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17 février 2012

Un véritable scandale d’État !

Dans son commentaire, Lisa2 aborde une question sur laquelle j’avais déjà eu l’occasion de réagir mais qui mérite grandement que l’on y revienne. Lisa2, au sujet de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande : « Pourquoi cache-t-elle à l’opinion publique qu’elle mène de front deux carrières politiques, une en France et une au Maroc ? »

Voici ce que j’ai déjà publié à ce sujet :

  • « Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à “l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international”. Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce conseil figurent des personnalités très actives au sein de structure nationales françaises à caractère politique. Je vous laisse juges :
    - Najat Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles (…)
     »
  • « Laissons la parole à Rachida Dati : “Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française” ; “Mon rapport avec le Maroc est constant et permanent (…) Je suis toujours allée au Maroc en disant “on est votre première vitrine”. Peut-être considèrent-ils qu’on n’est pas assez malléables. C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains, NDLA] se privent d’une vraie représentation” ; “Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain, NDLA] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays”. »
  • Au sujet de Rama Yade, qui fait désormais partie de l’entourage de Jean-Louis Borloo :
    « À la question “Et vous servez la France plutôt que le Sénégal. Vous sentez-vous plus Française que Sénégalaise ou vice-versa ?”, Rama Yade ne répond pas qu’elle est Française, et qu’en tant que Secrétaire d’État, elle sert la France ; voici sa réponse :
    “Je me sens moi-même et puis c’est tout. Je suis fidèle à moi-même. Je vais là où le vent m’emporte. Le reste, ce ne sont que des mots.”
    À la question “Pensez-vous un jour pouvoir servir le Sénégal ?”, la Secrétaire d’État de la République française répond :
    “Si le président Wade m’appelle parmi les jeunes talents qui l’entourent, pourquoi pas ?”
     »
  • Je vous avais également évoqué une nomination par le Président de la République, au sein même de l’Élysée, donc au cœur de l’État, nomination qui avait d’ailleurs, je le sais, choqué bien des conseillers dans des institutions, ministères et y compris à l'Élysée. Il s’agissait de la fonction de conseiller à l’intégration, attribuée à Abderrahmane Dahmane, cofondateur et vice-président du Conseil supérieur représentatif des musulmans de France et soutien de la campagne du président Bouteflika.

Pouvez-vous imaginer un seul instant le Général de Gaulle mettre le pied à l’étrier à des personnes disant œuvrer, ou souhaitant le faire, aux intérêts de pays étrangers, et leur permettre d’accéder à des postes de responsabilité politique dans notre pays ainsi qu’à des informations parfois stratégiques ? Il appartient aux citoyens de relayer ces informations et surtout de mettre la pression, ne serait-ce qu’au travers de la Toile, sur les hommes et femmes politiques qui se permettent de telles légèretés et de tels actes d’irresponsabilité. Sur ce sujet, les premiers responsables et coupables ne sont pas les Dati, Yade, Dahmane ou Vallaud-Belkacem, qui ne font que tirer parti d’une situation qui leur est offerte, mais bien, entre autres, les Nicolas Sarkozy ou François Hollande qui leur offrent la possibilité de le faire. Ces derniers ont l’urgente obligation morale de réagir, et surtout d’agir.

Extrait du Puzzle de l’intégration (avril 2007) :

« Considérons-nous qu’il est indispensable, pour préserver l’indépendance de décision politique, et aussi pour la défense de l’intérêt général, que tous ceux qui appartiennent au premier cercle des conseillers de nos femmes et hommes politiques soient entièrement guidés par l’intérêt de tous les Français, sans aucune préférence liée à leur origine ethnique ou raciale ? C’est une question que j’estime essentielle et sur laquelle il nous faut statuer, car elle se pose déjà et se posera de plus en plus avec le temps. Pour ma part, je ne trouve pas très sain que des proches conseillers du pouvoir politique de notre pays, la France, s’affirment et se reconnaissent comme “une représentation” ou “la première vitrine” d’un pays étranger quel qu’il soit.

La question des conseillers qui entourent nos décideurs politiques doit nous amener à méditer sur notre degré d’attachement à l’indépendance de décision de la France, que ce soit dans sa politique intérieure ou dans sa politique étrangère, politiques qui au demeurant sont parfois fortement imbriquées. Cette question aurait été la même si elle avait impliqué d’autres pays, et même des partenaires proches. Ainsi, le peuple français est très réticent à ce que ses gouvernants puissent présenter des signes d’allégeance trop marquée aux États-Unis d’Amérique. L’histoire de la dernière guerre d’Irak a montré combien le refus de nos dirigeants de s’aligner systématiquement et inconditionnellement sur les décisions d’autres pays, fussent-ils parmi nos plus importants alliés, était la voie qu’il fallait continuer de privilégier. C’est cette fidélité à son idéal d’indépendance de décision qui a permis à la France de se tenir à l’écart d’une guerre que le peuple américain regrette aujourd’hui amèrement. Cette sagesse politique de la France participe de la grandeur de notre pays. Dans une époque de grandes tensions géopolitiques, nos alliés historiques ont plus besoin d’une France forte que d’un vassal ou d’une amitié teintée de servitude (…)  »

11:14 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags: de gaulle, hollande, sarkozy, borloo, dati, yade, vallaud-belkacem, dahmane |

12 octobre 2011

Au-delà des mots

Je recherche un interprète qui serait en mesure de donner la signification du terme « humaniste » employé dans ce texte : « Afin d’équilibrer les propositions adressées à nos concitoyens, ce courant aura pour vocation à donner plus d’écho à la voix humaniste, sociale, républicaine et européenne ».

