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15 décembre 2010

Les attendus du jugement Baby Loup

Merci à Stéphane de nous avoir communiqué le contenu du jugement.

Lisez surtout la page 8 qui est très importante, car y est précisé que la décision est fondée sur le fait que la Constitution de feu le Général de Gaulle stipule que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». C’est probablement ce qui a amené l’avocat Richard Malka à déclarer ce qui suit à la journaliste Catherine Fournier de 20 minutes :

« Ce jugement est extrêmement important car il a une portée générale et rappelle explicitement que la Constitution s’applique pour tous, dans le domaine public comme dans le domaine privé […] Il n’y aucune raison que l’article 1 de la Constitution qui pose le principe de la République laïque ne s’applique pas dans le monde professionnel. »

Je vous engage à relire mon billet du 21 octobre 2009 : « Dépassionner pour pouvoir agir ». En voici quelques extraits :

« Je sais la souffrance des Français qui ne reconnaissent plus la France du préambule de la Constitution. Je sais qu’ils ont perdu confiance en leurs élites, et pour cause ! Je sais aussi, dans le même temps, que la détresse est grande parmi ceux que la France, en appliquant le « droit du sol », a affublés d’une identité dont ils ne se sentent pas porteurs. Je sais tout cela, mais il est pourtant indispensable de créer les conditions de sérénité qui permettront à ce sujet d’être enfin un jour mis au menu de notre classe politique.

Or, dès lors que l’on aborde la question de l’intégration, les passions se déchaînent. Il semble quasi-impossible d’apaiser ce débat ; pourtant, l’enjeu est de taille, puisque sans apaisement, jamais ce sujet, LE sujet qui engage l’avenir de la France et des Français, ne sera traité.

Si notre société n’avait pas été aussi gravement malade, elle aurait su, malgré ses élites, traiter dès l’apparition des premiers symptômes l’échec de l’insertion dû à l’incompatibilité avec la culture française de certaines valeurs importées. Je parle ici d’insertion, et non d’intégration ; ceux qui ont lu Le puzzle de l’intégration en comprendront la raison.

Le problème de fond est-il réellement l’Islam (ou toute autre religion ou croyance qui serait venue questionner les valeurs françaises) ou ce cancer de la perte de repères dont le peuple français est profondément atteint ? Et nous le savons, il n’est pas le seul peuple à en être affecté.

Une prise de conscience est nécessaire sur ce point : la stigmatisation de la religion musulmane et des musulmans produit l’effet opposé à celui qui est recherché, puisqu’en opérant de la sorte, il n’est guère laissé d’autre choix aux musulmans, quel que soit leur niveau de pratique, que de s’agglomérer. Il ne peut en être autrement, vu la très forte pression qu’exerce le groupe sur l’individu. Cette approche est donc totalement contre-productive et heurte en outre, de manière injuste, tous ceux qui ne demandent qu’à vivre en paix dans la société d’accueil. Pour avoir vécu parmi des musulmans, je sais à quel point la religion peut devenir un instrument redoutable d’efficacité pour dresser les uns contre les autres. En Algérie et dans de nombreux pays musulmans, la religion dresse des musulmans contre des musulmans. Si ces pays avaient été laïques, ils ne seraient pas autant frappés, comme ils le sont à présent, par le malheur.

Je suis convaincue que l’une des graves erreurs commise par nos dirigeants a été de remettre en cause la laïcité à un moment où elle s’imposait plus que jamais pour prévenir et anticiper les conséquences des importants flux migratoires […] »

J’ajouterai aujourd’hui, fin 2010, que je suis encore plus convaincue que la clé se trouve dans le réveil des consciences. Les Français doivent en effet se réapproprier leur héritage, qui correspond à un très long processus. Ils doivent exiger que leurs hommes et femmes politiques fassent en sorte que les lois françaises, qui ne sont en réalité que la traduction de l’héritage du peuple français, soient respectées par tous, sans aucune exception. Dire cela, c’est simplement exiger de la classe politique qu’elle fasse son travail, rien de plus !!! Le risque ? C’est qu’il n’y ait, à terme, plus aucune possibilité de vivre ensemble, si les religions ne retournent pas dans la sphère intime ou privée. Si cela advenait, ce sont nos élites politiques qui devraient alors assumer la responsabilité de cette tragédie humaine.

15:27 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags: laïcité, république, constitution, baby loup, richard malka |

13 décembre 2010

Super bonne nouvelle !

