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Le blog de Malika Sorel

  • L'amour de la Patrie : Dictée d'Yvonne, écolière en 1906

    Un grand merci à Silvio qui m'a adressé la dictée de la petite Yvonne, datée de 1906, trouvée dans un cahier d'écolière qu'il acheta dans une brocante.

    La dictée comprenait quelques petites fautes, corrigées par Silvio. C'est le fond de ce qui était alors transmis aux enfants qu'il importe de méditer.

    Dictée

    L’amour de la Patrie

    L’amour de la Patrie est aussi énergique et aussi vivace dans le cœur de l’homme que l’amour de la famille, dont il pourrait être une conséquence et comme une extension naturelle. Nous aimons la terre qui nous a vu naître, à laquelle se rattachent nos premières affections et nos premiers souvenirs, comme nous aimons notre mère. Ce n’est pas seulement à cause de nous que nous l’aimons, mais aussi à cause de nos ancêtres, parce que le nom de la Patrie se confond avec leurs noms, parce que la Patrie, c’est la terre où ils sont nés, où ils ont vécu, où ils ont souffert comme nous, qu’ils ont arrosée de leur sueur, défendue au prix de leur sang et dans le sein de laquelle reposent leurs cendres. Héritiers de leurs idées, de leurs traditions, de leurs mœurs, de leurs lois, nous le sommes aussi des biens qu’ils nous ont légués, de la puissance matérielle qu’ils ont créée par un labeur continuel.

     

    Catégories : Identité
  • Donner, recevoir, et enfin rendre. Redécouvrir Marcel Mauss

    Extrait de mon dernier ouvrage "Les dindons de la farce" (Albin Michel)

    La Table ronde a permis la fluidité. Nul ne s’est plus senti exclu et « le haut placé s’est trouvé sur le même pied que le bas placé car il n’y eut plus de “haut bout” et partant, plus de querelles ». Si chacun peut tourner autour de la table, alors tout devient possible pour tous. Ainsi, la Table ronde a mis fin à « des échauffourées stupides, des duels et des meurtres qui ensanglantaient les plus beaux festins ».

    Dans ses conclusions de sociologie générale et de morale, Marcel Mauss, fondateur de l’anthropologie en France, ne manque pas de tirer les enseignements des Chroniques d’Arthur et La Légende des Chevaliers de la Table ronde, cette table dont la finalité est en réalité que nul au sein de la communauté ne puisse se sentir exclu et, par extension, que chacun participe aux échanges et perçoive ainsi sa propre utilité. En un mot, qu’il se sente exister car reconnu, et cela passe par la mise en relation avec les autres grâce à l’échange. Tout homme a besoin de se sentir intégré dans le flux des échanges et des relations.

    En bon anthropologue, Marcel Mauss a procédé à l’étude comparative du fonctionnement de diverses sociétés pour tenter d’identifier les formes du contrat social qui lie les individus entre eux et leur permet de fonctionner ensemble de manière harmonieuse. Il en a tiré une myriade d’enseignements plus riches les uns que les autres. Il a décelé, analysé et compris le rôle déterminant joué par le don, dans la qualité des relations au sein du groupe. Il ne s’agit pas ici du don au sens de l’aumône qui instaure une hiérarchie entre les êtres et installe de ce fait des rapports asymétriques, mais du don qui respecte l’autre en prenant en considération le besoin de reconnaissance et le respect de la dignité. Mauss a démontré que cela passe nécessairement par la participation active de chacun à la chaîne des échanges de biens. Intégrer l’autre implique en effet que chacun, au sein de la communauté, puisse participer aux modalités du don et à sa fluidité.

    Au sein de toute communauté organisée d’êtres humains, l’échange est à la base des activités sociales et, pour Mauss, le don et le contre-don fondent, assoient le contrat social. Pour que la chaîne fonctionne, l’obligation de donner doit s’accompagner de l’obligation de recevoir et, enfin, de rendre. Celui qui reçoit le don doit l’accepter, et celui qui a donné et a de ce fait initié la chaîne doit à son tour accepter le contre-don. Bien sûr, cette relation qui s’instaure et s’illustre en un « donner-recevoir-rendre » est libre. Il ne s’agit pas de rendre à l’identique ce qui nous a été donné, ce qui serait le plus souvent impossible, mais de rendre à proportion de ses propres facultés. Car ce qui importe, c’est que chacun devienne acteur de ce processus dynamique et foisonnant qui vise à instaurer des relations fluides, tout en empêchant l’établissement de relations et interactions sociales déséquilibrées qui sont le terreau propice à un fonctionnement de dominant à dominé.

    Pour éviter que de telles relations inégalitaires s’installent au sein de la société au détriment de relations d’interdépendance fluides et harmonieuses où chaque être se sent utile, Mauss, qui s’est engagé sur le plan politique aux côtés de socialistes tels que Jean Jaurès ou Léon Blum, affirme qu’« il faut que l’individu travaille. Il faut qu’il soit forcé de compter sur soi plutôt que sur les autres. D’un autre côté, il faut qu’il défende ses intérêts, personnellement et en groupe. L’excès de générosité et le communisme lui seraient aussi nuisibles et seraient aussi nuisibles à la société que l’égoïsme de nos contemporains et l’individualisme de nos lois ».