Il faudrait également traduire les termes « sociale » et « républicaine », car je suis persuadée qu’ils n’ont pas le même sens pour tous.

Bas les masques : écoutons Rama Yade, l’une des personnalités préférées des Français, qui nous donne sa perception de l’humanisme : « Oui, mais pourquoi pas avant ? Enfin pourquoi tout d'un coup, aujourd’hui, l’UMP découvre l’humanisme ? C’est ça le problème. C’est à dire, je veux dire, on aurait voulu, il y a plusieurs mois, que ce souci d’humanisme ait été exprimé avant. Je veux dire, il y avait quand même des faits très clairs. La déchéance de la nationalité : où était la voix humaniste de l’UMP ? Lorsque le Ministre de l’intérieur déclarait que les Français ne sont plus chez eux : où était la voix humaniste de l’UMP ? Donc tout d’un coup, soudainement à peine une semaine après le retrait de Jean-Louis Borloo on voit apparaître un pôle humaniste au sein de l’UMP. C’est assez étrange. Les humanistes de l’UMP, ils sont sortis de l’UMP. Voilà, c’est un fait ! »

Dans la mesure où c’est entre autres la Droite populaire, qui affiche régulièrement son attachement au respect de ce qui est et fait Français, qui est visée par ce nouveau courant qui se proclame « humaniste », doit-on en déduire que ce nouvel humanisme est celui qui est guidé par la défense d’intérêts qui ne coïncident pas nécessairement avec ceux des Français ? Un humanisme qui les met au ban de l’humanité, égoïstes qu’ils sont de ne pas accepter d’être dépossédés de leur terre ? Lorsqu’on entend Rama Yade expliquer sa conception de l’humanisme, on est tenté de le penser, et on le pense.

00:10 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags: humanisme, yade, droite populaire, ump |

22 décembre 2010

Les copains d’abord

Rama Yade nommée, en conseil des ministres, ambassadrice auprès de l’Unesco pour l’éducation, les sciences et la culture ! Mais qu’a-t-elle démontré en matière d’“éducation, sciences et culture” ??? Rétribuée, pour ses immenses compétences invisibles à l’œil nu, avec l’argent des contribuables ;

J.F. Copé et C. Jacob qui anéantissent la possibilité de sanctions pénales pour les députés auteurs de déclarations de revenus mensongères, des « députés voyous », comme les a qualifiés le député René Dosière ;

les députés qui s’amusent à dépenser du temps, par les temps qui courent, sur un projet de loi pour abaisser à 18 ans l’âge d’éligibilité des députés, comme si c’est cela qui allait contribuer à trouver des solutions aux très graves problèmes de la France (ils vivent vraiment dans un monde parallèle) ;

la valse des préfets : « L’émotion est vive en Franche-Comté où le préfet de région Nacer Meddah vient d’organiser son pot d’adieu alors qu’il avait été nommé il y a à peine sept mois. Christian Decharrière, ancien directeur de cabinet d’Éric Besson, va lui succéder […] Depuis le remaniement ministériel du 14 novembre, la valse des préfets s’est intensifiée […] Depuis le mois de juillet, 25 régions et départements ont changé de préfets. » Aussitôt installé, ausitôt débarqué ; très bon pour l’efficacité, n’est-ce pas ?

Savez-vous ce que tout cela m’a inspiré ? Spontanément, je me suis mise à fredonner :

Non ce n’était pas le radeau
De la méduse ce bateau
Qu’on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’appelait “Les copains d’abord”
Les copains d’abord
...
C’étaient pas des amis de luxe,
Des petits Castor et Pollux,
Des gens de Sodome et Gomorrhe,
Sodome et Gomorrhe,
C’étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie,
Sur le ventre ils se tapaient fort,
Les copains d’abord.

C’étaient pas des anges non plus,
L’Évangile, ils l’avaient pas lu,
Mais ils s’aimaient toutes voiles dehors,
Toutes voiles dehors,
Jean, Pierre, Paul et compagnie,
C’était leur seule litanie
Leur Credo, leur Confiteor,
Aux copains d’abord.

Au moindre coup de Trafalgar,
C’est l’amitié qui prenait le quart,
C’est elle qui leur montrait le nord,
Leur montrait le nord.
Et quand ils étaient en détresse,
Que leur bras lançaient des S.O.S.,
On aurait dit les sémaphores,
Les copains d’abord.
...

