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31 mai 2008

De l’accommodement raisonnable dans les sociétés dites développées…

L’« accommodement raisonnable », que je décris dans Le puzzle de l’intégration, est une thèse concoctée par de savants experts et reprise par des hommes politiques gourmands de solutions « prêtes à poser » ou « prêtes à penser », et qui n’ont pas su comprendre que l’insertion des flux migratoires n’était pas un luxe, mais une obligation si l’on souhaitait préserver la stabilité des sociétés d’accueil. Je précise bien que j’évoque ici l’insertion (obligatoire), et non l’intégration (facultative). Voir Le puzzle de l’intégration pour les différences fondamentales entre ces deux concepts.

Extrait du préambule de la Constitution :

« Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789 […] »

Art. 5 de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen :

« La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas. »

Que m’inspire la récente annulation d’un mariage par le TGI de Lille ? La réponse figure dans Le puzzle de l’intégration :

« La société française est encore très loin du modèle de société qui saurait être jugé acceptable par nombre de ses migrants. Elle n’est donc qu’au début des demandes de son adaptation. Son attitude freudienne (compréhension, justification et mansuétude) est systématiquement interprétée comme autant de signes de faiblesse, par tous ceux qui ont été éduqués dans une culture privilégiant les attitudes et les modes de communication basés sur l’autorité et le rapport de forces. Plus elle sera perçue comme accommodante, et plus les demandes d’accommodation afflueront, obligeant de fait l’individu d’origine immigrée à se plier aux lois dictées par son groupe d’origine, et non plus à celles que dicte la République. Une République faible ne sera d’aucun secours pour l’immigré confronté au processus d’insertion, et à plus forte raison à celui de l’intégration.

L’engagement de la République à faire respecter ses fondamentaux soutient et guide, par ailleurs, ceux qui hésitent, ceux qui titubent face aux difficultés de l’acceptation d’une identité différente de celle de leurs ancêtres biologiques. Plus la République sera forte, plus elle sera en mesure de donner force et courage à ceux qui souhaitent l’intégrer, car c’est elle qui assumera, face à son groupe d’origine, la responsabilité de l’adaptation de l’individu dans le processus d’insertion, puis dans celui de l’intégration. Plus la République sera faible et le montrera, plus l’individu se trouvera dans l’obligation de la sacrifier.

C’est à l’État qu’incombe la responsabilité de trouver le moyen de faire triompher le respect de ses fondamentaux, et en particulier ceux des Droits de l’Homme. Celui qui veut s’insérer ne le peut pas toujours, car la réplique de son groupe peut s’avérer beaucoup plus insupportable que celle de la société française. Sans une assurance de protection forte, incarnée par une République qui assume ses responsabilités, beaucoup ne sauront pas franchir le pas d’une insertion, et encore moins d’une intégration, dont le coût peut se révéler dissuasif. La République ne doit plus fermer les yeux ou les détourner, pour simuler n’avoir rien vu. Elle se doit de toujours rester aux côtés des « faibles », et de les protéger en étendant sur eux le manteau de ses valeurs fondamentales. »

La France fut une terre des Droits de l’Homme, mais la France ne l’est plus. Le redeviendra-t-elle ? C’est le défi le plus important qu’elle doit relever dans le contexte d’aujourd’hui. Si elle échoue, elle sera au mieux vouée au sort tragique de la société libanaise régulièrement secouée de convulsions, et au pire à la scission.

00:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: immigration, insertion, intégration, droits de l'homme, accommodement raisonnable |

02 mai 2008

De la liberté de pensée et de jugement

« Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays.» John Fitzgerald Kennedy

Pour que les Français recommencent à penser à leur pays et acceptent de s’engager dans la construction d’un projet collectif, il sera incontournable de leur restituer un droit élémentaire, qui leur a été confisqué : celui d’exprimer et d’assumer ce que « Français » et « France » signifient dans leur cœur, dans leur âme, dans leur esprit, mais surtout dans leur inconscient collectif.

Moi, à qui les hasards de la vie ont permis d’approcher au plus près l’intimité de deux peuples, je mesure combien le sort fait au peuple français est de pure folie. Notre classe politique s’alarme des misères de nombreux autres peuples sur Terre, et semble en effet dans le même temps rester sourde et aveugle à la détresse psychologique de son propre peuple. La « liberté de pensée et de jugement » ne doit pas se fixer de frontières ! L’homme politique qui réussira à relever ce défi confèrera aux Français la force qui leur permettra de puiser en eux le courage d’affronter, puis de vaincre, les difficultés qui se posent à la France. C’est la confiance en ce que l’on est, qui constitue la clef de voûte de tout l’édifice commun. C’est elle qui permettra de redonner de la cohérence aux projets politiques, qui s’inscriront alors naturellement et spontanément dans le respect de l’intérêt général. La vision de la France, ce sont les Français qui la portent en eux.

Pour bien surfer sur la vague de la mondialisation, les Français ont plus que jamais besoin qu’on ne les prive pas de la possibilité de « faire France ».

21:25 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: identité |

23 février 2008

Coup d’envoi de l’escalade des mémoires ?

