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19 septembre 2010

Ma journée du patrimoine

“ NOUS JURONS DE NE JAMAIS NOUS SÉPARER ET DE NOUS RASSEMBLER PARTOUT OÙ LES CIRCONSTANCES L'EXIGERONT… ”

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“ ILS L'AVAIENT JURÉ, ILS ONT ACCOMPLI LEUR SERMENT ”

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22:27 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags: patrimoine, identité |

03 septembre 2010

Ce que vous n’avez pas pu entendre

Vous avez été nombreux à m’écrire pour commenter mon intervention dans Thema, et je tiens à vous en remercier bien vivement.

Ce qui revient sous votre plume, c’est votre sentiment que mes propos semblaient parfois incomplets ou tronqués. Vos impressions sont pleinement fondées. L’enregistrement ayant été beaucoup plus long que le format de l’émission, plusieurs de mes interventions ont dû être supprimées. C’est le jeu, et je me plie à ses règles. Il est déjà extraordinaire, après tant d’années de traversée du désert, de rencontrer des journalistes qui me tendent ainsi la main.

Ce qu’il m’apparaît toutefois important de restituer, c’est le fait que mon champ d’analyse était beaucoup plus large que celui auquel vous avez pu avoir accès :

  • J’ai fait mention du remarquable travail d’étude qu’Élisabeth Badinter avait consigné dans « XY- l’identité masculine », qui mettait bien en évidence le caractère universel et intemporel de la misogynie. D’ailleurs, dans le reportage qu’Arte finira par diffuser, j’en suis convaincue, la réalisatrice a suivi les pas d’un jeune Okito, dont la maman s’appelle Nicole et dont la sœur Andréa est placée sous haute surveillance comme le sont les filles d’origine maghrébine. Les propos que tient ce jeune homme sont d’ailleurs en tous points semblables à ceux des autres jeunes du reportage.
  • J’ai cité le sort qui était réservé aux veuves indiennes au sein de leur société. Jusque très récemment, elles étaient poussées au suicide sur le bûcher de leur défunt époux. Aujourd’hui, nombre d’entre elles sont chassées de leur familles et errent dans les rues. Les plus jeunes n’ont souvent pas d’autre choix que de se prostituer pour pouvoir manger. C’est un sujet qui est rarement mentionné lorsque l’on évoque la puissance émergente que constitue l’Inde, que beaucoup regardent avec envie !
  • J’ai également évoqué le retour en force de l’obligation morale de virginité avant le mariage chez les jeunes aux États-Unis d’Amérique. Eh oui, et pourtant ce ne sont pas des musulmans…
  • J’ai évoqué la nécessité absolue que les féministes françaises réinvestissent le sujet. Je développerai ce point à l’occasion d’un autre billet.

Voilà quelques-uns des éléments que j’ai exposés lors de ce débat et que vous n’avez pas pu entendre. J’ai demandé à Arte s’il était possible de placer l’intégralité du débat sur le site Internet de la chaîne, afin que vous puissiez accéder à l’ensemble de mes propos. J’espère que cela pourra être fait.

Ceux qui m’accompagnent depuis le début et qui ne s’inscrivent pas dans une logique d’instrumentalisation du sujet de l’immigration-insertion-intégration ont déjà compris mon positionnement. Les quelques lignes qui suivent sont donc destinées à tous ceux qui nous rejoignent aujourd’hui :

Je suis née dans la culture française et n’ai commencé à découvrir la culture arabo-musulmane qu’à partir de l’âge de 10 ans, lorsque mes parents sont partis s’établir dans leur pays afin de vivre en accord avec leur propre culture. Mes parents ont en effet toujours été profondément honnêtes avec eux-mêmes et avec les autres. Très jeune, j’ai de mon côté compris que ma place n’était pas là-bas. Je m’y sentais étrangère. J’ai très vite nourri le projet de revenir vivre parmi les miens, les Français. Si je comprends ce que peuvent ressentir les étrangers sur le territoire français, je ne comprends pas, et n’admets pas non plus, que l’État ait pu accepter que les principes de la République, noyau de l’identité française, soient bafoués, allant jusqu’à faire perdre des territoires entiers à la France. Comme l’a très justement exprimé Daniel Leconte, producteur du reportage « la cité des mâles » pour Arte, « Il y avait des zones de non-droit où les policiers ne pénétraient pas, il y a maintenant des zones où l’information ne pénètre pas ».

