ce qu’ils peuvent faire de plus utile. Cette France qui perd ne saurait prétendre incarner la France et encore moins le peuple (…) De proche en proche, l’immigration, le rapport à l’étranger, la notion d’étranger elle-même, en somme tout ce qui se rapporte à la différence et à l’identité, sont interdits de discussion, a fortiori de critique (…) »

Je vous encourage vivement à lire ce livre, et aussi à écouter l’émission de France Culture dans laquelle Élisabeth Lévy a été très récemment invitée. Le terme « invitée » me semble étrange, tant il est en décalage avec la réalité : le tribunal inquisitoire qui s’y est exprimé m’a donné envie de vomir. Ils lui sont tombés dessus à plusieurs pour tenter d’étouffer sa voix en la ridiculisant, en la caricaturant. Heureusement qu’il y avait Brice Couturier, qui tente toujours d’élever le débat.

La France ne va pas crever du fait d’une immigration qui n’aura fait que saisir les opportunités qui lui étaient offertes. Non, elle crèvera du feu roulant d’une partie de ses « élites blanches » qui se sont liguées contre elle depuis trente ans, tentant de réduire au silence tous ceux qui tentaient d’exercer la moindre liberté de pensée et de jugement. Le verbe, relayé sans fin par les médiacrates, a remplacé les armes. C’est pour cela aussi que les Français ont trop tardé à saisir la réalité du drame qui se déroulait pourtant sous leurs yeux. Seul le recul permettra aux historiens de mettre au jour l’intégralité des motivations de ces ligueurs.

10:46 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags: lévy, gauche, immigration, éducation |

27 mars 2012

L’école face au défi de l’inclusion

En décembre dernier, j’ai publié dans la revue de l’Association Française des Administrateurs de l’Éducation (A.F.A.E.) un article intitulé « L’école face au défi de l’inclusion ». J’ai reçu l’autorisation de mettre mon article en ligne, et je tiens à en remercier bien vivement l’équipe AFAE.

En voici un extrait :

« (…) Le premier bouleversement auquel l’école doit faire face, c’est le triomphe de l’utilitarisme et l’infantilisation des esprits qui a conduit l’individu, et par extension la cellule familiale, à s’inscrire dans une vision égocentrique, où chacun devient son propre point de départ et d’arrivée, avec pour seul mot d’ordre la rencontre du plaisir en temps réel. L’école, qui est par essence le lieu du plaisir différé, se retrouve sommée de s’adapter à cette nouvelle donne avec des retombées sur l’ensemble de la société. La tyrannie du court terme s’exerce au détriment de l’intérêt collectif du moyen et du long terme, celui auquel, justement, l’école a pour devoir de préparer et qui est au cœur de sa mission. Ce mouvement que nous observons dans toutes les démocraties, avec une amplitude plus ou moins prononcée, avait été largement anticipé par Alexis de Tocqueville (…)
Le second bouleversement majeur, c’est l’intensification des flux migratoires de cultures non européennes, qui a placé l’école face à des difficultés inédites, auxquelles elle n’était pas préparée et dont elle continue parfois encore de nier la dimension spécifique. Tant que la communauté scolaire persistera à réduire le problème de l’échec des enfants de cultures non européennes à une simple question socio-économique, elle n’aura strictement aucune chance de le voir s’atténuer, à défaut de se résorber (…)

La question est de savoir si l’on peut réussir l’éducation d’un enfant – “éducation” dans son acception la plus large, qui inclut l’aptitude de l’insertion future dans le monde économique et professionnel – sans le concours de sa famille. Les enseignants dont, nous le savons, les enfants sont ceux qui réussissent le mieux à l’école, connaissent parfaitement la réponse à cette interrogation : “Car – est-il besoin de le dire – l’école ne peut pas tout. Pour permettre à l’enfant d’accéder à la liberté et de s’insérer dans la société qui l’accueille, elle peut difficilement se passer du concours de la famille.[1]” Tant que cette vérité ne sera pas dite et répétée aux parents de l’immigration, tant que ceux-ci ne prendront pas conscience de la nécessité de laisser leurs enfants saisir les perches que leur tend l’école, des générations d’enfants continueront d’être sacrifiées. Il en résultera inévitablement une très grave crise du vivre ensemble, et c’est d’ailleurs déjà le cas dans certains territoires de la République. (…)

L’école doit faire face à un public de plus en plus fragmenté, aux demandes contradictoires, dont certaines exigences l’écartent de plus en plus de sa mission de formation d’une communauté de citoyens. Son engagement à tout faire pour intéresser et impliquer ses élèves ne doit pas la conduire à créer elle-même les conditions qui rendront impossible leur insertion au sein de notre société.

