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26 mai 2011

France 2

J’étais ce soir invitée à réagir dans le journal de France 2 au sujet du parcours scolaire des enfants issus de l’immigration. J’ai été enregistrée pendant 15 minutes. Le téléspectateur n’en aura vu que moins d’une minute. J’aurais souhaité que fût diffusée ma demande de placer les évaluations nationales en début de CM1 et non en CM2, comme c'est le cas actuellement. Il faut pouvoir disposer d’un temps suffisant pour que les enseignants puissent enclencher des processus d’aide aux enfants qui se trouvent encore en grande difficulté. Le maximum doit en effet être fait avant l’entrée au collège ! Mais bon, c’est la règle du jeu du JT, et je remercie très vivement France 2 de m’avoir invitée.

Je ne comprends pas la polémique déclenchée sur cette question scolaire. Pourquoi une partie des intellectuels, de la classe politique, des syndicats, des médias, empêchent-ils toute réflexion sur les conditions qui rendent l’instruction possible ? Ce que je vois de l’intérieur de ce monde-là est peu reluisant. Certains se sont égarés pendant très longtemps, ont caché la vérité aux populations de l’immigration, se sont bien gardés de leur transmettre les codes de la réussite au sein de notre société, et les ont ainsi maintenues dans un statut de grande fragilité. Aussi préfèrent-ils la fuite en avant de peur de perdre leur statut. Mais si l’erreur est humaine, persévérer est diabolique. Ils ont participé à mettre de nombreux enfants de la République en danger scolaire. Dans le même temps, nombre d’entre eux veillaient, parfois en assaillant les inspecteurs d’académie, à ce que leurs propres enfants ne soient surtout pas mélangés. Pour remettre les pendules à l’heure, il serait intéressant que l’on sache dans quels types d’établissements leurs chers enfants ont été écolés. Cela permettrait de lever toute ambiguïté : croient-ils vraiment à leurs propres discours ?

Dans mes écrits, j’aborde des facteurs tels que la concentration, le calme, la taille des fratries, le manque chronique de sommeil dont certains enfants souffrent et qui altère leur capacité d’apprentissage, le manque de respect à l’égard des enseignants qui est, en partie, le fruit d’un laxisme ambiant (chose que je n’ai jamais eu à observer en Algérie, où parents et enfants étaient respectueux de l’enseignant et où, malgré les plus de trente élèves que nous étions souvent par classe, les apprentissages se déroulaient dans de bonnes conditions). J’aborde également, et très longuement, la question de la distance culturelle, qui complique singulièrement le parcours scolaire de ces enfants, ainsi que la question centrale des flux migratoires qui nuisent gravement à l’intégration, comme l’avait très bien prévu Michel Rocard alors Premier ministre : « Nous ne pouvons plus, en effet, recevoir un flux massif et incontrôlé sans que cela n’hypothèque gravement et tout ensemble d’abord l’équilibre social de la Nation, ensuite les chances d’intégration des étrangers installés, enfin l’avenir même de nouvelles vagues d’arrivants et des pays d’où ils viennent […] C’est justement pour assurer le respect de nos valeurs et préserver efficacement la dignité des étrangers eux-mêmes que nous ne devons en accueillir qu’autant que nous pouvons en intégrer. »

Pour terminer, je vous encourage à lire ce rapport OCDE, dont voici un extrait :

« Dans la majorité des pays évalués, au moins 25 pour cent des élèves issus de l’immigration pourraient être confrontés à des défis considérables au cours de leur vie professionnelle et privée : leurs résultats à l’évaluation PISA 2003 indiquent qu’ils ne possèdent pas les savoir-faire élémentaires en mathématiques.

On prévoit que les élèves qui se situent au-dessous du niveau 2 seront exposés à des défis potentiels considérables en termes de perspectives professionnelles, financières, et de pleine participation à la vie de la société. Les résultats de l’enquête indiquent que seul un petit pourcentage d’élèves autochtones n’atteint pas le niveau 2, alors que la situation est fort différente pour les élèves issus de l’immigration. Plus de 40 pour cent des élèves allochtones en Belgique, en France, en Norvège et en Suède, et plus de 25 pour cent des élèves allochtones en Allemagne, en Autriche, au Danemark, aux États-Unis, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse, ainsi que dans la Fédération de Russie, affichent des performances inférieures à celles attendues au niveau 2. […]

Les facteurs contextuels caractérisant les élèves non autochtones et les caractéristiques des établissements scolaires n’expliquent qu’en partie les différences de performance en mathématiques.