Je n’établis pas de hiérarchie entre les cultures mais considère, comme je l’ai dit sur le plateau, que chaque peuple doit être respecté sur son territoire. La France a commis l’erreur de coloniser l’Algérie. Elle en a été expulsée. Aujourd’hui c’est le peuple français, et plus généralement les peuples européens, qui sont dépossédés de leur propre destin, par leur propre classe politique, leurs médias et leurs intellectuels. Si je me sens pleinement concernée par le combat de la réconciliation des Français avec eux-mêmes, leur histoire, leur culture, leurs fondamentaux, je ne me sens pas concernée par le combat pour faire évoluer la culture arabo-islamique. L’Histoire nous montre que les évolutions, si elles se produisent, sont très longues et surgissent toujours de l’intérieur.

Je considère par ailleurs que la société française a commis la lourde erreur de se laisser entraîner dans une histoire qui ne la concernait pas. C’est ce qui a permis à l’idéologie des accommodements dits « raisonnables » de planter ses crocs dans la nuque de notre société. Les citoyens français doivent se concentrer de nouveau sur l’obligation du respect inconditionnel, sur leur territoire, des principes et valeurs qui fondent leur identité, et qui font du peuple français un peuple un et indivisible.

12:16 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags: arte, elisabeth badinter, daniel leconte, immigration, intégration, féminisme, femmes, misogynie, banlieues |

05 août 2010

Code de la nationalité : la réforme ou le chaos

Existe-t-il un seul pays du continent africain ou asiatique qui distribue à tour de bras les clés de sa citoyenneté, autrement dit le statut d'architecte du projet politique collectif, comme le fait la France ?

Claude Lévi-Strauss avait prévenu : « que les peuples ne vivent pas trop près les uns des autres, sinon, c'est la guerre, mais pas trop loin non plus, sinon, ils ne se connaissent plus et alors, c'est la guerre. » Nous y voilà, car c'est bien la situation dans laquelle notre code de la nationalité a placé la France.

Au travers de cette question de la nationalité, c'est le combat entre deux France qui se joue : celui de la France d'en haut contre celle d'en bas ; cette dernière subissant, seule, les conséquences des actes de celle d'en haut qui sait, elle, se mettre à l'abri ainsi que sa descendance.

Gandhi : « celui qui voit un problème et ne fait rien fait partie du problème ». Les leaders politiques, les faiseurs et manipulateurs d'opinion, savent parfaitement que la situation ne peut plus durer, que notre pays doit réagir. Ils voient le problème, en ont pleine conscience, et en empêchent pourtant la résolution. Nous sommes donc confrontés à un comportement bien plus grave que celui que décrit Gandhi, car loin d'être passifs, ils sont au contraire très actifs.

Extraits du Puzzle de l'intégration : « Ce n'est que lorsque la nationalité attribuée par la France sera redevenue réelle, et non factice, que les Français cesseront d'éprouver le besoin de parler de “Français de souche” et de “Français d'origine étrangère”. C'est la France qui, en donnant sa nationalité à un nombre considérable de personnes qui ne portaient pas son idéal, s'est rendue coupable de l'introduction de la notion de deux classes de Français.
[…]
La question du droit du sol est fondamentale, car elle a entraîné de très nombreuses personnes à vivre, en la profondeur de leurs âmes, comme une trahison de leurs ancêtres et de leur communauté le fait de devenir citoyens français. Leurs conflits de loyauté sont extrêmement prononcés. La situation ira en empirant, car le temps qui passe accentue toujours les tensions identitaires jusqu'à parvenir au point de rupture. En pensant protéger les populations d'origine immigrée, on a négligé de prendre garde à ne pas bafouer les règles élémentaires du bon sens. On a pu croire œuvrer en leur faveur, mais les actions superficielles qui ont été menées ont joué en leur défaveur.

