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03 décembre 2009

Les leçons du référendum suisse

Dimanche dernier, les citoyens helvètes étaient appelés à se prononcer sur l’interdiction d’ériger de nouveaux minarets en Suisse.

Les derniers sondages publiés avant la votation donnaient un “oui” à 37%. Le gouvernement ainsi que la plupart des partis avaient milité en faveur du “non”, donc en faveur de la poursuite de la construction de minarets.

En général, les taux de participation aux référendums suisses ne dépassent pas 40%.

Voici quels ont été les résultat du référendum de ce dimanche :

  • Taux de participation : 55%
  • Réponse : “oui” à 57,5%, donc majorité favorable à l’interdiction.

Quelles leçons tirer de ce référendum ?

  1. Les instituts de sondage se sont lourdement trompés, à moins que les sondages n’aient été truqués pour influencer le vote des citoyens. Si tel est le cas, nous ne le saurons vraisemblablement jamais. Mais une autre explication pourrait être tout à fait plausible : c’est la dictature de la pensée unique qui aura poussé les citoyens helvètes à s’autocensurer et à mentir aux sondeurs sur leurs intentions de vote.
  2. En Suisse aussi, les « élites » sont, comme partout en Europe, totalement déconnectées de leur peuple, et se trouvent ainsi dans l’incapacité d’en percevoir les sentiments et d’en prévoir les réactions. Souvenons-nous de la réplique de Jacques Chirac à un groupe d’étudiants, lors de la campagne sur le référendum européen : « Je ne vous comprends pas ! »
  3. La Suisse est l’une des très rares démocraties encore vivantes en Europe. Il n’y a, de ce fait, guère de risque que le choix du peuple, donc l’expression de la démocratie, y soit contrarié. Seuls les « verts » suisses ont l’intention de s’engager dans la voie d’une remise en cause.
  4. Les Suisses n’ont pas voté contre la pratique de la prière ni contre la liberté de conscience ou de culte, mais contre un signe religieux qu’ils considèrent comme ostentatoire.
  5. Le peuple helvète aura choisi de ne pas faire confiance à la parole de son Président, qui avait pourtant donné la garantie, avant même la tenue du scrutin, que jamais l’appel à la prière « Allah ô Akbar » ne retentirait sur le sol suisse. En effet, derrière la question du minaret se profilait également celle de l’appel à la prière qui aurait un jour pu retentir plusieurs fois par jour à travers la Suisse, donnant ainsi le sentiment que la Suisse était devenue terre d’Islam.
  6. Au-delà de la question posée, les Suisses ont vraisemblablement aussi utilisé ce vote pour exprimer leur peur d’une religion dont certains pratiquants leur semblent rencontrer de sérieuses difficultés à respecter les codes du bien-vivre ensemble de la société d’accueil. Dans une telle situation, il est stérile de tancer les Suisses et les autres Européens qui se sont rués sur les sondages en ligne pour exprimer le même sentiment. Il serait nettement plus constructif de saisir cette occasion pour travailler sur le fond du problème et rappeler la nécessité du respect par tous, y compris par les autochtones, des principes et valeurs de la société : « Avoir occulté aux migrants et à leurs descendants la réalité du contrat social et moral qui lie l’ensemble des membres de la société française ne pouvait aboutir qu’à leur exclusion. » (extrait d’un entretien que j’avais accordé à l’Observatoire du communautarisme)
  7. En France, les réactions de Noël Mamère et de Daniel Cohn-Bendit démontrent une fois de plus que les Français devraient se méfier de ceux qui se présentent comme portant la question verte : ces derniers apportent bien d’autres idéologies dans leur besace.

Conclusion : quand la peur s'empare de la foule, il devient extrêmement difficile d’en appeler à la raison. Extrait du Puzzle de l’intégration : « Nous pouvons (mais pour combien de temps encore ?) débroussailler le chemin qui permettra aux immigrés animés par une réelle et sincère volonté de s’intégrer, de rejoindre la communauté nationale. Nous avons la fortune de vivre dans un pays ouvert qui permet le débat d’idées. Alors, place au débat sur l’un des sujets qui engagent véritablement l’avenir de la France. »

Une seul ligne de conduite doit désormais prévaloir. Pour venir en aide à ceux qui sont animés d’une réelle et sincère volonté de s’intégrer, l’État doit de nouveau assumer ses responsabilités et réaffirmer la réalité des principes républicains. Que signifient-ils concrètement ? Par quels types de comportements et de règles de savoir-vivre se traduisent-ils au quotidien ?

