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26 mai 2010

52 prêtres français envoyés en Algérie

Cinquante-deux prêtres français seront envoyés en Algérie cette année pour des missions d’orientation, d’éducation et de culture au profit de la communauté catholique, a annoncé aujourd’hui à Paris, le ministre français de la Culture.

“Vous vous devez d’être les dignes représentants de votre pays et de votre culture”, a insisté le ministre de la Culture pendant une rencontre avec ces prêtres, selon l’agence française AFP.

Ces responsables religieux ont pour tâche de promouvoir les idées et visions de la France en matière de culture, avec la mise en évidence de notions telles que la tolérance et la lutte contre l’extrémisme, a précisé le ministre.

Les prêtres seront accompagnés de missionnaires (chargés de la prédication et l’orientation) qui auront pour tâche de se rapprocher des familles françaises vivant en Algérie pour contribuer à la sauvegarde de leur cohésion, a-t-il ajouté.

Le nombre des lieux de culte catholiques en Algérie est passé de 400 en 1980 à environ 2.000 actuellement, a indiqué un consultant au bureau des cultes au ministère algérien de l’Intérieur.

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Vous n’en croyez pas vos yeux ? Vous vous demandez comment le gouvernement algérien et le peuple algérien peuvent tolérer une telle ingérence ? Lisez-donc la dépêche AFP directement sur le site du Figaro.

22:30 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (49) | Tags: france, algérie |

17 mai 2010

Mon lundi républicain

Après Luc Ferry le 3 mai, le Ministre Éric Besson m’a invitée à la tribune des Lundis républicains du 10 mai dernier. Il faut mesurer à quel point cela constitue un grand pas pour tous ceux qui souhaitent que l’on se penche enfin sur la réalité des difficultés de l’intégration. Le Ministre contribue ainsi à faciliter ma marche au service des valeurs qui symbolisent la France ; je l’en remercie bien vivement. Je tiens également à saluer son sens de l’écoute et sa capacité à accepter le débat. Je peux témoigner du fait que ces qualités ne sont pas aussi répandues qu’elles devraient l’être dans le monde politique.

15:16 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags: identité, besson, ferry |

07 mai 2010

Savoir pour prévoir, afin de pouvoir

Je l’avais écrit dans Le puzzle de l’intégration et j’en avais reparlé sur mon blog, il était bien prévisible que l’assouplissement de la sectorisation scolaire aboutisse à faire plonger les établissements déjà en difficulté et à renforcer de ce fait la ghettoïsation.

Extraits de l’enquête sur l’assouplissement de la carte scolaire :

« Cependant, ce qui frappe le plus, c’est le mouvement qui affecte en cascade les établissements moyens au sens large : les “moyens-moyens”, les un peu défavorisés et les un peu favorisés. »

« Les établissements un peu défavorisés (c’est-à-dire encore marqués par une certaine mixité sociale) ont tendance à s’homogénéiser d’une façon générale mais plus encore là où il y a une situation de concurrence potentielle. »

« Tout se passe comme si l’assouplissement de la carte scolaire attisait le mouvement (latent ailleurs) de dégradation des établissements un peu défavorisés mais encore mixtes perdant une partie de leur population au profit d’autres, moyens ou un peu favorisés. »

Savez-vous quelle est l’idée politique qui circule à présent à ce sujet ? Les établissements les plus difficiles, ceux dont les résultats sont catastrophiques, seraient fermés, et leur population répartie dans d’autres établissements. Car c’est bien connu, lorsqu’un pompier se trouve face à un feu, le meilleur moyen pour lui de l’éteindre est de prendre les braises et de les disséminer !