    (...)

    Placer l’autre dans une incapacité de rendre a aussi pour effet de le maintenir dans une position d’infériorité. Cette impossibilité de restituer tout ou partie d’un don devient à la longue une humiliation qui nourrit une formidable frustration, laquelle peut conduire à l’expression de violences au sein de la société ; une façon de se venger. La violence qui se déploie, désormais, en terres occidentales contre les Occidentaux perçus comme des privilégiés, doit aussi être analysée sous cet angle.

    Aux enfants de l’immigration extra-occidentale, en particulier musulmane, qui sont pour la plupart issus de milieux désargentés, il n’est guère laissé d’autre choix que d’endosser le costume de « diversité » qui les maintient bien à l’écart de la communauté nationale et les situe d’office en position d’inférieurs, dignes de l’aumône ou d’une oeuvre de charité. Les enfants d’immigrés sont ainsi placés dans une situation inextricable : refuser ce « tatouage », c’est prendre le risque de se trouver relégué, puisqu’un pauvre qui refuse l’aumône ne présente plus d’intérêt pour le riche qui en a besoin pour maintenir sa position supérieure ; l’accepter, c’est faire apparaître la matérialité de la mise à distance et de
    l’exclusion. À de nombreuses reprises, j’ai pu en faire le constat. Pour un enfant de l’immigration, faire pitié constitue en effet le meilleur des passeports : c’est le profil idéal.

    (...)

    Marcel Mauss aurait pu tout aussi bien observer le fonctionnement de sociétés musulmanes, dans lesquelles sa thèse trouve sa pleine traduction. L’hospitalité orientale n’est pas un mythe. Le coeur se pose spontanément sur la main, y compris chez les démunis eux-mêmes. Le besoin de donner et les gestes de solidarité y foisonnent. Je peux en témoigner pour les avoir vus se déployer durant de longues années. Chacun fait des présents à l’autre sans nécessairement en escompter de retour, car la chaîne du don/contre-don étant établie, le retour viendra de toute façon d’un membre de cette chaîne aux innombrables ramifications. J’avais observé qu’il n’était point besoin de calendrier pour dicter le tempo, même si la fin du mois de ramadan amplifiait la circulation des dons, qui prenaient alors la forme d’assiettes garnies de nourriture, dont les fameuses pâtisseries orientales que chaque foyer s’applique à préparer avec application et sérieux. Et ce qui est extrêmement intéressant et que j’ai bien retenu, c’est que les dons transcendent les classes sociales. Le nanti accepte de recevoir un don de la part du démuni, ne serait-ce que quelques bouchées de gâteau. La différence de classe sociale ne constitue ni un obstacle infranchissable ni une frontière…


    L’absence de fluidité dans le don/contre-don « libre et gratuit », selon l’expression de Mauss, est le terreau sur lequel la solitude se répand en Occident, entamant de manière profonde sa cohésion sociale et, par ricochet, sa cohésion nationale.

    (...)

    Catégories : Politique
  • L'envers du décor

    Ce matin, sur LCI, alors que j'avais été invitée pour m'exprimer pendant 10' sur l'horreur de la haine anti-Juifs qui a conduit au viol d'une enfant, le journaliste m'annonce qu'il va en réalité dérouler le Pg du RN, ce qui n'était aucunement prévu. Je m'y oppose, lui disant que j'ai déjà bien plus à dire sur le sujet que les 10' prévues et que ce sujet est très grave. Il n'en démord pas.

    Je réponds, entre autres, qu'à la rigueur, je veux bien dire un mot rapide - pour ne pas consommer trop de temps-, sur la question de la France dans le commandement intégré de l'Otan puisque, avec quelques députés dits Villepinistes, j'avais organisé, à l'Assemblée Nationale, la conférence de D. de Villepin sur ce sujet (1er avril 2009). J'ai conservé les fichiers de tous les invités à ce colloque. Le journaliste n'est pas content. Je réponds que c'est une question de respect de la parole car c'est ce qui avait été prévu, que j'ai d'ailleurs un sms qui en atteste et que je tiens à développer sur le drame de Courbevoie, qu'il pourra bien m'interroger sur ce qu'il veut à l'antenne, mais que je ne parlerai que de ce drame et dirai alors à l'antenne que, manifestement, il est déjà passé à autre chose..

    Le journaliste juge que je suis agressive. De guerre lasse, face à mon obstination, il finit par me gratifier d'un : vous pouvez vous lever et partir si vous voulez. À cet instant très précis, le décompte retentit qui annonce l'imminence du direct : 5", 4"...Je réfléchis à grande vitesse. Que dois-je faire ? Partir ou rester ? Si je pars, le risque est grand qu'il dise n'importe quoi dans mon dos pour me discréditer ou discréditer notre campagne pour ces élections législatives, campagne dans laquelle Jordan, avec grand courage, jette toutes ses forces.