Il est urgent que l’État tourne le dos à la politique d’« accommodements déraisonnables » et aux politiques qui heurtent l’égalité républicaine. L’affaiblissement par l’État de nos codes et valeurs ne signifie nullement que le peuple français y renonce de son côté. C’est cette ligne de fracture entre le peuple et l’État qui nourrit un malaise de plus en plus palpable dans notre société, et qui pourrait conduire à une bataille de tranchées entre d’une part, les Français qui défendent les principes et valeurs qui structurent l’identité française, et d’autre part les multiculturalistes qui somment le peuple français d’admettre qu’il serait désormais porteur de plusieurs identités. On ne bouscule pas impunément un peuple sur son territoire. Bien sûr, dans la catégorie « Français qui défendent les principes et valeurs qui structurent l’identité française », nous retrouvons également des Français issus des dernières vagues d’immigration.

Je tiens à rappeller qu’en matière d’intégration, nous sommes en présence d’un contrat entre deux parties : le nouvel entrant et la communauté française. La classe politique pourra bien raconter ce qu’elle veut, si le nouvel entrant n’apparaît pas porteur des valeurs de la République, il ne sera pas adopté, pas reconnu par les Français comme membre de la communauté française. Et n’oublions jamais que ce n’est pas avec la classe politique que les nouveaux entrants sont appelés à vivre, mais avec le peuple français.

18:39 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags: minarets, suisse, identité, cohn-bendit |

23 novembre 2009

Ne jamais renoncer !

« Aujourd’hui tout a changé, vous le savez. Nous sommes seuls, entourés d’indifférents ou d’ennemis. On a cessé de nous admirer en cessant de nous craindre. On adresse à d’autres les adulations qu’on nous prodiguait jadis [...] Faut-il renoncer à l’espoir de reprendre la place qui est due à une puissante nation comme la nôtre ? Non, n’est-ce pas ? L’intérêt même de la civilisation exige que la France soit grande et forte. Notre patriotisme le veut aussi. Tous, nous souffrons de l’abaissement de notre patrie. Notre plus ardent désir doit donc être de la relever.
[…]
Nous avons refait une armée. Mais ce n’est pas seulement par le perfectionnement de leur matériel de guerre que les peuples vaincus se relèvent. C’est bien plus encore par l’enseignement public, par l’éducation de la jeunesse. Il est temps de nous occuper maintenant de l’âme même de la France.
[…]
L’histoire démontre avec la plus complète évidence que le patriotisme seul a fait les grands peuples. Aussi loin que nous puissions remonter dans le passé, nous voyons que les nations puissantes ont été celles où chaque citoyen était pénétré du sentiment de ses devoirs envers la patrie. La décadence de la Grèce et de l’Empire romain n’a pas eu de cause plus efficace que la diminution du patriotisme [...]
»

À présent, pour vous permettre de situer le contexte :

« Nous sommes des vaincus. Depuis la fatale année 1871, la France a perdu le rang qu’elle occupait naguère à la tête des nations de l’Europe. On lui a pris deux provinces, on a mutilé ses frontières, on a détruit l’équilibre de ses finances en lui imposant une formidable indemnité de guerre. Si nos pertes militaires sont immenses, que dire de l’humiliation morale qu’on nous a infligée ? »

Merci à Pierre pour ce texte de Georges Duruy, qui était professeur d’histoire à l’École Polytechnique. Nous connaissons la suite que les Français ont donnée à cette histoire… Les défis que notre époque nous commande de relever sont bien moindres. C’est pourquoi il est interdit de baisser les bras et de prétendre que la situation est inextricable !

13:11 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags: patrie, identité, france |

16 novembre 2009

L'identité dessine le projet collectif

Samedi, l’équipe de France de football a battu l’Irlande. Les reportages ont montré que, sur place, les Irlandais faisaient la fête avec les Français, d’une part pour rendre hommage aux sportifs vainqueurs, et d’autre part pour partager le bonheur des Français. Signalons également que des Irlandais avaient accroché des drapeaux français à leurs fenêtres pour souhaiter la bienvenue à l’équipe de France et aux supporteurs français qui avaient effectué le déplacement.

En octobre dernier, l’équipe d’Algérie battait le Rwanda ; la ville de Marseille écopait d’« incidents » en guise de cadeau. « Incident », c’est le terme consacré, en langage politiquement correct.

