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24 novembre 2010

Les Français adhèrent-ils aux valeurs de notre pacte républicain ?

Cette question peut surprendre. Elle mérite toutefois d’être posée, à l’aune d’un passage d’un récent discours prononcé par le Président de la République : « Rester soi-même et s’intégrer : il n’y a pas de contradiction. Ceux qui prétendent le contraire n’adhèrent pas aux valeurs de notre pacte républicain, a fortiori lorsqu’ils tentent de dissuader ou de culpabiliser celles et ceux qui ne demandent qu’à vivre selon les mœurs et les usages de notre pays. »

Moi, Malika Sorel, citoyenne française issue de l’immigration arabe, affirme haut et fort ne pas être républicaine au sens où le Président de la République le suggère dans son discours. Je suis en effet, comme des millions de Français, profondément convaincue qu’il n’est pas possible de devenir Français en restant soi-même lorsqu’on est issu de l’immigration extra-européenne. S’intégrer exige d’avoir préalablement renoncé à une part de soi-même, celle qui est en contradiction avec les valeurs du pacte républicain du peuple français.

Je suggère à tous ceux de mes lecteurs qui partagent ma perception de l’adhésion au pacte républicain français, d’adresser un message en ce sens au Président de la République. Il ne faut pas lui en vouloir ; il ne sait peut-être pas !!! Je pense que c’est aux citoyens français de lui dire ce qu’être français signifie pour eux. Je l’ai toujours dit et écrit : l’identité française n’appartient pas à la classe politique. Elle appartient au peuple français, qui en assure la transmission de génération en génération afin d’en garantir la survie.

19:18 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags: sarkozy, pacte républicain, identité |

04 octobre 2010

Le projet de loi Immigration, Intégration, Nationalité crée une nouvelle filière d'immigration

Alors que les hommes et femmes politiques, en Europe, ne cessent d’évoquer le faible taux d’emploi des populations issues de l’immigration extra-européenne et, dans le même temps, la forte baisse d’activité due à une crise économique dont de nombreux spécialistes s’accordent à dire qu’elle sera durable, ces mêmes hommes et femmes politiques n’ont pas trouvé d’idée plus intelligente que de créer une nouvelle filière d’immigration de travail, qui s’accompagnera d’une nouvelle filière d’immigration familiale puisque, d’après les textes, les conjoints et enfants bénéficieront immédiatement d’une carte de séjour.

Le projet de loi Immigration, Intégration, Nationalité actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale vise, entre autres, à transposer dans le droit français la directive européenne 2009/50/CE, mieux connue sous le nom de « carte bleue européenne ». Cette transposition s’impose à la France en vertu des traités européens.

Parce qu’elle est devenue quasi-impuissante à se saisir des sujets de fond, notre Assemblée nationale a joué ces derniers jours une pièce de théâtre dont le thème était la déchéance de la nationalité pour les meurtriers de policiers. Comme si cela se produisait chaque jour, et qu’il était donc urgent de légiférer. Je ne sous-estime en aucun cas la gravité d’un tel acte, mais je considère que le problème est posé à l’envers. Il faut en effet s’interroger sur les raisons de l’octroi de l’identité française à des personnes qui ne portent pas cette identité.

Voici un extrait de la Directive 2009/50/CE du Conseil du 25 mai 2009 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi hautement qualifié :

« La présente directive détermine les conditions et les procédures d’entrée des ressortissants de pays tiers hautement qualifiés. Elle crée une carte bleue européenne et définit les conditions et les droits de séjour dans l’État membre qui a délivré la carte bleue ainsi que dans les autres États membres.

La présente directive a pour but de renforcer les capacités de l’Union européenne à attirer les ressortissants de pays tiers aux fins d’emplois hautement qualifiés. Il s’agit non seulement de renforcer la compétitivité dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, mais aussi de limiter la fuite des cerveaux. Elle consiste à :

  • faciliter l’admission de ces ressortissants en harmonisant les conditions d’entrée et de séjour dans l’Union européenne ;
  • simplifier les procédures d’admission ;
  • améliorer le statut juridique de ceux déjà présents sur le territoire des États membres.

