Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03 septembre 2010

Ce que vous n’avez pas pu entendre

Vous avez été nombreux à m’écrire pour commenter mon intervention dans Thema, et je tiens à vous en remercier bien vivement.

Ce qui revient sous votre plume, c’est votre sentiment que mes propos semblaient parfois incomplets ou tronqués. Vos impressions sont pleinement fondées. L’enregistrement ayant été beaucoup plus long que le format de l’émission, plusieurs de mes interventions ont dû être supprimées. C’est le jeu, et je me plie à ses règles. Il est déjà extraordinaire, après tant d’années de traversée du désert, de rencontrer des journalistes qui me tendent ainsi la main.

Ce qu’il m’apparaît toutefois important de restituer, c’est le fait que mon champ d’analyse était beaucoup plus large que celui auquel vous avez pu avoir accès :

  • J’ai fait mention du remarquable travail d’étude qu’Élisabeth Badinter avait consigné dans « XY- l’identité masculine », qui mettait bien en évidence le caractère universel et intemporel de la misogynie. D’ailleurs, dans le reportage qu’Arte finira par diffuser, j’en suis convaincue, la réalisatrice a suivi les pas d’un jeune Okito, dont la maman s’appelle Nicole et dont la sœur Andréa est placée sous haute surveillance comme le sont les filles d’origine maghrébine. Les propos que tient ce jeune homme sont d’ailleurs en tous points semblables à ceux des autres jeunes du reportage.
  • J’ai cité le sort qui était réservé aux veuves indiennes au sein de leur société. Jusque très récemment, elles étaient poussées au suicide sur le bûcher de leur défunt époux. Aujourd’hui, nombre d’entre elles sont chassées de leur familles et errent dans les rues. Les plus jeunes n’ont souvent pas d’autre choix que de se prostituer pour pouvoir manger. C’est un sujet qui est rarement mentionné lorsque l’on évoque la puissance émergente que constitue l’Inde, que beaucoup regardent avec envie !
  • J’ai également évoqué le retour en force de l’obligation morale de virginité avant le mariage chez les jeunes aux États-Unis d’Amérique. Eh oui, et pourtant ce ne sont pas des musulmans…
  • J’ai évoqué la nécessité absolue que les féministes françaises réinvestissent le sujet. Je développerai ce point à l’occasion d’un autre billet.

Voilà quelques-uns des éléments que j’ai exposés lors de ce débat et que vous n’avez pas pu entendre. J’ai demandé à Arte s’il était possible de placer l’intégralité du débat sur le site Internet de la chaîne, afin que vous puissiez accéder à l’ensemble de mes propos. J’espère que cela pourra être fait.

Ceux qui m’accompagnent depuis le début et qui ne s’inscrivent pas dans une logique d’instrumentalisation du sujet de l’immigration-insertion-intégration ont déjà compris mon positionnement. Les quelques lignes qui suivent sont donc destinées à tous ceux qui nous rejoignent aujourd’hui :

Je suis née dans la culture française et n’ai commencé à découvrir la culture arabo-musulmane qu’à partir de l’âge de 10 ans, lorsque mes parents sont partis s’établir dans leur pays afin de vivre en accord avec leur propre culture. Mes parents ont en effet toujours été profondément honnêtes avec eux-mêmes et avec les autres. Très jeune, j’ai de mon côté compris que ma place n’était pas là-bas. Je m’y sentais étrangère. J’ai très vite nourri le projet de revenir vivre parmi les miens, les Français. Si je comprends ce que peuvent ressentir les étrangers sur le territoire français, je ne comprends pas, et n’admets pas non plus, que l’État ait pu accepter que les principes de la République, noyau de l’identité française, soient bafoués, allant jusqu’à faire perdre des territoires entiers à la France. Comme l’a très justement exprimé Daniel Leconte, producteur du reportage « la cité des mâles » pour Arte, « Il y avait des zones de non-droit où les policiers ne pénétraient pas, il y a maintenant des zones où l’information ne pénètre pas ».