Samedi dernier, l’équipe de football d’Algérie a été battue par l’Égypte ; sitôt sifflée la fin du match, plusieurs villes de France étaient le théâtre de sérieux incidents.

Lu dans Le Monde : « Plusieurs devantures de magasins, dont la façade de la bibliothèque de l’Alcazar, ont été endommagés et des abris bus brisés. Six bateaux ancrés sur le plan d’eau du Vieux-port ont par ailleurs été fortement dégradés. Un fumigène lancé sur l’un des bateaux est à l’origine de l’incendie qui s’est propagé aux autres embarcations, dont deux ont coulé. »

En résumé :

Si l’Algérie gagne, la France se trouve violentée ;

Si L’Algérie perd, la France se trouve violentée.

De nombreux responsables politiques, toutes tendances confondues, refusent de participer au débat en cours sur l’identité française, au prétexte que ce sujet, qui est pourtant celui des règles du bien-vivre ensemble qui découlent de cette même identité, a été mis sur la table par Éric Besson ou par Nicolas Sarkozy. Il est reproché à ce dernier une approche un peu trop rude des thèmes qui gravitent autour de l’immigration-intégration. Cela est vrai, et c’est contre-productif ; mais est-ce une raison suffisante pour boycotter un débat considéré comme très important par les Français eux-mêmes ?

Il est reproché par ailleurs à Éric Besson de diriger un ministère qui accole dans son intitulé les termes d’immigration et d’identité. Est-ce une raison suffisante pour refuser une réflexion profonde sur la société que nous voulons pour nos enfants ? Car bien sûr, la question de l’identité porte en son sein celle de la France que nous souhaitons léguer à nos enfants et petits-enfants : quel projet de société, assis sur quels principes et quelles valeurs ? C’est cette question qui taraude les Français, et même qui les effraie.

Le plus souvent, le refus de participer à ce débat national sur notre projet collectif masque un manque flagrant de courage, ou bien un désir de se voiler la face qui conduit à nier la réalité. Dans les deux cas, est-ce une attitude compatible avec la responsabilité de gérer le destin du peuple français ? Il ne tenait en effet qu’à ces personnalités de saisir la balle au bond et de montrer aux Français de quelle manière elles entendaient faire sortir la France du bourbier dans lequelle elle se trouve. Cette attitude ne rend service à personne, et surtout pas aux enfants issus de l’immigration. Je dirais même qu’elle les dessert fortement.

Oui, la France se trouve à présent engluée dans un véritable bourbier, et il est plus qu’urgent de mettre en œuvre l’ensemble des actions qui permettront de réduire drastiquement le taux d’échec scolaire des enfants issus de l’immigration, ainsi que leur taux de participation à des « incidents » ; et de réduire aussi le flux de nouveaux entrants, qui accroît les difficultés. Comme je l’explique dans Le puzzle de l’intégration, ce flux compromet, chaque jour un peu plus, toute chance d’insertion des populations issues de l’immigration qui sont déjà sur le sol français. Dans ce contexte, la promesse qui aurait été faite (en off), d’une possibilité de libre circulation des personnes dans le cadre du projet d’Union Pour la Méditerranée, est un pur délire !

Une remarque pour terminer : si ce débat sur l’identité nationale se révélait être, pour le coup, un prétexte pour permettre à des hautes personnalités de venir ensuite demander au peuple français de prendre acte du fait que la France serait devenue multiculturelle (plusieurs Frances), et qu’il conviendrait d’accepter que chacune des cultures participe à la définition de notre projet collectif, alors il faudra redouter les conséquences d’une telle injonction. Il est en effet à craindre que dans un tel cas de figure, la passion manifestée par les Français pour ce débat sur leur identité ne se transforme, tôt ou tard, en bien autre chose. J’espère vivement que nos hommes politiques en ont pleine conscience !

14:30 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (76) | Tags: intégration, identité, sarkozy, besson |

04 octobre 2009

Insulte reçue de personnes d'origine étrangère : "traître à ta race !"

Plusieurs des messages que j’ai reçus de la part de personnes d’origine étrangère contiennent l’invective « traître à ta race », montrant que la racialisation du débat n’est pas vraiment toujours celle à laquelle pensent certaines « élites »…

Voici un courriel que j’ai reçu et que je souhaiterais partager avec vous. Son auteur ne l’ayant pas publié en commentaire, je respecterai, cela va de soi, son anonymat. Tout y est, il n’y a rien à ajouter. Tous les arguments utilisés viennent illustrer la force de mon analyse. Le travail sera immense, car ces voix-là sont largement soutenues et relayées par les « élites ». On leur déroule le tapis rouge partout. On met à leur disposition des salles de conférences à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Medef… Tous les ténors de la politique et du monde économique se bousculent pour venir inaugurer les conférences qu’ils organisent… C’est un bien dur spectacle pour mon cœur que d’observer ceux qui, avec l’argent des contribuables, participent à la mort du modèle français.