    Il n'est déjà plus temps de réfléchir car, de toute façon, nous sommes déjà à l'antenne.

    La veille au soir, j'ai dormi tard; me suis préparée car j'ai tant à dire sur le sujet pour esquisser les voies qui peuvent nous permettre de commencer à sortir la France du piège de la haine qui se referme, peu à peu, sur elle. Je me suis revue collégienne en Algérie, avec le Journal d'Anne Frank dans les mains, journal que je lisais et relisais tant ce drame me semblait insupportable, incompréhensible.

    Pour être à l'antenne ce matin, je me suis réveillée à 5H30, suis sortie de chez moi à 6H30. Je n'aurais finalement dormi que 4 heures. À l'antenne, je dis finalement si peu de tout ce que j'avais prévu de dire mais me dis que c'est mieux que rien ! Les 10' d'entretien prévues se sont rétrécies à 7. Je sors du studio subitement saisie de ce même sentiment qui ne me quitte plus depuis tant d'année : j'ai honte pour certains Français de souche européenne que ce soit, moi, une enfant de l'immigration algérienne, une enfant d'adoption, qui me dresse pour défendre un pays que je n'ai pas reçu en héritage !

    J'ai besoin de le dire : toutes ces années, il m'est souvent arrivé d'être fort mal accueillie sur les plateaux lorsque j'y étais invitée dans le cadre de la promotion de mes livres. Certains me tournaient le dos ou encore me faisaient la tronche. Traitée comme une pestiférée du simple fait de ce que j'écrivais sur la France, pour défendre la France et son peuple. Cela a persisté en dépit du prix "Honneur et Patrie" reçu des mains du grand Chancelier de la Légion d'honneur, le Général d'armée Jean-Louis Georgelin qui a si bien veillé sur la restauration de Notre-Dame de Paris. 

    Sur les plateaux, souvent, on plaçait face à moi plusieurs contradicteurs et je devais m'épuiser à tenter de contrer ce que je pouvais. "À 3 contre 1, ce n'est pas un débat !", m'écriais-je un jour, en direct à l'antenne, dans l'émission de la journaliste Audrey Pulvar. Un autre jour, lors d'un débat à deux dans une émission très connue d'une grande radio, l'assistante était allée jusqu'à proposer un café et un verre d'eau à mon contradicteur sans rien me proposer à moi. Je dus quémander un verre d'eau ! Les mauvais traitements, la relégation, tant de personnes de mon origine qui ont fait le choix de la France les ont subis. Certains, épuisés et écœurés, ont abandonné le combat. Je les comprends.

    En Algérie, n'importe quel étranger qui serait venu défendre l'Algérie, aurait été accueilli PARTOUT à bras ouverts. Ici, c'est souvent l'inverse dans le monde des "élites". Les exemples abondent pour faire la preuve que ce sont ceux qui œuvrent à déstabiliser la France qui sont, eux, accueillis à bras ouverts. C'est ici que se situe le talon d'Achille des Occidentaux...Sans compter tous ceux de souche ou d'origine qui sapent les fondations de leur propre pays. Le sursaut s'impose !

    Catégories : Revue de presse
  • Sorel: Death of Europe would be a ‘tragedy for humanity’

    En suivant ce lien, vous pourrez lire le contenu de mon entretien avec Brussels signal.

    Extraits:

    Of Algerian origin and Marseille-born, Sorel talked about what she sees as the risks of non-integration in European societies and about what she believes Europe must do to regain its position in the world.

    She was advisor to Prime Minister François Fillon on educational and immigration issues, during the 2017 presidential election.

    *** As I show in my books, European institutions have played a deleterious role in this immigration subject.

    (...)

    *** It is impossible to exercise leadership through words alone. Leadership thrives on tangible results. The President has been there for seven years. However, his results are bad.

    You are strong and powerful when you have demonstrated that you are capable of improving the situation of your own country; when you have a very large army, when you possess technologies that other countries need and you are one of the only ones who hold, or when others depend on you for their food and health, medicines or vaccines.

    You can also exercise or claim leadership when your own society is itself strong, united and peaceful, and not disunited and prone to violence, as French society is currently. 

    (...) 

    *** Instead of learning wise lessons from this, the governments of the various countries of the European Union continued to let in large numbers of immigrants.

    When there is such a problem, we think do think about it. We are not stubborn. However, the European Union is stubborn and therefore puts the destiny of Europe in danger.

    We are facing a serious denial of democracy because the elites are working here against their own people. This is a fact. It is as if parents who had failed to create a climate of serenity between brothers and sisters, and even had created a climate of permanent tension, continued to adopt new children.

    (...) 

    *** The great thinker Alexis de Tocqueville warned of this terrible fragility of citizens of democracies. It is necessary to reread On Democracy in America, in particular volume II. Everything is said there.

    (...) 

    Catégories : Revue de presse