10:53 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags: brassens, yade, sarkozy, copé, jacob, députés |

25 janvier 2010

Luc Ferry : Dati et Yade ne servent à rien !

Lors d’une émission sur France 2, Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l’Éducation Nationale, a dit au sujet de Rachida Dati et de Rama Yade qu’elles ne servaient à rien et n’avaient rien fait.

« Quand quelqu’un se fout de l’Europe comme de l’an 40 et qu’il tire la principale liste aux élections européennes, ce n’est pas bon pour la politique. Tout le monde sait qu’elle s’est fait virer du gouvernement dans des conditions où elle ne voulait pas partir. Après, qu’elle nous raconte qu’elle adore l’Europe et qu’elle est ravie d’aller faire député européen, tout le monde sait que c’est faux, et en plus on en a la preuve puisqu’elle oublie de fermer son micro et nous dit que c’est une catastrophe. »

« Rama Yade, c’est une femme adorable, elle est charmante, pleine de qualités. Je prétends que vous mettez une commission de gens qui sont passionnés de sport et vous leur demandez de sortir un nom de ministre des sports, je doute qu’ils vous sortent Rama Yade. Si le critère de sélection pour être ministre c’est d’être capable de faire la Une de Gala, je dis non, c’est pas ça qui m’intéresse ! Rama Yade, il faut la mettre ailleurs, lui dire “voilà tu es formidable à faire je sais pas quoi” et qu’on la place à un endroit où elle sera formidable ! »

J’ai un point de désaccord avec Luc Ferry : Rama Yade et Rachida Dati ne servent malheureusement pas à rien ; elles servent la cause communautariste, et ne s’en sont d’ailleurs jamais cachées. S’il faut leur reconnaître une qualité, c’est bien celle de la franchise et de la transparence. J’en avais d’ailleurs déjà parlé dans plusieurs de mes notes.

Avec Rachida Dati, le pouvoir pense récolter plus facilement une partie des voix des « Arabes », et avec Rama Yade une partie de celles des « Noirs de France ». La cause communautariste a même reçu dernièrement le renfort de Valérie Pécresse avec ses quotas d’admission dans les grandes écoles. Le pouvoir pense, mais sur ce point, le pouvoir se trompe, et rien de bon pour la cohésion nationale n'en sortira !

20:05 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags: ferry, dati, yade |

27 novembre 2009

Gadgets et recettes de cuisine…

Mon livre est bien trop compliqué pour une société devenue avide de gadgets et de recettes de cuisine vite prêtes, vite consommées. Traiter la réalité du sujet de l’intégration en évoquant tout le travail à accomplir au sein des familles, à l’école, dans le monde politique, dans la société, tout en prenant en considération une grande variété de facteurs, tels que l’impact du maintien d’un lien étroit avec le pays d’origine ; ce qui a changé par rapport aux précédentes vagues d’immigration ; les conséquences des flux migratoires continus ; les ressorts psychologiques et philosophiques ; la dynamique des groupes… tout cela se révèle en effet bien trop compliqué, quand d’autres promettent le paradis par quelques coups de baguette magique. Le pire dans tout cela, c’est que beaucoup de Français croient au surnaturel. C’est ainsi que grâce à Rama Yade, tous les Africains s’intègreront et se sentiront Français un jour prochain, et que Rachida Dati conduira tous les Maghrébins à devenir véritablement Français et donc à transmettre les idéaux français à leur descendance…

Mon approche est bien trop compliquée. Pour qu’elle soit prise en compte, il faudra vraisemblablement que les Français touchent d’abord le fond du fond : qu’eux-mêmes ou des membres de leurs familles soient victimes des dégâts collatéraux de la discrimination positive, que défend Rama Yade, l’une des personnalités préférées des Français (quand on aime, on ne compte pas le nombre de flagellations…) ; qu’il y ait encore bien d’autres émeutes de banlieues malgré les torrents de milliards déversés ; que les enseignants se mettent à refuser d’enseigner, la peur au ventre, dans des classes où ils se sentent en insécurité ; que bien d’autres matches de football se concluent par des attaques sur les Champs-Élysées, sous les yeux effrayés de touristes venus des quatre coins du monde admirer les beautés léguées par l’histoire de la France ; que les Français ressentent une overdose de religion envahissant tous leurs espaces de vie…

Lorsque les Français auront touché le fond, je suis sûre qu’ils se souviendront alors que leurs ancêtres s’étaient battus pour faire entrer leur société dans la modernité politique, et que cela correspondait au respect d’un certain nombre d’exigences. Ils se détourneront alors des « solutions » gadgets-recettes de cuisine et accepteront d’appréhender les problèmes dans leur globalité. Bref, ils accepteront de quitter le monde de l’enfance pour entrer dans l’âge adulte.

11:17 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (76) | Tags: immigration, intégration, yade, dati |

27 octobre 2009

Mon engagement

Je vous dois des réponses à des questions que vous m’avez posées, soit par courriel, soit par commentaires. Vous m’excuserez de ne pas répondre à toutes aujourd’hui ; je le ferai au fur et à mesure de mes billets, tout en sachant que de nombreuses questions trouvent réponse dans Le puzzle de l’intégration.