À la dernière conférence à laquelle j’ai assisté sur ces questions, Laurence Parisot était annoncée pour l’inauguration. Retenue à Bercy, c’est à une femme défenseur très engagée de la discrimination positive et de la diversité (par opposition au peuple indivisible), qu’elle a confié le soin de la représenter et de porter sa parole… Le Medef est très impliqué dans l’instauration de la discrimination positive dans notre pays. Il est aux avant-postes. C’est en effet une aubaine pour le patronat que d’avoir ainsi l’occasion de faire peu à peu disparaître la question des salariés. Il suffit au Medef de substituer à cette question celle de l’insertion économique des personnes issues de l’immigration : on en saupoudre quelques-unes par-ci par-là, et le tour est joué. La question des salariés pauvres ? Mais il n’y a plus de pauvres ! Disparus, remplacés par la préoccupation de « représentation de la diversité », et tout le monde est super-content et se tape sur le ventre : à commencer par les politiques !!!

 

« Chere Madame,

c’est dans l’emission ’Repliques" sur France Culture que je viens de decouvrir vos positions sur les questions de l’integration. C’est un sujet qui m’interesse et sur lequel j’ai pu m’exprimer dans Le Monde a plusieurs reprises. Avec tout mon respect, je dois vous avouer, qu’apres vous avoir ecoutee, je suis ahurri par tant de haine de soi, melee de reflexions dignes du cafe du commerce. On croit rever! Par quel piston vous etes-vous fait publier?

Votre amour immodere pour le modele republicain vous aveugle. Dire par exemple que la majorite des jeunes filles des cites sont obligees de porter le foulard est d’une inanite incroyable et insultante. On aura compris que vous avez renie la religion de vos parents, mais quand meme! Vous n’etes pas la seule a connaitre "la banlieue". Vous confondez essentialisme et analyse. Par exemple, la religion pour les jeunes est moins une pratique qu’une culture de substitution. Ces Francais d’origine maghrebine, qui se replient sur l’islam, disent en verite: "Vous m’avez rejete, a mon tour de vos rejeter". S’il existe des filles qui portent le foulard par crainte, ou pour s’assurer la paix dans l’espace public, la majorite sont des croyantes qui n’ont besoin ni de la parole de leur pere ou d’un imam. Mais bon, ce n’est pas la le plus grave dans vos propos.

A vous entendre, le modele republicain n’a plus ete applique depuis une trentaine d’annees, or ce modele a echoue purement et simplement. Vous etes en retard d’une bataille. La permanence et la profondeur des discriminations vous echappent totalement. Le fait, avere, qu’il y ait une forte delinquance dans les banlieues, ne dissipe pas la realite du racisme, et aussi (meme si vous n’en comprenez pas le principe) la situation post-coloniale en France aujourd’hui. Il n’y a pas d’identification possible chez les enfants de l’immigration parce que l’identite demeure indeterminee. Regardez la representation de la soit-disant diversite a l’Assemblee nationale, dans les medias, dans les emplois de direction: ou est-elles? Pourquoi un tel retard apres tant de generations? Quelles sont vos reponses, a part votre veneration republicaine et laique?

Entre nous, pensez-vous vraiment qu’avec votre fort accent d’algerienne francophone vous auriez eu une quelconque chance de promotion si vous ne portiez pas un nom a consonance gauloise? Ce sont les gens comme vous et autres Fadela Amara qui font tourner en rond les debats. La classe politique francaise, blanche et chretienne, a besoin de ses nouveaux bachargas et harkis pour perenniser le status quo. C’est effarant que la loi de mars 2005, qui souligne les bienfaits de la colonisation, ne vous ait meme pas interpellee sur son absurdite tant historique que morale. Vous l’aurez compris je suis en colere par tant de gachis et de mauvaise foi. Je tenais finalement a vous indiquer que vous ne trompez que ceux qui sont deja convaincus qu’il existerait les bons Francais et les autres. Pour ceux qui ont deux sous de sens commun, ils savent d’ou vous parlez et a qui vous servez.
»

10:44 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags: intégration, diversité, discrimination positive, medef, parisot |