Avec le temps, le code de la nationalité est devenu une gigantesque usine à fabriquer de la violence. La négation des identités a conduit à des désastres pour les migrants, mais aussi pour les Français qui n'osent même plus affirmer qu'ils sont Français. La violence qu'observe la société n'est pas le fait de notre système judiciaire qui s'effondrerait, ou de l'efficacité des juges qui serait à mettre en cause. La responsabilité incombe à l'usine du droit du sol, dont la capacité de production et l'efficacité sont redoutables. Le droit du sol fabrique l'impunité qui ne décourage pas la récidive, mais au contraire l'entretient. Les juges peuvent bien incarcérer autant de jeunes qu'ils veulent, l'usine du droit du sol fabriquera à l'infini de nouveaux auteurs d'acte de violence contre la société. On pourra bien abaisser l'âge d'incarcération chaque année davantage, on finira par incarcérer de jeunes enfants. On observe sur le terrain des enfants de huit ans qui sont aussi violents que leurs aînés dans leurs manifestations de rejet de la France.
[…]
Ne pas vouloir tenir compte du bouleversement de l'environnement risque d'être très lourd de conséquences, car la France s'enfonce chaque jour davantage dans ce qui s'apparente de plus en plus à un “bourbier”. Les enfants de l'immigration sont aussi des victimes. Il ne faut pas penser qu'être placés dans de telles difficultés psychologiques soit indolore ! Les populations d'origine immigrée en subissent aussi les conséquences, car la violence des jeunes de l'immigration se retourne également en partie contre des personnes issues de leur groupe d'origine. Un mot déplacé, un simple geste ou même un regard mal interprété peuvent déclencher la fureur et la terreur.

Les autorités françaises doivent prendre la mesure des problèmes qu'engendre le droit du sol, pour les migrants ainsi que pour la société, et accepter de prendre leurs responsabilités en faisant évoluer le code de la nationalité française. Cette responsabilité, ils la doivent aux migrants et également aux Français. La nationalité, témoin de l'identité, est quel que soit le pays, la propriété exclusive du peuple qui la porte et auquel incombe la responsabilité d'en garantir la continuité dans le temps. Elle n'appartient nullement à la classe politique dirigeante. C'est l'État qui doit s'assurer de la capacité des individus à endosser l'habit d'appartenance à une nation qui n'est pas celle de leurs ancêtres […] »

Pour une fois qu'un responsable politique national, en position de pouvoir changer la donne, ose aborder publiquement ce sujet vital pour le peuple français, je ne vais pas me plaindre, bien au contraire ! J'apporte, sur ce sujet de la nationalité, mon soutien plein et entier au Président de la République.

23:22 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags: sarkozy, nationalité, identité, droit du sol, intégration |

14 juillet 2010

Le peuple français sait d'où il vient

 

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Le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération réunissait les députés des 83 départements, ainsi que le Roi Louis XVI, sur le Champ-de-Mars à Paris. Depuis 1880, c’est cette date que le peuple français commémore à l’occasion du 14 juillet, devenu jour de la fête nationale.

Que de larmes et de sang ont été versés pour que le peuple français puisse vivre l’idéal de Liberté, d’Égalité et de Fraternité ! Mais que reste-il aujourd’hui de cet idéal ? Attaqué de toutes parts, il devient chaque jour plus fragile. Ironie du sort, ce sont des enfants de France allaités à sa mamelle qui lui portent les coups les plus durs, ceux qui pourraient un jour emporter son dernier souffle de vie.

Extrait de mon article pour les 30 ans de la revue Le débat : « Dans notre pays, pas un seul intellectuel ni une seule personnalité politique qui ne se réclame de la République ; et pourtant, ces dernières décennies, aucun des principes fondamentaux qui constituent les piliers de cette République n’aura été épargné. Mais les peuples ne sont pas amnésiques. Ils possèdent une mémoire collective. Ils savent qui ils sont et d’où ils viennent. »

Monsieur le Président de la République, je vous interpelle en ce jour de notre fête nationale. Vous êtes, comme moi, un enfant de la première génération de l’immigration ; vous de l’immigration européenne, moi de l’immigration africaine. Si vous ne semblez pas imprégné autant que vos deux prédécesseurs de la culture historique et littéraire du peuple français, vous donnez, contrairement à eux, le sentiment d’avoir compris qu’un danger de mort planait au dessus de la tête de Marianne. Vous avez également sur eux l’immense avantage du courage politique. Vous avez aujourd’hui l’obligation historique de mobiliser votre courage sur la question de la restauration de la France. Si le peuple français vous a choisi pour conduire son destin à un moment où la République vacille, c’est que vous lui avez fait cette promesse. Mais vous ne l’attirerez plus avec des promesses, seulement avec des actes forts qui rompront définitivement avec la pensée unique qui a enchaîné la France et l’a entraînée vers le déclin.

Vous avez aujourd’hui la possibilité de permettre au peuple français, trop longtemps bâillonné, d’accomplir la révolution pacifique qui lui permettra de clore le chapitre de la Révolution française. Vous ne pouvez ignorer qu’« à vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inéluctables les révolutions violentes » (John F. Kennedy).

00:12 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags: 14 juillet, sarkozy |