Au sujet de Tariq Ramadan :

Certains parmi vous souhaitent savoir ce que je pense du Suisse Tariq Ramadan, spécialisé en ingérence dans nos questions de politique intérieure.

Voici ma réponse : son action et son comportement illustrent à la perfection l’entreprise de prise en main du politique par le religieux. Cet homme a très vite appris le langage des sociétés dites libres, pour faire faire la danse du ventre aux animateurs bouffons de la presse audio-visuelle des pays européens, et, plus grave encore, à certains dirigeants européens dont Tony Blair, qui l’avait pris comme conseiller à ses côtés. Et dire que l’État français soutiendrait l’élection de Tony Blair à la tête de l’Union européenne !

Tariq Ramadan est-il un homme redoutablement intelligent, ou bien ceux des Européens qui l’écoutent et l’applaudissent, comme dans l’émission du clownesque Laurent Ruquier, ne font-ils pas montre d’un cruel manque d’esprit critique ?

Les Français savent-ils par ailleurs qu’en apportant leurs suffrages à des mouvements « fourre-tout », tel qu’Europe Écologie, où l’on retrouve côte à côte des écologistes et des alter-modialistes, ils attribuent une force politique à des opposants à nos valeurs et à notre modèle de société ? Nombre d’altermondialistes, et même de mouvements de lutte des classes, qui se cachent parfois derrière des visages poupons, considèrent en effet que l’intégrisme religieux musulman n’est que la réponse d’opprimés au capitalisme fou et à la mondialisation. Tariq Ramadan est accueilli à bras ouverts dans les forums sociaux européens, où José Bové le gratifie de chaleureuses poignées de mains...

Face aux considérables défis qui se posent à nous, les Français doivent exercer la plus grande vigilance. « Ne donnez à personne le bon Dieu sans confession » résume un peu l’attitude à adopter quand il est question de l’identité.

Au sujet de la remarque ci-dessous d’un de mes lecteurs :

« Pour enfoncer le clou, il est maintenant démontré (et avoué sans détours) que les gouvernements des pays d’origine de l’immigration comptent bien utiliser ces communautés immigrées à des fins de manœuvres politiques, en encourageant le communautarisme et la “fidélité au pays d’origine”, et tenter ainsi de télécommander la politique intérieure et extérieure françaises en faisant exercer les pressions via ces communautés... bel exemple supplémentaire de l’affaiblissement d’indépendance en esprit et en action de notre pays. »

J’ai déjà abordé cette question dans Le puzzle de l’intégration. Je trouve inacceptable, et les Français ne devraient pas l’accepter non plus, que ceux qui approchent au plus près le pouvoir politique dans notre pays puissent œuvrer ou vouloir œuvrer au service des intérêts de pays étrangers.

Voici à ce sujet quelques exemples de personnalités que les Français connaissent déjà :

Le cas Rama Yade :

« Si le président Wade m’appelle parmi les jeunes talents qui l’entourent, pourquoi pas ? » Rappelons que Rama Yade, en côtoyant le sommet de l’État français, accède à des informations stratégiques pour notre pays, et aussi - et c’est encore plus important à mes yeux - aux informations concernant les points faibles de notre pays, autrement dit à tout ce qui peut le rendre vulnérable.

Rama Yade mène un combat communautariste. Elle dit elle-même avoir rejoint Nicolas Sarkozy pour défendre l’intérêt des « Noirs ». Un membre du gouvernement français se doit pourtant d’œuvrer pour l’intérêt général. Imaginez un seul instant le tollé que déclencherait, à juste titre, un membre du gouvernement qui affirmerait être là pour défendre les intérêts des « Blancs » !!!

Et pourtant, Rama Yade est l’une des personnalités préférées des Français !

Le cas Rachida Dati :

Dans Le puzzle de l’intégration, je cite une partie d’un entretien qua Rachida Dati avait accordé à au journal marocain Libération Casablanca : « C’est toujours comme ça, je bascule entre les affaires d’ici et de là-bas [Maroc, NDLA] » ; « Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française » ; « Mon rapport avec le Maroc est constant et permanent. J’y vais tout le temps... Je n’y suis pas née, je n’y ai jamais vécu, mais j’ai un véritable attachement pour le Maroc. C’est un attachement psychologique... Non, c’est un attachement lié à mes racines. Ça ne relève pas de la psychologie. Ce n’est pas sentimental, c’est plus que ça, c’est vraiment viscéral et c’est lié à mes racines » ; « Je suis toujours allée au Maroc en disant "on est votre première vitrine"... C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains, NDLA] se privent d’une vraie représentation » ; « Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain, NDLA] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays».

Le cas Najat Vallaud-Belkacem, un des principaux « lieutenants » de Ségolène Royal :

Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à « l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international ». Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce Conseil figurent des personnalités très actives au sein de structures nationales françaises à caractère politique, parmi lesquelles précisément « Najat Vallaud-Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles ».