La directive s’applique aux ressortissants hautement qualifiés de pays tiers qui souhaitent être admis sur le territoire d’un État membre pour une période de plus de trois mois pour un emploi. Elle s’applique également aux membres de leur famille. »

Selon le Mensuel d’AGEFI Luxembourg : « Pour atteindre ces objectifs, la directive entend faciliter l’admission des travailleurs hautement qualifiés et de leur famille :

  • en instituant une procédure d’admission accélérée, et
  • en leur reconnaissant des droits sociaux et économiques équivalents à ceux des ressortissants de leur État membre d’accueil dans un certain nombre de domaines. »

Savez-vous ce que les « élites » qui dirigent l’Union Européenne appellent « hautement qualifié » ? Être titulaire de « tout diplôme, certificat ou autre titre de formation » bac+3 minimum d’un institut reconnu comme établissement d’enseignement supérieur par le pays d’origine. On croit rêver. Quand 190 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif français sans aucune qualification, il ne viendrait à l’idée de personne de se concentrer en priorité sur ce volet ? Dans le même temps, des cerveaux français hautement qualifiés (bac+5 et au-delà, et notamment les doctorants et chercheurs) font le choix de l’Amérique, qui leur offre la possibilité d’exercer leurs talents. Où est la cohérence de la classe politique dans ce dossier ?

Cette directive pénalise non seulement les sociétés d’accueil, mais également les sociétés d’origine puisqu’elle organise, de manière officielle, la fuite des classes moyennes de ces pays, les seules qui auraient été capables, un jour, de participer à leur redressement ; et je pense là tout particulièrement à l’ensemble du continent africain. Cela participera, à terme, à intensifier encore davantage le flux des migrations du Sud vers le Nord. Les peuples européens sont donc perdants sur toute la ligne ! Ils sont victimes, bien malgré eux, de la conjonction de multiples intérêts.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce projet de loi Immigration, Intégration, Nationalité. Dans son intitulé figure le terme « Intégration ». Or, cette dimension est le parent pauvre du projet de loi. Ni la question de l’école qui souffre, ni même le rôle des parents de l’immigration ne sont abordés.

Dans le Monde daté du 26-27 septembre dernier, Édouard Balladur, ancien Premier ministre, prédit que « l’Europe à 27 est vouée à la confusion et à l’échec » : « les 27 pays ont des régimes sociaux et juridiques très différents ; nous portons le poids d’un élargissement qui a été décidé trop hâtivement ; la liberté de circulation pour des populations relevant de pays qui ne sont pas capables de contrôler efficacement leurs frontières donne lieu à des difficultés insurmontables […] Ce n’est pas mettre la société sous tension que de la placer devant les réalités. La sécurité, la libre circulation en Europe, l’immigration clandestine, sont des problèmes essentiels qu’on ne peut éluder sous prétexte qu’il faudrait laisser l’opinion publique en repos, d’autant qu’elle ne l’est pas, et que les Français sont bien conscients de ce qui est en cause. [...] Nos partenaires devraient être appelés à la lucidité. L’Europe à 27 est vouée à la confusion à et l’échec. Elle souffre de défauts que le traité de Lisbonne n’a pas corrigés [...] Que faire ? Revenir sur le principe de la libre circulation, ériger de nouvelles barrières ? »

J’entends et lis très souvent que, du fait du vieillissement de l’Europe, l’Union Européenne doit faire appel à l’immigration pour son repeuplement. Cela représente ni plus ni moins qu’une entreprise de substitution de peuples.

Monsieur le Premier ministre Édouard Balladur, il vous faut convaincre le Président de la République d’avoir le courage de refuser la transcription de directives fruits d’une Europe qui a perdu la raison, d’une Europe qui pense pouvoir se construire sur la dépouille de ses peuples. S’il est un domaine pour lequel le principe de subsidiarité doit être appliqué, c’est bien celui de la sauvegarde de la cohésion sociale et nationale. Il ne faut pas craindre l’épreuve de force, car l’Europe ne pourra se construire sans la France !

De nos jours encore, les raisons qui ont poussé Louis XV à céder la Nouvelle-France suscitent l’incompréhension devant si peu de perspicacité géostratégique. Mais depuis quarante ans, que font nos dirigeants ? Non seulement ils cèdent des pans entiers de la Métropole (les territoires perdus de la République), mais de plus ils y déversent chaque année des sommes considérables.