Je n’établis pas de hiérarchie entre les cultures mais considère, comme je l’ai dit sur le plateau, que chaque peuple doit être respecté sur son territoire. La France a commis l’erreur de coloniser l’Algérie. Elle en a été expulsée. Aujourd’hui c’est le peuple français, et plus généralement les peuples européens, qui sont dépossédés de leur propre destin, par leur propre classe politique, leurs médias et leurs intellectuels. Si je me sens pleinement concernée par le combat de la réconciliation des Français avec eux-mêmes, leur histoire, leur culture, leurs fondamentaux, je ne me sens pas concernée par le combat pour faire évoluer la culture arabo-islamique. L’Histoire nous montre que les évolutions, si elles se produisent, sont très longues et surgissent toujours de l’intérieur.

Je considère par ailleurs que la société française a commis la lourde erreur de se laisser entraîner dans une histoire qui ne la concernait pas. C’est ce qui a permis à l’idéologie des accommodements dits « raisonnables » de planter ses crocs dans la nuque de notre société. Les citoyens français doivent se concentrer de nouveau sur l’obligation du respect inconditionnel, sur leur territoire, des principes et valeurs qui fondent leur identité, et qui font du peuple français un peuple un et indivisible.

12:16 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags: arte, elisabeth badinter, daniel leconte, immigration, intégration, féminisme, femmes, misogynie, banlieues |

30 août 2010

Thema sur ARTE

Bonjour à tous,

Le sujet qui nous rassemble n’aura pas quitté la scène médiatique, ni l’esprit des citoyens, durant toutes les vacances d’été.

Demain soir sur ARTE, un excellent reportage de Doc en Stock vous entraînera dans les quartiers dits sensibles pour vous faire découvrir comment les filles y sont perçues. Je participerai au débat qui fera suite.

J’ai également accordé un entretien à l’équipe de Thema et exposé quelques solutions. Je vous en souhaite bonne lecture.

______________________

Message rédigé après l’émission : le reportage initialement programmé, et qui était si instructif, n’a finalement pas été diffusé par Arte. Voici ce qui était mentionné à l’antenne : « En raison des risques encourus par certains protagonistes, nous ne sommes pas en mesure de diffuser le premier documentaire de cette soirée ».

Une personne qui a participé à la réalisation du reportage s’est dite menacée et a complètement « psychoté ». Sa demande d’annulation étant parvenue à la dernière minute, il n’était plus possible à Arte de vérifier la réalité des menaces. Arte a souhaité ne pas prendre le risque de mettre peut-être la vie de quelqu’un en danger.

Le reportage pourrait être diffusé après plus amples vérifications. En attendant de connaître le résultat des investigations de la chaîne, il faut éviter de sur-interpréter ou de tirer des conclusions qui ne seraient finalement pas les bonnes.

22:42 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags: femmes, misogynie, banlieues, arte, thema, doc en stock |

26 juin 2010

Apprendre à penser de nouveau

Je voudrais partager avec vous un article que j’ai bien apprécié. Il est signé Raphaël Rouillé.

Extrait : « Tandis que l’information s’avale plus qu’elle ne se mastique. Alors que les moyens de communication excellent mais que les êtres humains communiquent de moins en moins. Alors, enfin, que le dialogue s’effrite au profit d’un « prêt à penser » qui sauve les apparences et assure les bonnes consciences, la revue Le Débat, du haut de ses trente ans et à contre-courant des préoccupations contemporaines, propose de vrais débats d’idées, s’inscrivant ainsi dans une forme de résistance à la disparition de la pensée.

Les revues ont toujours joué un rôle déterminant dans les débats d’idées. Véritables réceptacles des questions posées par la société, elles ont permis aux penseurs d’exprimer ou de défendre un point de vue à travers une argumentation, favorisant des prises de position des lecteurs ou permettant simplement au monde d’avancer un peu plus par la réflexion. Pour les Sciences humaines, une revue représente une fenêtre ouverte sur le passé, le présent ou l’avenir. Il s’agit d’un moyen de communication privilégié qui donne du sens à nos engagements et aide à déchiffrer les signaux qui jalonnent le monde. Le constat de nombreux intellectuels est que la sphère qui compose la vie de l’esprit tend à diminuer au profit d’un zapping généralisé qui ne fait qu’effleurer toute chose […] »

13:31 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags: le débat, nora, gauchet |

21 juin 2010

Qu'ils quittent la scène, et vite !

Les reportages et les articles de presse qui se sont succédé ces derniers jours nous ont beaucoup appris sur la qualité du vivre-ensemble de cette « équipe » de « joueurs » de football. Les langues se sont enfin déliées, mais il aura fallu attendre, pour cela, la Berezina.