Ce ne sont là que quelques exemples, mais je peux vous certifier que les communautaristes ont très bien infiltré l’ensemble de notre classe politique, l’ensemble de nos partis de gouvernement. Devant cet état de fait, les Français doivent-ils continuer à rester les bras croisés ? Peuvent-ils espérer que leurs idées et leurs valeurs soient un jour de nouveau respectées, s’ils ne s’investissent pas eux-mêmes ? Une fois nommée par la Présidence de la République au HCI, je pensais que mes articles passeraient plus facilement dans les journaux. Il n’en a rien été ! En m’engageant en politique aux côtés d’un homme connu, je sais que les médias seront, tôt ou tard, contraints de dire que j’existe, donc que nous existons tous. J’avais déjà évoqué ici mon engagement politique. Je tiens à vous redire que la question de la cohésion nationale transcende les clivages politiques traditionnels. Pour cela, il sera nécessaire qu’elle soit prise en considération par toutes les formations politiques. Que chacun d’entre nous s’investisse donc aux côtés de la personnalité politique dont il se sent le plus proche. Là entrent en jeu les convictions politiques, mais également les affinités et la dimension humaine. Il n’est pas nécessaire que nous soyons tous présents au même endroit ; nous devons en effet diffuser nos convictions sur l’ensemble de l’échiquier politique. Je continuerai pour ma part, comme je le fais à l’heure actuelle, à transmettre aux personnels politiques de tous les partis de gouvernement les pièces du puzzle de l’intégration, afin qu’ils puissent chacun participer au maintien de l’indivisibilité du peuple français, condition indispensable à la préservation de la cohésion nationale.

19:46 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags: ramadan, yade, dati, communautarisme |

16 décembre 2008

Le Club XXIe siècle

Quelle est la mission du Club XXIe siècle ?

Laissons la parole à Rachida Dati :

« Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française » ; « Mon rapport avec le Maroc est constant et permanent […] Je suis toujours allée au Maroc en disant “on est votre première vitrine”. Peut-être considèrent-ils qu’on n’est pas assez malléables. C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains, NDLA] se privent d’une vraie représentation » ; « Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain, NDLA] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays ».[1]

Rama Yade est également passée par le Club XXIe siècle, dont elle a été vice-présidente.

Imaginons un seul instant les réactions d'indignation, et à juste titre, que provoquerait la création d'un tel club pour favoriser l'ascension de Français de souche européenne. Je crois que notre société a perdu sa boussole ; retrouvons un peu de cohérence !

Voici à présent quelques extraits du livre d’Hakim El Karoui, président du Club XXIe siècle, L’avenir d’une illusion :

« Aujourd’hui, le bouc émissaire, ce sont les Arabes. Demain, ce seront peut-être les Noirs ou les Chinois. Les Arabes, parce qu’ils portent encore une différence (leur nom, leur religion) mais aussi et surtout parce que la société française se rend compte qu’ils sont de moins en moins différents. Leur différence apparaît alors d’autant plus importante qu’elle est finalement de plus en plus résiduelle. […] Ainsi, plus les « étrangers » ressemblent aux Français, plus ils peuvent attirer la violence sur eux, comme les juifs allemands dans les années trente, qui n’avaient jamais été autant « allemands » et « menaçaient » alors de se confondre avec les « vrais Allemands ». Ce que le groupe majoritaire leur reprochait, c’était de trop leur ressembler !

Jacques Attali dit qu’en France, « les musulmans seraient coupables de tous les maux de la société française comme, dans la première partie du XXe siècle, les juifs étaient coupables de tous nos problèmes ». Les immigrés et donc particulièrement les Maghrébins et la société française sont donc dans une relation triple de violence fondamentale. D’une part, la progression du même au sein de la société d’accueil produit de la violence rejetée vers les immigrés institués en Autre, malgré leur dénégation : « on est des Français comme les autres ! » D’autre part, l’aspiration des immigrés à l’assimilation par la société d’accueil produit de la rivalité mimétique et donc de la violence de la part de la société d’accueil ainsi concurrencée par des « nouveaux », donc des « illégitimes » : « prouvez-nous encore que vous êtes français. » Enfin, la transition anthropologique produit de la violence symbolique qui perturbe profondément les comportements et les consciences. »

Voici, mes chers lecteurs, le genre de thèse qui a réussi à infilter au plus haut niveau le pouvoir politique en France, et est en passe de faire abjurer à la France son identité républicaine. Si vous souhaitez en savoir davantage sur ce club, sa page Wikipedia vous donnera un aperçu du gotha de la politique qui y a été reçu. Nous n’avons pas affaire à de simples amateurs, mais à des professionnels de très haute voltige. C’est la raison pour laquelle je continue de penser que les citoyens français, qui sont dans leur immense majorité des Républicains, doivent désormais devenir actifs et porter au sein de tous les partis politiques le combat de la défense des principes qui sculptent l’identité française.

____________________________

[1] Youssef Lahlali, « Une Marocaine place Beauvau », Libération Casablanca du 31 août 2006.