Vous m’écrivez souvent pour me demander ce qu’il conviendrait de faire. En l’état actuel du rapport de forces, voici quelques conseils :

  • vous investir dans le réveil des consciences pour sortir au plus vite les citoyens de l’anesthésie dans laquelle plus de trente années de lavage de cerveau les ont plongés : Internet constitue un formidable outil à la disposition des citoyens ;
  • aider ceux que vous croisez à retrouver confiance en ce qu’ils sont ;
  • écrire aux personnalités politiques pour exprimer ce que vous ressentez, car elles ne fonctionnent qu’à la crainte de ne pas être élues ou réélues (si les Français sont devenus la variable d’ajustement, c’est parce qu’ils n’inspirent guère de crainte à la classe politique) ;
  • apprendre à bien décrypter le positionnement des personnalités politiques afin de ne plus leur donner de chèque en blanc. Ne vous fiez plus aux discours sur les valeurs républicaines, car certains les utilisent pour porter en réalité un projet qui travaille à affaiblir, voire détruire, ces principes et valeurs ;
  • rejeter les discours défaitistes sur le prétendu déclin de l’Ouest. Ils participent à inoculer le virus du découragement et du fatalisme aux peuples européens ;
  • voter, là où vous vous trouvez, pour celui ou celle qui vous semble le moins pire par rapport aux intérêts de la France et du peuple français, même s’il ou elle n’est pas de votre sensibilité politique. Veiller à ne pas contribuer à donner quelque pouvoir d’action ou d’influence à des opposants aux principes fondamentaux de la société française. Même lorsque le choix vous semble impossible, ne vous abstenez pas, car l’abstention peut profiter à un opposant à la France ;
  • ne plus donner un seul de vos sous à la presse qui propage l’idéologie dite de la « bien-pensance ». Lisez-la directement sur la Toile si vous le souhaitez, mais ne participez surtout pas à l’engraisser en la finançant.

Ce n’est qu’au prix d’une mobilisation et d’une vigilance de chaque instant que nous pourrons voir renaître un jour une vraie démocratie. Une démocratie où nous élirons des personnalités qui nous représentent vraiment, où nous aurons le choix parmi de vrais projets au service de la France, et non une démocratie factice où nous sommes astreints, très souvent, à choisir par défaut les moins pires…

22:43 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags: immigration, intégration, nationalité, balladur, sarkozy |

14 septembre 2010

Y a-t-il matière à être fier, Monsieur Besson ?

Éric Besson, Ministre de l’immigration, commentant le chiffre de 80 175 étrangers naturalisés durant les huit premiers mois de l’année 2010, soit une croissance de 16,8% par rapport à la même période en 2009 (dans le Figaro) : « Ces résultats placent la France en tête des pays européens pour l’acquisition de la nationalité. » Y a-t-il vraiment là motif de fierté, Monsieur Besson ?

Comble de l’absurde, le Ministre précise ensuite qu’il veut faire signer aux étrangers naturalisés une « charte des droits et devoirs du citoyen » les engageant à être « fidèles aux valeurs de la France, à respecter ses symboles, à servir notre pays et contribuer à son rayonnement ».

L’État offre donc à des étrangers la nationalité française telle un cadeau dans un baril de Bonux, et leur demande ensuite de s’engager à être fidèles envers les valeurs de la France. Savez-vous ce que cela m’inspire ? Éric Besson n’est plus le ministre de l’intégration, si tant est qu’il ait jamais réussi à le devenir. Il est en réalité le ministre de l’immigration. Que la gauche et ses stars paillettes se rassurent : Éric Besson travaille dans les faits à faire grossir son électorat ! Dans une étude dont je vous avais déjà parlé – Français comme les autres ? – deux chercheurs avaient en effet mis en évidence le fait que les descendants des immigrés extra-européens votaient dans leur très grande majorité à gauche et ce, quelle que soit leur catégorie sociale (contrairement aux Français de souche européenne). Cela est confirmé par Luc Bronner dans La loi du ghetto : « Il y a eu, pendant très longtemps, un accord implicite entre l’État et la municipalité, explique Pascal Troadec, chef d’entreprise à Grigny et ancien adjoint communiste, passé dans l’opposition municipale lors des dernières élections. D’un côté l’État était très content de se débarrasser des populations difficiles et de les concentrer sur Grigny. De l’autre, la mairie en profitait pour se constituer une réserve électorale et faire du clientélisme» Un « donnant-donnant confirmé par Omar Dawson, responsable associatif très impliqué à la Grande Borne. »