Grossièreté et mauvaise éducation de certains ; mise à l’écart des joueurs bien élevés ; clans formés sur des bases ethniques et culturelles ; hostilité entre les Noirs des Îles et ceux d’Afrique ; maghrébins (dans la bande desquels les observateurs ont placé Ribéry) qui n’apprécient pas le reste du groupe ; cohésion impossible ; rejet de l’autorité de l’entraîneur ; volonté d’autogestion ; refus de s’entraîner… Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Mais ce sont ces mêmes situations que nombre de nos enseignants et chefs d’établissement endurent depuis des années ! Il apparaît aujourd’hui au grand jour que ce problème de cohabitation n’a pas pour origine la dimension économique, comme persiste à le laisser croire au peuple français une partie des « élites »… Rappelons que nous avons ici affaire à des millionnaires.

La Dépêche : « À la veille du match contre le Mexique, Sidney Govou a même reconnu l’existence de clans ethniques au sein de l’équipe de France. Interrogé sur l’existence de tels groupes, le milieu de terrain avait répondu : “Dans la vie de tous les jours, on cherche des affinités, alors en équipe de France aussi. Et quand on cherche des affinités, la couleur c’est la première chose qui vient à l’esprit”.
Yoann Gourcuff, écarté. Le jeune Breton qui évolue à Bordeaux a été la première victime de cet esprit clanique au sein de l’équipe de France. écarté lors du dernier match au profit de Malouda, il serait jugé “trop poli”, trop bien élevé voire trop “beau gosse” ou “gendre idéal” s’exprimant trop calmement… attisant d’autant la jalousie de certains de ses co-équipiers comme Franck Ribéry ou Nicolas Anelka notamment
. »

Le Monde : « il n’est pas compliqué d’observer sur le terrain que cette équipe fonctionne par affinités sélectives, ce qui se traduit par un collectif hétérogène […] Il semble bien qu’il y ait d’un côté les provinciaux, type Lloris, Toulalan, Gourcuff, mais aussi Govou. Puis les gens issus des quartiers dits sensibles, type Ribéry, Anelka et autres. Et enfin les électrons libres comme Malouda, et les anciens, comme Henry ou Squillaci. »

Sud-Ouest : « Équipe de France : derrière l’affaire Anelka, y a-t-il une affaire Zidane ? Alors qu’Anelka fait ses valises, Libération révèle maintenant que Zinédine Zidane, l’ancien meneur de jeu des Bleus aurait orchestré un mouvement des joueurs contre le système de jeu prôné par le sélectionneur Raymond Domenech… »

La citoyenne que je suis ne reconnaît pas le droit de porter les couleurs de la France à des individus qui renvoient, au monde entier, une image épouvantable de notre pays.

La victoire de notre équipe de football au Mondial de 1998 a constitué un grand malheur pour le peuple français. Elle a en effet laissé notre classe politique, et nos élites de manière générale, se leurrer et leurrer le peuple de l’idée que la fraternité black-blanc-beur coulait de source. C’est à dater de cet évènement que s’est largement répandue l’idéologie du métissage, une chance pour la France, qui nous a empêchés de regarder en face, et surtout de traiter, la réalité du terrain. Croisons les doigts pour que cette équipe de foot 2010 quitte la scène au plus vite. Dans le cas contraire, notre personnel politique serait bien capable de s’appuyer sur ces mal-élevés qui ont humilié la France devant le reste du monde, pour nous expliquer que tout va très bien, Madame la marquise… L’espoir de voir ce sujet de la cohabitation traité avec le sérieux qu’il mérite, au regard de ses conséquences, s’éloignerait alors de nouveau.

Rêvons un peu ; peut-être les Chinois vont-ils venir aussi à notre secours ? Les pouvoirs publics et les médias peuvent en effet difficilement les museler, car la Chine doit très probablement observer à la loupe ce qui se passe en France, ce pays dont certains responsables se permettent de venir en Chine donner des leçons de respect des droits de l’homme. Il devient de plus en plus difficile à nos élites mondialisées et mondialistes de défendre que la France est encore la patrie des droits de l’homme, quand ces droits y sont devenus à géométrie variable.

09:24 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags: football, autorité, cohésion nationale, respect |