[…] Des écarts de score subsistent entre élèves issus de l’immigration et élèves autochtones, ceci après avoir tenu compte des caractéristiques liées au milieu. […] Cela semble indiquer que les niveaux de performance relatifs des élèves issus de l’immigration ne peuvent pas être attribués exclusivement à la composition des populations immigrées en termes des milieux éducatif et socio-économique dont elles proviennent. »

22:56 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags: france 2, école, échec scolaire |

25 mai 2011

« Du grain à moudre » sur France Culture

Cet après-midi, j’ai participé à l’émission « Du grain à moudre », animée par Brice Couturier et Louise Tourret, sur le thème « L’intégration à la française : échec ou réussite ? » J’ai débattu avec Joël Roman, philosophe, essayiste et directeur de la collection « Pluriel ». Vous pouvez réécouter l’émission ci-dessous.

23:11 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags: france culture, immigration, intégration, école |

27 avril 2011

Immigration-intégration : le langage de vérité

Mon livre est à présent disponible en librairie. Voici son sommaire :

Préambule

Introduction
Insertion – intégration – nation

I Ces médias qui entravent le fonctionnement de la démocratie
Chape de plomb sur la liberté d’expression
Violence et délinquance se voient justifiées
Dégradation de l’image de la jeunesse
Omerta sur le sexisme dans certaines banlieues

II Réhabiliter et restaurer l’école de la République
Des problèmes de compatibilité culturelle entre l’école et la maison
Comment prévenir incivilités et violences au sein des établissements scolaire ?
La langue française, une langue étrangère
Le mot d’ordre : éviter le conflit à tout prix
Des individus autonomes
Évaluer pour enclencher des actions de soutien
Des classes d’excellence
Au collège, aider les décrocheurs en recourant à l’alternance
Assurer la sécurité pour permettre la mission d’instruction

III Les parents de l’immigration, ces grands oubliés
La déresponsabilisation des parents de l’immigration
Les parents de l’immigration sont centraux et non périphériques
La difficulté de devenir libre
L’absence de socle de reconnaissance de la France
La condition de la femme, reflet de l’identité
Le tabou de la natalité
Lutter contre le sentiment d’impunité, prévenir la délinquance

Danaides_Waterhouse.jpg
Les Danaïdes (1903), John William Waterhouse

IV L’immigration, terrifiant tonneau des Danaïdes
Les flux migratoires
Coût de l’immigration-intégration
L’intégration par la nationalité
Le point de vue de la communauté française
Code de la nationalité française : la réforme ou le chaos
La question de la double nationalité
La question de la déchéance de nationalité
Les enfants de l’immigration asiatique

V Du respect de la France par la classe politique
Celui qui voit un problème et ne fait rien fait partie du problème
Vers la fin de la solidarité nationale ?
Respecter la laïcité
Respecter l’Égalité républicaine
Une France sans la culture française ?
L’ingérence américaine dans la politique française d’intégration

Conclusion
Rendre à la France son âme, sa fierté et sa dignité

Bibliographie

09:54 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags: immigration, intégration |

11 avril 2011

L’immigration, une chance pour le patronat

Vendredi dernier, à la fin d’une réunion à laquelle je participe, un professeur d’économie me demande si je suis libre pour répondre le soir même à sa place aux questions du 20 heures de TF1 concernant les flux migratoires actuels, le monde économique et le chômage ; il vient d’être sollicité et n’est pas disponible. Ce reportage de TF1 fait suite à la décision du ministre de l’Intérieur Claude Guéant de restreindre les flux d’immigration légale. Comme je réponds que je peux le remplacer, le professeur décroche son téléphone et appelle TF1 : « Je ne peux venir, mais j’ai à mes côtés Malika Sorel. Elle est plus à même que je ne le suis de répondre à la question de ce soir. Je vous la passe. » Sur ce, TF1 me demande de développer ma vision du sujet. J’évoque entre autres les secteurs d’emploi concernés ; l’impératif de former les chômeurs actuels, y compris ceux de certaines banlieues qui sont surreprésentés dans les chiffres du chômage ; l’effet de l’immigration, qui participe à prévenir l’apparition d’une tension sur les salaires. C’est pourtant cette tension qui conduirait à une revalorisation de nature à susciter l’intérêt d’une partie des chômeurs pour les emplois actuellement non pourvus. Mon interlocuteur de TF1 me dit alors : « nous avons déjà contacté plusieurs experts. Nous reviendrons vers vous si c’est vous que nous retenons. » Ma ligne n’a finalement pas été retenue. Voici celle qui l’a été, qui vient comme par hasard en appui des propos de Laurence Parisot, et que vous pouvez découvrir à 6’20.

Ne dites pas que c’est la faute des immigrés, puis de leurs familles (qui finissent toujours par les rejoindre), si le patronat, aidé par certains médias et par la collaboration d’une partie de la classe politique, abolit nos frontières afin d’empêcher les salaires de se tendre suffisamment. Les premiers responsables de la situation catastrophique dans laquelle la France se trouve aujourd’hui sont des Français de souche européenne ! Cela fait mal, mais c’est la simple vérité.

18:41 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags: tf1, immigration, parisot, patronat, guéant |