Nous subissons désormais, dans nos vies quotidiennes, les conséquences de l’absence de savoir qui a placé la classe politique dans l’incapacité de prévoir juste et qui a conduit à une quasi-impossibilité d’agir du politique. Par ignorance, l’État s’est lui-même privé de sa capacité d’action en favorisant la montée en puissance de nouveaux acteurs qui sont loin d’être mus par le souci de l’intérêt général. Mais l’État a commis de surcroît une erreur qui pourrait s’avérer très lourde de conséquences : il a, dans le même temps, dépossédé son seul véritable allié, à savoir le peuple, de sa souveraineté. Art. 3 de notre Constitution : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » Dans les faits, le peuple a été privé de son bien le plus précieux, la capacité à décider de son propre destin, et nous pouvons malheureusement trouver bien des illustrations en ce sens dans une multitude de domaines.

Que faire lorsque le temps s’accélère et que l’on se trouve confronté au manque abyssal d’appétence pour le savoir et la connaissance, qui conduit à traiter les symptômes plutôt que les causes profondes ? Comme l’a si justement dit Auguste Comte, il faut « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

12:59 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags: carte scolaire, anticipation, prospective |

21 avril 2010

Burqa : enfin !

Il en aura fallu des discussions, pour arriver à ce qu’un accord se dégage autour d’une interdiction générale de la burqa sur le territoire national. Comme toujours, des querelles de pouvoir se sont produites, et elles auraient pu emporter avec elles cet impératif de traduire, dans le monde réel, ce que signifient concrètement les principes républicains.

Pour justifier l’inaction et surtout l’impuissance du politique, nous aurons entendu tous les prétextes : elles ne sont pas si nombreuses que cela à porter la burqa ; il sera impossible de faire appliquer cette loi sur le terrain ; cette loi va stigmatiser ; la burqa, ce n’est finalement qu’un bout de tissu (je l’ai entendu de mes propres oreilles lors d’une réunion)… La France se trouve à un moment de son histoire où elle n’a nul besoin d’impuissants dans le monde politique. Loin d’être neutres, ces derniers sont bien au contraire hautement nuisibles, car ils jouent le rôle d’idiots utiles.

Pourquoi des élus, ou encore des responsables politiques, se permettent-ils de relayer dans les médias l’idée que l’interdiction de comportements contraires à notre socle de principes aboutirait à stigmatiser ? Pourquoi et dans quel but cachent-ils la vérité ? À savoir que ce sont bien ceux qui adoptent des comportements contraires aux normes collectives françaises qui se placent délibérément en marge de notre société, et qui œuvrent à leur propre stigmatisation. Concernant l’interdiction générale de la burqa, Malek Boutih est même allé jusqu’à parler de race. Calmez-vous, Monsieur Boutih, vous semblez perdre un peu les pédales !

Le Premier ministre a dit que le gouvernement était prêt à prendre des risques juridiques. Oui, il le faut ; et il faut également faire évoluer des lois qui ont certes contribué à émanciper à une époque, mais qui enchaînent aujourd’hui, et jouent surtout le rôle d’un nœud coulant se resserrant chaque jour davantage autour du cou de notre société.

Abdelwahab Meddeb : « En plus, avec la burqa, nous sommes confrontés à une stratégie du grignotage. Au-delà des rares cas d’adhésion religieuse authentique, il ne faut jamais perdre de vue que des islamistes mais aussi de pieux salafistes appliquent les recommandations du Conseil européen de la fatwa. Dans cette instance, les militants sont exhortés à agir dans la légalité afin de gagner, en Europe, des parcelles de visibilité en faveur de la loi islamique. » Je vous recommande vivement la lecture de l’intégralité de l’article de Monsieur Meddeb.

Dans le discours qu’il a prononcé hier lors de son déplacement en Seine-Saint-Denis, le Président de la République a promis que la République ne reculerait pas. Comme je l’écris dans Le puzzle de l’intégration, ce n’est pas elle qui a fauté, mais l’État, qui lui a fait perdre des territoires entiers. Les citoyens attendent désormais du pouvoir politique que la République soit de nouveau chez elle partout sur le territoire français. Il y faudra du courage, de la persévérance, et une détermination de chaque instant.

18:40 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (58) | Tags: burqa, fillon, boutih, république, sarkozy |