Pour éviter d’accentuer la fracture éducative, il est plus que jamais nécessaire qu’une unité des programmes et des procédures de vérification des acquis continue d’exister sur tout le territoire national. La libéralisation de notre école ne peut constituer une réponse appropriée aux défis auxquels elle est confrontée ; au contraire, elle viendra les aggraver. »

Je vous laisse découvrir mon article.

____________________________

[1] Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet, Dominique Ottavi, Les Conditions de l’éducation, Stock, 2008. ↩

17:53 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags: éducation, école |

30 janvier 2012

Le courage ? Oui, mais pour faire quoi, au juste ?

Il est beaucoup question de courage ces derniers temps. Vous vous souvenez de ce que ce mot évoque pour moi, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’hommes et de femmes politiques. Accomplir leur simple mission ne peut en aucun cas être qualifié de courage ! De vous à moi, s’il s’agit d’augmenter des impôts et autres taxes ou d’aller prélever dans la poche de certains pour redistribuer à d’autres – sans autre forme de procès –, en quoi cela dénote-t-il du courage ? Le courage politique, à mes yeux, c’est celui dont ont fait preuve des de Gaulle ou Churchill qui ont osé se mettre en travers d’une histoire qui semblait écrite d’avance.

J’observe avec incrédulité les discussions à n’en plus finir sur la dette et le renflouement de la sécurité sociale, sans qu’aucune réflexion de fond ne soit menée sur l’origine des dépenses, le retour sur investissement, et encore moins sur le fameux « tonneau des Danaïdes » que j’évoque longuement dans mon dernier ouvrage, et qui pose la question du projet politique collectif. Se sont-ils donné le mot ?

Dans un autre registre, je suis indignée par la chasse aux Français de souche qui est menée au travers d’approches comme celle que décrit cet article du Figaro : « À l’inverse, les enfants de cadres et de professions libérales sont surreprésentés dans toutes les filières, surtout en classes préparatoires (50,9 %). » Qu’ils aient donc le courage de dire aux Français de souche européenne qu’ils sont proportionnellement trop nombreux à leur goût, et qu’ils souhaitent limiter leur présence dans certaines formations et entreprises ! Ça serait du courage pour le coup que de l’assumer clairement !

Autre extrait du même article : « Salima Saa se dit, quant à elle, favorable à une pondération entre les épreuves écrites et orales : “Les épreuves orales défavorisent certains jeunes car les jurys ont inconsciemment tendance à choisir des gens qui leur ressemblent.” » Pas de chance, des études ont été menées qui ont prouvé le contraire, à savoir qu’à l’oral les étudiants du Sud réussissent mieux qu’à l’écrit, car les examinateurs ont tendance à être plus « cléments » envers eux, intégrant toutes les difficultés que ces étudiants ont vraisemblablement dû affronter dans leurs parcours (famille nombreuse, absence de calme et de respect des exigences du travail scolaire, parents ne disposant pas d’un niveau de formation suffisant pour aider leurs enfants…)

Nos « élites » font semblant d’ignorer que l’école ne sert pas seulement à délivrer des bouts de papier – diplômes –, mais qu’elle a aussi pour mission, outre celle de préparer des citoyens avertis, de former ceux qui créeront les richesses de demain sans lesquelles nous serions, tôt ou tard, condamnés à perdre la maîtrise de notre destin.