Un jour, la gauche reprendra le pouvoir du seul fait de l’évolution démographique. Cela constituera une véritable rupture dans le jeu démocratique. Mais elle ne le reprendra alors que pour une certaine période, le temps que le vote communautaire dicte sa propre loi. Là, ce pourrait être une tout autre affaire, y compris pour les éléphants et autres éléphanteaux dotés d’une courte vue et incapables de se projeter à long terme. Dans le Monde daté du 13 septembre dernier, le chercheur Hugues Lagrange évoque enfin l’influence déterminante de l’origine culturelle dans la question de l’intégration. Il pointe également l’influence de l’immigration : « pour des raisons radicalement différentes, ni la droite, ni la gauche n’ont saisi la réalité et l’ampleur des problèmes posés par l’immigration dans les quartiers les plus ghettoïsés de l’Ile-de-France ».

Tout cela est dramatique pour la France, pour le peuple français, et pour les personnes issues de l’immigration qui sont chaque jour plus contraintes par leur groupe culturel d’origine, dont le poids démographique exerce une pression croissante. C’est pour cette raison que l’intégration est devenue de plus en plus difficile, voire impossible.

Nos élites politiques avaient la responsabilité d’améliorer la situation de la France ; elles l’ont considérablement dégradée. J’entends, encore aujourd’hui, des abrutis proclamer que « l’immigration est une chance pour la France » et que de plus, les jeunes de l’immigration paieront les retraites de demain. Au vu de ce que nous observons déjà, cela reste à démontrer… Pourquoi les sujets de l’immigration et de la natalité ne sont-ils pas posés sur la table dans la question de la réforme des retraites, alors qu’ils sont cruciaux ? L’État ne fait que taper sur ceux qui travaillent, et en particulier sur les classes moyennes. Et met, chemin faisant, encore plus de pression sur les femmes. Ainsi, devenues mamies, elles seront encore au boulot et ne pourront pas aider leurs filles ni leurs belles-filles. Ces dernières retarderont l’âge du premier bébé et feront également moins d’enfants, tandis que d’autres continueront de procréer à tour de bras. C’est ainsi que notre brillante classe politique concourt à placer dans une position chaque jour plus instable le peuple français, celui qui porte dans son inconscient collectif l’héritage de plus de 2000 ans d’Histoire. Les élites ne pourront même pas dire qu’elles ne savaient pas, car elles connaissent parfaitement la réalité de ce qui se passe sur le terrain.

10:03 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags: besson, intégration, immigration, nationalité, bronner, lagrange |

03 septembre 2010

Ce que vous n’avez pas pu entendre

Vous avez été nombreux à m’écrire pour commenter mon intervention dans Thema, et je tiens à vous en remercier bien vivement.

Ce qui revient sous votre plume, c’est votre sentiment que mes propos semblaient parfois incomplets ou tronqués. Vos impressions sont pleinement fondées. L’enregistrement ayant été beaucoup plus long que le format de l’émission, plusieurs de mes interventions ont dû être supprimées. C’est le jeu, et je me plie à ses règles. Il est déjà extraordinaire, après tant d’années de traversée du désert, de rencontrer des journalistes qui me tendent ainsi la main.