23:50 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags: dati, yade, club xxie siècle, el karoui, communautarisme |

28 février 2008

Faites vos jeux, rien ne va plus !

Selon Rama Yade, la gauche l’attaquerait non pas sur la base de considérations politiques, mais en raison de son origine raciale. Rama Yade accuse donc l’un des trois partis les plus importants de la vie politique française d’être raciste : « Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c’est cette gauche qui s’en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s’en prend à moi parce que je suis Noire. » (Colombes, le 16 février 2008)

Est-il anodin qu’un ministre de la France porte une telle accusation ? Non, car il est évident que sa voix, celle d’un représentant de l’État, sera entendue comme une vérité par tous ceux qui seraient enclins à s’identifier à elle en raison de la couleur de leur peau. Est-il responsable de jouer avec le feu en attisant la haine ambiante ? Non, c’est totalement irresponsable.

Alors qu’elle participait le 30 janvier dernier au dîner annuel du CRAN (Conseil représentatif des associations Noires), Rama Yade avait déjà illustré sa propension à se vivre comme Noire avant tout : « Après tout, les Blancs votent à droite, à gauche ! Bon, pourquoi, nous, nous devrions tous voter dans le même sens ? […] Ne serait-ce que par intérêt. Y’a Ségolène Royal, y’a Sarkozy. Sarkozy avait 50% de chances. Qu’est-ce qu’on fait s’il gagne ? Et il a gagné. Qu’est-ce qu’on fait ? C’est fini pour les Noirs ? […] »

Rama Yade a été vice-présidente, et reste administratrice, du Club XXIe siècle (créé, entre autres, par Rachida Dati). Ce club affiche publiquement sa détermination à œuvrer pour favoriser l’ascension des personnes d’origine étrangère dans les cercles du pouvoir. Rien ne vous choque ? Imaginez donc la création, demain, d’une organisation qui afficherait comme ambition de favoriser l’ascension des Français de souche… Allô, M. Louis Schweitzer (HALDE) ?

Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à « l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international ». Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce conseil figurent des personnalités très actives au sein de structure nationales françaises à caractère politique. Je vous laisse juges :

  • Najat Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles ;
  • Abdellah Boussouf, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), nommé Secrétaire général du CCME ;
  • Najat Azmy, Conseillère municipale de la ville de Roubaix, présentée par le PS à la députation pour la circonscription de Tourcoing ;
  • Driss El Yazami, membre du Conseil d’administration et du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration en France, nommé Président du CCME.

Trouverait-on acceptable que demain, des Français possédant aussi la nationalité américaine, en position d’influencer les plus hautes sphères du pouvoir politique de la France, puissent accepter une mission officielle de la part de George Bush pour œuvrer à l’essor de leur mère patrie, les États-Unis d’Amérique ? Ou que des concitoyens de sensibilité juive acceptent une telle mission au service de l’État d’Israël ?

Rachida Dati ne figure pas parmi les membres du conseil installé par le Roi du Maroc, mais voici, dans le même registre, ce qu’elle confessait dans un entretien que je cite dans Le puzzle de l’intégration et qu’elle avait accordé le 31 août 2006 à un journal marocain : « C’est toujours comme ça, je bascule entre les affaires d’ici et de là-bas [Maroc] […] Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française […] Je suis toujours allée au Maroc en disant “on est votre première vitrine”. Peut-être considèrent-ils qu’on n’est pas assez malléables. C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains] se privent d’une vraie représentation […] Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays. »

Un Président de la République française qui se rend au dîner annuel du CRIF escorté d’une armada de ministres ; Alain Juppé qui se dit respectueux des principes républicains, et fait néanmoins ses emplettes municipales guidé par le marketing communautariste, et dans le panier duquel on retrouve, aux élections de Bordeaux, la présidente régionale du CRAN… Pour compléter le décor de cette France atomisée par le manque de vision de sa classe politique, ne manque plus que la création du Conseil représentatif des Français de souche. Faites vos jeux, rien ne va plus !

15:20 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags: yade, dati, cran, juppé, sarkozy, crif |

10 septembre 2007

Quand le réflexe communautaire prime sur le service de l’intérêt général

L’épisode de Rama Yade volant au secours de squatteurs est bien plus grave qu’il n’y paraît, et c’est la raison pour laquelle je me dois de l’évoquer. Sa prise de position illustre son comportement instinctif de défense des intérêts de sa communauté d’origine, et non de celui de l’intérêt général. Cela n’a au demeurant pas échappé au Premier ministre François Fillon, qui a déclaré à Laurence Ferrari sur Canal + : « Rama Yade s’est laissée un peu guider par son instinct et son émotion, et quand on est ministre de la République, on doit respecter les institutions. » N’est-ce pas un comble que figure au sein du gouvernement une personne à laquelle le Premier ministre doit enseigner le devoir du respect des institutions ? Ne nous étonnons plus de rien, puisqu’en vérité c’est la discrimination positive qui a été mise en œuvre pour la composition du gouvernement de la France.