Paris, 14 janvier 2007, discours de Nicolas Sarkozy : « Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus […] On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères. De Gaulle n’a pas dit à la jeunesse allemande : “Vous êtes coupables des crimes de vos pères”. Il lui a dit : “Je vous félicite d’être les enfants d’un grand peuple, qui parfois au cours de son histoire a commis de grandes fautes.” »

Lyon, 5 avril 2007, discours de Nicolas Sarkozy : « Je déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son Histoire. Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers de notre pays. Je déteste la repentance qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires. Je déteste la repentance qui dresse les Français les uns contre les autres en fonction de leurs origines. Je déteste la repentance qui est un obstacle à l’intégration parce que l’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester, alors que l’on devrait le respecter et l’aimer. Voilà ma vérité. »

Paris, 6 mai 2007, discours de Nicolas Sarkozy prononcé le jour de son élection à la Présidence de la République : « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c’est le mandat que j’ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. »

Paris, 14 février 2008, discours de Nicolas Sarkozy, Président de la République, prononcé devant le CRIF : « C’est dans les premières années de l’éveil de sa conscience qu’un enfant doit être élevé dans le rejet absolu du racisme. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. […] Les enfants ont payé le plus lourd des tributs à la Shoah. Vous en savez quelque chose, Monsieur le Président, puisque vous êtes né à Gdansk le 7 juillet 1945. Dans cette Pologne où les historiens considèrent que moins d’1% des enfants juifs ont survécu, votre naissance est tout simplement un miracle. Peut-on trouver plus noble dessein que de permettre à ces enfants martyrs d’être les pédagogues éclairés de nos propres enfants ? »

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La parole donnée serait-elle désormais vide de sens ? Comment ne pas s’interroger ?

Pendant combien de générations les Français devront-ils encore mettre genoux en terre ? Quand les dirigeants français prendront-ils véritablement conscience que pour construire la paix avec autrui, il est indispensable de signer d’abord la paix avec soi-même ?

Au-delà de ces interrogations, se pose une terrible question : le Président de la République a-t-il ainsi officiellement donné le signal du départ de la compétition des mémoires avec les conséquences que cela ne manquera pas d’entrainer? Après avoir demandé aux enfants français de porter sur leurs épaules les fantômes d’enfants victimes de la Shoah, leur demandera-t-on un jour de porter également les fantômes de jeunes esclaves, de jeunes colonisés, ou de jeunes de toutes origines que l’on désignera peut-être un jour comme victimes d’une politique étrangère de la France qu’il est souvent de bon ton et fort commode de décrier (Bosnie, Darfour, Rwanda…) ? La réponse, c’est Serge Klarsfeld qui nous l’apporte : « On imprime mieux une histoire quand on est enfant, […] quitte à élargir cet effort de mémoire à d’autres questions, comme la colonisation. » (déclaration du 15 février 2008)

Autre inquiétude, et non des moindres, exprimée par Simone Veil : « Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à son fils ou à sa fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ? » Sous-entendu, cette initiative pourrait susciter des sentiments ou attitudes antisémites. Et Simone Veil a bien raison de s’en inquiéter. Pascal Bruckner ne dit pas autre chose : « C’est une initiative dangereuse qui va ajouter du pathos et faire dire, une fois de plus : “Y’en a que pour les Juifs.” La compassion, c’est dangereux. » (le Figaro du 15 février 2008)

N’incombe-t-il pas à la classe politique de veiller, au jour le jour, sur la paix civile ?

12:20 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags: sarkozy, repentance, mémoire, shoah |

02 janvier 2008

Bonne année 2008 !

Chers lecteurs,

À l’orée de cette nouvelle année, je vous présente mes meilleurs vœux de bonheur et de santé, et je vous souhaite une année 2008 pleine de bonnes surprises.

À la France, cette vieille nation si souvent vilipendée, je souhaite de retrouver la confiance en elle-même, afin qu’elle traverse avec succès les turbulences auxquelles elle est soumise, que les sources en soient internes ou externes.

Je formule également le vœu que l’équipe dirigeante actuelle, qui a l’honneur de présider jusqu’en 2012 au destin du peuple français, ne cède pas aux démons de la remise en cause des fondamentaux qui concourent à la paix civile dans notre société. À cet égard, les prochaines années seront cruciales et nous serons tous concernés. Je souhaite donc qu’un vent de sagesse souffle en 2008 sur les palais de notre si chère République, que je rêve à jamais indivisible, car c’est là que réside la force du peuple français. Il devient urgent que les Français le réalisent, et servent l’intérêt général en trouvant moyen de s’opposer à tout ce qui les divisera, à commencer par la remise en cause de la séparation des Églises et de l’État ; l’abandon de l’Égalité républicaine (le mérite) ; ou encore l’attribution systématique de l’identité française, qui dans les faits a concouru à l’apparition de plusieurs « France ».

Gardons espoir dans les Français qui ont su déjà, maintes fois au cours de leur histoire, se rassembler et dépasser leurs clivages aussitôt que le commandait l’intérêt supérieur de la nation.

21:40 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags: identité |