Ce qu’il m’apparaît toutefois important de restituer, c’est le fait que mon champ d’analyse était beaucoup plus large que celui auquel vous avez pu avoir accès :

  • J’ai fait mention du remarquable travail d’étude qu’Élisabeth Badinter avait consigné dans « XY- l’identité masculine », qui mettait bien en évidence le caractère universel et intemporel de la misogynie. D’ailleurs, dans le reportage qu’Arte finira par diffuser, j’en suis convaincue, la réalisatrice a suivi les pas d’un jeune Okito, dont la maman s’appelle Nicole et dont la sœur Andréa est placée sous haute surveillance comme le sont les filles d’origine maghrébine. Les propos que tient ce jeune homme sont d’ailleurs en tous points semblables à ceux des autres jeunes du reportage.
  • J’ai cité le sort qui était réservé aux veuves indiennes au sein de leur société. Jusque très récemment, elles étaient poussées au suicide sur le bûcher de leur défunt époux. Aujourd’hui, nombre d’entre elles sont chassées de leur familles et errent dans les rues. Les plus jeunes n’ont souvent pas d’autre choix que de se prostituer pour pouvoir manger. C’est un sujet qui est rarement mentionné lorsque l’on évoque la puissance émergente que constitue l’Inde, que beaucoup regardent avec envie !
  • J’ai également évoqué le retour en force de l’obligation morale de virginité avant le mariage chez les jeunes aux États-Unis d’Amérique. Eh oui, et pourtant ce ne sont pas des musulmans…
  • J’ai évoqué la nécessité absolue que les féministes françaises réinvestissent le sujet. Je développerai ce point à l’occasion d’un autre billet.

Voilà quelques-uns des éléments que j’ai exposés lors de ce débat et que vous n’avez pas pu entendre. J’ai demandé à Arte s’il était possible de placer l’intégralité du débat sur le site Internet de la chaîne, afin que vous puissiez accéder à l’ensemble de mes propos. J’espère que cela pourra être fait.

Ceux qui m’accompagnent depuis le début et qui ne s’inscrivent pas dans une logique d’instrumentalisation du sujet de l’immigration-insertion-intégration ont déjà compris mon positionnement. Les quelques lignes qui suivent sont donc destinées à tous ceux qui nous rejoignent aujourd’hui :

Je suis née dans la culture française et n’ai commencé à découvrir la culture arabo-musulmane qu’à partir de l’âge de 10 ans, lorsque mes parents sont partis s’établir dans leur pays afin de vivre en accord avec leur propre culture. Mes parents ont en effet toujours été profondément honnêtes avec eux-mêmes et avec les autres. Très jeune, j’ai de mon côté compris que ma place n’était pas là-bas. Je m’y sentais étrangère. J’ai très vite nourri le projet de revenir vivre parmi les miens, les Français. Si je comprends ce que peuvent ressentir les étrangers sur le territoire français, je ne comprends pas, et n’admets pas non plus, que l’État ait pu accepter que les principes de la République, noyau de l’identité française, soient bafoués, allant jusqu’à faire perdre des territoires entiers à la France. Comme l’a très justement exprimé Daniel Leconte, producteur du reportage « la cité des mâles » pour Arte, « Il y avait des zones de non-droit où les policiers ne pénétraient pas, il y a maintenant des zones où l’information ne pénètre pas ».

Je n’établis pas de hiérarchie entre les cultures mais considère, comme je l’ai dit sur le plateau, que chaque peuple doit être respecté sur son territoire. La France a commis l’erreur de coloniser l’Algérie. Elle en a été expulsée. Aujourd’hui c’est le peuple français, et plus généralement les peuples européens, qui sont dépossédés de leur propre destin, par leur propre classe politique, leurs médias et leurs intellectuels. Si je me sens pleinement concernée par le combat de la réconciliation des Français avec eux-mêmes, leur histoire, leur culture, leurs fondamentaux, je ne me sens pas concernée par le combat pour faire évoluer la culture arabo-islamique. L’Histoire nous montre que les évolutions, si elles se produisent, sont très longues et surgissent toujours de l’intérieur.

Je considère par ailleurs que la société française a commis la lourde erreur de se laisser entraîner dans une histoire qui ne la concernait pas. C’est ce qui a permis à l’idéologie des accommodements dits « raisonnables » de planter ses crocs dans la nuque de notre société. Les citoyens français doivent se concentrer de nouveau sur l’obligation du respect inconditionnel, sur leur territoire, des principes et valeurs qui fondent leur identité, et qui font du peuple français un peuple un et indivisible.

12:16 Écrit par Malika SOREL | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags: arte, elisabeth badinter, daniel leconte, immigration, intégration, féminisme, femmes, misogynie, banlieues |