Voici à nouveau un extrait du Puzzle de l’intégration, dans lequel j’évoquais l’une des nombreuses conséquences prévisibles de l’application de la discrimination positive : « Donner aux individus plus d’intérêts à se revendiquer d’un groupe communautaire qu’à la communauté nationale, c’est consacrer la prévalence du lien d’appartenance à une communauté sur l’appartenance citoyenne à la Nation. » La prévalence de l’appartenance à une communauté, c’est exactement ce qui a conduit Rama Yade à adopter la posture qui a été la sienne à Aubervilliers. Je trouve important de préciser ici que la responsabilité de la situation n’incombe pas, à mes yeux, à Rama Yade, mais à ceux qui ont pris la liberté de mettre en œuvre la discrimination positive, violant par là-même la Constitution de la République du peuple français. Il ne fait en effet aucun doute, et les responsables politiques ne l’ont d’ailleurs nullement occulté, que c’est au seul titre de la représentation de la diversité, et donc de la prise en compte du caractère racial ou ethnique, que certains membres du gouvernement ont été choisis. Le peuple français n’aura donc même pas eu le privilège d’être consulté pour signifier son accord ou son désaccord au sacrifice de l’un de ses principes fondamentaux.

Ce type de prise de position qui, il faut le signaler, est loin d’être l’apanage de la seule Rama Yade, a pour grave conséquence de renforcer les populations immigrées ou issues de l’immigration dans la conviction qu’elles ont bien raison de braver les lois françaises, puisqu’il se trouvera toujours des « responsables » politiques pour les soutenir en ce sens. Voici, sur le même sujet, la réaction du ministre de la ville Christine Boutin, recueillie au micro de France Info : « Rama Yade est jeune, et je ne crois pas que c’était une action qu’il fallait porter, parce que ça ne pouvait qu’exacerber les tensions. »

Le passage des enfants issus de l’immigration par le « Creuset républicain » doit cesser d’être un luxe pour devenir enfin une exigence, car c’est véritablement la seule voie qui leur permettra de s’insérer dans la société française. Ne sous-estimons plus les dégâts que cause la caution apportée au non-respect des lois et des règles du « bien vivre ensemble » propres à la société française, car c’est ce qui a conduit de nombreuses familles issues de l’immigration à ne toujours pas réaliser qu’il est essentiel que ces règles soient transmises à leurs enfants, afin d’éviter qu’ils ne s’inscrivent au ban de la société française. Venir ensuite tenter de réparer les malheureuses conséquences qui en découlent avec un « plan Borloo » ou un « plan Marshall » ruineux pour les finances publiques, est une entreprise irrémédiablement vouée à l’échec.

17:25 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: politique, insertion, intégration, yade, discrimination positive |

31 août 2007

Intégration : le réalisme sera plus efficace que le miroir aux alouettes

De tous temps et sous tous les cieux, les nouveautés ont attiré une attention particulière, le temps que l’opinion publique se forge son propre jugement. Vouloir l’ignorer au sujet de l’intégration, c’est prendre le risque de gravement nuire à ceux-là même dont on voudrait aider à la reconnaissance. Voici ce que j’écrivais dans « Le puzzle de l’intégration » à propos du processus de construction d’une image positive :

« Lorsque les premières femmes se sont lancées dans des métiers traditionnellement identifiés comme masculins, l’attention de tous (hommes et femmes) s’est portée sur leur aptitude à relever ce qui était assimilé à un défi. Elles ont eu droit à une période d’observation critique. C’est la démonstration de leur totale compétence qui a permis aux femmes de gagner leurs lettres de noblesse dans tous les domaines qu’elles ont investis.

Notre classe politique, pressée par l’urgence de rendre visibles dans le paysage politique des membres des minorités pour calmer l’impatience de leurs communautés d’origine, ne semble pas avoir pris la mesure de sa responsabilité.
»

Or, quel est le spectacle auquel nous convie le gouvernement ?

La tension est telle dans le monde de la magistrature, que deux de ses syndicats ont refusé d’accompagner le Ministre de la Justice Rachida Dati dans son déplacement aux Pays-Bas. De plus, l’hémorragie se poursuit dans son cabinet ministériel, qu’une 5ème personne vient de quitter (et pas des moindres, puisqu’il s’agit de son chef de cabinet). On pourra toujours raconter des balivernes aux Français ou inventer des sornettes ; qui connaît un tant soit peu le fonctionnement d’un cabinet ministériel sait parfaitement que les nominations sont acceptées par les intéressés en connaissance de cause, et que ce qui se produit actuellement à la Chancellerie est pour le moins inhabituel.

