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30 mars 2011

L’alibi des valeurs républicaines

Je suis toujours aussi indignée par l’aplomb avec lequel de nombreux responsables politiques osent évoquer les valeurs républicaines, eux qui concourent grandement à leur disparition et mettent de ce fait notre société en péril. Je n’ai pas très bien compris ce que signifiait « front républicain ». Comment pourrait-il au demeurant en exister un sans respect des valeurs républicaines ? Et un front pour faire barrage à quoi, exactement ? Au souhait des Français de voir leurs problèmes enfin reconnus et pris en considération par ceux qu’ils élisent ? C’est bien la moindre des choses dans une démocratie ! À moins que nous ne soyons déjà plus dans une véritable démocratie, et que les élites ne représentent plus qu’elles-mêmes et leurs intérêts particuliers. Si c’est le Front National qui les angoisse, alors la solution est fort simple : que les gouvernants mettent en œuvre, dès à présent, les actions concrètes qui s’imposent pour répondre aux peurs justifiées des citoyens, au lieu de vouloir pousser les problèmes sous le tapis.

Les atermoiements autour du débat sur la laïcité sont édifiants. Ils mettent à nu la misère morale et intellectuelle de notre classe politique. Mais ils font surtout ressortir crûment la fourberie d’une partie des élites politiques, et leur trahison des principes. Pour des raisons évidentes de politique politicienne et par pur calcul personnel, de très nombreuses voix se sont élevées pour empêcher la tenue d’une réflexion sur la laïcité. Le résultat ? Un signal clair d’encouragement envoyé à tous ceux qui œuvrent à mettre la France par terre ! Les responsables politiques qui ont concouru à envoyer ce signal, interprété à n’en pas douter comme un signal de faiblesse et de couardise, sont des irresponsables. Ils sont impardonnables et il ne faudra donc pas leur pardonner, car ils participent à l’amoncellement de nuages noirs sur la France.

Je travaille au sein du HCI sur la question de la laïcité aux côtés d’experts de différents horizons. La situation à laquelle les entreprises, les hôpitaux, les écoles, les universités, les centres de formation, etc. sont confrontés est édifiante. Les Français sont très loin d’imaginer ce qui se passe dans leur propre pays, réalité qui leur est soigneusement cachée à part quelques maigres informations que la presse daigne parfois faire sortir. Au nom de leur religion, des employeurs affirment qu’ils n’ont aucunement l’intention de recruter des femmes. D’autres préfèrent ne pas promouvoir de femmes car cela leur poserait des difficultés, puisque certains hommes dans leur entreprise refusent d’être gérés par des femmes, et rejettent toute possibilité de se retrouver en tête à tête avec une femme, ne serait-ce que pour l’entretien d’évaluation annuel (et cela se passe aussi avec des cadres !) Pour être acceptables par tous, des paniers cadeaux de fin d’année voient champagne et foie gras disparaître pour tous les salariés. Des femmes se sont vu demander de porter des jupes plus longues. Que leur demandera-t-on demain ? À l’université, des cours se voient interrompus pour rupture du jeûne. À la rentrée de septembre, il est arrivé que des élèves rejoignent leurs écoles avec des semaines de retard, là aussi pour cause de mois de jeûne…

Si vous-mêmes êtes témoins de comportements non conformes aux principes et valeurs de notre société, tel le respect de la neutralité religieuse, si vous êtes également témoins de discrimination négative envers des Français de souche, alors organisez-vous au sein de vos entreprises et mettez la pression sur vos syndicats. Ils seront contraints de vous défendre. Je vous engage également à écrire à vos députés, quelle que soit leur couleur politique, pour exiger d’eux qu’ils assument ENFIN leurs responsabilités.

Il est nécessaire de veiller à faire monter des républicains, et à faire barrage à tous ceux qui bradent les valeurs de notre vivre ensemble ou se révèlent incapables de les défendre, tels ceux qui « prennent la tangente » sur ce débat de la laïcité. Ayez bien en tête qu’il n’y a pas que la présidentielle qui constitue un enjeu, et que les législatives jouent également un très grand rôle dans notre vie politique. N’oubliez pas non plus que chaque élection a son importance, car ce sont les Grands électeurs (députés, conseillers régionaux, conseillers généraux, conseillers municipaux) qui élisent les sénateurs, et ces derniers influent grandement sur la résorption ou l’aggravation des problèmes de notre société :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/30/97001-201103...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/03/30/les-sena...