Vous souhaitez un autre exemple de la mise de côté des Français de souche et du châtiment du tonneau des Danaïdes infligé à notre pays ? Prenons le logement social. Voici ce que déclarait Benoist Apparu (secrétaire d’État au logement) le 10 janvier dernier sur France Info, dans l’émission Tous en campagne : « Nous aurons construit cette année 120 000 logements sociaux, l’année dernière 130 000. Pendant tout ce quinquennat nous aurons fait 600 000 logements sociaux, record toutes catégories depuis 30 ans. À l’époque de Lionel Jospin Premier ministre, on faisait 38 000 logements sociaux par an (…) Il faut construire plus de logements sociaux en France et il faut les construire surtout, et c’est ça l’essentiel, là où c’est nécessaire. Aujourd’hui, on fait deux fois plus de logements en Auvergne qu’en Île-de-France. Eh bien, il faut inverser la tendance. C’est en Île-de-France qu’on a besoin de construire des logements (…) » Chacun sait bien quelle est la démographie de l’Auvergne, et quelle est celle de l’Île-de-France. Voici un passage de mon dernier ouvrage où j’évoquais également la question de la pauvreté en Auvergne : « Ce ne sont pas les territoires peuplés par les populations de l’immigration extra-européenne qui sont aujourd’hui les plus démunis dans notre pays. Parmi les territoires les plus pauvres, les départements ruraux de la Creuse, de l’Aude et du Cantal (…)[1] » L’intérêt sélectif de notre classe politique est insupportable et inacceptable !

Nous avons besoin de grands hommes qui savent s’entourer, et certainement pas de techniciens qui ne nous tracent aucune perspective vers des lendemains qui garantissent la préservation de l’unité de la France. D’où venons-nous, où en sommes-nous et où voulons-nous aller ? Où est en effet le projet politique en tant que peuple ? Comment faire pour que la campagne présidentielle et celle des législatives abordent les vrais sujets, à savoir ceux dont dépend l’avenir du peuple français ?

_____

PS : je connais Salima Saa, car nous avons siégé ensemble au Haut Conseil à l’Intégration. Je peux vous dire que sur les sujets qui nous concernent ici, nous n’étions pas sur la même longueur d’onde et ne combattions pas dans le même camp…

____________________________

[1] Voir Laurent Auzet, Magali Février, Aude Lapinte, « Niveaux de vie et pauvreté en France », Insee Première n°1162, octobre 2007. ↩

10:17 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags: politique, discrimination positive, wauquiez, éducation |

27 avril 2011

Immigration-intégration : le langage de vérité

Mon livre est à présent disponible en librairie. Voici son sommaire :

Préambule

Introduction
Insertion – intégration – nation

I Ces médias qui entravent le fonctionnement de la démocratie
Chape de plomb sur la liberté d’expression
Violence et délinquance se voient justifiées
Dégradation de l’image de la jeunesse
Omerta sur le sexisme dans certaines banlieues

II Réhabiliter et restaurer l’école de la République
Des problèmes de compatibilité culturelle entre l’école et la maison
Comment prévenir incivilités et violences au sein des établissements scolaire ?
La langue française, une langue étrangère
Le mot d’ordre : éviter le conflit à tout prix
Des individus autonomes
Évaluer pour enclencher des actions de soutien
Des classes d’excellence
Au collège, aider les décrocheurs en recourant à l’alternance
Assurer la sécurité pour permettre la mission d’instruction

III Les parents de l’immigration, ces grands oubliés
La déresponsabilisation des parents de l’immigration
Les parents de l’immigration sont centraux et non périphériques
La difficulté de devenir libre
L’absence de socle de reconnaissance de la France
La condition de la femme, reflet de l’identité
Le tabou de la natalité
Lutter contre le sentiment d’impunité, prévenir la délinquance

Danaides_Waterhouse.jpg
Les Danaïdes (1903), John William Waterhouse

IV L’immigration, terrifiant tonneau des Danaïdes
Les flux migratoires
Coût de l’immigration-intégration
L’intégration par la nationalité
Le point de vue de la communauté française
Code de la nationalité française : la réforme ou le chaos
La question de la double nationalité
La question de la déchéance de nationalité
Les enfants de l’immigration asiatique

V Du respect de la France par la classe politique
Celui qui voit un problème et ne fait rien fait partie du problème
Vers la fin de la solidarité nationale ?
Respecter la laïcité
Respecter l’Égalité républicaine
Une France sans la culture française ?
L’ingérence américaine dans la politique française d’intégration

Conclusion
Rendre à la France son âme, sa fierté et sa dignité

Bibliographie

09:54 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags: immigration, intégration, éducation |

All the posts