Fadela Amara a été nommée au titre de sa très, très longue expérience de terrain sur les questions liées aux banlieues réputées difficiles. Elle n’a pourtant pas craint le ridicule en annonçant, à grands roulements de tambours, avoir ouvert un blog pour solliciter, des jeunes de banlieues, des idées de solutions à leurs problèmes. Pourquoi, au juste, a-t-elle donc été nommée ? Cependant, aucun journaliste ne semble avoir relevé cette étrangeté. Pour quelle raison ? Est-ce parce qu’avec les personnes issues de l’immigration, il faut prendre des gants, faire preuve d’une plus grande indulgence ? Cette attitude teintée de misérabilisme est un réel poison pour le fonctionnement de notre société. Le jour où l’on osera critiquer de la même manière, sur ses compétences, tout Français, quelle que soit son ascendance, ce jour-là nous aurons gagné une belle manche dans le match de l’intégration.

Rama Yade occupe, elle, un poste dans le monde de la diplomatie qui exige une grande maturité et de sérieuses connaissances géopolitiques et culturelles. Des rares lieux où elle s’est rendue pour représenter la France, les seuls commentaires qui nous sont revenus sont qu’elle est « jeune et jolie ». C’est bien agréable et flatteur, mais encore ? Dispose-t-elle d’autres qualités dans le cadre de ses fonctions, que l’on nous cacherait soigneusement ?

Contrairement à ce qui s’est sournoisement institué sous nos tropiques, il est pourtant essentiel d’éviter le recrutement sur le critère de la couleur de peau ou de l’origine ethnique. Bien sûr, nul n’est jamais à l’abri d’une erreur dans la composition d’une équipe, mais lorsque cette équipe a été constituée sur des bases ethniques ou raciales, l’erreur risque alors de faire rejaillir le discrédit sur toutes les personnes qui partagent le critère utilisé lors du recrutement. Pour citer un nouvel exemple et montrer que ce phénomène est très banal, je m’appuierai sur ma connaissance du monde des grandes écoles. Lorsque vous êtes diplômé d’une école, et que l’on vous a recruté à ce titre, vous portez de ce fait une grande responsabilité vis-à-vis de vos camarades d’école : si votre employeur est enthousiasmé par vos compétences, il gardera de vous et de votre école une image très positive, ce qui le poussera d’emblée à une attitude ouverte vis-à-vis des CV qui porteront la même mention. Dans le cas contraire, une méfiance instinctive s’installera, et vos camarades de formation identique courront le risque de ne pas même se voir inviter à un entretien d’embauche.

Il en va de même pour les personnes issues de l’immigration. Puisque les trois ministres sus-citées sont supposées faire partie de l’« élite » d’origine maghrébine et africaine, leurs « performances » vont-elles contribuer à améliorer, ou au contraire à dégrader, la perception qu’a l’opinion publique des communautés dont elles se réclament ?

Je ne reviendrai pas sur le fait que ces nominations ne sont en réalité que des « voiles cache-misère », et qu’on ne voit pas par quel miracle elles feraient pousser des ailes à ceux des enfants de l’immigration qui posent de sérieuses difficultés à notre société. Afin d’éviter la déception, les Français ne doivent en attendre aucun résultat ; il n’y en aura guère. Car quel est le rapport de cause à effet ? Le fait que ces personnes soient propulsées au sommet du pouvoir aide-t-il en quoi que ce soit les enfants de l’immigration à combler toutes leurs lacunes, que j’ai longuement décrites dans mon livre ? À ce propos, faut-il s’étonner que malgré la nomination de Rama Yade, plusieurs dizaines de voyous d’origine africaine (150 selon la police) se soient affrontés à coups de machettes, couteaux et barres de fer dans le quartier de Pigalle à Paris dans la nuit du lundi 27 août ? Autre question : ne nous avait-on pas asséné que la loi sur la récidive avait été conçue pour dissuader les « jeunes » de passer à l’acte de délinquance ? Ces derniers jours, le gérant d’un magasin en Seine-Saint-Denis a pu lui aussi constater que ni cette loi de répression, ni l’installation de 20 caméras, n’auront réussi à dissuader des bandes de s’attaquer à son outil de travail. On ne peut pourtant pas prétendre que la loi n’a pas été suffisamment médiatisée…

Autre question : a-t-on véritablement besoin que des membres de l’immigration récente soient « iconifiés » pour que le problème de l’intégration soit enfin résolu, et avant lui, celui de l’insertion ? N’est-ce pas plutôt lorsque les enfants de l’immigration auront réussi à acquérir et respecter les règles du bien vivre ensemble de la société française, qu’ils seront enfin reconnus comme n’étant plus un problème ? S’est-on jamais préoccupé de la nomination de ministres d’origine slave, hispanique, italienne… à l’époque où la question de l’intégration des membres de ces communautés se posait à la France ? Acceptons enfin de ne plus fuir la réalité des problèmes, si nous voulons véritablement aider les enfants issus des dernières vagues d’immigration !

Notre classe politique devra un jour admettre que l’insertion et l’intégration sont des sujets extrêmement sérieux pour l’avenir de notre pays, et qu’à ce titre ils ne souffrent ni les simples effets d’annonce, ni les miroirs aux alouettes. Il y faudra une réflexion beaucoup plus approfondie, ainsi que des mesures dignes de mériter le qualificatif d’action politique.

11:35 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags: politique, justice, insertion, intégration, dati, yade, amara |

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