22:49 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (68) | Tags: laïcité |

17 février 2011

Mission d’information parlementaire sur le droit de la nationalité

Vous pouvez retrouver sur le site de l’Assemblée nationale le contenu des auditions, dont la mienne, par la mission d’information sur le droit de la nationalité. Je vous en souhaite bon « visionnage » !

Je remercie l’ensemble des députés de la mission, présidée par Manuel Valls, de m’avoir invitée à exposer mon point de vue.

21:32 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (47) | Tags: nationalité, identité |

02 février 2011

Non à la double nationalité pour les élus et hauts serviteurs de l’État français

Je suis totalement opposée au fait que des personnes qui possèdent une double nationalité puissent accéder à quelque fonction d’élu que ce soit, même au niveau local, ainsi qu’à toute fonction gouvernementale ou dans la haute administration publique française. Bien entendu, mon propos concerne tous les Français quelle que soit leur origine, donc y compris ceux d’origine européenne, comme Frédéric Mitterrand.

Par ailleurs, au sujet de la suppression de la double nationalité, j’y suis pour ma part, en l’état actuel des choses, opposée, car cela rendrait impossible tout recours juridique à la déchéance de la nationalité française ; la France ne peut en effet fabriquer des apatrides. Si la double nationalité venait à être supprimée, une écrasante majorité des extra-européens opteraient, pour des raisons évidentes, pour la nationalité française qui de toute façon n’engage en rien leur identité : « Les enfants nés en France sont généralement de nationalité française, à l’exception d’une minorité (4,5%) […] Évelyne Ribert observe que la décision va de soi pour la plupart des adolescents, qui estiment que la carte d’identité nationale est indispensable pour faire sa vie en France, sans que cela engage leur propre identité. »[1]

Les critères de déchéance de la nationalité française restent aujourd’hui à établir. Le critère récemment adopté, qui consiste à déchoir toute personne « naturalisée depuis moins de dix ans condamnée pour meurtre d’agents dépositaires de l’autorité publique », et qui ne concerne, dans les faits, que trois pelés et un tondu, ne répond pas au problème de fond que les élites politiques françaises ont largement contribué à créer.

« Tunisie: 2 ministres franco-tunisiens

AFP
02/02/2011 | Mise à jour : 13:39

Deux membres du gouvernement de transition de Tunisie, Mehdi Houas et Elyès Jouini, sont des Franco-tunisiens, membres du très sélect Club XXIe siècle regroupant l’élite française d’origine étrangère, a indiqué l’association. “Le Club XXIe siècle a le plaisir d’annoncer la nomination de deux de ses membres au gouvernement provisoire tunisien” de Mohammed Ghannouchi, s’est réjoui le groupe.

Membre du Haut Conseil de la Science et de la Technologie, vice-président de l’université de Paris Dauphine, membre de l’Institut Universitaire de France et titulaire d’un doctorat en mathématiques appliquées de l’université de Paris I, M. Jouini a été nommé ministre chargé des réformes économiques et sociales. Créateur et dirigeant de Talan, une société de services spécialisée dans les nouvelles technologies de l’information, Mehdi Houas, ingénieur, a été nommé de pour sa part ministre du Commerce et du Tourisme.

Les deux ministres sont respectivement secrétaire et administrateur du Club XXIe siècle, “une association non partisane qui rassemble 400 membres de toutes origines unis par une même conviction : la diversité est une chance pour la France”, selon son site. L’association compte parmi ses principaux fondateurs un autre Franco-tunisien, Hakim El Karoui, banquier d’affaires et plume de l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. »

J’avais rédigé sur ce blog une note au sujet du Club XXIe siècle.

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[1] Claudine Attias-Donfut, François-Charles Wolff, « Le destin des enfants d’immigrés », Stock, octobre 2009.

16:34 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags: nationalité |

12 janvier 2011

Goya : le sommeil de la raison enfante les monstres

Remarquable lettre que celle qui a été adressée par le sénateur Jean-Pierre Chevènement à la Présidente de la 17ème chambre correctionnelle, pour prendre la défense d’Éric Zemmour. À lire et à faire circuler.

17:12 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (26) |