Quel soulagement !

Dépêche AFP :

Salariée voilée à la crèche : licenciement pour “faute grave” validé aux prud’hommes

« MANTES-LA-JOLIE — Le conseil des prud’hommes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) a validé lundi le licenciement pour "faute grave” d’une salariée voilée par une crèche associative, qui avait créé des remous jusqu’au sommet de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde).

Le jugement, qui a reconnu “l’insubordination caractérisée et répétée” de la salariée justifiant son licenciement, a été accueilli par des applaudissements dans la salle d’audience.

“C’est une victoire pour les laïcs et un soulagement pour Baby Loup (la crèche mise en cause, ndlr)”, a déclaré Me Richard Malka, un des avocats de la crèche, à l’issue du prononcé du jugement.

En décembre 2008, une salariée de la crèche Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), de retour d’un congé parental, a fait part à la directrice de sa volonté de porter le voile.

L’employée, qui avait le statut de directrice-adjointe, est alors mise à pied après une “altercation”, selon les responsables de la crèche, et licenciée pour faute grave le 19 décembre 2008.

Le règlement intérieur de la structure interdit le port de signes religieux au nom du principe de “neutralité”.

Dénonçant un licenciement abusif, elle avait saisi le conseil des prud’hommes et réclamé plus de 80 000 euros de dommages et intérêts.

La salariée a aussi saisi la Halde, qui a rendu en mars un avis en sa faveur. »

15:15 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags: laïcité, voile, babyloup |

24 novembre 2010

Les Français adhèrent-ils aux valeurs de notre pacte républicain ?

Cette question peut surprendre. Elle mérite toutefois d’être posée, à l’aune d’un passage d’un récent discours prononcé par le Président de la République : « Rester soi-même et s’intégrer : il n’y a pas de contradiction. Ceux qui prétendent le contraire n’adhèrent pas aux valeurs de notre pacte républicain, a fortiori lorsqu’ils tentent de dissuader ou de culpabiliser celles et ceux qui ne demandent qu’à vivre selon les mœurs et les usages de notre pays. »

Moi, Malika Sorel, citoyenne française issue de l’immigration arabe, affirme haut et fort ne pas être républicaine au sens où le Président de la République le suggère dans son discours. Je suis en effet, comme des millions de Français, profondément convaincue qu’il n’est pas possible de devenir Français en restant soi-même lorsqu’on est issu de l’immigration extra-européenne. S’intégrer exige d’avoir préalablement renoncé à une part de soi-même, celle qui est en contradiction avec les valeurs du pacte républicain du peuple français.

Je suggère à tous ceux de mes lecteurs qui partagent ma perception de l’adhésion au pacte républicain français, d’adresser un message en ce sens au Président de la République. Il ne faut pas lui en vouloir ; il ne sait peut-être pas !!! Je pense que c’est aux citoyens français de lui dire ce qu’être français signifie pour eux. Je l’ai toujours dit et écrit : l’identité française n’appartient pas à la classe politique. Elle appartient au peuple français, qui en assure la transmission de génération en génération afin d’en garantir la survie.

19:18 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags: sarkozy, pacte républicain, identité |

09 novembre 2010

Hommage au Général de Gaulle

Georges Pompidou, le 10 novembre 1970 : « Il a donné à la France actuelle ses institutions, son indépendance, sa place dans le monde […] Mesurons les devoirs que nous impose la reconnaissance. Promettons à la France de n’être pas indignes des leçons qui nous ont été dispensées et que, dans l’âme nationale, de Gaulle vive éternellement. »

 

Charles de Gaulle

 

Charles de Gaulle, dans ses Mémoires de guerre : « La nation n’admettrait pas, dans la situation où elle se trouve, que cette unité soit rompue. La nation sait bien qu’il lui faut, pour vaincre, pour se reconstruire, pour être grande, avoir avec elle tous ses enfants. La nation sait bien que ses fils et ses filles, tous ses fils et toutes ses filles, – hormis quelques malheureux traîtres qui se sont livrés à l’ennemi et qui connaissent ou connaîtront la rigueur des lois, – oui ! que tous les fils et toutes les filles de France doivent marcher vers les buts de la France, fraternellement, la main dans la main. Vive la France ! »

 

Croix de Lorraine

Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera,
tôt ou tard, source d’ardeurs nouvelles

Charles de Gaulle

00:00 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags: de gaulle, identité, france, nation |